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lundi 25 mai 2020

Du temps et des chats






J'ai emprunté le titre de cet article (dont la première publication date de mai 2009) à Howard Fast, qui a intitulé ainsi l'une des histoires de son recueil de nouvelles "Au seuil du futur". Le chat évoque pour moi en effet l'intemporalité, la présence tranquille et paisible qui s'étire paresseusement tout au long de la journée et m'incite souvent à en faire autant!


Les chats baillent parce qu'ils se rendent compte qu'il n'y a rien à faire. (Jack Kerouac)




Chaque chat est un chef-d'œuvre. (Léonard de Vinci)


On ne choisit jamais un chat : c'est lui qui vous choisit.
(Philippe Ragueneau)



La mélancolie, c'est un chat perdu qu'on croit retrouvé. (Léo Ferré)



Les chats ont pris leur existence comme une donnée de la création. (Franz Kafka)



Il y a deux moyens d'oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. (Albert Schweitzer)



Une maison sans chat est un aquarium sans poisson. (Jean-Louis Hue)



Le chat

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu.

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournant docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je le vois avec étonnement
Le feu de ses prunelle pâles
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Charles Baudelaire



" J'écoutais celui-ci grave, celui-là argentin, le double ronron, mystérieux privilège du félin, rumeur d'usine lointaine, bourdonnement de coléoptère prisonnier, moulin délicat dont le sommeil arrête la meule. "


Colette




J'ai trouvé quelques unes de ces citations ainsi que le poème de Baudelaire sur l'excellent site Culture Chat, qui, comme son nom l'indique, est consacré au chat sous toutes ses déclinaisons.

Et pour terminer, deux musiques "félines" : le duo miaulé, extrait de "L'enfant et les sortilèges", de Maurice Ravel et Colette, et "The cat", par le James Taylor quartet.


Et comme je supprime les originaux des articles republiés, voici les commentaires qui accompagnaient celui-ci, en mai 2009...









vendredi 16 août 2019

La chèvre et la CX



C'était il y a sept ans...











mardi 12 juin 2018

After-Chèvre



Avertissement : les images n'ont rien à voir avec les textes, ce qui explique le titre générique de l'article.




1
Tiens voilà le Bon Dieu qui rapplique à la hâte
Délicieux compagnon ami de longue date
Il vient pour nous offrir l’habile sérénade
Des angélus moqueurs aux carillons agiles
Et nous souffler son verbe conjugaison subtile
Voix du ciel qui résonne et ordonne adéquate
D’illuminer nos coeurs et ouvrir délicate
La danse de nos amours à jamais immédiate
(1994)




2
─ Grand-Père, c’est quoi, tous ces mots ?
─ Quels mots ?
─ Ces mots de bonheur, d’espoir, d’envie, de compassion, de passion dépassant la passivité du passant pour accéder enfin à l’attention du patient...
─ Halte, misérable, ces mots ne font que bavarder entre eux ; où se cache donc le sens, où se cache-t-il, en admettant qu’il y en ait un, ou plusieurs ? Car pas du tout ne conviendrait guère à ce jeu de l’Où...
─ Du sens des mots proviennent tous les maux !
─ Ce n’est guère motivant
─ Le motif n’est pas à propos
─ Ni la démo de ces mots-là
─ Autorisés ?
─ Motorisés !
(1994)






mercredi 21 mars 2018

Poissons de lumière





Pour tous, en ce jour de printemps...

Poissons d'or



Poissons de lune



Poissons d'étoile



Poissons de ciel



Poissons qui dansent
En silence
Présence
Ou absence
Plus de différence
Plus qu'une immense vacance
Plus que l'infinie naissance
De l'esprit






dimanche 13 août 2017

J.H.Fabre et la lycose de Narbonne









Jean-Henri Fabre, né le 21 décembre 1823 à Saint-Léons du Lévézou (Aveyron), mort le 11 octobre 1915 à Sérignan-du-Comtat (Vaucluse), est un homme de sciences, un humaniste, un naturaliste, un entomologiste éminent, un écrivain passionné par la nature et un poète français, lauréat de l'Académie française et d'un nombre élevé de prix. (suite sur Wikipedia)


Voici l'introduction au chapitre concernant la Lycose de Narbonne, extrait des «Souvenirs entomologiques»:


«Michelet nous raconte comment, apprenti imprimeur au fond d'une cave, il entretenait des rapports amicaux avec une Araignée. A certaine heure, un rayon de soleil filtrait par la lucarne du triste atelier et illuminait la casse du petit assembleur de lettres de plomb. La voi­sine à huit pattes descendait alors de sa toile et venait, sur le bord de la casse, prendre sa part des joies de la lumière. L'enfant laissait faire; il accueillait en ami la confiante visiteuse, pour lui douce diversion aux longs ennuis. Lorsque nous manque la société de l'homme, nous nous réfugions dans celle de la bête, sans perdre toujours au change.

