lundi 15 juillet 2019

R.D.Laing : Soi et les autres




Ronald D. Laing fut un grand explorateur de la psyché humaine et des méandres inimaginables que peut suivre le mental ordinaire pour survivre, quitte à plonger la personne dans l'aliénation la plus insidieuse sans même qu'elle s'en rende compte. Voici un tout petit extrait de l'ouvrage «Soi et les autres», plus édité, mais disponible çà et là en livre d'occasion.


Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la com­mande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imi­ter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate, tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s'ap­plique à enchaîner ses mouvements comme s'ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l'obser­ver longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être gar­çon de café.
(Jean-Paul Sartre, 1943, p. 98-99.)


Dans la chambre de cet enfant de trois ans, il y a quatre chaises. Quand il est assis sur la première, il est un explo­rateur, remontant, de nuit, l'Amazone. Sur la seconde, il est un lion et terrifie sa bonne en rugissant ; sur la troi­sième, il est un capitaine à la barre de son vaisseau. Mais sur la quatrième, une haute chaise de bébé, il essaie de faire semblant d'être simplement lui-même, rien qu'un petit gar­çon .
(A.A.Milne, cité par Anna Freud)


Si, ou quand « il » arrive à faire semblant d'être « simplement » lui-même, un masque sera devenu son visage et lui-même pensera que chaque fois qu'il agit comme s'il n'était pas « rien qu'un petit garçon », il fait semblant de n'être pas simplement lui-même. A mon sens, la plupart des enfants de trois ans, encou­ragés par leurs parents, encouragés par des autorités comme Anna Freud, sont en bonne voie de réussir à faire semblant de n'être que des petits garçons et des petites filles. C'est vers ce moment-là que l'enfant, renonçant à ses extases, oublie qu'il fait semblant de n'être rien qu'un petit garçon. Il devient rien qu'un petit garçon. Mais pas plus il n'est simplement lui- même parce qu'il n'est, à présent, rien qu'un petit garçon, que l'homme dont nous parlions n'est sim­plement lui-même parce qu'il est un garçon de café. « Rien qu'un petit garçon », voilà ce que de nom­breuses autorités en matière d'enfants pensent qu'est un être humain âgé de trois ans.
Soixante ans plus tard, celui qui avait cru n'être « rien qu'un petit garçon » qui devait apprendre ceci et cela afin de devenir « un homme », et qui s'était bourré la cervelle de toutes les autres choses que les hommes racontent aux petits garçons, étant devenu un homme, commence à devenir un vieil homme. Mais tout à coup il se rappelle que tout cela n'a été qu'un jeu. Il a joué à être un petit garçon, puis à être un homme, et maintenant le voici en train de jouer à être un « petit vieux ». Sa femme et ses enfants com­mencent à se faire bien du souci. Un psychanalyste, ami de la famille, explique qu'un déni hypomaniaque de la mort (il a subi l'influence de l'existentialisme) n'est pas rare chez certaines personnes ayant parti­culièrement « réussi dans la vie » ; c'est un retour au sentiment infantile de toute-puissance. On arrivera sans doute à « limiter les dégâts » en le socialisant dans un groupe religieux. Ce serait peut-être une bonne idée d'inviter le pasteur à dîner. Nous ferions bien de surveiller ses placements d'argent, on ne sait jamais...
Il essaie de faire semblant d'être simplement lui‑même, « rien qu'un petit garçon ». Mais il n'y arrive pas tout à fait. Un enfant de trois ans qui essaie, mais sans y parvenir, de faire comme s'il n'était « rien qu'un petit garçon », s'attire des ennuis. Il se peut qu'on le fasse psychanalyser, si ses parents peuvent se le permettre. Malheur à l'homme de soixante-trois ans, si lui est incapable de faire comme s'il n'était « rien qu'un petit vieux ».
Si l'on n'arrive pas, dans son enfance, à jouer à n'être pas en train de jouer quand on joue à être « simplement soi-même », très vite les gens s'inquié­teront à l'idée que le sentiment infantile de toute-puissance dure beaucoup trop longtemps. Et si, soixante ans plus tard, on découvre soudain à quel point on a été intelligent de faire si bien semblant qu'on a même oublié qu'on a fait semblant durant toutes ces années, on se rend fort bien compte que les gens pensent qu'on devient légèrement sénile.
Essaiera-t-on à nouveau de faire semblant, cette fois de n'être « rien qu'un petit vieux »?
(Ronald D. Laing, «Soi et les autres»)







jeudi 11 juillet 2019

Kretzinger, Verlaine, Debussy







Lorsque la musique classique s'invite en poésie avec le jazz...

