lundi 9 février 2026

Franklin Merrell-Wolff : La percée vers la lumière






Franklin Merrell-Wolff (1887-1985) est un américain qui, sans l'aide d'un guide vivant, a connu un éveil complet en s'appuyant seulement sur les écrits de Shankara. Ayant enseigné les mathématiques et la phi­losophie à Harvard et Berkeley, il se consacra à l'éveil de la Conscience, qu'il connut en 1936 après vingt- quatre ans de recherche. Le récit de sa maturation est unique et exemplaire du fait que ses notations d'évé­nements extérieurs et intérieurs sont méticuleuses comme un compte-rendu de laboratoire. Plusieurs apports originaux caractérisent l'éclosion intérieure de ce grand homme :
L'éveil peut se faire par la voie mentale poussée jusqu'aux limites de l'abstraction.
L'éveil peut se faire en se concentrant sur le point - JE - le « moment subjectif » - hors de toute attache et référence -, mais sans refuser ou nier les pensées ou les perceptions.
On peut être totalement indépendant vis-à-vis de toute tradition. L'Éveil est une co-création où l'indivi­du reprend pour lui-même l'enseignement et en donne une expression originale.
Il existe un « organe latent » permettant la Reconnaissance : une sorte de sensibilité/discerne­ment qui ne ressemble à aucune faculté connue. C'est cela qui permettrait l'éclosion de la connaissance non­-duelle, qui est une « conscience-sans-objet et sans-sujet ».
Franklin Merrell-Wolff est assurément un maître qui parle le langage du monde occidental, un monde formé à la pensée abstraite et dont la réalisation supé­rieure est précisément la connaissance mathématique.






Voici un extrait du début de son ouvrage "Expérience et philosophie, tome I, Chemins ouvrant sur l'espace", paru aux éditions du relié.

La percée vers la lumière


17 août
L'ineffable transition est arrivée il y a quelque dix jours.
Nous revenions chez nous au sud de la Californie, après un séjour de quelques semaines dans une petite ville de la région de Mother Lode au nord de l'État, et je me reposais de la fatigue d'avoir conduit pendant toute la nuit. À cette époque, j'étais engagé dans la lecture de certaines portions du System of the Vedanta de Paul Deussen, comme je l'avais fait plus ou moins systématiquement depuis les trois dernières semaines. Cet ouvrage est une interprétation du Vedanta sous forme philosophique occidentale, telle que développée par Shankara dans ses commentaires sur les Brahma Sutras .
J'avais été poussé vers ce programme particulier de lecture au moment où je me rendis compte que les paroles de Shankara possédaient un certain pouvoir -c'était du moins mon expérience. Pendant quelque temps, je l'avais considéré spontanément comme un Gourou avec lequel j'étais complètement en accord. Je l'avais toujours trouvé clair et convaincant, du moins dans les sujets touchant l'analyse de la conscience, alors que chez les autres Sages je découvrais des obscu­rités ou des insistances avec lesquelles je ne me sentais pas en complète sympathie. Durant plusieurs mois, j'avais pris la résolution de creuser davantage la pensée de Shankara, pour autant qu'elle soit accessible en traduction. C'est en poursuivant ce but que je lisais lentement le System of Vedanta et que je méditais sur celui-ci.

