lundi 30 avril 2018

Melmoth : La devanture des ivresses







«Parce que La devanture des ivresses est un monolithe de solitude rock, un moment avec soi-même à écouter au soleil en pensant la mort multicolore, parce que Melmoth reste un artiste fantôme de l’histoire française et que personne n’en parlera plus jusqu’à sa mort. Forcément multicolore.
»

1969 : c'était l'époque où j'étais prêt à m'offrir un album de musique du moment que la pochette et le titre me plaisaient, ou m'intriguaient, me laissant supposer que j'avais affaire à une œuvre originale et inspirée. Ce fut le cas pour celui-là...





MELMOTH3



samedi 28 avril 2018

L'Humour du Prochain n°39 : «Fun inventors»






Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.



















mercredi 25 avril 2018

Sun, un maître errant







Un article de Serge Beucler paru dans la revue «Planète» n°23, datant de l'été 1971.












A propos de Robert J. Godet, évoqué à plusieurs reprises dans cet article :

«Robert J. Godet, s'il disparaît prématurément dans un accident d'avion au-dessus du Tibet en 1960, laisse à sa fille l'empreinte d'un esprit libre. Disciple de Gurdjieff, ce jeune spécialiste de judo et de philosophie ésotérique mène une activité d'éditeur, Artaud, Michaux, Picasso. Il appartient à l'effervescence d'après-guerre, à cette culture du «nouveau» ; le sentiment que le monde se reconstruira dans le champ de nouvelles expérimentations. Ses amis sont une bande de jeunes farfelus utopistes comme Pierre Lazarref, Jean-François Revel ou Jacques Soustelles l'étaient à lépoque de leur jeunesse. En profonde connivence avec Yves Klein, Robert J. Godet est complice des premières expériences que son ami réalise chez lui au 9 de la rue Le Regrattier, les Pinceaux vivants (1957) et les premiers Feu (1958). Il voit donc naître sur le vif tout ce qui fondera par la suite le mouvement du Nouveau Réalisme. En même temps, dans l'aventure de ses longs voyages, il se lie avec le jeune Dalaï Lama et participera à l'organisation de sa fuite de Chine en 1959 avec l'aide de Pierre de Grèce.»






lundi 16 avril 2018

Comment j'ai découvert Henri Michaux





En terminale, nous avions un manuel d'anglais comportant un certain nombre de textes en français à traduire, à titre d'exercice. Or le dernier de ces textes était le suivant :




Il est fort probable que, gagné par l'ennui d'un cours pas toujours passionnant, j'ai feuilleté machinalement le livre, quand tout à coup, je tombe sur cet extrait; et là, c'est le "flash". Je l'ai lu et relu, intrigué, émerveillé, fasciné, devrais-je écrire, par ce qui se dégageait de ces mots, qui, de plus, étaient tirés d'un ouvrage au titre encore plus mystérieux : "L'espace du dedans". Alors, cet espace est devenu mon compagnon des cours d'Anglais lorsque ceux-ci viraient à l'aridité, un refuge qui me permettait d'échapper à l'ennui des trop longues heures d'austérité lycéenne, et j'ai d'ailleurs fini par connaître ce texte par coeur!




C'est quelques années plus tard que j'ai commencé à acquérir des ouvrages d'Henri Michaux, les poésies, la prose, (Il faut noter au passage que "L'espace du dedans" est un titre générique pour une sélection de textes issus d'autres recueils; par exemple,"Les Emanglons" provient du livre "Ailleurs") et pour finir, les fabuleux ouvrages consacrés à sa recherche du monde intérieur, avec l'aide éventuelle de psychotropes tels que la mescaline ou le cannabis, dont voici trois titres éloquents : "La connaissance par les gouffres", "Misérable miracle", "Les grandes épreuves de l'esprit". Des livres qui décrivent poétiquement mais avec une grande précision les obscurs tréfonds de l'esprit humain.



Voilà donc comment j'ai découvert Henri Michaux, et je lui laisse le mot de la fin, car les petites phrases qui suivent m'ont tellement accompagné...
«
Alors je pars brusquement pour ma propriété. Elle a la forme d'une crosse. Elle est grande et lumineuse. Il y a du jour dans ce lumineux et un acier fou qui tremble comme une eau.»
Henri Michaux ("Mes Propriétés").




Les oiseaux sont la création de Sylvie Lemelin


jeudi 12 avril 2018

Objets improbables...







Pour visionner le diaporama, cliquer sur l'image, puis utiliser les flèches droite et gauche du clavier.




mercredi 11 avril 2018

Il était une chèvre...







Il était une chèvre de fort tempérament
Qui revenait d'Espagne et parlait allemand
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Elle revenait d'Espagne et parlait allemand
Elle entra par hasard dans le champ d'un Normand
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Elle entra par hasard dans le champ d'un Normand
Et y vola un chou qui valait bien trois francs
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Et y vola un chou qui valait bien trois francs
Et la queue d'un poireau qu'en valait bien autant
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Et la queue d'un poireau qu'en valait bien autant
Le Normand l'assigna devant le Parlement
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Le Normand l'assigna devant le Parlement
La chèvre comparut et s'assit sur un banc
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

La chèvre comparut et s'assit sur un banc
Puis elle ouvrit le code et regarda dedans
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Puis elle ouvrit le code et regarda dedans
Elle vit que son affaire allait fort tristement
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.