Esther Kretzinger : Sopran / soprano
Georges-Emmanuel Schneider : Violine / violin
Tim Collins : Vibraphon / vibraphone
Wayne Darling : Kontrabass / double bass
Gerald Endstrasser : Schlagzeug / drums




Claude Debussy


Claude Debussy, Green
(1886, Ariettes Oubliées No. 5)
Texte : Paul Marie Verlaine

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches,
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.
J’arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée,
Rêve des chers instants qui la délasseront.
Sur votre jeune sein, laissez rouler ma tête,
Toute sonore encore de vos derniers baisers;
Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.


Paul Verlaine

Claude Debussy, Il pleure dans mon cœur
(1887, Ariettes Oubliées No. 2)
Texte : Paul Marie Verlaine

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.




dimanche 30 juin 2019

Georges Crumb : Makrokosmos











George Crumb, né en 1929, a déroulé tout au long du XXe siècle une musique originale, puisant pourtant à de multiples sources : Cage, Webern (son ascétisme, sa concision), Debussy, les traditions orientales (Inde et Extrême Orient) et populaires en général. Sa recherche, portant sur les instruments, les timbres, les techniques d'exécution, les effets vocaux et instrumentaux particuliers, coïncide avec une dimension spirituelle d'aspiration rituelle et mystique, une indépendance de la pensée alliée à une grande sensibilité poétique. Dès 1962, avec les Cinq Pièces pour piano, le style de George Crumb atteint sa pleine maturité. Dix ans plus tard avec Makrokosmos - création inspirée des 24 Préludes de Debussy, des Mikrokosmos de Bartók et du schéma zodiacal -, il entrelace les performances physiques du pianiste - qui doit chanter, parler, psalmodier, siffler, grogner -, la préparation, l'amplification du piano et les références (implicites ou citations) à la tradition classique. La mise en jeu du corps de l'interprète-officiant contribue à créer un effet de présence musicale perceptible dans l'audition elle-même.







« Le titre et le format de mon Makrokosmos - explique George Crumb - reflètent mon admiration pour deux grands compositeurs du XXème siècle - Béla Bartòk et Claude Debussy. J'ai pensé, évidemment, au Mikrokosmos de Bartòk et aux 24 Préludes de Debussy. Toutefois, ce ne sont que des associations purement externes, et je suppose que l'impulsion spirituelle de ma musique est plus apparentée au côté plus sombre de Chopin, ou même à l'imagination enfantine du jeune Schumann. »



Un court extrait de Makrokosmos, avec la partition correspondante.(Pour ceux qui voudraient suivre la musique écrite tout en écoutant, il faut juste agrandir l'image...)








samedi 22 juin 2019

Le Désir Immobile, par Daniel Morin







"J'ai mis longtemps à m'apercevoir d'une confusion majeure très courante qui va à l'encontre même de l'in­tention sincère de celui qui recherche la plénitude. Je vais prendre un exemple simple : supposons que pour acheter une maison il me manque 100.000€. Je vais po­ser des actes pour réunir l'argent et réaliser mon désir. Au moment où j'ai la totalité de la somme nécessaire, je ne détermine plus de manque, et une satisfaction apparaît. La confusion habituelle est de déduire : je suis heureux parce que j'ai. Je crois alors que c'est parce que j'ai ce que j'avais déterminé comme manque que je suis heureux.
Pour ma part, la déduction est fausse. Au moment précis où j'ai ce que j'avais déterminé personnellement comme un manque, (l'Avoir), il n'y a plus de définition de manque pour moi. Ce qui émerge alors naturellement et temporairement est la plénitude de l'Être qui était en second plan, en toile de fond."
(Daniel Morin, Eclats de Silence)





Lee Lozowick - Daniel Morin : L'illusion de la séparation








L'illusion ultime : celle de la séparation

Qui que nous nous imaginions être, nous sommes identifiés à cette image que nous prenons pour la réalité. Nous sommes en proie à l'illusion ultime, celle d'être un individu séparé, coupé du tout et de tous. Nous croyons être fondamentalement indépendants. De toutes les illusions que nous pouvons nous faire sur la vie, l'illusion fondamentale, qui réside à la racine de toutes les autres et s'avère la plus difficile à dissiper, est celle de la séparation. Elle est beaucoup plus difficile à dépasser que les préjugés ou malentendus ordinaires parce qu'elle est première ; ses conséquences s'étendent partout et imprègnent tous nos fonctionnements. Pour nous, cette illusion va de soi, si bien que nous ne prenons jamais le temps de nous considérer selon une autre perspective. Pourquoi le ferions-nous donc ?