Je n'endure pas, Dieu merci, les tristesses d'une cave: ma solitude est riante d'illumination et de verdure; j'assiste, quand bon me semble, à la fête des champs, à la fanfare des merles, à la symphonie des grillons; et cependant, avec plus de dévotion encore que n'y en mettait le jeune typographe, je fais commerce d'amitié avec l'Araignée. Je l'admets dans l'intimité de mon cabinet de travail, je lui fais place au milieu de mes livres, je l'installe au soleil sur le bord de ma fenêtre, je la visite passionnément chez elle, à la campagne. Nos rapports n'ont pas pour but de faire simple diver­sion aux ennuis de la vie, misères dont j'ai ma part tout comme un autre, ma très large part; je me propose de soumettre à l'Araignée une foule de questions auxquelles, parfois, elle daigne répondre.

Ah! les beaux problèmes que suscite sa fréquentation! Pour les exposer dignement, ne serait pas de trop le merveilleux pinceau que devait acquérir le petit impri­meur. Il faudrait ici la plume d'un Michelet, et je n'ai qu'un rude crayon, mal taillé. Essayons, malgré tout: pauvrement vêtue, la vérité est encore belle.»





mercredi 3 mai 2017

Perfection de l'Instant






Cliquer sur l'image, puis utiliser les flèches droite et gauche du clavier.



dimanche 4 septembre 2016

mercredi 4 mai 2016

Les Poissons du Silence





poissons 01


poissons 04


Ce poème est issu de la contemplation d'un aquarium d'intérieur chez un ami, j'avais alors 25 ans environ. Les poissons ici présents sont nettement plus gros que ceux qui m'avaient inspiré ces vers, mais ils m'évoquent le même sentiment de mobilité colorée, de souplesse tranquille, de bonheur organique...


poissons 05


poissons 03


Les Poissons du Silence

Les petits poissons d'or
Poissons de lune
Poissons d'étoile
Poissons de ciel
Poissons de nuit
Poissons qui se coulent entre les nappes d'eau vibrante
Poissons qui voltigent telles des lucioles aquatiques
Poissons qui vous regardent l'allure indifférente
Poissons qui vous ignorent dans leur rêve nautique
Les petits poissons d'argent
Poissons arc-en-ciel
Poissons de pluie
Poissons de miel
Poissons de suie
Le corps luisant qui ondule doucement
La tête colorée à l'expression furtive
Les nageoires de soie qui tremblent fébrilement
Et l'eau qui les entoure comme leur vie qui dérive
Leur vie de poissons
De petits poissons
D'or et d'argent
De petits poissons
De lune et d'étoile
De petits poissons
Arc-en-ciel
De petits poissons
Heureux


poissons 02


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dimanche 14 février 2016

Lori-Ann : Six symptômes de l’Illumination




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Article original en anglais sur le blog de Lori-Ann : The Awakened Dreamer
Article en français sur le blog de Christine : Du Tout et Du Rien



Le jour après le réveil de ce rêve d'être un soi séparé, le quotidien a pris des reflets d’illumination. Trois mois plus tard je suis toujours amusée par ce que j'appelle «la légèreté indescriptible de wow », une sorte de fraîcheur de nouveau-né d'où la vie est perçue.

Quel est ce "wow"? En mettant en garde sur le fait que ce qui a surgi ici n'est pas nécessairement ce qui va surgir pour d'autres à la suite d'un éveil, voici ma liste de symptômes. Ces symptômes peuvent indiquer ou non la réalisation de soi, mais si vous n'êtes pas sous l’effet d’une substance illicite, il y a une grande chance qu'il se passe quelque chose de non ordinaire.


1 Des Perturbations Visuelles:
Immédiatement après je me sois réveillée de ce rêve, j'ai remarqué que mes globes oculaires semblaient délivrer une image différente d'avant. Maintenant, je perçois de la luminosité en toute chose, une luminosité "d’éclairage de l’intérieur" et la netteté des arbres, des voitures, des feux de circulation, et même des piétons. C'était comme si quelqu'un avait photo-shopé la réalité en utilisant les applications pour la saturation des couleurs, le renforcement et la netteté. Je vois toujours le monde de cette façon, mais davantage quand je marche dans la nature que quand je me déplace dans la circulation ou les rayons d'épicerie. Et, bien sûr, je suis parfois sidérée par la façon dont le soleil brille dans une rue humide, ou le sourire de la personne derrière la caisse. Dans ces moments-là, l'ordinaire paraît extraordinaire.

