lundi 27 mai 2013

Robert Crumb : Mr. Natural rencontre Dieu










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samedi 25 mai 2013

mardi 21 mai 2013

The Doors : The End





In Memoriam : Ray Manzarek

«Le claviériste Ray Manzarek, qui avait fondé en 1965 avec Jim Morrison le groupe The Doors, est mort lundi 20 mai à l'âge de 74 ans.» (Lire l'article)




The Doors est un groupe de rock américain fondé en juillet 1965 à Los Angeles, Californie et dissous en 1973, deux ans après la mort du chanteur Jim Morrison. (Suite sur Wikipedia)







J'ai choisi le morceau "The End", extrait du premier album, et authentique chef-d'oeuvre dans l'histoire du Rock, tant pour la musique que pour le texte. Ceux qui ont vu "Apocalypse Now" se souviendront...


THE DOORS
"The End"


This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
I'll never look into your eyes...again

Can you picture what will be
So limitless and free
Desperately in need...of some...stranger's hand
In a...desperate land

Lost in a Roman...wilderness of pain
And all the children are insane
All the children are insane
Waiting for the summer rain, yeah

There's danger on the edge of town
Ride the King's highway, baby
Weird scenes inside the gold mine
Ride the highway west, baby

Ride the snake, ride the snake
To the lake, the ancient lake, baby
The snake is long, seven miles
Ride the snake...he's old, and his skin is cold

The west is the best
The west is the best
Get here, and we'll do the rest

The blue bus is callin' us
The blue bus is callin' us
Driver, where you taken' us

The killer awoke before dawn, he put his boots on
He took a face from the ancient gallery
And he walked on down the hall
He went into the room where his sister lived, and...then he
Paid a visit to his brother, and then he
He walked on down the hall, and
And he came to a door...and he looked inside
Father, yes son, I want to kill you
Mother...I want to...fuck you

C'mon baby, take a chance with us
C'mon baby, take a chance with us
C'mon baby, take a chance with us
And meet me at the back of the blue bus
Doin' a blue rock
On a blue bus
Doin' a blue rock
C'mon, yeah

Kill, kill, kill, kill, kill, kill

This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end

It hurts to set you free
But you'll never follow me
The end of laughter and soft lies
The end of nights we tried to die

This is the end







 


"Dans les années 60, Jim Morrison a dit des choses qui ont été considérées plutôt choquantes à l'époque. Mais je suppose que de nos jours, si vous ne preniez que les mots, ils apparaîtraient tout à fait normaux. Ceci dit, je vais vous dire une chose : le vieux Jimmy, c'était pas des mots choquants qu'il voulait lancer...Il parlait du marécage où nous vivons, vous et moi. Ouais...Et il y a toujours autant de boue. Vous savez bien. Oui, c'était de ça qu'il parlait... Si Jimmy était vivant aujourd'hui, du moins sous une forme reconnaissable, il continuerait de s'adresser à la partie de nous que nous ne voulons pas voir, que nous ne voulons pas connaître." Lee Lozowick (Le coeur Eternel de la Voie, session XV)


Père Lachaise 01

La tombe de Jim Morrison, au cimetière du Père Lachaise, Paris.


Père Lachaise 02



lundi 20 mai 2013

Spécial fin du monde : Aux premières loges (3 & fin)










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dimanche 19 mai 2013

Zaz : La part d'Ombre









La Part d'Ombre


Un vieux banc, au bord de la mer,
Je m'assois pour regarder devant
Pour sentir, pour me taire,
Écouter les secrets du vent.

C'est alors qu'elle s'est avancée,
Elle s'est assise à côté de moi,
D'un air sûr, elle s'est présentée,
Je suis ta part d'ombre souviens-toi.


Oh ce soir là, au bout du mystère,
Côté pile, côté face,
Ma part de paix et ma part en guerre,
Se sont regardés en face.

Trop longtemps en douleur
L'une contre l'autre elles ont régné,
Trop d'excès, trop de peur,
Et si ce soir elles s'accordaient?


