samedi 31 mai 2014

Le bonheur, par Reiser





Toujours l'humour "vache" de Reiser !

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vendredi 30 mai 2014

jeudi 29 mai 2014

Vivre en Présence n°40 : «Oui !»







Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»














«Être en Présence, c'est se situer au point de contact le plus intime de soi-même avec soi-même, en cet espace ineffable où tout apparait et tout disparait, cet espace qui pour l'intellect semble vide, diffus, non localisé, et qui pourtant est plein d'impressions sensitives et d'intuitions vivantes, cet espace où une seule chose est certaine, c'est que ici et maintenant, Je Suis; je ne peux pas dire «ce» que je suis, mais l'évidence de ce «Je Suis» se suffit à elle-même. Et la qualité de paix, la vivacité des perceptions, la fluidité des sentiments qui sont les manifestations immédiates de ce «Je Suis» ont une saveur indubitablement reconnue.»








mardi 27 mai 2014

«Le cadeau de la vie», par Lise







C'était voici quelques années, sûrement beaucoup, mais peu importe car l'instant est resté «présent».

J'étendais du linge dans le coin d'un pré en été.
Une voix me fait me retourner et je vois une personne avec une poule dans les bras qui me dit : «elle s'est perdue et je l'ai attrapée.»
Au même instant elle découvre les autres poules dans le pré et très décontenancée poursuit : «à quoi ça sert que je la rapporte si vous les laissez toutes s'échapper ?»




Ma réponse m'amuse encore aujourd'hui car j'avais le sentiment qu'elle était très décalée avec la réalité de la personne qui me parlait et pourtant je n'avais rien d'autre qui me semble plus juste.
J'ai dit : «ce sont des poules de la campagne, elles ne savent pas qu'on peut s'échapper car nul enclos ne les retient prisonnières, le soir simplement elles regagnent le poulailler; de son point de vue elle n'est pas perdue, elle sait très bien où elle va mais du votre, elle ne devait pas se trouver là.»




La personne a posé la poule à terre, l'a regardée s'éloigner avec ses compagnes puis m'a demandé à visiter le poulailler, a découvert les nids, la mangeoire, l'eau, le perchoir avec le petit escalier pour y monter. C'était la première fois qu'elle voyait une «maison de poules», réalisait que rien n'obligeait ces animaux à y venir et tout pourtant montrait qu'elles y vivaient avec plaisir.




Alors c'est passé une chose qui m'a touchée, cette personne a dit : «j'étais perdue, j'avais perdu de vue la vie entre les murs des villes.»
S'adressant aux poules elle les a remerciées et elle est partie avec 6 œufs.. c'était le cadeau de la Vie.

Lise





dimanche 25 mai 2014

Sacré ou profane ? (3)




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Cas particulier pour la musique : entre le créateur et l'auditeur, il y a l'interprète.
Voici une illustration avec du chant Grégorien qui pose encore une fois le questionnement : où commence le sacré ?
Tout d'abord, un extrait de "Vexilla Regis", chanté par des moines Chartreux.


Puis, le même extrait, chanté cette fois ci par "La Capella Reial de Catalunya", dirigée par Jordi Savall.


La première version est-elle de "l'art objectif" et pas la seconde ? La "source" musicale est la même, seule l'interprétation diffère. C'est sans doute arrivé à ce point qu'il faut faire taire la raison et se fier à son sentiment...





Sacré ou profane ? (2)






Voici un point de vue exprimé par des musicothérapeutes:

«La musique est belle, disait Mozart, quand les notes s'aiment entre elles. Telle était la conception du célèbre compositeur.

L'objectif est clair : distraire par la beauté.

C'est aussi pour le grand Maître un mode d'expression, un langage capable d'exprimer et de traduire les impressions, les sentiments, les aspirations et les états d'âme. Ce langage est alors un traducteur, un interprète de nous même.

Cette musique là, expressionniste à l'extrême, qui exprime notre intimité au travers de nos joies, de nos amours et de nos peines... c'est la Musique Subjective, c'est la musique de l'émetteur...