J'avais continué dans ce projet alors que j'effectuais une coupe transversale dans une prospection d'or près de la petite ville de Michigan Bluff. Durant une bonne partie de ce temps, j'étais complètement seul et je réus­sissais habituellement très bien à pénétrer le sens et à suivre la logique de ce que je lisais. Un jour, après le repas du soir et alors que j'étais encore assis à table, je sentis que graduellement j'étais passé dans un état délectable de contemplation. Le contenu réel de la pensée de cette période a été oublié, mais comme je prenais soigneusement note de l'état dans lequel je me trouvais et que je le soumettais à un examen serré, la qualité de l'état s'est clairement imprimée dans ma mémoire. Mon souffle avait changé, non pas qu'il ait cessé ou soit devenu lent ou rapide. Il était peut-être juste un peu plus lent que normalement. Le change­ment notable était dans une qualité subtile associée à l'air respiré. Tout à fait au-dessus des gaz physiques de l'air, il semblait y avoir une substance impalpable d'une douceur indescriptible qui, à son tour, était associée à un sentiment général de bien-être embrassant même l'homme physique. C'était comme le bonheur ou la joie, mais ces mots sont inadéquats. C'était une qualité très douce, mais dépassant de beaucoup la valeur de toutes les formes plus familières du bonheur. C'était tout à fait indépendant de la beauté ou du confort des lieux. À ce moment-là, l'environnement était pour le moins austère et aucunement attirant. J'avais déjà senti cette qualité associée à l'air, mais à un degré moindre, lorsque j'étais à des niveaux élevés dans les montagnes, mais à présent je n'étais qu'à quelque six cents mètres et l'air était loin d'être revigorant, étant donné la période de chaleur exceptionnelle. Cependant, une analyse introspective révéla que la qualité d'élixir était surtout forte lors de l'expir, indiquant ainsi que cela ne venait pas de l'air environnant. De plus, le souffle expiré n'était pas simplement de l'air expulsé dans l'at­mosphère extérieure, mais semblait pénétrer à l'inté­rieur de l'organisme tout entier comme une douce caresse, laissant partout un paisible sentiment de délectation. Cela me semblait être comme un nectar. J'ai appris depuis que c'est là la véritable Ambroisie.


Il est peut-être pertinent de noter en passant que quelques jours auparavant, la pensée ayant été stimulée par mes lectures, j'avais développé une interprétation touchant la nature de la matière pondérable. Cette inter­prétation me semblait régler certaines difficultés logiques qui ont toujours paru persister, malgré mes efforts pour réconcilier l'Être Transcendant avec l'univers physique. L'idée était que la matière pondérable — c'est-à- dire toutes choses perçues au plan grossier ou subtil — est en réalité une absence relative de substance, une sorte de vacuité partielle. Je ne vais pas développer ici les preuves et la logique derrière cette idée, même si elles ont été parcourues dans ma conscience pendant les jours qui ont suivi l'apparition de l'idée. Mais ce qui importe par rapport au récit actuel, c'est l'effet que cette idée a eu sur ma conscience. Elle semble avoir aidé de façon vitale à préparer la voie pour l'Illumination qui allait venir. Cet effet s'est produit comme suit. D'habitude, nous considé­rons la sensation matérielle comme quelque chose de substantiel. En revanche, nous avons pu être théorique­ment convaincus que l'espace soi-disant vide n'est pas seulement rempli mais qu'il est en fait plus substantiel que certaines de ses parties occupées par la matière pon­dérable. Cette idée n'est pas nouvelle pour la métaphy­sique, et une bonne part des écrits de la physique moderne ne lui est pas incompatible. Mais je me suis aperçu que les idées venues de sources extérieures, même si elles ont des formes convaincantes, n'ont pas sur la conscience le pouvoir que possède une idée originale.


Cette idée a eu sur moi l'effet suivant : j'ai pu recon­naître plus concrètement qu'il y avait de la réalité sub­stantielle là où les sens ne signalaient que du vide, et concevoir beaucoup mieux l'irréalité (ou la réalité qui est simplement dépendante ou dérivée) des données senso­rielles.

Notons en plus certains facteurs pertinents. Il y a environ dix-huit mois, commença une série de conver­sations avec quelqu'un que je reconnaissais comme un Sage. J'ai vérifié de toutes les façons possibles la validi­té de ma reconnaissance de cet être et j'avais démontré à ma satisfaction complète son authenticité. J'ai agi conformément à sa parole lorsque je ne pouvais voir clairement, et je découvrais alors que la clarté émer­geait graduellement. Agissant suivant ses suggestions, ma femme Sherifa et moi-même avons entrepris de faire un travail public jamais tenté auparavant. Nous avons tous deux trouvé, à mesure que nous progres­sions dans le travail, une croissance graduelle de la compréhension qui a constamment amené la Lumière là où il y avait eu de l'obscurité. Entre autres choses, ce Sage suggéra que j'étais relié à une incarnation précé­dente d'une importance particulière. Il m'avertit qu'il n'était pas mon Gourou personnel et qu'il ne pouvait l'être, puisqu'une telle relation dépendait de lignées qui ne sont pas arbitraires.

