mardi 29 avril 2014

Méditation








«Pour ce qui est des pensées qui nous aspirent au cours d'une méditation, je dirai juste que le temps que dure cette déconnexion du "ici et maintenant"
va décroitre progressivement, c'est en tout cas mon expérience, et c'est à chaque fois une grâce de "reprendre conscience", car franchement, j'ai le sentiment que nous n'avons aucun contrôle réel sur ce phénomène, c'est pour ça que je parle de grâce; ma pratique m'a permis d'abord d'émerger au moins une fois de ce brouillard mental, puis de réduire petit à petit les espaces de temps entre deux "percées", et ce chemin se poursuit toujours à l'heure actuelle. Il n'en reste pas moins que le moment "d'émergence" me vient, je le répète mais ça me parait important, comme une grâce qu'il n'est pas en mon pouvoir de provoquer, parce que dans le brouillard mental, l'idée même de percée n'existe pas. D'où le fait que nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter que cela arrive ou non.»

Ce texte a été écrit en mai 2008. Ce que j'appelais «l'émergence» a fini par devenir la règle, en ce sens que dès que «ça» se met à penser, c'est vu quasiment instantanément, et plus aucune pensée n'est prise pour du «réel» : la pensée est vue en tant que pensée, point final ! Et le sentiment que rien ne dépend de «moi» imprègne à présent ma vie quotidienne avec une telle évidence que c'en est devenu un véritable art de vivre : léger, transparent, paisible, joyeux...







lundi 28 avril 2014

L'Humour du Prochain n°39 : «Fun inventors»






Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.



















samedi 26 avril 2014

mardi 22 avril 2014

«Sois cela où rien ne peut prendre racine» (Lee Lozowick)







Extrait de l'ouvrage collectif, sous l'inspiration et la direction de Lee Lozowick, "Le coeur éternel de la voie" (tome II), ce texte, écrit par un élève de Mister Lee, est paru initialement dans la revue "Tawagoto".


Les êtres humains se sentent souvent victimes de leur en­vironnement. Nous n'avons qu'un sens très éphémère du centre de notre être et nous sommes ballottés de tous côtés par les influences diverses en jeu dans notre existence. Nous sommes tiraillés par nos désirs et obéissons aux injonctions des médias; des intrusions extérieures s'imposent à nous et affectent nos perceptions; nos pensées sont manipulées par les forces au pouvoir. Même les forces de la nature semblent souvent nous être contraires. Quant aux puissances technologiques, elles sont loin de nous être plus favorables. Nous vivons dans un monde qui est en fait toxique pour nous, un monde habité par tout un tas d'influences déplaisantes et de présences pernicieuses. Tout ceci est vrai aussi bien au niveau subtil qu'au niveau physique et immédiat.
Parce que nous avons naturellement tendance à nous laisser distraire facilement, les nombreuses distractions et influ­ences négatives de notre environnement détournent constam­ment notre attention du processus non linéaire de la vie spirituelle. Ne possédant pas un sens de nous-mêmes stable (c'est-à-dire qui ne soit plus à la merci de l'ego, cette tendance omniprésente chez l'être humain à tout ramener à lui), notre attention et notre activité nous appartiennent de moins en moins. Emportés d'idées en idées, d'émotions en émotions, de désirs en désirs, de sensations en sensations, nous perdons une quantité incroyable d'énergie. Si nous voulons rester connectés au processus non linéaire de la vie spirituelle, nous devons conserver cette énergie, c'est-à-dire arrêter de la gaspiller et nous déconnecter de ces distractions continuelles.
Si nous voulons apprendre à conserver notre énergie et notre attention, nous devons d'abord commencer par considérer la manière dont elles se dissipent. Quelle est cette faiblesse en nous qui permet aux diverses influences présentes dans notre environnement de s'emparer de nous ainsi ?
La réponse devient évidente lorsque nous considérons notre relation à la connaissance intrinsèque du corps. Quand nous nous sentons responsables de cette connaissance et que nous vivons en accord avec elle, l'attention que nous nous portons en tant qu'ego diminue et se tourne vers la primauté de l'extase naturelle. Ce changement se manifeste dans le fait que nous pouvons maintenant nous absorber complètement dans notre activité du moment, qu'il s'agisse d'accomplir une tâche quel­conque, de parler avec un ami, de jouer avec un enfant ou simplement de boire un verre d'eau. Nous sommes plus fluides, nous ne sommes plus un obstacle à nous-mêmes, nous ne sommes d'ailleurs presque plus là. (Dans l'idéal, l'invitation qui nous est faite est de n'être plus personne car celui ou celle que nous pensions être s'est complètement écarté(e), et nous sommes alors un simple véhicule que Dieu peut complètement utiliser pour servir Sa volonté. Une fois permanent, cet état de parfaite transparence est ce que Lee appelle "l'esclavage spirituel".) Dans ces conditions, notre relation aux distractions change du tout au tout.