Au contraire, la musique objective est créée pour le récepteur. Elle a un caractère externe au créateur, elle a une mission. Un but à atteindre.

Ainsi, au- delà de l'esthétique, la Musique Objective s'adresse à nous d'une manière subliminale ou non avec deux grandes fonctions : la stimulation et la relaxation.»



Sacré ou profane ?






Musique objective ou musique subjective? Musique sacrée ou musique profane? Tout d'abord, deux textes, tous deux écrits par des instructeurs spirituels reconnus.

Osho (Baghwan Shri Rajneesh)
, extrait de "The last testament", Vol 3, chapitre 24.


L'art peut être divisé de deux façons :Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l'art est de l'art subjectif. Seul un pour cent est de l'art objectif. Les quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l'art subjectif n 'ont aucun rapport avec la méditation. Seul le un pour cent d'art objectif est basé sur la méditation. L'art subjectif implique que vous déversiez votre subjectivité sur la toile, vos rêves, vos imaginations, vos fantasmes. C'est une projection de votre psyché. La même chose se produit dans la poésie, dans la musique, dans toutes les dimen­sions de la créativité. L'art objectif est tout à l'opposé. L 'homme n'a rien à jeter dehors, il est tout à fait vide, absolument propre. De ce silence, de cette vacuité naît l'amour, naît la compassion. Et de ce silence monte un espace pour la créativité. Ce silence, cet amour, cette compassion - ce sont les qualités de la méditation. La mé­ditation vous amène à votre véritable centre.(...)
Il y a en Inde des statues devant lesquelles il vous suffit de vous asseoir silencieusement et de méditer. Voyez simplement ces statues. Elles ont été faites par des méditants, d 'une telle façon, dans de telles proportions, que simplement en regardant la statue, la silhouette, les proportions, la beauté...
Tout est calculé pour créer un état semblable en vous. Et simplement en vous asseyant silencieusement face à une statue de Bouddha ou de Mahàvira, vous rencontrerez un sentiment étrange, que vous ne pouvez pas éprouver en vous asseyant auprès d'aucune sculpture occidentale. Toute la sculpture occidentale est sexuelle. Vous voyez la sculpture romaine : belle, mais quelque chose crée le désir sexuel en vous. Cela frappe votre centre sexuel. Cela ne vous élève pas. En Orient la situation est totalement différente. Des statues sont sculptées, mais avant qu'un sculpteur ne commence à sculpter des statues il apprend la méditation. Avant qu'il ne commence à jouer de la flûte, il apprend la méditation. Avant qu 'il ne commence à écrire de la poésie il apprend la médita­tion. La méditation est une nécessité absolue pour n 'importe quel art ; alors 1'Art sera objectif. (...) L'Art objectif est un art méditatif, l'Art subjectif est un art du mental.

G.I.Gurdjeff, extrait de "Fragments d'un enseignement inconnu", d'Ouspensky (p 416/417)


Je vous rappellerai d'abord qu'il y a deux sortes d'art, sans commune mesure, l'art objectif et l'art subjectif. Tout ce que vous connaissez, tout ce que vous appelez art, c'est l'art subjectif, que je me garderai bien, pour ma part, d'appeler art, parce que je réserve ce nom à l'art objectif.

Ce que j'appelle art objectif est très difficile à définir, d'abord parce que vous attribuez ses caractéristiques à l'art subjectif, ensuite parce que vous placez les oeuvres d'art objectif, lorsque vous êtes mis en leur présence, sur le même niveau que les oeuvres d'art subjectif.