Elle vit que son affaire allait fort tristement
Lors elle ouvrit la porte et prit la clé des champs.
Ballotant d' la queue, grignotant des dents,
Ballotant d' la queue, grignotant des dents.









lundi 9 avril 2018

Swami Prajnanpad : «voir chacun comme soi-même»







Extrait de "L'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad", de Sumangal Prakash.


Un point intéressant a été soulevé par Govardhan une fois. Il a dit :
- C'est faux, Svâmiji, c'est absolument faux...
- Qu'est-ce qui est faux ?
- On dit : « âtmavat sarvabhûtani : voir chacun comme soi-même ». C'est faux, c'est absolument faux.
- Comment cela ?
- Non, non, cette théorie est totalement fausse.
- Comment ?
- Voyez donc... Voir les autres comme soi-même, cela voudrait dire que chacun devrait manger la même quantité de nourriture que celle que je prends. (Il était très frêle et mangeait très peu). Mais c'est totalement absurde.
- Vraiment. Ne dit-on pas que vous devez voir les autres comme vous-même ?
- Bien sûr, c'est le principe que j'applique ici. Parce que je ne peux manger que cette quantité, les autres aussi alors devraient manger la même quantité ? N'est-ce pas ce que signifie : voir les autres comme soi-même ?
- Non, vous ne voyez pas les autres comme vous-même.
- Comment cela ?
- Non, vous ne voyez pas les autres comme vous-même, mais vous les ramenez à vous.
- Quelle est la différence ?



Quelle est donc la différence ?


- Ce que vous faites c'est simplement ramener les autres à vous. Parce que vous ne pouvez prendre qu'une petite quantité de nourriture, alors l'autre aussi devrait consom­mer la même quantité ! Ainsi, vous ne voyez pas l'autre comme il est, mais simplement vous le ramenez à vous- même. Mais, en fait, vous n'êtes pas lui. Vous ne pouvez pas vous projeter en lui. Vous ne faites que surimposer votre propre moi à cet endroit... mais il est différent.
- Ah c'est cela !
- Ainsi vous ne voyez pas les autres comme vous-même, vous les ramenez seulement à vous.
- Ah ! Cela semble si mystérieux.



Oui, en quoi réside donc ce mystère ?



- Oui, le mystère réside simplement en ceci, que vous n'avez pas à ramener les autres à vous, mais à les voir comme vous-même. Vous prenez telle quantité de nourritu­re; cette quantité est suffisante pour vous satisfaire. Alors vous devez simplement trouver quelle quantité est suffisante pour satisfaire les besoins d'autres personnes... C'est cela voir les autres comme vous-même.
- Oh ! C'est cela alors voir les autres comme soi-même ?
- Voyez pour vous-même, essayez de voir si ce n'est pas réellement ainsi. Il est différent de vous. Bien sûr, vous mangez et lui aussi mange. Mais la manière de manger des deux n'est pas la même. Est-ce qu'il mastique sa nourriture de la même manière que vous ? Est-ce que vous lui demanderez de vous imiter en cela aussi ? Est-ce que vos dents sont les mêmes que les siennes ? En est-il bien ainsi ? Non. Alors à quoi arrivez-vous ? A cela, que la quantité de nourriture pour chacun doit être prise selon ses besoins. C'est alors que vous voyez les autres comme vous-même.
- Ah ! C'est donc cela. Maintenant je comprends. 
Quelle était son erreur ? Il se mettait à la place des autres. La réalité toutefois, c'est qu'il n'y était pas du tout. Et c'est ainsi qu'on se conduit d'une manière ridicule. Vous voulez simplement que les autres agissent comme vous agissez. Et cela est tout à fait absurde. Le fait pur et simple est que « moi » et « lui », sommes deux mondes différents, deux termes différents.

Extrait de "L'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad", de Sumongal Prakash.




vendredi 6 avril 2018

Hommage à Jacques Higelin : bbh75






BBH 75 est le titre d'un album de Jacques Higelin, sorti en 1974.
Le titre de l'album, BBH, est formé par les initiales du nom des trois musiciens qui ont participé : Benarroch, Boissezon, Higelin.
Si quelques chansons restent encore sous l'influence minimaliste de l'époque Saravah (Cigarette, Une mouche sur ma bouche), l'ensemble marque un virage important dans la carrière d'Higelin : jusque alors chanteur folk tendance expérimentale, il passe avec cet album à un rock beaucoup plus dur.
Il est souvent considéré comme le premier véritable album rock français.(Source : Wikipedia)




"Je suis né dans un spasme
Dans un grand brasier haletant
Au beau milieu d'un raz de marée de sang
Le ventre de ma mère
A craché
Un noyau de jouissance
Et j'ai jamais perdu le goût
De ça"
(Jacques Higelin)