vendredi 27 février 2015

Ramana Music



















Photos : Nathalie Tardieu, Ashram de Ramana Maharshi, Tiruvanamalai, décembre 2009.



jeudi 26 février 2015

L'Art d'Être Conscient n°15 : Lumières et poésie







Extraits de la page Facebook «L'Art d'Être Conscient»









Ce matin le jardin

Ce matin
Le jardin m'a pris par la main
Et m'a dit : viens
J'ai répondu : oui
Alors je l'ai suivi. La lumière
Pétillait dans chaque ornière
Sur le sentier qui descend
A travers champ
Les fleurs resplendissaient
Les arbres dansaient
Au loin
Un chien
Aboyait
C'était un matin
Comme tous les matins
Un matin ordinaire
Mais là est le mystère
Car c'était en même temps
Un premier matin
Unique et scintillant
Pétillant de lumière
Dans chaque ornière
Sur le petit chemin
Qui me conduit
Chaque matin
Au jardin





Être Conscient, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Conscience,
y compris de cette pensée.





mardi 24 février 2015

La corde et le serpent : Thème et Variations






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Thème et variations autour de ce sujet historique...

Tout d'abord, le thème, brièvement exposé ici : "Dans la nuit, un homme s’éveille pour découvrir qu’un serpent se trouve dans sa chambre. La présence de ce reptile le fige sur place. Mais pour le mental, il en va tout autrement: frappé de panique, il s’agite, se démène, s’affole. Le serpent va-t-il s’approcher et bondir? Ne vient-il pas de bouger?... Plus le temps passe, plus le mental de cet homme s’échauffe. La nuit lui paraît interminable. Mais au petit matin, il découvre qu’il s’agissait... d’une corde." Une première variation, sous forme d'une caméra cachée, que j'intitulerai volontiers "Le bâton et le serpent". (Il s'agit d'une «fausse» caméra cachée, mais je la trouve néanmoins assez drôle...)



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Une deuxième variation qui est en fait un développement sophistiqué du thème, par Franklin Merrell-Wolff, avec une conclusion pour le moins vertigineuse...

"Les gens qui vivent dans un pays où des serpents venimeux sont un danger sérieux, connaissent l'illusion de percevoir une couleuvre qui n'y est pas. Nous qui avons beaucoup vécu dans la nature sauvage du Far West, connaissons très bien cette illusion. On apprend très tôt à se tenir constamment sur ses gardes, de sorte qu'à la surface de son esprit, on guette toujours les couleuvres. Il arrive souvent qu'un bâton, un bout de câble, ou quelque autre objet long et effilé soient perçus à moitié consciemment, suscitant une réaction de l'organisme avant que la reconnaissance rationnelle de l'objet ne soit possible. On semble voir une couleuvre, sentir le choc, se figer, et peut-être sursauter, avant que l'on puisse juger rationnellement. Le moment d'après, on voit son erreur. J'ai vécu cette expérience plusieurs fois, et après l'avoir analysée, je m'aperçois qu'elle révèle beaucoup de choses. La couleuvre, qui semble être per­çue au début, est devenue le moment d'après, un bâton, un câble, ou tout autre objet qu'elle pourrait être. La question est alors : « Qu'est-il arrivé à la couleuvre ? Est-elle devenue un bâton ? un câble ? » Le dernier jugement pratique nous dit que la couleuvre n'est pas devenue un bâton, qu'elle n'a jamais été là. Toutefois, il n'y a pas de doute que, au sens physique, l'ex­périence de la couleuvre y était. Alors, quelle est donc la nature de son existence? On ne peut certainement pas lui attribuer une réalité substantielle. Ça ne peut sûrement pas mordre ou être autrement dangereux, dans un sens objectif. Le moment suivant la reconnaissance rationnelle et le jugement, il n'y a simplement pas de couleuvre. De plus — et ce point subtil est le noeud même de la question — la couleuvre cesse d'avoir jamais existé. Je sais que c'est ainsi que se déroule le processus, puisque je l'ai observé tant et tant de fois. Il demeure vrai qu'il y a eu un état d'illusion psychique, et pourtant, il y a un sens fort important où la couleuvre cesse d'être, en tant que fait pré­sent et passé. L'illusion n'a absolument rien ajouté ni enlevé à la réalité. Il y a donc aucun problème quant à la réintégrer dans la réalité.