Je vous exposerai clairement mon idée. Vous dites : un artiste crée. Je réserve cette expression pour l'artiste objectif. Pour l'artiste subjectif, je dis que chez lui, "ça se crée ". Mais vous ne faites pas la différence; et pour­tant, elle est immense. De plus, vous attribuez à l'art subjectif une action invariable, autrement dit vous croyez que tout le monde réagira de la même façon à des oeuvres d'art subjectif. Vous vous imaginez, par exemple, qu'une marche funèbre provoquera chez tous des pensées tristes et solennelles et que n'importe quelle musique de danse, une komarinski, par exemple, provoquera des pensées heureuses. En fait, ce n'est pas du tout le cas. Tout dépend des associations. S'il m'arrive d'entendre pour la première fois, sous le coup d'une grande infortune, un air gai,cet air provoquera en moi par la suite, et toute ma vie durant, des pensées tristes et oppressantes. Et si, un jour où je me sens particulièrement heureux, j'entends un air triste, cet air provoquera toujours en moi des pensées heureuses. Il en est de même pour tout.

Entre l'art objectif et l'art subjectif la différence est en ceci que dans le premier cas l'artiste crée réellement — il fait ce qu'il a l'intention de faire, il introduit dans son oeuvre les idées et les sentiments qu'il veut. Et l'action de son oeuvre sur les gens est tout à fait précise; ils recevront, chacun d'eux selon son niveau naturellement, les idées et les sentiments mêmes que l'artiste a voulu leur transmettre. Lorsqu'il s'agit d'art objectif, il ne peut rien y avoir d'accidentel, ni dans la création de l'oeuvre même, ni dans les impressions qu'elle donne.

Lorsqu'il s'agit d'art subjectif, tout est accidentel. L'artiste, je l'ai dit, ne crée pas; chez lui, " ça se crée tout seul ". Ce qui signifie qu'un tel artiste est au pouvoir d'idées, de pensées et d'humeurs que lui-même ne com­prend pas et sur lesquelles il n'a pas le moindre contrôle.
Elles le gouvernent, et elles s'expriment d'elles-mêmes sous une forme ou sous une autre. Et lorsqu'elles ont pris accidentellement telle ou telle forme, cette forme, tout aussi accidentellement, produit telle ou telle action sur le spectateur selon ses humeurs, ses goûts, ses habitudes, et la nature de l'hypnose sous laquelle il vit. Il n'y a ici rien d'invariable, rien de précis. Dans l'art objectif, au contraire, il n'y a rien d'imprécis.

L'art ne risque-t-il pas de disparaître en se précisant ainsi ? demanda l'un d'entre nous. Et n'y a-t-il pas jus­tement une certaine imprécision, un je ne sais quoi, qui distingue l'art de --disons : la science ? Que cette impré­cision disparaisse, que l'artiste lui-même cesse d'ignorer ce qu'il veut obtenir, qu'il sache à l'avance l'impression que son oeuvre produira sur le public, alors ce sera un livre "... Ce ne sera plus de l'art. Je ne sais pas ce dont vous parlez, dit G. Nous avons des mesures différentes : j'apprécie l'art à sa conscience — vous l'appréciez d'autant plus qu'il est inconscient. Nous ne pouvons pas nous comprendre. Une oeuvre d'art objec­tif doit être un "livre", comme vous dites ; la seule diffé­rence est que l'artiste ne transmet pas ses idées directe­ment à travers des mots, des signes ou des hiéroglyphes, mais à travers certains sentiments qu'il éveille consciem­ment et d'une façon méthodique, sachant ce qu'il fait et pourquoi il le fait.

Il suffit de remplacer dans ces textes le mot "art" par le mot "musique", le questionnement reste le même.
Le seul commentaire que je ferai ici est le suivant : lorsque j'utilise un support musical pour une méditation, je choisis toujours des musiques d'inspiration spirituelle, comme le chant Grégorien des moines Chartreux, les chants Qawwali du Pakistan, les chants des lamas Tibétains, les bahjans indiens, etc...
Ce qui ne m'empêche nullement d'écouter attentivement du jazz, rock, pop, chanson diverse, et bien sur musique classique et contemporaine.
Questionnement à suivre...que dire par exemple des musiques de l'article suivant ?



jeudi 22 mai 2014

Vivre en Présence n°39 : La Source







Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»










Être en Présence, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Présence,
y compris de cette pensée.





mardi 20 mai 2014

Bernard Leblanc-Halmos : Une vaste présence intime...