Par le passé, deux Reconnaissances importantes me sont venues. Tout d'abord, il y a près de quatorze ans, dans un milieu qu'il n'est pas nécessaire de préciser, je reconnus soudain que « Je suis Atman ». Cela effectua d'importants changements de point de vue qui ont per­sisté. Ensuite, moins d'un an après, lorsque j'étais impliqué dans le travail public mentionné plus haut, et tout en étant vivement intéressé par un livre qui parlait d'un Sage indien vivant, je reconnus soudain que le nirvana n'est pas un champ, un espace ou un monde dans lequel on entre et qui nous contient comme l'espace pourrait contenir un objet extérieur, mais plutôt que « je suis identique au nirvana, que je l'ai tou­jours été et le serai toujours. » Cette Reconnaissance a également eu des effets persistants sur la conscience personnelles.

Nous sommes maintenant prêts à revenir à la Reconnaissance d'il y a dix jours. Je dis « Reconnaissance » plutôt qu'« expérience » pour une raison précise. Ce n'était pas à proprement parler un cas de connaissance expérientielle, qui est une connais­sance venue des sens, soit grossiers soit subtils, et non de la connaissance par déduction — bien que les deux formes, surtout la dernière, aient servi d'auxiliaires. C'était un Éveil à une Connaissance que je représente­rais le mieux en l'appelant Connaissance par Identité, et ainsi le processus — pour autant que nous puissions vraiment parler de processus ici — est mieux exprimé par le terme « Reconnaissance ».

Je m'étais assis dans une balançoire de la véranda, lisant, comme je l'ai dit plus haut. Devançant la partie que je lisais, je tournai vers la section consacrée à la « Libération », puisqu'il me semblait que j'étais particulièrement affamé de cette chose. Je lus rapidement le texte et tout me sembla très clair et satisfaisant. Puis, comme je restais à réfléchir sur la lecture que j'avais faite jusqu'ici, soudain il m'apparut clairement qu'une erreur souvent commise dans la méditation élevée — c'est-à-dire la méditation sur la Libération —, consiste à chercher un objet subtil de Reconnaissance, autre­ment dit, quelque chose qui pourrait être expérimenté. Bien sûr que je savais depuis longtemps que cette posi­tion était théoriquement fausse, mais je n'avais pas pu le reconnaître. (Il y a ici une distinction subtile mais très importante.) Aussitôt, je laissai tomber toute attente de voir quelque chose se produire. Ensuite, les yeux ouverts et sans aucun arrêt dans le fonctionne­ment des sens (donc sans aucune transe), j'ai abstrait le moment subjectif — l'élément « JE SUIS » ou « Atman » — de la totalité du monde objectivement connu. Je me concentrai sur cela. Naturellement, je trouvai ce qui, d'un point de vue relatif, est Ténèbre et Vacuité. Mais je reconnus cela comme Lumière Absolue et Plénitude et je reconnus que j'étais Cela. Évidem­ment, je ne puis dire ce que Cela était dans sa nature propre. Les formes relatives de conscience dénaturent inévitablement la Conscience non-relative. Non seule­ment je ne peux en parler aux autres, mais je ne peux même pas le contenir à l'intérieur de ma propre conscience relative, que ce soit la sensation, le senti­ment ou la pensée. Tout penseur métaphysique verra immédiatement cette impossibilité. J'étais même préparé à ce que la conscience personnelle ne participe d'aucune façon à cette Reconnaissance. Mais en cela j'ai été heureusement déçu. Je sentais présentement la qualité ambrosienne du souffle avec la bénédiction purificatrice qu'elle répand sur la personnalité tout entière. Je me trouvais au-dessus de l'univers, non dans le sens de quitter le corps physique et d'être emporté dans l'espace, mais dans le sens d'être au- dessus de l'espace, du temps et de la causalité. Mon karma semblait m'abandonner comme responsabilité individuelle. Je me sentais intangiblement mais mer­veilleusement libre. Je soutenais cet univers et n'étais pas limité par lui. Désirs et ambitions devinrent pro­gressivement vagues. Tout honneur mondain avait perdu le pouvoir de m'exalter. La vie physique semblait indésirable. De façon répétée, pendant les jours qui sui­virent, j'ai été dans un état de profonde méditation, entretenant des pensées si abstraites qu'aucun concept ne pouvait les représenter. Je semblais comprendre une véritable bibliothèque de connaissances toutes moins concrètes que les mathématiques les plus abstraites. La personnalité reposait dans une douce lueur de bonheur, mais tout en étant douce, cette lueur était assez puissante pour rendre terne le délice sensuel le plus aigu. De la même façon, le sentiment de la peine­-du-monde était absorbé. C'était comme si je regardais l'univers en demandant : « Qu'y a-t-il ici qui ait de l'in­térêt ? Qu'est-ce qui vaut d'être fait ? » Je ne trouvai qu'un intérêt : le désir que d'autres âmes puissent reconnaître cette chose que j'avais reconnue, car en cela se trouvait la seule clé pouvant résoudre efficacement leurs problèmes. Les petites tragédies des humains me laissaient indifférent. Je voyais une seule grande Tragédie, cause de toutes les autres : le fait que l'Homme ne reconnaissait pas sa propre divinité. Et je ne voyais qu'une seule solution, la Reconnaissance de cette divinité.