Ma part d'ombre était revenue
Est-ce qu'elle était là pour négocier?
Moi longtemps j'avais cru
Qu'elle finirait par se lasser.

Cette part blessée dorénavant,
Je la prends dans mes bras en douceur.
Je n'entends plus le bruit du vent,
Maintenant j'entends battre mon cœur.


Oh ce soir là, au bout du mystère,
Côte pile, côte face,
Ma part de paix et ma part en guerre,
Se sont regardés en face.

Trop longtemps en douleur
L'une contre l'autre elles ont régné,
Trop d'excès, trop de peur,
Et si ce soir elles s'accordaient?


Moi je suis le jour comme la nuit,
Je sens ce besoin d'équilibre,
La chaleur est la pluie,
Le silence est le bruit.

Entre ombre et lumière je me sens vivre.

Un vieux banc, au bord de la mer,
Je m'assois pour regarder devant
Pour sentir, pour me taire,
Écouter les secrets du vent.

C'est alors qu'elle s'est avancée,
Pour s'assoir à côté juste là,
C'est moi qui lui ai parlé :
«Je suis ta part de lumière chez moi.»





vendredi 17 mai 2013

jeudi 16 mai 2013

Henri Gougaud : L'examen










C'était un jour d'octobre, à l'au­be. Paris s'éveillait à peine. Le soleil ouvrait là-bas, au bout de l'avenue, assis sur son lit de brume bleutée. Le premier client de la journée poussa la porte du bar « Au réveille-matin », boule- bard de La Villette, et s'accouda au zinc. Le patron, à demi enfoui sous son comptoir, se disputait avec une caisse de bouteilles. On l'entendit se moucher bruyam­ment, puis il se redressa en s'ai­dant de sa main droite agrippée au percolateur, au-dessus de sa tête chauve. « Aïe, mes reins », dit-il dans un souffle pâteux. Il vit alors l'individu qui venait d'en­trer, ouvrit la bouche d'où sortit un râle bref et tomba à la ren­verse, évanoui, raflant au passage deux étages de verres.

Le client sortit sans proférer le moindre mot. Il eût été intéres­sant, pourtant, qu'il en articulât au moins un. Ainsi, sur-le-champ, aurions-nous pu avoir une idée de son langage, du timbre de sa voix, de ses manières. Bien sûr, son ap­parence était parfaitement épou­vantable. Il n'avait rien d'humain, bien qu'il fût bipède et de taille banale. Mais il avait l'air bien por­tant : dix yeux humides, grands ouverts, rampaient sur sa face ve­lue, comme de vagues mollusques. Sa bouche énormément lippue s'ouvrait en un endroit où l'on a coutume, en nos pays, de situer le front. Mais il fumait la pipe, signe incontestable de pacifisme et de spiritualité. Son corps, d'un violet soutenu, était constellé de volcans miniatures qui crachaient de-ci, de-là quelques vapeurs noirâtres, ses pieds étaient des sabots che­valins, quoique mous, et au bout de ses bras pendaient d'étranges gueules vipérines, en guise de mains. Mais ses gestes n'étaient pas dénués d'une certaine élégan­ce, et, pour tout dire, il n'était pas un sauvage. Il avait même l'allure d'un être parfaitement ci­vilisé.

Pourtant, dès qu'ils l'aper­çurent, déambulant sur le pavé matinal, deux gardiens de la paix brandirent leurs révol­vers et tentèrent de l'abattre. L'ho­norable créature fit semblant de ne point en être incommodée et se contenta de faire pivoter trois yeux derrière sa tête qui contem­plèrent, d'un air mélancolique, la fuite éperdue des deux pandores, à bout d'arguments. Quand ils eu­rent disparu, d'un pas vif et régu­lier, elle prit la première rue à droite, puis la troisième à gauche, s'arrêta enfin devant un immeuble de six étages d'aspect tout à fait ordinaire.

