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vendredi 30 janvier 2026

La Fugue Enchantée, un Opéra-Conte (1993)










Un spectacle dans lequel je me suis à l'époque (1993) beaucoup investi, et dont il reste ce film, initialement publié en VHS, que j'ai numérisé par la suite, et qui est téléchargeable sur Mediafire (8 archives au format rar, à recoller avec winrar sous windows, stuffit expander sous Mac) et aussi en un seul fichier sur Mega.nz . Inutile de préciser que ce film est à présent totalement introuvable; j'encourage tous ceux qui ont des enfants (ou petits-enfants), ou à défaut une âme d'enfant, (ou encore mieux: les deux!), à se faire ce cadeau...

Voici la présentation qu'en a fait le poète Joël Sadeler:

"La Fugue Enchantée" fut d'abord la fugue en chantier. Chantier de documentation mis en place par les enseignants et "Plaisir de Lire". Chantier d'écriture dans une quinzaine de classes où chacun avait à coeur d'inventer "son" histoire alors qu'il s'agissait tout au plus d'écrire un passage ou une chanson de cet opéra-conte.
Chansons en chantier, fugue qui fuyait par tous les bouts. Bien souvent je me suis demandé comment j'allais coudre tous ces morceaux de façon harmonieuse, tant l'imagination des enfants était débordante... Et voilà que moi qui ne suis pas bricoleur pour un trou, je suis devenu écrivain = plombier, avec l'aide d'un expert en la matière, Clément Mazier. Par la magie des mots, des images, des musiques (merci Max Rongier, merci Michel Tardieu) cette fugue en chantier est devenue "La Fugue Enchantée".
Pour que cette fugue vous enchante à votre tour, tout le monde s'y est mis : couturières, plasticiens, conseillers pédagogiques, décorateurs, chorégraphes, professeurs de musique, maîtres - chanteurs, instituteurs, techniciens de la scène, du son, de la lumière... et puis aussi et surtout les enfants.
Notre bonheur -le vôtre aussi- est grand de savoir que ces enfants ont eu plaisir à écrire, à danser, à jouer, à chanter, trouvant dans cet opéra-conte une autre façon d'apprendre, une autre façon de s'exprimer, une autre façon de découvrir le monde.
Mais attention, le spectacle va commencer... Il était une fois, deux fois, dix fois... "La Fugue Enchantée".


Lors des représentations, j'étais sur le côté de la scène avec des claviers et du matériel informatique, me permettant de diffuser la musique d'accompagnement et de jouer, tout ça en temps réel. Bien entendu, tout les départs, ainsi que les fins, étaient calés avec précision. Max Rongier dirigeait l'ensemble et chantait certains passages avec les enfants.



Voici pour terminer un petit extrait :




mercredi 7 février 2018

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes







Une histoire racontée par Anthony de Mello


Lorsque vous vous réveillez, lorsque vous comprenez, lorsque vous voyez, vous acceptez le monde tel qu'il est. Nous sommes constamment préoccupés par le pro­blème du mal. Je connais une histoire très profonde qui a pour personnage principal un petit garçon. 

Celui-ci marche au bord d'un fleuve et voit un crocodile pris dans un filet. «Auras-tu pitié de moi?» dit le crocodile. «Me délivreras-tu? Je suis laid, mais ce n'est pas ma faute. On m'a fait comme ça. Mais quelle que soit mon apparence extérieure, j'ai un coeur de mère. Je suis venue ici à la recherche de nourriture pour mes petits et j'ai été prise dans ce filet.»



«Si je te délivrais, tu m'attraperais et me tuerais!» répond l'enfant.
«Me crois-tu vraiment capable de faire une chose pareille à mon libérateur et bienfaiteur?» s'ex­clame le crocodile. Alors le petit garçon délivre la bête, qui se jette sur lui.
Tandis que le crocodile entreprend de l'avaler, l'enfant lui dit: «Ainsi, voici ma récompense pour ma bonne action.»
«Ne le prends pas personnellement, fiston,» répond le crocodile, «le monde est ainsi fait. C'est la loi de la nature.» Alors l'enfant se met à argumenter et le crocodile lui propose de demander l'avis d'un autre animal. Le petit garçon voit un oiseau sur une branche et lui dit: «Oiseau, selon toi, le crocodile a-t- il raison?»