Lorsque nous sommes fluides et pas particulièrement iden­tifiés à nous-mêmes de façon égocentrique, les distractions ont tendance à passer à côté de nous sans nous toucher, voire à passer à travers nous sans laisser de traces. Alors que nous étions auparavant un terrain fertile pour les semences de la distraction ou du gaspillage d'énergie, la primauté de l'extase naturelle nous est maintenant révélée, et elle n'offre aucun terrain favorable à ce genre de culture. Les éléments nutritif nécessaires à la croissance intérieure de ces distraction (comme par exemple l'orgueil, la vanité ou le sentiment de sa propre importance) ont tout simplement disparu.
Par contre, lorsque nous ne vivons pas en accord avec la connaissance du corps mais suivons nos schémas névrotiques habituels, nous sommes cent fois plus attirés par ces distrac­tions. Nous devenons de plus en plus compliqués, nous avons en tête maintes attentes secrètes, maintes peurs, maintes motiva­tions jamais remises en question, maints recoins cachés où vient se déposer une terre fertile favorable à la croissance d'éléments dissonants.
Nous sommes alors un terrain propice aux schémas de pensées négatives, aux champs d'énergies parasites et en fait à pratiquement n'importe quoi. Nous perdons toute objectivité, tout ce qui semble ne serait-ce que superficiellement intéressant attire immédiatement notre attention; nous perdons contact avec notre centre et tombons dans un état de semi-conscience; nous devenons inertes, comme des troncs d'arbre pourris dans la forêt, infestés d'insectes, couverts de champignons et de toute une colonie d'agents de décomposition. Les distractions ont pris profondément racine en nous et sucent notre force vitale, se fortifiant à nos dépens.
Si nous nous examinons de plus près, nous découvrons l'existence d'un élément qui nous rend particulièrement vulné­rables aux distractions. Cet élément est le sentiment que nous avons de notre propre importance et qui peut se manifester de différentes manières. Il nous rigidifie, fait que nous sommes obsédés par l'image que les autres ont de nous, laisse bien trop de place aux manigances névrotiques de l'ego.
Quand nous croyons être importants, nous essayons conti­nuellement de maintenir la position que nous pensons occuper. Nous cherchons quelque chose de solide, une stratégie pouvant nous assurer une position stable. Même la maladie, la douleur ou l'échec sont solides et sûrs s'ils sont suffisamment fiables et constants. Nous voulons être assurés d'avoir une place de choix que l'on remarque et qui attire sur nous l'attention des autres, même si cette place n'existe en fait que dans notre imagination. Nous évaluons les éléments de notre environnement en fonction de ce qu'ils peuvent nous apporter personnellement en tant qu'ego.
Paradoxalement, cette importance exagérée donnée au moi égocentrique détourne en fait rapidement notre propre attention et la fait se porter sur l'extérieur dans l'espoir d'y trouver une validation à notre existence (alors que celle-ci ne pourra jamais être validée par l'extérieur).