Si ce n'est déjà fait, une visite sur son site est fortement recommandée, histoire de s'offrir une bonne humeur pour la nuit, la journée du lendemain, et les jours suivants... Et tout de suite, voici un petit extrait...


«Ceux qui ont fait voeu de préserver une bonne ambiance autour d’eux avancent souvent discrètement, sans tambour ni trompette. Ce ne sont parfois que de petites pointures, de braves gens qui oeuvrent tout bonnement pour que les choses, naturellement, s’arrangent.
Ce sont des fleurs anonymes placées sur un balcon afin d’égayer une rue. Des visages radieux, même quand personne ne les regarde. Des manches toujours promptes à se retrousser.
Des pochettes-surprises quand quelqu’un doit être fêté. Une poésie des mots et une élégance des gestes. Une façon de déposer un regard neuf sur le monde qui fait que, là où ils opèrent, on se sent un peu mieux. Ces bonnes âmes plaident « capables » en affrontant la difficulté.
Ils prennent soin de remonter, ne serait-ce que d’un cran, le niveau de la conscience générale. Sans faire de bruit et tout en préservant une indispensable détente d’esprit, ils lisent dans le grand-livre ouvert de la vie. La spiritualité est tout simplement placée au coeur de leurs activités. Ces pratiquants sans frontière n’hésitent jamais à s’écarter de leur chemin pour retrouver la source d’origine au coeur de chacun. Les excellents thérapeutes, les fins psychologues et tous les gens du commun qui savent soigner et accompagner, ressentent parfois très intimement cette profonde personnalité mutuelle, libre comme une page blanche, offerte comme un blanc-seing, souriante comme une réelle présomption d’innocence.
Face à la froideur des mondes voués à la technicité, aux relations vidées de leur sens, aux réflexes chargés de chaînes qui entravent la bonne marche de nos existences et aux religions trafiquées, il est bon de reconnaître l’éclat de cette ouverture d’esprit initiale que les enfants, les poètes et les simples d’esprit approchent quelquefois. Cette vaste présence intime, disponible au fond de tous, est le vide médian de l’essieu qui permet à la roue de tourner.
Les cieux ouverts par-dessus les toits. Aucune religion, surtout pas celles qui ont opéré une sorte d’O. P. A. sur Dieu, ne peuvent se targuer d’avoir conquis cet espace dans l’esprit, encore moins d’en être les seuls dépositaires. Même l’alpiniste qui plante son drapeau au sommet de la montagne sait que le monde ne lui appartient pas. Il en va ainsi en ce qui concerne cette personnalité, cime et abîme, qui nous ouvre à l’infini. On ne peut pas s’en emparer.
Nous sommes tous des passants. À titre temporaire, qu’avons-nous de mieux à faire que de nous laisser inspirer par cette personnalité qui, de la terre natale à la pierre tombale, nous accompagne et nous élargit, nous précède et nous suit ? Nous sommes liés les uns aux autres par le biais de cette vastitude qui surpasse tout. Sans nom, sans définition et sans limitation d’aucune sorte, cette « Personne Initiale », pleine et entière, survient toujours à l’improviste. Elle ne va pas de soi. Ne vient pas d’ailleurs. Retentit comme jamais.
C’est « Ça » qui amène à ce que « Je » me lève ! « Je » me dis ! « Je » pense que ! « Je » m’émeus ! « Je » agis ! Un grand « Je » collectif dépasse de loin mon petit je mal luné, mal disposé et mal élevé. Grâce à ce « Je », mon pays, c’est le monde. Ma race, c’est l’humain. Ma tradition est universelle. Le ciel est une terre d’accueil. Est-ce ce « Je »-là que les uns appellent « Divine Personne » et que les autres nomment « Liberté » ?








samedi 17 mai 2014

Vivre en Présence n°38 : Anne-Gaëlle







Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»










Être en Présence, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Présence,
y compris de cette pensée.





jeudi 15 mai 2014

Lee Lozowick : «Dualité illuminée», révélation et intégration.