«Le crocodile a raison,» répond l'oiseau. «Prends mon cas, par exemple. Un jour que je revenais au nid avec des vers pour mes oisillons, quelle ne fut pas mon horreur lorsque je vis un serpent rampant le long du tronc et se dirigeant droit vers mes petits. J'étais abso­lument sans défense. Alors le serpent a dévoré mes oisillons les uns après les autres. Je n'arrêtais pas de crier, de hurler, mais cela ne servait à rien. Le crocodile a raison, c'est la loi de la nature, c'est ainsi qu'est fait le monde.»
«Tu vois!» dit le crocodile à l'enfant. Mais le gar­çon insista pour poser la question à un autre animal. «Très bien,» dit le crocodile, «vas-y.» Il n'y avait qu'un âne au bord du fleuve. «Âne, dit l'enfant, voici ce que dit le crocodile. Selon toi, a-t-il raison?» Et il lui ra­conta l'histoire.



«Le crocodile a raison,» dit l'âne. «Écoute-moi. J'ai été l'esclave de mon maître toute ma vie et il m'a à peine donné à manger. Et maintenant que je suis vieux et inutile, il a ôté mes liens et m'a chassé, et maintenant je suis ici, dans la jungle, à at­tendre qu'une bête sauvage me saute dessus pour me dévorer. Le crocodile a raison, c'est la loi de la nature, la vie est ainsi faire.»
«Tu vois!» dit le crocodile à l'enfant. «Allons-y!» Et il se prépare à l'avaler. «Attends!» dit le petit garçon, «donne-moi encore une chance, une dernière chance. Laisse-moi poser la question à un autre animal. Rappelle-toi combien j'ai été bon pour toi.» «Soit,» dit le crocodile, «ta dernière chance.»



Un lapin passe par là et l'enfant lui demande: «Lapin, selon toi, le croco­dile a-t-il raison?» Alors le lapin s'assied sur son der­rière et dit au crocodile: «Tu as vraiment dit cela à l'enfant?»
«Oui,» répond le crocodile.
«Un instant!» dit le lapin. «Il faut que nous dis­cutions sérieusement de tout cela.»
«D'accord.»
«Oui, mais comment pourrions-nous discuter si tu gardes cet enfant dans ta mâchoire? Relâche-le, il faut qu'il prenne part à la conversation.»
«Pas bête,» dit le crocodile. «Aussitôt que je l'aurai relâché, il en profitera pour s'échapper.»
«Je te croyais beaucoup plus sensé,» dit le lapin. «S'il essayait de t'échapper, tu pourrais le tuer d'un coup de queue.»
«Très juste», dit le crocodile, et il relâche l'en­fant. Alors le lapin crie au gamin: «Cours!» Et l'enfant prend ses jambes à son cou et s'enfuit. Mais le lapin lui crie: «Tu aimes la chair de crocodile? Ne serait-ce pas là un délicieux repas pour les gens de ton village? Tu n'as pas entièrement libéré ce crocodile, il est toujours pris dans le filet. Pourquoi n'irais-tu pas au village pour ramener de l'aide? Ensuite vous pourriez faire un ban­quet.» C'est ce que fit le petit garçon. Il courut au village et appela tous les hommes à sa rescousse. Ils vinrent avec des haches et des lances et tuèrent le crocodile.




Mais le chien du petit garçon vint aussi et, lors­qu'il vit le lapin, il le prit en chasse, l'attrapa et l'étrangla. L'enfant arriva trop tard. Alors, regardant le lapin agoniser, il lui dit, la voix pleine de tristesse: «Le crocodile avait raison. C'est la loi de la nature, le monde est ainsi fait.»