Dès que nous prenons l'habitude de chercher à l'extérieur une validation pour ce que nous croyons être, nous sommes per­dus. Nous nous éloignons de plus en plus de notre vrai centre, qui est la primauté de l'extase naturelle. Dans ces conditions, nous nous trouvons vite réduits à une série d'efforts frénétiques pour trouver, dans le vide de notre existence, une raison d'être à laquelle nous raccrocher. Même si, extérieurement, nous pou­vons sembler calmes, à l'intérieur nous sommes prêts à faire pratiquement n'importe quoi pour nous prouver à nous-mêmes que nous sommes bien réels, que nous sommes bons, utiles, atti­rants, aimés ou dignes d'être aimés. Mais c'est une quête impos­sible, dans la mesure où nous avons déjà abandonné le seul vrai centre que nous ayons, à savoir un sentiment inné de certitude non duelle.
Le plus drôle, c'est que plus nous cherchons à établir en nous un centre solide, plus nous nous sentons fragiles. La raison en est que l'impulsion consistant à vouloir atteindre quelque chose vient d'une présomption fausse : nous pensons ne pas être déjà ce que nous cherchons à être. Croyant être incomplets, nous tombons en chute libre dans le gouffre du doute et du désespoir. Pour en échapper, nous nous transformons alors en terrain fertile pour toutes les distractions qui semblent nous offrir la preuve de notre propre existence, même si cette preuve s'avère complètement subjective ou tordue.
Tout cela vient de ce que nous avons oublié ce que sait notre corps. Le corps est innocent à un niveau totalement organique. Il est directement conscient de la réalité divine et vit en tant que cette réalité. Même si nous oublions cette vérité, nous ne pouvons rien faire pour altérer l'innocence organique du corps. La réalité de cette innocence est notre vrai centre. Et lorsque nous en sommes conscients, nous sommes connectés à cette primauté d'extase naturelle.
Un autre aspect comique de la situation, c'est que moins nous essayons de nous définir et plus nous sommes solidement établis dans notre vrai centre, dans cette innocence organique. Nous nous sentons alors complets, sains, prêts à continuer le processus spirituel sans distractions inutiles et sans gaspillage d'énergie. Nous sommes de plus en plus forts, voire invincibles, parce que nous n'essayons plus d'être ce qui n'est que transi­toire, mortel, illusoire.
C'est tout cela qui est exprimé dans la phrase, le conseil que nous a donné notre maître : "Sois cela où rien ne peut prendre racine."
L'état d'égocentrisme obsessionnel nous rend vulnérables à toutes sortes de distractions et de négativités. De grandes souf­frances sont ainsi créées, une grande confusion. La primauté de l'extase naturelle, elle, n'offre aucune prise à la distraction et à la négativité. Nos machinations habituelles n'y tiennent aucun rôle, elles ne peuvent pas prendre racine et finissent simplement par ne plus nous intéresser. Elles deviennent semblables aux images d'un rêve et, parce que nous sommes éveillés, nous ne nous sentons plus concernés.
Concrètement, être cela où rien ne peut prendre racine signifie apprendre à ne plus nous laisser manipuler par l'auto-complaisance. Nous nous tenons fermement (mais sans rigidité) dans notre vrai centre, la primauté de l'extase naturelle. Établis dans cette primauté fondamentale, nous réalisons ne pas être du tout le centre de quoi que ce soit mais participer en fait d'un processus d'évolution très vaste dont nous sommes une partie infime et néanmoins vitale. Ayant réalisé cela, nous découvrons ce sens que nous recherchions si désespérément. Nous cessons de nous préoccuper uniquement de notre petite personne et cherchons plutôt à aider au déroulement harmonieux du pro­cessus...




Ne pas prendre les choses personnellement est une autre façon de pratiquer concrètement l'invitation à "être cela où rien ne peut prendre racine". A chaque fois que nous nous sentons personnellement blessés, offensés, valorisés ou admirés, nous savons qu'il y a quelque chose dans notre pratique qu'il nous faut regarder. Ces moments nous indiquent là où nous avons besoin de travailler, nous montrent que nous sommes en train de chercher notre centre à l'extérieur. Lorsque, par contre, nous sommes établis dans la primauté de l'extase naturelle, nous perdons l'habitude de nous identifier à ce qui semble nous être adressé.
Si quelqu'un nous offre une critique, nous la prenons comme une critique de notre comportement, pas comme une attaque vicieuse de notre personne, de ce que nous sommes.
Cela nous donne la maîtrise nécessaire pour évaluer la critique objectivement et, si nous avons "faim", l'utiliser comme "nour­riture". De la même manière, si pour une raison ou pour une autre nous recevons un compliment, nous apprécions les paroles agréables mais nous savons les placer dans leur juste contexte. Nous ne sommes pas tentés de les laisser nous monter à la tête. Si nous nous trouvons pris dans un encombrement, nous n'exa­gérons pas le désagrément de la situation, comme si Dieu était en train d'essayer de nous irriter personnellement ! Si nous avons une journée. où tout se déroule très bien, nous la prenons telle qu'elle est au lieu d'y voir le signe que nous avons pro­bablement mérité des bénédictions spéciales. Ces réponses viennent de ce que nous sommes établis dans notre vrai centre, de ce que nous sommes devenus cela où rien ne peut prendre racine.