Il était sept heures. L'étrange bipède s'assit sur le bord du trot­toir et attendit, indifférent au dé­sarroi des passants qui, bientôt, s'attroupèrent à bonne distance. Quelques brèves minutes passè­rent avant que n'arrivent deux cars de police qui prirent position aux deux extrémités de la rue. Le halètement des klaxons, le soudain déploiement des forces policières, le brouhaha des badauds aggluti­nés, n'eurent aucun effet apparent sur le métabolisme de celui que l'on appelait déjà, dans la foule, le monstre. Il demeura posé sur son bord de trottoir, non sans non­chalance, un oeil au ciel, six médi­tatifs et trois fermés, accrochés à son menton. Deux rangs serrés de gendarmes crispés, visiblement d'humeur massacrante, s'ébranlè­rent pour ne s'arrêter qu'à deux mètres de lui, environ.
Il était irrémédiablement cerné. Alors il se leva et salua courtoise­ment la compagnie :
« Voulez-vous annoncer à M. Séraphin Leduc que je désire le voir ? », dit-il d'une voix étrange­ment féminine. « Il habite cet im­meuble », ajouta-t-il en désignant, derrière lui, la porte close.
Son énorme bouche frontale se referma sur sa pipe.
Evidemment, nul ne lui répon­dit. Il y eut des mouvements di­vers. Deux personnages d'aspect important s'approchèrent, es­sayant de voir entre les têtes cas­quées.
— « Il a parlé ? », dit l'un.
Qu'est-ce qu'il a dit ? » -
Chais pas », balbutia un gradé complètement effaré. « Il veut par­ler à un type de l'immeuble ».
« Effectivement, reprit la créa­ture. Je désire m'entretenir avec M. Leduc. Il habite ici, au troisiè­me. » Et elle avala sa pipe en fai­sant gloup, négligemment.
Nouveau flottement. Au lar­ge du petit cercle des négo­ciateurs, la rue était déserte, sur une cinquantaine de mè­tres. De nouveaux renforts de police prirent position sous les portes cochères. Le monstre émit quelques sons étranges en voyant apparaître, haut dans le ciel, une sphère métallique éblouissante. Nul, sauf lui, ne l'aperçut.
A l'instant où l'un des deux per­sonnages importants allait se dé­cider à parler, là porte de l'im­meuble s'ouvrit et M. Leduc parut. C'était un quinquagénaire gris, fluet, légèrement voûté — le genre d'homme qui passe partout ina­perçu. Il portait sous son bras une serviette débordante de papier à musique.
« M. Séraphin Leduc ? », s'en­quit la créature.
« C'est moi-même », admit l'interpellé légèrement surpris, mais digne.
« J'aimerais vous parler », dit le monstre.
« Je veux bien, répondit Leduc, mais je n'ai pas beaucoup de temps. Je dois livrer ces partitions à neuf heures précises au studio Barclay. Je suis copiste, vous com­prenez. Petit métier, mais je ne tiens pas à le perdre. »
« Je serai bref, dit le mons­tre. Voici : en tant que délégué des Planètes Unies, j'ai le plaisir de vous informer que vous venez d'être reconnu, par nos services galactiques de cérébrométrie, com­me l'homme le plus intelligent de la Terre. (« Très honoré », mur­mura Leduc). Je représente donc, devant vous, l'assemblée interpla­nétaire des Mondes Intelligents et vous représentez devant moi la plus haute expression de l'intelli­gence humaine. Je dois tester — telle est ma mission — votre de­gré d'évolution intellectuelle, et par là-même évaluer celui de votre planète, puisque vous êtes son plus brillant représentant. Pour ce fai­re, je vais vous poser une ques­tion. Si vous répondez de façon satisfaisante, la Terre sera admise ' dans le concert des Planètes Unies. Inutile de vous dire que, dans ce cas, de prodigieuses perspectives seront tout à coup ouvertes à vo­tre humanité. Dans le cas contrai­re, tout restera en l'état jusqu'au prochain examen, dans deux mille ans.Etes-vous prêt, M. Leduc ? »
Leduc opina. Le cercle poli­cier, au milieu de la rue, se fit monolithique autour des deux compères. Le sort du monde allait se jouer là, sur quelques mè­tres carrés de pavé anonyme. Il était huit heures cinq. On enten­dait au loin une rumeur de foule malsaine et des concerts de klaxons impatients. La journée s'annonçait belle. Tous les témoins de la scène, pétrifiés, étaient d'une pâleur verdâtre.
— « M. Leduc, dit la créature, non sans solennité, que savez-vous de la nature ultime de la ma­tière ? »
Le visage du petit homme gris s'il­lumina.
— « Tout ! répondit-il. J'ai tout compris, tout expliqué (il extirpa de la poche intérieure de sa veste une feuille de papier quadrillé soi­gneusement pliée en quatre). Re­gardez, tout tient en quelques équations simples. Personne n'a jamais voulu m'écouter. Pourtant, à partir de ces formules, on peut modeler la matière à volonté dans le vide, et cela sans la moindre explosion, pfffttt. Mais que vou­lez-vous, le gouvernement m'a re­fusé l'autorisation d'en faire la preuve expérimentale. Ils sont comme ça, en France. Tenez, vous pouvez vérifier, tout est juste. Mais rendez-moi mon papier, je ne m'en sépare jamais. »
— « Je le garde, répliqua le mons­tre. Merci beaucoup, M. Leduc. Vous êtes vraiment très intelligent. »
La sphère de métal — un as­tronef — se balança au-des­sus des toits et descendit lentement vers le sol, sans le moin­dre bruit. Dès qu'il fut à portée de voix, la créature leva tous ses yeux ensemble vers le ciel, brandit la feuille de papier quadrillé au-des­sus de sa tête et hurla :
— « Descendez l'échelle, les mecs ! J'ai la formule ! Je la tiens ! On les a eus ! Youpee ! »
Dans l'indescriptible confusion qui présida au départ du monstre, Séraphin Leduc réussit à s'éclip­ser. Il fut un peu en retard à son rendez-vous et s'excusa auprès du chef d'orchestre :
— « Je viens de passer une ma­nière de baccalauréat cosmique, dit-il. L'examinateur était très in­telligent. Il a tout compris. C'est peut-être catastrophique pour l'hu­manité, mais c'est très satisfaisant pour l'esprit. »
Et il s'en fut, à petits pas, boire un verre au bar des artistes.