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2 Des Problèmes de Limites:
Crainte et Joie sont nées de la simple vision que je n'étais pas séparée. J'ai erré dans une forêt un jour, disant à haute voix (les larmes coulant), "Waouh, waouh, waouh, c'est moi!" Le corbeau volant, les arbres se balançant, les nuages ​​en mouvement, le chien aboyant – chaque parcelle de ce mouvement vue comme des objets apparaissant. "Lori Ann marche" était également une apparition, depuis la seule source, ce vaste vide-plein du sol regorgeant d'êtreté. Maintenant je sais pourquoi ils envoient les fous sacrés “enivrés de Dieu” hors de l'ashram ou du sanatorium - cette perception de l'unité est distrayante, pour le moins, quand vous devez enseigner à un gamin la pratique du football et que soudain, vous êtes le ballon. En fait, j'avais l'habitude d'être une sorte de spectatrice qui s'ennuyait à regarder ma fille jouer au football - tout à coup, je peux être comme un chien, captivée par la balle qui roule et les crampons qui frappent et l'entraîneur qui crie. Je suis tout à la fois une spectatrice assidue et un participant.

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3 Un Esprit Vide. 
Bon, alors où sont allées toutes les pensées? Même la pensée que «je suis Lori Ann, responsable ici» s'est évaporée. Au lieu de cela existe un vide spacieux là où auparavant une foule entière de "pensées" chahuteuses faisait la fête au loin. Ici et là, une lourde pensée parasite va errer à travers le vide et partir assez rapidement, probablement de déception "Et alors, dis, où est la fête?". Vivre dans ce vide-de-pensée est assez facile. Lorsque le bruit mental est minime, la réalité est beaucoup plus vive et immédiate. Quand un ami parle, je l'écoute comme jamais auparavant, parce que les pensées concurrentes (comme je suis d'accord ou pas d'accord) ne sont pas là pour diner. Si jamais je voulais devenir une bonne psychothérapeute, ce serait le moment.

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4) Un calme monstrueux: 
Je ne pense pas que le valium ait quoique ce soit à voir avec l'illumination. Deux jours après je me sois réveillée, l'homme avec qui je vis m’a dit qu’il voulait rompre. J'étais assise là tranquillement - et même sereinement - et l’ai écouté. Au lieu de réagir comme Lori Ann l’aurait fait, ce qui se passait était l'acceptation complète. Aucune défense. Aucun argument. Pas de "comment oses-tu”, de stratégie d'attaque verbale. Ce qui surgissait était la vision claire de la réactivité de mon partenaire, et l’acceptation de cela, et pourtant aussi de la compassion pour dire: «Si tu veux me quitter, c'est okay. Mais je vois que tu es en grande souffrance en ce moment. Tu peux peut être te donner trois jours pour prendre une décision finale. "(Oui, il est resté). Depuis lors, il y a eu de nombreuses occasions d'éprouver un calme intérieur pendant que des tempêtes émotionnelles grondaient autour de moi (laissez-moi vous dire, qu’une fille pubère âgée de 12 ans est un test de stress garanti). Si Big Pharma pouvait mettre l’illumination en bouteille, ses ventes dépasseraient celles de Prozac ou de Viagra. Peut-être la chimie de mon cerveau est-elle modifiée par cette super-tranquillité d'être ici. Mais bon, je ne compte pas m’offrir à la science pour le savoir.

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5 Des Flashs Prémonitoires. 
Contrairement aux bouffées de chaleur, que j'ai également expérimentées en tant que femme ménopausée, ces bouffées de clairvoyance sont une sorte de plaisir. J'ai toujours été assez intuitive, mais maintenant c’est comme des ESP* sur stéroïdes. Ce qui a changé cependant, c'est ce que je fais avec ces aperçus de l'avenir. Il n'y a pas d’élan ici pour changer ce qui va arriver, en fait, avoir ces fenêtres dans le ce-qui-sera c'est comme avoir un bulletin météo. Je ne m'efforcerai pas plus de changer le temps que je ne chercherais à manipuler l'avenir. Une histoire par exemple: j'ai eu la vision une nuit d'un ami qui espionnait mes e-mails afin de vérifier la véracité de quelque chose que j'avais dit. Je savais que je pouvais changer mon mot de passe ou supprimer toute la correspondance électronique qui alimentait le feu de la suspicion. Au lieu de cela, je savais que les choses se passeraient comme je l'avais vu, ce serait parfait. La confiance là est qu'il y a une certaine conception brillante dans ce jeu de Dieu. Effectivement, le lendemain cette personne a piraté mes courriels et l’a confessé plus tard. Et de là, une série de leçons s’en est découlée. En fait, Lori Ann n'aurait jamais permis ce déploiement. Elle aurait plutôt essayé de changer les résultats en ce "qu'elle pensait être le mieux." Ce qui m'amène au dernier symptôme de la réalisation de soi.

