jeudi 9 avril 2015

Swami Prajnanpad : «voir chacun comme soi-même»





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Extrait de "L'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad", de Sumangal Prakash.


Un point intéressant a été soulevé par Govardhan une fois. Il a dit :
- C'est faux, Svâmiji, c'est absolument faux...
- Qu'est-ce qui est faux ?
- On dit : « âtmavat sarvabhûtani : voir chacun comme soi-même ». C'est faux, c'est absolument faux.
- Comment cela ?
- Non, non, cette théorie est totalement fausse.
- Comment ?
- Voyez donc... Voir les autres comme soi-même, cela voudrait dire que chacun devrait manger la même quantité de nourriture que celle que je prends. (Il était très frêle et mangeait très peu). Mais c'est totalement absurde.
- Vraiment. Ne dit-on pas que vous devez voir les autres comme vous-même ?
- Bien sûr, c'est le principe que j'applique ici. Parce que je ne peux manger que cette quantité, les autres aussi alors devraient manger la même quantité ? N'est-ce pas ce que signifie : voir les autres comme soi-même ?
- Non, vous ne voyez pas les autres comme vous-même.
- Comment cela ?
- Non, vous ne voyez pas les autres comme vous-même, mais vous les ramenez à vous.
- Quelle est la différence ?

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Quelle est donc la différence ?


reflet 03

- Ce que vous faites c'est simplement ramener les autres à vous. Parce que vous ne pouvez prendre qu'une petite quantité de nourriture, alors l'autre aussi devrait consom­mer la même quantité ! Ainsi, vous ne voyez pas l'autre comme il est, mais simplement vous le ramenez à vous- même. Mais, en fait, vous n'êtes pas lui. Vous ne pouvez pas vous projeter en lui. Vous ne faites que surimposer votre propre moi à cet endroit... mais il est différent.
- Ah c'est cela !
- Ainsi vous ne voyez pas les autres comme vous-même, vous les ramenez seulement à vous.
- Ah ! Cela semble si mystérieux.


reflet 04


Oui, en quoi réside donc ce mystère ?


reflet 05


- Oui, le mystère réside simplement en ceci, que vous n'avez pas à ramener les autres à vous, mais à les voir comme vous-même. Vous prenez telle quantité de nourritu­re; cette quantité est suffisante pour vous satisfaire. Alors vous devez simplement trouver quelle quantité est suffisante pour satisfaire les besoins d'autres personnes... C'est cela voir les autres comme vous-même.
- Oh ! C'est cela alors voir les autres comme soi-même ?
- Voyez pour vous-même, essayez de voir si ce n'est pas réellement ainsi. Il est différent de vous. Bien sûr, vous mangez et lui aussi mange. Mais la manière de manger des deux n'est pas la même. Est-ce qu'il mastique sa nourriture de la même manière que vous ? Est-ce que vous lui demanderez de vous imiter en cela aussi ? Est-ce que vos dents sont les mêmes que les siennes ? En est-il bien ainsi ? Non. Alors à quoi arrivez-vous ? A cela, que la quantité de nourriture pour chacun doit être prise selon ses besoins. C'est alors que vous voyez les autres comme vous-même.
- Ah ! C'est donc cela. Maintenant je comprends. 
Quelle était son erreur ? Il se mettait à la place des autres. La réalité toutefois, c'est qu'il n'y était pas du tout. Et c'est ainsi qu'on se conduit d'une manière ridicule. Vous voulez simplement que les autres agissent comme vous agissez. Et cela est tout à fait absurde. Le fait pur et simple est que « moi » et « lui », sommes deux mondes différents, deux termes différents.

Extrait de "L'expérience de l'unité, dialogues avec Swami Prajnanpad", de Sumongal Prakash.


reflet 06