dimanche 20 avril 2014

Eckhart Tolle : Les 3 modalités de l'action éveillée




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Extrait du livre d'Eckhart Tollé, "Nouvelle Terre" (chapitre 10, p. 250 à 258).

Les trois modalités de l'action éveillée


Il existe trois façons dont la conscience peut passer dans ce que vous faites et, par conséquent, dans ce monde, trois modalités par lesquelles vous pouvez harmoniser votre vie avec le pouvoir créatif de l'univers. Par modalité, j'entends la fréquence énergé­tique sous-jacente qui passe dans ce que vous faites et qui relie vos actes à la conscience éveillée en train d'émerger dans le monde. Vos actes seront de nature dysfonctionnelle et proviendront de l'ego s'ils n'émanent pas d'une de ces trois modalités. Il se peut que ces modalités changent au cours de la journée, bien que l'une d'entre elles domine pendant une certaine période de votre vie. Chaque modalité correspond à certaines situations.

Ces trois modalités sont l'acceptation, le plaisir et l'enthou­siasme. Chacune d'elles correspond à une fréquence vibratoire précise de la conscience. Vous devez faire preuve de vigilance afin de vous assurer qu'une d'entre elles est en fonction chaque fois que vous faites quelque chose, qu'il s'agisse du geste le plus simple ou de l'action la plus complexe. Si vous n'êtes pas dans l'accepta­tion, le plaisir ou l'enthousiasme, observez bien et vous constate­rez que vous créez de la souffrance pour vous et pour les autres.

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L'acceptation

Quand vous ne pouvez pas prendre plaisir à ce que vous faites, vous pouvez au moins accepter que c'est ce que vous avez à faire. Accepter veut dire que, pour l'instant, c'est ce que cette situation et ce moment exigent que je fasse. Alors, je le fais volon­tiers. Nous avons déjà longuement parlé de l'importance de l'ac­ceptation intérieure des événements. L'acceptation de ce que vous avez à faire n'en est qu'un autre aspect. Par exemple, vous ne prendrez pas de plaisir à changer un pneu crevé la nuit, sous la pluie et en rase campagne. Sans parler d'enthousiasme ! Par contre, vous pouvez changer votre pneu dans une attitude d'ac­ceptation. Quand vous posez un geste dans une attitude d'accep­tation, cela signifie que vous êtes en paix pendant que vous le faites. Et la paix est une fréquence vibratoire subtile qui passe dans ce que vous faites. Superficiellement, l'acceptation peut res­sembler à de la passivité. En réalité, elle est active et créative du fait qu'elle amène quelque chose d'entièrement nouveau en ce monde. Cette fréquence vibratoire subtile de paix est la conscience. Et une des façons dont elle peut se manifester en ce monde, c'est par l'action empreinte de lâcher-prise, dont un des aspects est l'acceptation.

Si vous ne pouvez pas accepter ce que vous faites ni y prendre plaisir, arrêtez-vous. Sinon, cela veut dire que vous ne prenez pas la responsabilité de la seule chose dont vous pouvez vraiment prendre la responsabilité et qui est également la seule chose qui importe vraiment, c'est-à-dire votre état de conscience. Et si vous ne prenez pas la responsabilité de votre état de conscience, vous ne prenez pas non plus la responsabilité de votre vie.

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Le plaisir

La paix qui émane de l'action empreinte de lâcher-prise devient quelque chose de vivant quand vous prenez vraiment plaisir à ce que vous faites. Le plaisir est la deuxième modalité de l'action éveillée. Sur la nouvelle Terre, le plaisir remplacera le désir comme force de motivation. Le désir émane de l'illusion de l'ego que vous êtes un fragment distinct et débranché du pouvoir sous- jacent à toute création, par le plaisir, vous vous rebranchez sur le pouvoir créatif universel lui-même.