Comme nous l'avons dit précédemment, la réalité essentielle de l'existence est que rien, sur le plan de l'énergie, n'est séparé. Non seulement nous vivons à l'intérieur d'un champ énergétique qui connecte tout mais nous sommes ce champ énergétique. C'est ce que l'on nomme la non-dualité. Si nous nous regardons les uns les autres, nous avons bien sûr l'impression d'être distincts, mais au niveau essentiel il existe une matrice d'énergie imprégnant toute la manifestation, toute la création dont chacun fait partie. Nos doigts semblent séparés les uns des autres mais font partie de la même main ; de même, il existe une énergie imperceptible par les cinq sens au niveau de laquelle nous sommes littéralement Un.

C'est pourquoi chaque personne au monde affecte, de par ses actes, non seulement tous les autres à un niveau très subtil mais l'univers entier. Grandiose, n'est-ce pas ? Si cette réalisation touche la « tête » et non le « coeur », cela débouche sur une inflation : l'ego s'approprie cette connaissance, si bien que l'on devient au mieux un mégalomane lourdingue, au pire un faux maître spirituel.
Le but ou résultat de tout chemin spirituel est de réaliser la non-séparation et l'unité, Unité avec la vie, la vérité, l'univers, Dieu, peu importe la formulation. Cependant, il est impossible de comprendre l'unité intellectuellement ou de manière linéaire, car la compréhension est une fonction du mental, lequel, par nature et par définition, entretient une perspective séparée. Le mental créant la perception de la séparation, il ne saurait comprendre l'union. L'objectif essentiel du chemin spirituel est la dissipation de l'illusoire identification, de l'impression d'être séparé du tout divin. Cette dissipation de l'illusion n'est réelle que si elle aboutit à une expérience de première main.

Même une éducation poussée ne suffit pas à dissiper l'illusion de la séparation. Nombre de textes, depuis les écritures indiennes rédigées il y a des milliers d'années aux paroles contemporaines de maîtres tels que Ramana Maharshi ou Nisargadatta Maharaj, expliquent de manière limpide la réalité de la non-dualité. Les gens lisent ces livres, peut-être même beaucoup d'ouvrages de cette catégorie, et il se peut qu'ils en retirent un avant goût mental de l'authentique expérience non duelle, mais ces lectures ne sauraient, à elles seules, dissiper l'illusion de la séparation dans le corps. Pour transcender les puissants mécanismes dualistes de la psychologie, il ne suffit pas de concevoir le paradoxe de la non dualité et de l'accepter en surface; cela suppose un tout autre processus.
(Lee Lozowick, Éloge de la Folle Sagesse)





L'Entité séparée

Je suis parfaitement convaincu qu'il n'existe aucune personne ayant un libre arbitre, séparée de l'ensemble, et que la pluralité de la manifestation est toujours l'expression de l'unicité.

Une forme ne peut pas exister par elle-même sans son environnement.

Dans notre vision humaine, on se trompe quand on oublie que tout touche à tout, et que le lien, l'unicité, est la base de la multiplicité. Toute forma définie assujettit son environnement et est elle-même assujettie par son environnement.

Comment concevoir alors qu'une forme possède son propre libre-arbitre indépendant ? Et ceci n'est n'est pas une négation de certaines propriétés particulières des formes.

Dès notre prime enfance, cette conception que nous sommes une entité limitée, séparée, étanche, se possédant elle-même, nous est inculquée puis entretenue tout au long de notre vie par notre entourage et par les systèmes idéaux de notre société.

Or, le seul problème que nous ayons, c'est de nous attribuer des lois de la vie d'une façon personnelle. Le pronom «Je» permet de se définir en tant que forme humaine, et n'implique pas le sens de la séparation. Le problème va apparaître quand la pensée «moi» va s'approprier la forme «Je» et devient «Moi, je». Cette pensée «Moi» ignore ce qui permet «Je», ignore le mystère de la Vie, et se croit propriétaire des caractéristiques qu'il porte : «mon intelligence, mon hérédité, mon histoire, mon libre-arbitre, ma volonté», en oubliant ce qui permet que cela soit.
(Daniel Morin, Éclats de silence)


«Pas séparés, différents» (Swami Prajnanpad)



vendredi 21 juin 2019

21 juin 2019, fête de la musique




Cette année, place à une compilation de progrock des seventies... Enjoy !

Note : si les morceaux ne semblent pas en ordre, cliquer sur «name» (en haut à gauche du lecteur) une ou deux fois.















dimanche 9 juin 2019

Cinq signes indubitables d'illumination, par E.J.Gold







Signs of Enlightenment
Signes de l'Illumination

Par E.J.Gold

Many people ask me, "How do you know for sure you're really
enlightened?".
Beaucoup de personnes me demandent : "Comment pouvez vous savoir à coup sûr que vous êtes réellement illuminé?"