jeudi 5 février 2026

Jean-Claude Vannier






Jean Claude Vannier, né en 1943 à Bécon-les-Bruyères (Courbevoie), est un auteur-compositeur-interprète et arrangeur musical français. (Biographie complète sur Wikipedia)










lundi 2 février 2026

La chanson de la grande capitulation







J'ai accompagné, en tant que pianiste, Anna Prucnal sur une pèriode d'environ quatre ans (1989 à 1993) Un disque du spectacle "Monsieur Brecht" créé le 26/02/1993 à Troyes existe, en voici un extrait. (Le texte est dit par Jean Mailland)



La chanson de la grande capitulation 
(Texte de Bertold Brecht, musique de Paul Dessau)
 
Chant : Anna Prucnal 
Récitant : Jean Mailland 
 Piano : Michel Tardieu 
Enregistré en direct le 26 février 1993 par Roger Roche à L'Espace Cité, Troyes. 
 
Chanson de la Grande Capitulation (Brecht/Dessau) 
 
Moi aussi j'ai dit, dans la fleur de ma jeunesse : Je ne suis pas pareille à toutes les autres.
(Pas une simple fille de ferme J'ai de l'allure et des talents, j'ai de l'ambition) 
Je ne mangeais pas de tout, j'avais ma délicatesse, Je prétendais marcher la tête haute. 
(Tout ou rien. Le premier venu, jamais. Comme on fait son lit on se couche. 
Personne ne me fera la loi). 
Le pinson dans la cour Siffle : cause toujours ! 
Avant que l'année soit écoulée Tu marcheras avec la clique Tu joueras sur ton petit clairon, Mets-toi dans le ton. Une deux, tout le monde dans le rang 
L'homme propose, Dieu dispose... Tout ça c'est du flan. 
 