mardi 14 mai 2013

L'Intervalle





Deux poèmes, "Mots", écrit par Lise en février 2008, et "L'intervalle", écrit il y a plus de 30 ans par celle qui fut ma première compagne. Sur ces deux poèmes souffle le même esprit, cet esprit qui brille à une altitude où l'espace et le temps n'existent pas.



Mots

Quand j'écris, entre les mots
il y a un petit espace
Lorsque trop de mots se bousculent
pour exprimer une souffrance
Il est temps que j'efface chaque mot
pour ne garder que le petit espace
car ce " rien" contient tout le reste.





L'intervalle

Ecoutez bien ces mots et ces paroles
Lisez ces lignes et interlignes
Je ne suis pas dans les mots
Les mots ne sont pas en moi

Dans ce que j'écris
Vivent des points et des virgules
Certaines phrases qui s'arrêtent
Et d'autres qui continuent
Ecoutez mes phrases
Ma respiration
Mes arrêts
Mes continuations
Lisez et relisez
Je ne suis pas là où vous me mettez

Entre ces mots et ces lignes
Jouent des points et des virgules
Entre cette ligne et ce point
Entre ce point et cette virgule
Il ne reste que l'intervalle
Et je suis là
Dans l'intervalle
L'intervalle de cette phrase
Qui s'arrête et qui continue
L'intervalle de mon existence
Ecoutez-moi
Lisez-moi
Je ne puis être que là
Dans l'intervalle

L'espace entre les mots, les respirations typographiques, nous renvoient à l'espace entre les pensées, et c'est là que nous sommes, dans l'intervalle...






lundi 13 mai 2013

Spécial fin du monde : Aux premières loges (2)













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