Quand vous faites du moment présent, et non pas du passé ou du futur, le point central de votre vie, votre capacité à prendre plaisir à ce que vous faites augmente de façon spectaculaire, tout comme la qualité de votre vie. La joie est l'aspect dynamique de l'Être. Quand le pouvoir créatif de l'univers devient conscient de lui-même, il se manifeste sous la forme de la joie. Point besoin d'attendre que quelque chose de « significatif » se produise dans votre vie pour prendre plaisir à ce que vous faites. Il y a plus de sens dans la joie que ce dont vous aurez jamais besoin. Le syn­drome qui veut que l'on « attende pour commencer à vivre » est une des illusions les plus communes de l'état d'inconscience. L'expansion et le changement positif dans le concret se manifeste­ront bien plus si vous pouvez prendre plaisir à ce que vous faites déjà, au lieu d'attendre que quelque chose change pour pouvoir prendre plaisir à ce que vous faites. Ne demandez surtout pas la permission à votre mental de prendre plaisir à ce que vous faites. Tout ce que vous obtiendrez, ce sont toutes les raisons pour les­quelles vous ne pouvez pas y prendre plaisir. « Pas maintenant, dit le mental. Tu ne vois pas que je suis occupé ? Je n'ai pas le temps. Peut-être demain tu pourras commencer à prendre plaisir à ce que tu fais... » Et ce lendemain ne vient jamais... à moins que vous ne commenciez dès maintenant à prendre plaisir à ce que vous faites.

Quand vous dites, « Je prends plaisir à faire ceci ou cela », c'est une fausse perception. En effet, cette expression donne l'im­pression que la joie provient de ce que vous faites, alors que ce n'est pas le cas. La joie ne vient pas de ce que vous faites, elle passe dans ce que vous faites et, par conséquent, rayonne dans le monde du plus profond de vous. Cette fausse perception est nor­male, mais elle est également dangereuse parce qu'elle crée la croyance que la joie est quelque chose que l'on retire d'une activité ou d'une chose. Alors, après, vous cherchez à ce que le monde vous apporte la joie, le bonheur. Mais le monde ne peut vous apporter cela. C'est pour cette raison que beaucoup de gens vivent constamment dans la frustration, car le monde ne leur donne pas ce dont ils estiment avoir besoin.

Alors, qu'elle est la relation entre une action et la joie ? Vous prendrez plaisir à n'importe quelle activité à laquelle vous serez totalement présent, à n'importe quelle activité ne représentant pas seulement un moyen pour arriver à une fin. Ce n'est pas le geste que vous posez auquel vous prenez vraiment plaisir, mais le pro­fond sentiment de vitalité qui l'anime et qui ne fait qu'un avec ce que vous êtes. Ceci veut dire que, lorsque vous prenez plaisir à faire quelque chose, vous faites réellement l'expérience de la joie de l'Être dans son aspect dynamique. C'est pour cette raison que tout ce que vous prenez plaisir à faire vous branche sur le pouvoir sous-jacent à toute création.

Voici un petit exercice spirituel qui apportera de l'expansion créative et de la puissance dans votre vie. Dressez la liste des acti­vités quotidiennes que vous entreprenez fréquemment, y compris celles qui peuvent vous paraître sans intérêt, ennuyeuses, pénibles, irritantes ou stressantes. Par contre, ne mettez pas dans votre liste des activités que vous détestez. Si vous détestez faire quelque chose, soit vous devez l'accepter, soit vous devez cesser. Vous pou­vez inscrire sur votre liste vos déplacements en voiture pour aller au travail et en revenir, les courses, la lessive ou toute autre chose que vous estimez pénible ou stressant dans votre travail. Ensuite, quand vous entreprenez ces activités, laissez-les être le véhicule de votre vigilance. Soyez totalement présent à ce que vous faites et sentez la quiétude vigilante et vivante en vous, à l'arrière-plan de l'activité. Vous découvrirez rapidement que ce que vous entrepre­nez dans un grand état de conscience devient en fait appréciable. Ce n'est plus stressant, pénible ou irritant. Pour être plus précis, ce à quoi vous prenez plaisir n'est pas vraiment l'action comme telle, mais la dimension intérieure de conscience qui passe dans l'action. Voilà ce qu'est trouver la joie de l'Être dans ce que vous faites. Si vous sentez que votre vie manque de sens ou qu'elle est trop stressante ou pénible, c'est parce que vous n'avez pas encore fait entrer cette dimension dans votre vie. Être conscient dans tout ce que vous faites n'est pas encore devenu votre objectif prin­cipal.