Rien ne peut expliquer les souffrances, le mal, les tortures, la destruction et la faim qui règnent dans le monde. Personne ne pourra jamais expliquer ces hor­reurs. Vous pouvez toujours essayer avec des formules, des dogmes, des doctrines, vous n'y parviendrez pas. La vie est un mystère, ce qui signifie que votre pensée ne peut lui donner un sens. Et lorsque vous êtes sur le point de vous réveiller, vous réalisez soudainement que c'est vous, et non la réalité, qui constitue le problème.





jeudi 30 mars 2017

L'homme, le cheval et le chien, un conte de Paulo Coelho







Pour visionner le diaporama, cliquer une fois sur l'image, puis utiliser les flèches droite et gauche du clavier pour faire défiler les photos.




mardi 13 mai 2014

Rhubarbe





rhubarbe 01


Alors que la rhubarbe n'est pas habituellement cultivée dans les Cévennes, j'ai réussi à acclimater un plan qui est devenu bien vigoureux au fil des années. Et au printemps, voici l'inflorescence majestueuse qu'il produit, et que je laisse malgré les conseils des manuels de jardinage (ça affaiblit la plante, parait-il...) Quelques menus insectes profitent de la vaste surface des feuilles pour prendre leurs aises! (Ces photos datent de mai 2008)


Photobucket


Trouvé sur le site de la ville d'Houdemont cette légende relative à notre légume du jour :

"Hode Le Germain, qui selon la légende avait installé son camp en ces lieux voilà bien longtemps, avait trouvé l’endroit fort plaisant. Une multitude de sources déjà connues des druides pour leurs bienfaits avaient abreuvé ses soldats assoiffés.
Mais une particularité avait retenu son attention : les pentes du lieu-dit « Extra Montes » « En dehors des Monts » étaient couvertes de plants de rhubarbe luxuriants.
Hode le Germain qui était parti chasser fut attaqué par une horde de loups affamés. De chasseur, il devint gibier. Son cheval, pris par la peur, fit un écart qui le jeta de sa selle.
Par malchance au cours de sa chute, il perdit son épée. Cependant, il ne se fit aucun mal, car il fut amorti par un énorme pied de rhubarbe.
Dans un réflexe salvateur, il arracha un gros et long bâton de rhubarbe et frappa à toute volée la meute hurlante.
Un loup énorme, aux yeux injectés de sang, sans doute le chef de la meute se précipita sur lui et voulut mordre à belles dents le dangereux bâton qui le fustigeait.
Surpris par l’acidité de celui-ci, il poussa un hurlement d’effroi et détala suivi de toute sa bande. On ne le revit jamais dans nos contrées.
Ainsi était née la légende de « La Rhubarbe qui faisait fuir les loups ».
C’est bien plus tard que l’on découvrit ses autres vertus bénéfiques.
Hode le Germain à son tour choisit parmi ses plus valeureux soldats, huit fiers guerriers et créa ainsi « L’Ordre des Rhubarbiers ». De nos jours la tradition perdure et se fête tous les ans, le jour du 8 Mai."


rhubarbe 02



vendredi 22 novembre 2013

De l'Ambre à l'Amanite





La Pierre ambrée, par Betty (extrait)