Le texte qui suit est extrait du volume 6 de l'ouvrage collectif «Le coeur éternel de la voie» écrit par des élèves de Lee Lozowick sous sa direction. Il convient de ne pas perdre de vue que cette écriture s'est déroulée sur une longue période, et que tout ce que vous pourrez lire dans ce texte est la synthèse d'une pratique vécue concrètement par un grand nombre de personnes. Pour ceux que le terme «guru» pourraient gêner, n'oubliez pas que le «guru» est avant tout le principe spirituel primordial, que d'autres vont désigner par l'Être essentiel, ou encore, pour employer un terme religieux, le Divin, s'incarnant ou non à travers un être humain, mais qui nous concerne tous de la même façon.



Révélation et intégration

La révélation de l'Assertion survient quand il devient évident que précisément « ce qui est », maintenant, est tout ce qu'il y a, ce qui revient au vieux dicton : « Ce que vous voyez est ce qui vous est donné ». Quand nous réalisons que Juste Ceci est tout ce qu'il y a, que tout ce qui vient se surajouter n'est que le fruit de notre imagination et de notre fausse perception — entretenant, au moyen de chimères psychologiques, toutes sortes d'idées sur « soi » qui n'ont aucun fondement dans la réalité — alors la vive lumière de la simple vérité ordinaire de Juste Ceci se révèle dans toute sa gloire.

Il devient simplement évident et manifeste que Juste Ceci est tout ce qu'il y a. Il n'y a rien de plus, nulle part, jamais. Il n'y a que Juste Ceci. S'il y a Juste Ceci, il n'y a rien d'autre, pas autre chose, rien à quoi opposer, comparer, référer Juste Ceci. Il n'y a que ce qui est vrai. Le « je » est précisément un engagement et un attachement envers une histoire ou des histoires qui ne sont tout simplement pas vraies. S'abandonner complètement à ce qui est vrai, c'est découvrir l'illusion du « je ». Quand il n'y a que ce qui est vrai, alors « je » ne peut exister nulle part, n'a nulle part où s'enraciner. « Je » ne peut s'enraciner que dans l'imaginaire, pas dans la réalité. S'il n'y a pas de « je », il n'y a alors personne à protéger de la vérité, personne qui puisse être blessé, diminué, menacé ni destitué par la vérité. Lorsque nous voulons la vérité plus que nous ne voulons l'idée que nous nous faisons de nous-même, alors la liberté frappe à notre porte.

S'abandonner à la révélation de Juste Ceci est le moyen par lequel tout ce qui existe est transformé en nourriture pour le Divin. Les êtres humains ont été créés pour fonctionner comme une sorte de système digestif à travers lequel l'existence mani­festée est traitée par les facultés cognitives de l'être humain. En reconnaissant « ce qui est » — à supposer qu'il puisse s'empêcher d'utiliser la cognition de la réalité pour renforcer un soi ou une « histoire » séparés —, l'individu est, en réalité, invité à participer de la Conscience divine. C'est ce que l'on appelle la position du témoin illuminé, et ce qui permet à toute facette de la réalité manifestée d'être consacrée et donnée en nourriture à l'Absolu.

Le coeur de la Communion Divine est comme une fournaise ardente qui doit être ravitaillée en combustible pour pouvoir continuer à fonctionner. Notre attention est censée être un outil à l'usage du Divin. Comme une pelle, notre attention ramasse les manifestations ordinaires simplement en les voyant telles qu'elles sont, puis en les offrant au Coeur du Divin. Ainsi, la Création — manifestée — est consumée dans la fournaise du Non- Manifesté, ou Absolu, et le Divin est alimenté par l'abandon de notre attention à cet usage. Cet abandon est l'Assertion ; l'acti­vité spontanée de la vie transformationnelle rendue possible par la grâce du guru.