La nouvelle Terre émerge à mesure que de plus en plus de gens découvrent que leur principale raison d'être dans la vie est d'illuminer le monde de la lumière de la conscience et de se servir de tous leurs gestes comme véhicule de cette conscience.

La joie de l'Être, c'est la joie d'être conscient.
Alors, la conscience éveillée prend le dessus sur l'ego et se met à régir votre vie. Vous découvrirez peut-être qu'une activité à laquelle vous vous adonniez depuis longtemps commence natu­rellement à devenir quelque chose de beaucoup plus grand quand elle est infusée de conscience.
Certaines des personnes dont les gestes créatifs enrichissent la vie de bien d'autres personnes font simplement ce qu'elles pren­nent plaisir à faire sans vouloir devenir spéciales. Il s'agira peut- être de musiciens, d'artistes, d'écrivains, de scientifiques, d'ensei­gnants, de bâtisseurs ou de gens qui créent de nouvelles structures sociales ou commerciales (entreprises éclairées). Parfois, il se peut que leur domaine d'influence reste restreint. Puis, soudainement ou graduellement, une vague de force créatrice passe dans ce qu'ils font et leurs activités prennent une expansion allant bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer. Cette expansion vient toucher d'innombrables personnes. Viennent s'ajouter au plaisir une intensité et une créativité qui dépassent tout ce qu'un humain ordinaire peut accomplir.
Mais ne laissez pas tout cela vous monter à la tête, car il se peut qu'un reste d'ego s'y cache. Vous n'êtes toujours et encore qu'un humain ordinaire. Mais ce qui est extraordinaire, c'est ce qui arrive en ce monde par vous, cette essence qui est commune à tous les êtres. Le poète perse et maître soufi du 14e siècle, Hafiz, exprime parfaitement cette vérité dans cette phrase : « Je suis un trou dans une flûte par lequel passe le souffle du Christ. Écoutez cette musique. »

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L'enthousiasme

Il y a une autre façon de manifester la créativité, qui vient à ceux qui restent fidèles à la raison d'être intérieure de leur éveil. Soudain, un jour, ils savent ce qu'est leur raison d'être extérieure. Ils ont une grande vision, un grand objectif. À partir de là, ils tra­vaillent à réaliser cet objectif. Leur vision ou leur objectif est habi­tuellement relié d'une façon ou d'une autre à quelque chose qu'ils font et aiment déjà faire à une plus petite échelle. C'est ici qu'entre en jeu la troisième modalité de l'action éveillée, l'enthousiasme.

L'enthousiasme est là quand vous prenez un profond plaisir à faire ce que vous faites et que vous avez aussi un objectif ou une vision. Quand la vision vient se rajouter au plaisir de ce que vous faites, la fréquence de votre champ énergétique change. Un cer­tain degré de ce que nous pourrions qualifier de tension structu­relle vient s'ajouter au plaisir, qui se transforme en enthousiasme. Au summum de l'activité créatrice alimentée par l'enthousiasme, il y aura une énorme intensité et une puissante énergie. Vous aurez l'impression d'être une flèche qui se déplace vers sa cible et qui apprécie chaque instant de son déplacement.

Aux yeux de l'observateur, il semblera que vous êtes sous l'ef­fet du stress, alors que l'intensité de l'enthousiasme n'a rien à voir avec le stress. C'est lorsque vous cherchez plus à atteindre votre but que de faire ce que vous êtes en train de faire que le stress s'empare de vous. L'équilibre entre le plaisir et la tension structu­relle se perd et cette tension prend le dessus. La présence du stress signale habituellement que l'ego est revenu et que vous vous cou­pez du pouvoir créatif de l'univers. À la place, il n'y a que la force et les efforts du désir. Il vous faut donc être combatif et acharné au travail pour réussir. Le stress réduit immanquablement aussi bien la qualité que l'efficacité de ce que vous faites. Il y a un lien très fort entre le stress et les émotions négatives, comme l'anxiété ou la colère. Le stress est toxique pour le corps et actuellement reconnu comme une des principales causes des maladies dites dégénératives, entre autres, le cancer et les maladies cardiaques.