Je vois, entends, ressens, goûte et touche intensément et simultanément. Je regarde le ciel, puis, je penche la tête vers le bas. C’est l’opposé du haut. Je perçois un monde d’opposés. Sur le sol, des centaines de pierres ambrées brillent. « Qu’est-ce que c’est? » Je m’accroupis. Je vois des pierres miroitantes qui reflètent le ciel, les arbres, les maisons. Je vois le monde qui se morcelle et se redessine sur toutes les pierres. C’est un monde de reflets. La vie est perçue comme fragmentée en petits morceaux. Elle est redessinée à l’infini dans chaque éclat, représentant l’ombre de l’entièreté du monde. La main touche le petit caillou scintillant. La surface est lisse et douce. Dès le contact, la connaissance instantanée du caillou est là : il est fait de sable aggloméré. Dans la pierre, je vois le reflet d’un être humain qui bouge. J’entends une voix très forte et directive : « Betty, qu’est-ce que tu fais là? Tu vas te blesser! C’est une bouteille de bière cassée! Veux-tu aller marcher sur le bord de l’eau? » Je suis étonnée d’entendre la voix sortir de cette personne et d’entendre mon corps répondre : « Oui. » « Qu’est-ce que c’est? » Le son de la voix, qui forme des mots, est le moyen de communication des êtres humains. « Ça va, Betty? Quelle belle journée! Allez, viens t’en! Il faut en profiter, c’est si rare en ce temps de l’année. »




De l'Ambre à l'Amanite, par Chronophonix

J'aime beaucoup l'évocation de la pierre ambrée qui illustre tellement bien ce qu'est la joie voluptueuse ressentie dans la perception directe, quand les choses brillent encore de tous leur éclat, quand les choses n'ont pas encore reçu d'identification verbale, quand les choses sont senties et non pensées.

Alors, j'ai une histoire à ce propos, qui remonte à bien longtemps; à la fin d'une nuit où, pour des raisons diverses et variées, je n'avais pas dormi, je suis allé me promener dans les bois, muni d'un panier pour le cas où je trouverais des champignons. Au début, tout à la joie des odeurs délicieuses d'humus et de terre, ainsi que de la sensation revigorante de l'air frais du petit matin, je ne remarquai pas immédiatement un bruit, ou plutôt un murmure insolite; mais bien vite, il parvint à ma conscience; c'était à n'en pas douter un bruit d'eau qui coule, mais où diable se trouvait cette eau ? Bien qu'il fit encore sombre, je n'apercevais pas le moindre ruisseau; j'eus tout à coup l'idée de creuser le sol, le son semblant parvenir de dessous la surface; à peine eus-je commencé que, miracle, de l'eau sortit du trou et commença à s'écouler tranquillement, jusqu'à ce que je creuse un autre trou sur son parcours, et hop, l'eau retourna à son séjour souterrain; je répétais l'opération à maintes reprises, et trouvais l'eau à chaque fois : incroyable, une véritable magie aquatique, qui dut m'absorber un bon moment, jusqu'à ce que fortuitement, au détour d'un bosquet, je tombe sur un troupeau de champignons qui ne tentèrent pas de s'enfuir, malgré l'effet de surprise; prestement, ils furent ramassés, placés soigneusement dans le panier, le tout avec la bonne humeur des champignons associés au cueilleur du petit matin.

Et tout à coup, l'un d'entre eux m'interpelle, tant son allure est élégante, son port altier, un champignon princier, que dis-je, le roi des champignons!
Je le contemple un moment sous toutes ses coutures, puis me décide à le cueillir avec grande précaution pour le poser sur le dessus du contenu de mon panier. Commençant à sentir la fatigue et le sommeil venir, je regagnais tranquillement la maison où j'avais été invité, et m'installais confortablement pour dormir quelques heures.

A mon réveil, le panier était toujours là, plein à ras bord, avec sur le dessus la pièce maîtresse de ma récolte nocturne; or dès que je la vis, je l'identifiais immédiatement et formellement : c'était une amanite phalloïde, la reine des champignons, à la toxicité mortelle pour l'être humain ! Jusqu'à cet instant, cette idée ne m'étais aucunement venue, tout à mon extase contemplative de cette pure merveille, mais là, je dus reconnaître que l'ensemble de ma récolte était fichue, car une seule amanite phalloïde dans une panier peut empoisonner tout un régiment, et les champignons étant par nature fragile, il suffit de quelques fragments toxiques passant inaperçus pour causer des troubles éventuellement sérieux!
J'ai donc jeté le contenu du panier, et à défaut de champignons, j'ai au moins gardé cette anecdote...