La révélation de Juste Ceci, ou la réalisation de la non- dualité, est le fondement sur lequel les principes de la Dualité Illuminée peuvent être mis en pratique. Le danger, toutefois, est que l'expérience de la réalisation non-duelle puisse sembler être l'achèvement de la vie spirituelle, alors qu'elle n'en est que le début ou les prémices. Dans notre tradition, le maître spirituel ou les pratiquants avancés nous recommandent avec sagesse de ne pas nous emballer à la première lueur de non-dualité. De même que, au cours de notre sadhana, nous sommes peut-être passés par des moments d'affolement alors que nous étions en proie à des phénomènes du monde des ténèbres, nous pouvons tout aussi bien être enclins à une espèce d'affolement inverse dans lequel nous supposerions que, sur la base de notre réalisa­tion, nous devrions faire une sorte de déclaration à notre en­tourage ou prendre des mesures aussi radicales que celle de renoncer au monde. À cette étape, nous sommes mis en garde contre toute revendication prématurée ou supposition que notre réalisation est permanente. Ce qui nous prémunit contre la stra­tégie à laquelle recourt ensuite l'ego — stratégie qui consiste, dans un grand élan de vanité spirituelle, en une assomption de cette révélation de la non-dualité et de tout ce qui va avec —, c'est de nous enraciner dans le guru yoga : tout arrive, ou n'ar­rive pas, par ce que Lee a appelé « le sacrifice de soi du guru ».

Le guru est tout autant, si ce n'est davantage, le fondement de notre vie après notre « éveil » qu'avant. Ici, nous employons le terme « éveil » dans le sens d'entrevoir la vérité, ne serait-ce que pour un bref instant, voire pour plus longtemps. Si c'est pour plus longtemps, nous pouvons alors croire, à tort, que nous sommes parvenus à quelque chose. Ce n'est pas le contexte dans lequel il convient de considérer notre expérience. Nous mainte­nir enracinés dans une vie de pratique véritable, simple et au­thentique, après de grandes épiphanies de non-dualité, est quel­que chose dont la plupart d'entre nous n'est tout simplement pas capable.


Au moment où les portes de la non-dualité nous font entre­voir son édifice glorieux et où nous sommes passés sous son porche engageant et majestueux, deux chemins s'ouvrent devant nous. Le premier est une grande voie toute droite et infinie de parfaite harmonie. Elle est bordée tout au long de cerisiers en fleurs, ombragée par leur feuillage, embaumée par le parfum des fleurs dont les doux pétales de sa gloire pleuvent sur ceux qui l'empruntent. La plupart de ceux qui franchissent le porche n'a conscience que de ce chemin. Là, nous croyons être arrivés au but, avoir atteint l'objectif et pouvoir nous reposer sur nos lauriers.

On découvre le deuxième chemin juste au-delà du porche, en s'enfonçant dans les fourrés qui s'enchevêtrent tout autour de ses piliers, empêchant quiconque, sauf celui qui le chercherait, de voir le sentier à peine perceptible qui serpente parmi les broussailles touffues qui poussent à côté de la clairière, près du porche. Celui qui s'enfonce profondément dans la forêt peut découvrir ce qu'elle recèle : une flore et une faune très variées, avec de jeunes plants, des herbes et des fleurs rares dont il peut prendre des boutures, et des « espèces en voie de disparition » dont il faut prendre un soin tout particulier. Puis, si le pratiquant est suffisamment expérimenté et s'il a reçu une formation appro­priée, il trouvera le chemin qui le ramènera devant le porche le plus vite possible et se mettra au travail, transplantant, élevant et faisant pousser, en deçà du porche, quelques spécimens de cette flore et de cette faune merveilleuses et utiles.