Contrairement au stress, l'enthousiasme possède une fré­quence énergétique élevée, qui entre en résonance avec le pouvoir créatif de l'univers. C'est pour cette raison que Ralph Waldo Emerson a dit que « Rien de grand n'a été accompli sans enthou­siasme2 ». Le terme « enthousiasme » vient du grec ancien en et theos qui veut dire « en Dieu ». Le terme grec enthousiazein veut dire « être possédé de Dieu ». Avec de l'enthousiasme, vous découvrirez que vous n'avez pas besoin de tout faire tout seul. En fait, il n'existe rien de significatif que vous puissiez faire tout seul. L'enthousiasme soutenu suscite une vague d'énergie créatrice et tout ce que vous avez à faire, c'est vous laisser porter par cette vague.

L'enthousiasme confère une énorme puissance à ce que vous faites, faisant ainsi que ceux qui n'ont pas accès à cette puissance restent bouche-bée devant vos réalisations et les associent à ce que vous êtes. Vous, par contre, vous connaissez la vérité à laquelle Jésus faisait allusion quand il disait : « Je ne puis rien faire de moi- même'. » Alors que le vouloir propre à l'ego crée une opposition directement proportionnée à l'intensité de son vouloir, l'enthou­siasme ne crée jamais d'opposition. Sa nature n'est pas de confronter ni de créer des gagnants et des perdants. Il est fondé sur l'inclusion, pas sur l'exclusion. Il n'a pas besoin d'utiliser et de manipuler les autres parce qu'il est la force de création elle-même et n'a donc pas besoin de se sustenter d'une énergie provenant d'une source secondaire. Le vouloir de l'ego essaye toujours de prendre à quelqu'un ou à quelque chose. L'enthousiasme donne à même sa propre abondance. Et quand il rencontre des obstacles sur son chemin, il n'attaque jamais mais en fait le tour ou laisse l'énergie d'opposition se transformer en énergie d'aide. Il laisse l'ennemi se transformer en ami.

Enthousiasme et ego ne peuvent co-exister, car l'un sous- entend l'absence de l'autre. L'enthousiasme sait où il va, mais en même temps, il ne fait qu'un avec le moment présent, la source de sa vitalité intérieure, de sa joie et de sa force. L'enthousiasme ne veut rien parce qu'il ne lui manque rien. Il fait un avec la vie et quel que soit le degré de dynamisme qu'il confère aux activités, vous ne vous perdez pas dans ces dernières. L'enthousiasme reste toujours un espace quiet mais cependant intensément vivant au centre de la roue, un centre de paix au sein de l'activité, paix qui est la source de tout ce qui est et qui reste intouchée par tout ce qui est.

Par l'enthousiasme, vous vous alignez totalement sur le prin­cipe créateur de l'univers, sans vous identifier à ses créations. Là où il n'y a pas identification, il n'y a pas attachement, une des grandes sources de souffrance. Une fois qu'une vague d'énergie créative est passée, la tension structurelle diminue de nouveau et la joie reste dans ce que vous faites. Personne ne peut être enthousiaste de façon permanente. Alors, une nouvelle vague d'énergie créative arrivera peut-être plus tard, avec encore de l'enthousiasme.
Une fois que le mouvement de retour vers la dissolution de la forme s'enclenche, l'enthousiasme ne vous est plus utile. Il appar­tient uniquement au cycle d'expansion de la vie. Seul, le lâcher- prise vous permet de vous aligner sur le mouvement de retour, sur le retour au bercail.