Avant qu'une année se soit écoulée J'ai appris à boire dans tous les verres. 
(Deux enfants sur les bras, au prix qu'est le pain, et tous les frais qu'on a) 
Quand ils m'ont laissée, après m'avoir éduquée, Je ne marchais plus, je rampais sur la terre.
(Faut prendre les gens comme ils sont. La main gauche ignore ce que fait la main droite. 
On ne passe pas par le trou d'une aiguille) 
Le pinson dans la cour Siffle : cause toujours ! 
L'année n'est pas encore passée La voilà qui marche avec la clique, 
Elle joue déjà de son petit clairon, Elle se met dans le ton. 
Une deux, tout le monde dans le rang ! 
L'homme propose, Dieu dispose... Tout ça c'est du flan 
 
J'en ai vu beaucoup monter à l'assaut du ciel, Nulle étoile n'est assez belle, n'est assez loin. 
(Travaillez, prenez de la peine. Quand on veut on peut. 
Les petits ruisseaux font les grandes rivières) 
Ils ont tant cherché, tant remué le ciel et la terre, 
Qu'à la fin ils ne pouvaient plus remuer leur propre main. 
(Selon ta bourse, gouverne ta bouche) 
Le pinson dans la cour Siffle : cause toujours ! 
Avant que l'année soit écoulée Les voilà qui marchent avec la clique 
Ils jouent sur leur petit clairon, Ils se mettent dans le ton. 
Une deux, tout le monde dans le rang ! L'homme propose, Dieu dispose... 
Tout ça c'est du flan !







vendredi 30 janvier 2026

La Fugue Enchantée, un Opéra-Conte (1993)










Un spectacle dans lequel je me suis à l'époque (1993) beaucoup investi, et dont il reste ce film, initialement publié en VHS, que j'ai numérisé par la suite, et qui est téléchargeable sur Mediafire (8 archives au format rar, à recoller avec winrar sous windows, stuffit expander sous Mac) et aussi en un seul fichier sur Mega.nz . Inutile de préciser que ce film est à présent totalement introuvable; j'encourage tous ceux qui ont des enfants (ou petits-enfants), ou à défaut une âme d'enfant, (ou encore mieux: les deux!), à se faire ce cadeau...

Voici la présentation qu'en a fait le poète Joël Sadeler:

"La Fugue Enchantée" fut d'abord la fugue en chantier. Chantier de documentation mis en place par les enseignants et "Plaisir de Lire". Chantier d'écriture dans une quinzaine de classes où chacun avait à coeur d'inventer "son" histoire alors qu'il s'agissait tout au plus d'écrire un passage ou une chanson de cet opéra-conte.
Chansons en chantier, fugue qui fuyait par tous les bouts. Bien souvent je me suis demandé comment j'allais coudre tous ces morceaux de façon harmonieuse, tant l'imagination des enfants était débordante... Et voilà que moi qui ne suis pas bricoleur pour un trou, je suis devenu écrivain = plombier, avec l'aide d'un expert en la matière, Clément Mazier. Par la magie des mots, des images, des musiques (merci Max Rongier, merci Michel Tardieu) cette fugue en chantier est devenue "La Fugue Enchantée".
Pour que cette fugue vous enchante à votre tour, tout le monde s'y est mis : couturières, plasticiens, conseillers pédagogiques, décorateurs, chorégraphes, professeurs de musique, maîtres - chanteurs, instituteurs, techniciens de la scène, du son, de la lumière... et puis aussi et surtout les enfants.
Notre bonheur -le vôtre aussi- est grand de savoir que ces enfants ont eu plaisir à écrire, à danser, à jouer, à chanter, trouvant dans cet opéra-conte une autre façon d'apprendre, une autre façon de s'exprimer, une autre façon de découvrir le monde.
Mais attention, le spectacle va commencer... Il était une fois, deux fois, dix fois... "La Fugue Enchantée".


Lors des représentations, j'étais sur le côté de la scène avec des claviers et du matériel informatique, me permettant de diffuser la musique d'accompagnement et de jouer, tout ça en temps réel. Bien entendu, tout les départs, ainsi que les fins, étaient calés avec précision. Max Rongier dirigeait l'ensemble et chantait certains passages avec les enfants.



Voici pour terminer un petit extrait :




samedi 10 janvier 2026

Grégorien en Chartreuse












Cliquer sur les images pour ouvrir le diaporama haute résolution








jeudi 1 janvier 2026

Olivier Messiaen : Saint François d'Assise







Une musique d'Olivier Messiaen, le septième tableau du troisième acte de son opéra "Saint François d'Assise".
A écouter en Présence...