Ceux qui n'ont pas de formation et franchissent le porche sans indications, sans conseils et sans avoir été convenablement préparés au bon usage d'une circonstance aussi favorable, ne soupçonnent jamais l'existence d'un tel chemin, ni les richesses que recèle la forêt qui longe la grande voie facile et confortable de la « réalisation ». Tout ce qu'ils font, c'est de sauter dans la Cadillac rose décapotable garée à côté de la grande voie et d'appuyer sur le champignon. Peut-être vont-ils attacher au pare-choc un chapelet de boîtes de conserves biologiques qu'ils traîneront derrière eux avec fracas et mettront-ils à l'arrière un auto-collant « Jeune illuminé ». Alors que les kilomètres défile­ront sur la route qui la conduira à sa « nouvelle » vie, tout ce qu'une telle personne obtiendra est la force de la réalisation non-­duelle appliquée à la personnalité, ce qui donne un changement, qui peut même être radical, du personnage — mais qui n'est rien d'autre qu'une variante du masque identitaire recouvrant l'éclat, le prodige et le mystère naturels de Juste Ceci.

La majorité prendra ce nouveau personnage pour le processus de transformation. En réalité, le processus de transformation suppose de saisir la chance de se retrouver dans le domaine de la non-dualité pour s'emparer de quelques-uns des trésors liés à l'évolution qu'il recèle, et de prendre la décision de s'en retourner dans le domaine de la dualité en les emportant avec nous. Se retrouver dans le domaine de l'union n'est pas le processus de transformation, mais l'effet de la grâce. Le processus de transfor­mation suppose de volontairement embrasser la dualité — donc la séparation — après avoir découvert que la grâce est notre seul espoir, et d'apporter, dans la vie quotidienne, le potentiel de transformation et l'impact de celui qui a reçu une telle grâce.


Lee a déclaré que, dans notre tradition, le but de la pratique est de nous rendre capables d'être simultanément dans un état de prière, ou de communion avec le Divin, et parfaitement fonc­tionnels dans le domaine relatif. Cette description de la « Dualité Illuminée » nous montre la nécessité de devenir un virtuose dans deux domaines : celui de la perception ordinaire, et celui de la perception subtile. L'habileté dans ces deux domaines signifie que nous ne nous identifions pas et, par conséquent, ne nous limitons pas, à aucun des deux, et qu'à tout instant, pour répon­dre aux besoins du moment, nous sommes capables de porter notre attention sur l'autre domaine. Quel que soit l'aspect de la réalité qui nous fait les yeux doux, nous honorons notre autre maîtresse qui se languit de notre regard et de nos caresses. Lorsque nous faisons cela très fréquemment et de manière tota­lement invisible, nous devenons le creuset dans lequel le monde du surnaturel et celui de la matière peuvent cohabiter. Ce qui facilite cette rencontre de forces, c'est la chimie essentielle qui aboutit à l'alchimie de l'évolution, ou alchimie divine. C'est de là que vient l'expression de Lee : « Dualité Illuminée ».

Nos « progrès » spirituels dépendent, par conséquent, de l'équation de l'intégration. Le stade ultime de l'éveil spirituel est l'intégration totale de l'unicité de la réalité et de son ap­parente multiplicité. Le résultat de nos efforts sur la voie est le fruit de la force de nos révélations à laquelle s'ajoute notre capa­cité à appliquer ces révélations et clartés à notre vie de tous les jours. Tel est le processus d'intégration, qui a une importance capitale sur la voie. La réalisation, décuplée par l'intégration, montre la grande valeur de notre travail spirituel dans le pro­cessus de l'évolution. Une valeur nulle pour l'un des deux termes de l'équation aboutit à un résultat final nul.
Le terme « d'intégration » ne suppose pas que ces deux domaines fusionnent ni qu'il soit nécessaire qu'ils fusionnent. À vrai dire, il n'implique pas non plus qu'ils soient, ou aient été, séparés au départ. L'intégration se produit quand ces deux aspects de la réalité peuvent fonctionner ensemble et se soutenir l'un l'autre, sans antagonisme agressif. De même qu'il faut deux rails à un train pour rouler, la dualité et la non-dualité représentent les deux forces qui doivent être parfaitement parallèles l'une à l'autre afin que la locomotive puisse avancer et qu'elles constituent une voie plutôt que deux rails.