Finalement, le moniste trouve la résolution spéculative de son problème en appliquant à la totalité de l'expérience relative, le principe d'interprétation que je viens d'exposer. L'expérience relative diffère de celle de la couleuvre, en ce qu'elle n'est pas corrigée d'un seul coup par la reconnaissance et le jugement rationnels. Il s'agit de la considérer comme une vaste démence illusoire et de la corriger comme on résout un problème de rêve : en s'éveillant tout simplement. La souf­france humaine est de la même nature que la souffrance du dément illusoire, et il n'existe pas de vraie guérison en partant du principe que l'état de démence est réel."


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Il est à noter que les photos qui illustrent cet article sont en elles-même une variation sur le thème de départ, à part qu'il ne s'agit pas d'un serpent, mais d'un orvet, et que là, c'est plutôt le "serpent" que l'on peut prendre pour une corde! Pour terminer, une autre caméra cachée, intitulée "Les deux serpents", dans le sens que le premier est faux, le deuxième imaginaire...





lundi 23 février 2015

Le Hit-Parade de Wolinski : A Tunis











Cliquer sur les images pour les voir en mode plein écran.



dimanche 22 février 2015

Franklin Merrell-Wolff : La signification de l'omniscience






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LA SIGNIFICATION DE L'OMNISCIENCE, par Franklin Merrell-Wolff



Qu'est-ce que l'omniscience ? Ceux qui ont pris connaissance de quelque façon des écrits mystiques ou quasi-occultes, y auront lu qu'il existe des niveaux ou des états où un homme devient omniscient. En même temps, ces textes affirment, en appuyant beaucoup, qu'aucun homme n'est infaillible. Du point de vue relatif, ces deux affirmations semblent incompatibles et il en résulte pour le moins une mystification. Mais lorsque ces textes sont convenablement compris, les deux affirmations peuvent être vraies. Le fait est qu'aucun homme n'est omniscient au plan relatif. Et bien que la connaissance d'une telle personne puisse être très grande, il existe au-delà même de la connais­sance relative de tout humain apparu dans l'histoire — et dépassant son accomplissement quel qu'il soit —, d'autres mystères qui attendent la résolution de celui-ci. Autrement dit, nous ne voyons aucune fin conce­vable à l'évolution. Mais alors que tout cela est vrai, il existe un autre sens où un homme peut s'éveiller à l'omniscience et de façon instantanée. En fait, un tel éveil ne peut être affaire d'accomplissement graduel, car l'infini n'est jamais réalisé par des additions pro­gressives d'espaces multiformes finis. Tout cela est une question de niveau ou d'état. Le MOI est toute connais­sance et, puisqu'il inclut mais n'est pas inclus ou res­treint par l'espace, le temps et la causalité, à ce niveau il ne peut y avoir de développement, au sens d'une pro­gression d'étapes infinies. Celui qui s'est réalisé en tant que MOI est aussitôt omniscient. Mais il faut se rappe­ler que, du point de vue relatif, le MOI est Vacuité absolue, Ténèbre et Silence. Le MOI est la connaissan­ce d'où découlent toutes choses, mais cette connaissan­ce n'est pas du type sujet/objet, elle n'est pas non plus quoi que ce soit qui puisse être conçu à l'intérieur du champ cognitif de la connaissance relative. Le Silence est connaissance de tout, alors que la connaissance dans le champ subjectif/objectif devient, et il est impos­sible de parler d'infaillibilité en ce domaine.