Voici le texte, écrit par le compositeur, qui trouve son inspiration entre autres dans "le Cantique des Créatures", de Saint François.

Saint François

Seigneur Jésus Christ
Accorde moi deux grâces avant que je ne meure !
La première : que je ressente dans mon corps cette douleur que tu as enduré
à l’heure de ta cruelle Passion.
La seconde : que je ressente dans mon coeur cet amour dont tu étais embrasé,
Amour qui te permit d’accepter une telle Passion, pour nous, pécheurs.

Choeur

Les miens, je les ai aimé : jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’à la mort de la Croix,
Jusqu’à ma chair et mon sang, livrés, donnés en nourriture, dans l’Eucharistie.
Si tu veux m’aimer, vraiment, et que l’Hostie,
la Sainte Hostie, te transforme davantage en Moi :
il te faut souffrir dans ton corps les cinq plaies de mon Corps en Croix,
accepter ton sacrifice, en union avec mon Sacrifice,
et, te dépassant toujours plus, comme une musique plus haute,
devenir toi-même une seconde hostie...

Saint François

Ô faiblesse !...Âme très méprisable !...Ô mon corps indigne !...
Puis-je, Seigneur, te les offrir... ?

Choeur

C’est Moi, c’est Moi, c’est Moi, je suis l’Alpha et l’Omega
Je suis cet après qui était avant.
Je suis cet avant qui sera après
Par moi tout a été fait
C’est Moi, c’est Moi qui ai pensé le temps et l’espace.
C’est Moi, c’est Moi qui ai pensé toutes les étoiles.
C’est Moi qui ai pensé le visible et l’invisible,
Les anges et les hommes,
Toutes les créatures vivantes
Je suis la Vérité d’où part tout ce qui est vrai,
la première Parole, le Verbe du Père, celui qui donne l’Esprit,
est mort et ressuscité, Grand Prêtre éternellement :
L’Homme-Dieu !
Qui vient de l’envers du temps, va du futur au passé,
Et s’avance pour juger, juger le monde...
(On voit les cinq taches de sang, aux deux mains, aux deux pieds, au côté droit de Saint François)

Choeur

François !...

Saint François

Mon Seigneur et mon Dieu !

Choeur

François !...
Beaucoup désirent mon céleste royaume, peu consentent à porter ma Croix

Saint François

Parle, Seigneur, parle, Seigneur, ton serviteur écoute.

Choeur

François !...François !...Si tu portes de bon coeur la Croix, elle-même te portera,
et te conduira au terme désiré.
Est-il rien de pénible qu’on ne doive endurer
Pour la Vie, pour la Vie,
Pour la Vie éternelle ?




lien pour télécharger la musique (clic droit, puis "enregistrer sous...").



jeudi 4 décembre 2025

Cream (Clapton, Bruce, Baker)







Cream est un groupe de rock britannique des années 1960 composé du guitariste Eric Clapton, du bassiste Jack Bruce et du batteur Ginger Baker. (Suite sur Wikipedia)

"Disraeli Gears" fait toujours partie de mes disques de chevet, je ne m'en lasserai jamais! Vous trouverez ici trois morceaux de cet album, dont l'inoubliable "Sunshine of Your Love", devenu un standard incontournable du rock-blues des seventies. "I feel free" est extrait du tout premier vynil, "Fresh Cream", et les deux derniers morceaux proviennent du troisième album, "Wheels of Fire".(Crossroads est une version "live")






Sunshine of your love


It's getting near dawn,
When lights close their tired eyes.
I'll soon be with you my love,
To give you my dawn surprise.
I'll be with you darling soon,
I'll be with you when the stars start falling.

I've been waiting so long
To be where I'm going
In the sunshine of your love.

I'm with you my love,
The light's shining through on you.
Yes, I'm with you my love,
It's the morning and just we two.
I'll stay with you darling now,
I'll stay with you till my seas are dried up.

I've been waiting so long
I've been waiting so long
I've been waiting so long
To be where I'm going
In the sunshine of your love.