The answer is, you have to watch for the 5 Certain Signs of Enlightenment.
They are, in order of appearance:
La réponse est la suivante : il vous faut observer la présence des 5 signes certains de l'illumination.
Les voici, par ordre d'apparition:

1. Laughing Out of Context. The reason this is capital-initialed is that it is a legal violation in several states.
Rire Hors Contexte. La raison pour laquelle cet acte est paraphé en lettres capitales est qu'il constitue un délit dans un certain nombre d'états.

2. Muttering to yourself, making comments just slightly inaudible enough that you yourself can't understand them.
Marmonner pour vous-même, en faisant des commentaires suffisamment inaudibles pour que même vous ne puissiez les comprendre.

3. A feeling of disorientation and "lost-ness", coupled with a certainty that things will somehow work out.
Un sentiment de désorientation et de perdition, associé à une conviction que les choses vont d'une manière ou d'une autre s'arranger.

4. Hopelessness and despair about life in general, sparked by the feeling that disaster was just around the last corner you walked around.
Sans espoir, ou même empli de désespoir à propos de la vie en général, avec parfois le sentiment qu'une catastrophe vous attend au coin de la rue.

5. An uncanny absence of the peculiar obsession to read, think about, chat on forums over and discuss the subject of Enlightenment and the question of how you decide you're enlightened.
Une absence inquiétante de l'obsession particulière consistant à lire, penser, "chatter" tant et plus sur les forums et discuter au sujet de l'Illumination et de la question de savoir comment décider si vous êtes illuminé ou non.





"Qui est E.J.Gold?" par Lee Lozowick


« Qui est E.J. Gold ? » demandent souvent ceux qui tombent par hasard sur son enseignement ou en enten­dent parler à travers le réseau des « aventuriers spiri­tuels ». J'ai fait sa connaissance, il y a de cela vingt ans : j'avais vu son nom dans les petites annonces d'un magazine new-age, à la rubrique groupe d'études, et après avoir fait connaissance de l'un de ses élèves, je fus invité chez celui-ci, à rencontrer l'homme en per­sonne. Dès notre première rencontre, il se montra tour à tour acteur magistral, comédien hilarant, brillant érudit, cuisinier hors pair, et maître spirituel à l'intui­tion sans faille. Inutile de dire que je fus impressionné. Tandis qu'au fil des ans notre ami­tié grandissait et s'approfondissait, je découvrais l'étonnante diversité de ses talents d'artiste (peinture, dessin, sculpture, musique, joaillerie), sa connaissance approfondie des pierres précieuses et des antiquités, son extraordinaire talent d'écrivain, tant dans le domaine de la spiritualité que dans celui de l'humour et de la science-fiction (Robert Silverberg a dit de lui qu'il était « inspirant, insolent et stupéfiant »), et sur­tout une telle connaissance intime des mécanismes de la nature humaine qu'on ne peut parler de lui que comme d'un maître accompli.
E.J. Gold est sans conteste un homme aux talents et aux réussites multiples. Mais j'ai surtout découvert en lui un homme qui s'est intégralement et irrévocablement consacré au service de tous les êtres. Ma dette envers lui, pour les conseils toujours précis et avisés qu'il a su me prodiguer tout au long de mon parcours d'enseignant spirituel, est incommensurable. Pourquoi donc E.J. Gold n'est-il pas mieux connu, même dans son propre pays ? Peut-être parce que les gens sont déconcertés par la façon débridée, paradoxale, inflexible et provocatrice qu'il a de présenter un ensei­gnement dont la clarté et la précision sont pourtant indiscutables. Son enseignement s'adresse aux aventu­riers, pas aux intellectuels. Et comme le sait tout aspi­rant sincère, trop nombreux sont ceux qui se conten­tent d'appliquer des formules new-age toutes faites pour leur propre bien-être, plutôt que de chercher à découvrir ce que peuvent être véritablement l'observa­tion et la transformation de soi.
E.J. Gold demeure néanmoins depuis près de trente ans, aux Etats-Unis, l'une des figures les plus in­fluentes, quoique controversée, du mouvement de « développement humain», puis du mouvement spiri­tuel. On dit de lui qu'il est un « maître parmi les maîtres » car il est l'ami, le confident, le mentor, et même le «maître malgré lui» de bon nombre des maîtres qui enseignent de nos jours aux Etats-Unis.
Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, il est actuelle­ment le rédacteur en chef du magazine de science-fic­tion Galaxy. Ses oeuvres d'art ont fait l'objet de nom­breuses expositions aux Etats-Unis et au Canada, et certaines d'entre elles figurent en couverture d'ou­vrages importants.
D'où vient E. J. Gold ? Lui seul pourrait le dire, mais n'y voit aucun intérêt. Où va-t-il ? Je ne puis que répondre : « Accrochez-vous bien et tenez bon», car per­sonne ne le sait. Une chose cependant est sûre : il vous offre une chance unique de faire un voyage qui promet d'être inoubliable !