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6 Un Abandon Radical: 
Je sais que les gens pensent que l’abandon est une action que vous posez pour arriver à l'illumination. Mais sincèrement, c'est un état d'être qui résulte de la réalisation de soi. Abandonner c’est tout simplement laisser-aller parce que vous avez réalisé que le contrôle était de toute façon une illusion. Cela ressemble à un flux et de la magie dans la vie, parce que quand nous ne cherchons pas à diriger la rivière, nous sommes emportés par elle. Dans l’abandon radical, ce qui pose des intersections est parfaitement chronométré, un heureux hasard élevé et une synchronicité haute sur l’échelle de Richter. Mais ne prenez pas mes mots pour acquis. Réveillez-vous et voyez ce qu’est la vie quand le «je» se dissout et que la vie se vit sans effort grâce au non-vous. Cela ne veut pas dire que la vie est toujours agréable. La douleur peut être ici. Ce qui manque, c'est le bouton de commande à distance sur le jeu vidéo. Vous êtes tous laissés là car c’est le jeu qui se joue sur l'écran de la vie. Vous êtes un spectateur, vous êtes un personnage du jeu et vous êtes l'écran. C'est sacrément cool d'être tout et rien, l'eau, la rivière, le courant, le flux, l'océan et le ciel.

Donc vous les avez. Six des symptômes du réveil du rêve de soi. Bien que certains de ces symptômes apparaissaient sous une forme atténuée dans la vie de Lori Ann avant le grand tremblement du 25 octobre 2011 (http://theawakeneddreamer.com/2011/11/17/hello-world/), ce sont les caractéristiques permanentes de cette vie vécue. Et contrairement à des symptômes de maladie, ce sont des symptômes de l'état que nous recherchons tous, un état d'aisance.

Alors. Je vous invite à vivre une vie remplie de symptômes d’aisance non-ordinaire. Je vous invite à vous réveiller.

La conscience est ici,

Lori Ann

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mercredi 29 janvier 2014

Les retrouvailles du Chameau







Les Retrouvailles du Chameau

Comment
Mais je ne croyais pas
M'être arrêté
D'écrire
d'aimer
de vivre
de chanter
Eh bien si justement
Même plus cigale
A peine fourmi
Pauvre animal
Pas réussi
Le compromis...



Alors
Se réveiller
se déplier
se secouer
se dérouler
se regonfler
Passer du stade de la flaque d'eau accroupie
A celui de l'océan bien flanqué
C'est à dire bien campé sur ses deux pieds
Avec l'oeil fier
Aux aguets
Pointé vers l'horizon
Pour voir
Si par hasard
Il n'y aurait pas de la lumière
Cachée derrière
Il faut tout prévoir
On n'est jamais assez prudent
Déblayer le terrain
Y voir clair
Psycho-dédramatiser
La réalité
Comprendre
Apprendre
Ne plus s'en prendre
Aux autres
Ni à soi-même
Mais à qui alors
Justement
Là est le problème
Lorsque tombe la solution
Le substrat
Le phénomène
Tout se mélange en gros bouillons
Plus d'hypothèse ni conclusion
Alors voyons où ça nous mène
De nulle part à jamais
Ou de quand même à peut-être
D'un mot à l'autre
D'une idée
A un concept
Ou une théorie
Mais où s'arrêteront-ils
Il faudra bien qu'ils se rendent compte de l'infranchissabilité de l'abîme qui les entoure de toute part et les sépare de la vie que cherchaient à
recouvrir
déguiser
déformer
irréaliser
Insensibiliser
Tous ces mots
Précisément


Et c'est là où la poésie se mord la queue, puisqu'elle prétend laisser entrevoir entre les mots ce qu'eux même ne sauraient désigner.
Alors, où se cache le sens, où se cache-t-il, où dérive le poète, où glisse sa plume, où glisse-t-elle, d'une micelle d'absolu aux molécules de la plénitude, à l'atome décroché de ses valences et qui erre à présent, libre et claironnant, irisant tout sur son passage, comme s'il n'avait rien de mieux à faire (enfin, ça l'occupe)que d'écrire-gratter ce papier-cerveau là où ça le démange, dérange, mange, ange...



Et l'ange, ce sale gosse
Lui fit retrouver sa bosse
A ce chameau vagabond
Qui jadis s'était perdu
Dans le désert du non
Et qui à présent
Se souvient
Qu'il n'y a jamais eu
Ni désert
Ni bosse
Ni chameau

    (Michel Tardieu, 1991 et 2012)


On m'a fait remarquer que les photos montraient des dromadaires et non pas des chameaux; il y a au moins deux raisons à cela : il n'y a pas de chameaux au Qatar, lieu de ces prises de vue, et le chameau en question dans le poème, ayant dans le passé perdu toutes ses bosses, et venant d'en retrouver une, s'est donc transformé en dromadaire ! Ah, la magie du langage et de la poésie...