Résumons un peu ! Le plaisir à faire ce que vous faites, com­biné à une vision vers laquelle vous tendez, devient de l'enthou­siasme. Même si vous avez un but, ce que vous faites dans le moment présent doit rester le point central de votre attention, sinon vous ne serez plus aligné sur la raison d'être universelle. Assurez-vous que votre vision ou votre objectif ne soit pas une image grossie de vous-même et, par conséquent, une forme déguisée de l'ego, comme vouloir devenir une vedette de cinéma, un écrivain célèbre ou un entrepreneur fortuné. Assurez-vous aussi que votre objectif n'est pas axé sur la possession de ceci ou cela, comme un manoir au bord de la mer, votre propre compa­gnie ou dix millions de dollars en banque. Une vision illusoire de vous-même et la projection de possessions ne sont que des objec­tifs statiques qui ne vous confèrent aucun pouvoir. Assurez-vous donc que vos objectifs sont dynamiques, c'est-à-dire qu'ils sont dirigés vers une activité dans laquelle vous êtes engagé et par laquelle vous êtes en rapport avec d'autres êtres humains et le Grand Tout. Au lieu de vous voir comme un acteur ou une actrice célèbre, comme un auteur célèbre, voyez-vous plutôt ins­pirer d'innombrables personnes par votre travail. Voyez-vous enri­chir leur vie. Sentez que vous êtes une ouverture par laquelle l'énergie arrive de la Source du non-manifeste et bénéficie à tous.

Tout ceci sous-entend que votre objectif ou votre vision est déjà une réalité en vous, sur le plan de l'intellect et des émotions. L'enthousiasme est la force qui concrétise le projet mental dans la dimension physique. C'est un emploi créatif du mental, dénué de désir. Vous ne pouvez pas manifester ce que vous voulez, seule­ment ce que vous avez déjà. Certes, vous pouvez obtenir ce que vous voulez en travaillant d'arrache-pied et en devenant tendu, mais ce n'est pas la voie de la nouvelle Terre. Jésus a donné la clé pour utiliser le mental de façon créative et pour manifester consciemment les formes : « C'est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu et vous le recevrez. »

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jeudi 17 avril 2014

Vivre en Présence n°34 : Expérience directe - Éveil








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»











Être en Présence, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Présence,
y compris de cette pensée.






mercredi 16 avril 2014

Le Boeuf sur le toit : Jean Wiener et Clément Doucet







Alexandre Tharaud (piano) - Le boeuf sur le toit (Wiener-Doucet)




(extrait du livret)








mardi 15 avril 2014

Gregory Bateson : A propos de la différence







Extrait du tome II de l'ouvrage "Vers une écologie de l'esprit", de Gregory Bateson.

Je vous invite à une expérience psychologique, ne serait-ce que pour montrer la fragilité de l'ordinateur humain. Remarquons pour commencer, que les différences de texture sont différentes (a) des différences de couleur. Observons, ensuite, que les différences de taille sont différentes (b) des différences de forme. Pareillement, les rapports sont différents (c) des différences soustractives.
Et, à présent, je vous invite à définir les différences entre : "différentes (a)", "différentes (b)", et "différents (c)", telles que ces expressions apparaissent dans le paragraphe précédent.
Nous nous apercevrons vite que l'ordinateur du cerveau humain rechigne à la tâche !

Lire du même auteur, sur le blog, le premier métalogue, dont voici le début :

LA FILLE : Papa, pourquoi les choses se mettent-elles toujours en désordre ?


LE PÈRE : Qu'est-ce que tu veux dire ? quelles choses ? quel désordre ?

LA FILLE : Eh bien, les gens passent un temps fou à mettre de l'ordre dans les choses, mais ils n'ont jamais l'air de passer du temps à les mettre en désordre. On dirait qu'elles font ça toutes seules; et puis, on doit recommencer à les ranger.

LE PÈRE : Mais, tes affaires, par exemple, se mettent-elles en désordre si tu n'y touches pas ?

LA FILLE : Non, bien sûr, c'est-à-dire si personne n'y touche. Mais si toi ou quelqu'un d'autre y touche, ça fait un désordre encore pire que le mien.

LE PÈRE : Oui, et c'est bien pourquoi j'essaye de t'empêcher de tou­cher à ce qu'il y a sur mon bureau : si un autre que moi y touche, il y met un désordre pire que le mien.

LA FILLE : Tu crois que les gens mettent toujours du désordre dans les affaires des autres ? Pourquoi ça se passe comme ça ?

LE PÈRE : Ce n'est pas si simple. D'abord, qu'est-ce que tu veux dire par désordre ?


Cliquer ici pour lire la suite.








dimanche 13 avril 2014

Ma rétrospective Facebook







Pour ceux qui ne connaissent pas facebook : cette rétrospective a été générée par le site lui-même pour chacun de ses membres à la fin de l'année 2013...







samedi 12 avril 2014