En reconnaissant l'interdépendance de ces deux aspects, nous commençons à honorer, dans une même mesure, les deux pôles de notre expérience, en n'étant plus constamment polarisés par le souhait de n'avoir que l'un des deux aspects, dans des cycles sans fin de désir et d'aversion, ce qui constitue précisément le problème de l'illusion de la séparation. Nous commençons à ap­précier la relation entre ces deux aspects de la réalité plus que nous n'apprécions notre attachement à l'un des deux aspects pris séparément. Nous entrevoyons que l'abandon de soi est le coeur de la discipline, et que la discipline est le fondement de l'aban­don de soi. Cette aisance dans les deux domaines nous conduit au détachement fondamental dans lequel prend sa source le véri­table pouvoir du combattant spirituel ou disciple. En ce sens, le disciple est aussi un renonçant. 

Dans le renoncement, il ne s'agit pas de ne rien posséder, mais de ne rien avoir à perdre. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'on peut devenir « disciple » au vrai sens du terme, à savoir, celui qui est prêt à apprendre. Nous ne pouvons pas être prêts dans un contexte d'attachement, de pré­tention ou de présomption, mais seulement si, par la discipline et l'abandon de soi, nous nous sommes rendus prêts à tout, sans pour autant attendre quoi que ce soit. A partir de cette tension créative, nous pouvons finalement prendre la route infinie du disciple sous la férule d'un maître, comme nous le montrent les exemples vivants que sont, entre autres, Lee Lozowick et Arnaud Desjardins, qui ont tous deux maintenu l'intégration de la révélation reçue en tant que disciples — à travers l'obéissance, la vénération et le constant abandon de soi aux pieds de leur maître respectif.





mardi 13 mai 2014

Rhubarbe





rhubarbe 01


Alors que la rhubarbe n'est pas habituellement cultivée dans les Cévennes, j'ai réussi à acclimater un plan qui est devenu bien vigoureux au fil des années. Et au printemps, voici l'inflorescence majestueuse qu'il produit, et que je laisse malgré les conseils des manuels de jardinage (ça affaiblit la plante, parait-il...) Quelques menus insectes profitent de la vaste surface des feuilles pour prendre leurs aises! (Ces photos datent de mai 2008)


Photobucket


Trouvé sur le site de la ville d'Houdemont cette légende relative à notre légume du jour :

"Hode Le Germain, qui selon la légende avait installé son camp en ces lieux voilà bien longtemps, avait trouvé l’endroit fort plaisant. Une multitude de sources déjà connues des druides pour leurs bienfaits avaient abreuvé ses soldats assoiffés.
Mais une particularité avait retenu son attention : les pentes du lieu-dit « Extra Montes » « En dehors des Monts » étaient couvertes de plants de rhubarbe luxuriants.
Hode le Germain qui était parti chasser fut attaqué par une horde de loups affamés. De chasseur, il devint gibier. Son cheval, pris par la peur, fit un écart qui le jeta de sa selle.
Par malchance au cours de sa chute, il perdit son épée. Cependant, il ne se fit aucun mal, car il fut amorti par un énorme pied de rhubarbe.
Dans un réflexe salvateur, il arracha un gros et long bâton de rhubarbe et frappa à toute volée la meute hurlante.
Un loup énorme, aux yeux injectés de sang, sans doute le chef de la meute se précipita sur lui et voulut mordre à belles dents le dangereux bâton qui le fustigeait.
Surpris par l’acidité de celui-ci, il poussa un hurlement d’effroi et détala suivi de toute sa bande. On ne le revit jamais dans nos contrées.
Ainsi était née la légende de « La Rhubarbe qui faisait fuir les loups ».
C’est bien plus tard que l’on découvrit ses autres vertus bénéfiques.
Hode le Germain à son tour choisit parmi ses plus valeureux soldats, huit fiers guerriers et créa ainsi « L’Ordre des Rhubarbiers ». De nos jours la tradition perdure et se fête tous les ans, le jour du 8 Mai."


rhubarbe 02



lundi 12 mai 2014

L'Humour du Prochain n°41 : Mark Ryden








Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.