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Il est possible d'avoir un pressentiment de ce qu'est la toute-connaissance ou la voix du silence. Le langage est composé de mots désignant de quelque façon des objets, et comprend aussi des phrases. Les mots ou les termes représentent, pourrait-on dire, de simples appréhen­sions et sont analogues à la conscience animale. Les phrases représentent des jugements, elles sont de la nature de la reconnaissance au niveau de la conscience polarisée, ou de ce que le Dr Bucke appelait « la conscience-propre ». Ici, tout a lieu dans un monde où un « Je », considéré comme distinct des autres je, est conçu comme étant conscient en quelque sorte d'un objet. Ici également, nous trouvons du sens sous une forme définissable, c'est-à-dire qu'il peut être représen­té par d'autres mots et propositions et, strictement parlant, signifier précisément ces mots et propositions. Cela toutefois ne constitue qu'un sens formel qui est aride en lui-même. Or, au-dessus et au-delà de cet éta­gement de connaissances formelles, il existe une autre signification ou un autre sens qui, alors qu'il peut être suscité par des mots et des phrases, n'est pas contenu par ceux-ci. Ce sens supérieur, une fois que l'on s'est identifié à lui, est une nourriture véritable pour l'âme et par conséquent pour tout l'homme. En général, les hommes, en éveillant des reconnaissances momenta­nées et partielles, arrivent à cette signification à partir d'en bas, au moyen de la connaissance formelle et empi­rique, utilisée avec l'habileté requise. Ces reconnais­sances momentanées sont des pressentiments, bien qu'en général à un degré très faible, de la connaissance supérieure qui est identique à la divinité elle-même. Voilà le processus qui se déroule lorsque l'homme se situe dans le monde relatif extérieur. Mais pour celui qui a connu la transition ineffable, c'est radicalement différent. L'Homme a alors trouvé son fondement dans le MOI. La connaissance d'où il part maintenant est le silence, une signification sans mots ni idées. Ici, la com­munion est au niveau de la signification elle-même, sans être embarrassée d'aucune forme. C'est un rafraî­chissement inépuisable et sans gaspillage. Depuis ce niveau, des projections vers l'extérieur sont possibles, par des pensées qui chercheraient à rejoindre ultimement l'état de gel relatif du niveau le plus objectif — celui de l'univers visible. Vu de cette pointe supérieu­re, le sens n'est pas le sommet, comme il est habituelle­ment conçu, mais la base. L'univers est l'effet dernier, mais pour son existence, il dépend absolument de cette base ou fondation du sens. Voilà pourquoi, pour le MOI, l'univers est irréel.


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Au niveau du sens, un homme peut connaître avec absolue certitude et cependant s'exprimer incorrecte­ment en essayant d'ajuster ses pensées aux formes d'expression déjà existantes. Dans ce cas, il se montre tout à fait faillible et pourtant il sait de quoi il parle, si incorrecte que puisse être son expression. S'il n'exerce pas une discrimination attentive, il est facile pour l'homme extérieur, même s'il s'est éveillé à la réalisa­tion, de se perdre ici dans la confusion. Connaissant donc la certitude propre au niveau où IL EST réelle­ment, cependant en tant qu'homme limité il attache cette certitude à ses expressions formelles, et tombe ainsi dans l'erreur. La correction extérieure, ou l'ap­proximation de la correction, doivent être acquises par l'effort, même si l'homme a atteint le niveau plus élevé de la réalisation. Dans la connaissance formelle, incluant toute connaissance des choses, grossières ou subtiles, ainsi que toute connaissance des relations, des processus, etc., il faut de la technique, une technique qui inclurait toutes les méthodes possibles de vérifica­tion et de contrôle. Naturellement, certains ont acquis en cela une plus grande expertise que d'autres et par conséquent, dans les questions qui concernent leurs champs respectifs, ont une autorité relative que d'autres n'ont pas. Ainsi donc, dans une question de connaissance formelle ou empirique, il arrivera souvent qu'un homme qui n'est pas allé au-delà du niveau égoïstique ou "auto-conscient", puisse très bien en cor­riger un autre qui est authentiquement enraciné dans le silence. Ce dernier a cependant des avantages défini­tifs lorsqu'il cherche à maîtriser un champ relatif quel­conque. Il peut acquérir de la connaissance relative dans un temps infime par rapport à ce qui est requis par d'autres, car il a l'avantage d'avoir de la perspecti­ve. Mais dans tous les cas, il faut de l'effort et du temps, même pour lui. La connaissance transcendante ou la connaissance au niveau du Sens, est acquise ins­tantanément et avec certitude, alors que l'acquisition de la connaissance relative demande toujours du temps et de l'effort, et ne donne jamais de certitude.


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samedi 21 février 2015

Humour, théâtre et musique : Le Quintet de l'Art (11 & fin)







Ce sera le dernier épisode des aventures du Quintet de l'Art au pays de la "musique classique pour rire", avec ce clin d'oeil malicieux au thème de la célèbre étude n°3 de Frédéric Chopin, dite "Tristesse" (Bien que ce titre ne figure nulle part sur la partition originale). Pierre Dac en a rajouté une couche avec son texte qui s'amuse à nous bercer de mots joyeux, et après avoir écouté cette oeuvre maniant habilement les contrastes, les contre-jours et les petits oiseaux, il ne nous reste plus qu'à aller jouer dans notre coin tout en riant sous cape...Voici donc "Chant d'Allégresse".

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Crédits :

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vendredi 20 février 2015

jeudi 19 février 2015

L'Art d'Être Conscient n°14 : Nous sommes déjà Cela








Extraits de la page Facebook «L'Art d'Être Conscient»










Être Conscient, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Conscience,
y compris de cette pensée.