samedi 31 mai 2008

Chénopode blanc



Suite à un article sur François Couplan publié sur l'excellent blog Phytospiritualité, article sur lequel une photo de plantes sauvages comestibles en montrait, parmi plusieurs, une que je connaissais bien: poussée spontanément sur les restes d'un tas de fumier, je lui rendais régulièrement visite depuis quelques temps, sans tellement me préoccuper de lui donner un nom; la voici, mise en boite il y a quelques heures seulement.

chenopode 01

Après consultation du livre "Les plantes sauvages comestibles" du même François Couplan, plus aucun doute, il s'agissait bien du Chénopode blanc, que l'on peut déguster cru en salade, ou cuit comme des épinards.
Alors, je suis allé en faire une petite provision et me suis préparé illico une salade de saison, avec les feuilles et l'extrémité des tiges. Tout à fait délicieux, juste un poil ferme car les plantes sont déjà grandes, en tout cas à recommander sans restriction!

chenopode 02

jeudi 29 mai 2008

Pluie

pluie


Bientôt une semaine qu'il pleut, la nature s'éclate, les arbres sont à la la fête, les cerises et les roses font un peu la gueule, c'est vrai, mais les fleurs sauvages sont ivres et les escargots gambadent, tout ça fourmille de vie, d'ailleurs, nous le savons tous : l'eau, c'est la vie!
Alors, en guise d'illustration sonore pour cette époque humide et bienfaisante, une chanson de Bobby Lapointe," l'été où-est-il ?", interprétée par Pierre Vassiliu et Thallia.

Juste...

rose rouge


Juste...

Juste une note, tout simplement

qui virevolte au gré du vent
rien qu'une note qui en passant
s'est arrêtée sous le soleil couchant .

Elle est entrée tout doucement
sur la pointe des pieds
s'est installée délicatement
pour ne pas déranger .

Elle s'est posée toute en beauté
prés du silence intrigué
et l'a bercé comme les blés
qui dansent au vent d'été .

S'en est allée comme une fée
dans la nuit étoilée
il m'est resté cet air léger
qui chante avec les blés .

Juste un petit air
qui chante pour l'univers
et qui sans avoir l'air
me comble de sa lumière.

Juste une petite croche
venue de loin s'approche
en mon âme s'accroche
du fond de moi si proche.

Juste de petits mots
si habiles et si chauds
te parlent de là-haut
et inspirent ton piano.

Juste de petites phrases
qui te portent et t'embrasent
comme un morceau de jazz
te murmurant : ça gaze ?

Juste un petit poème
en verbe ou en musique
pour vous, amis bloggeurs
Juste pour dire que l'on sème
dans ce jardin unique
les graines du bonheur


ML

mercredi 28 mai 2008

Sourire de mai

A Pascale, à Lilou


glouglous

Arrive un moment où les mots ne me viennent plus pour dire la beauté du moment présent; alors, la musique prend le relai, sous forme d'une improvisation dans l'instant justement, là, maintenant, en provenance d'on ne sait où, de partout, de nulle part, de là haut, très haut- mais voilà que je parle encore...Monsieur Chronophonix, silence s'il vous plait !

lundi 26 mai 2008

Les Soucis


Le coup de coeur de l'instant : je viens de trouver sur le blog de Lilou ce délicieux poème que je ne peux m'empêcher de publier ici...

Soucis

Les soucis de mon jardin
sont déconcertants .
Ils se sèment au gré du vent
s'ouvrent avec le printemps
sont peu gourmands
et formidablement résistants.

Les soucis de ma vie
en font autant.
Dans le printemps de mon coeur
ils naissent au vent de mes peurs
et se contentent d'une pensée
pour persévérer .

Tous deux fleurissent et dépérissent
pour renaître un peu plus tard
comme s'ils existaient par hasard
alors qu'ils suivent simplement
l'air du temps .


Comme un écho, voici ce que l'instant m'a suggéré, je n'y suis vraiment pour rien...

Les Sous-Si

Avec beaucoup de si
Et encore plus de sous
Viendraient bien des soucis
Avec beaucoup de sous
Et encore plus de si
Riraient tous ces soucis
Avec beaucoup de si
Et seulement quelques sous
Accablé de soucis
Dépenserais mes sous
Resteraient que les si
Plus rien ne pousserait
Dans mon jardin fané
Plus le moindre persil
En mon âme glacée
Plus le moindre merci
En mon coeur désolé

Mais je n'ai pas de sous
J'ai renoncé aux si
Et n'ai plus de soucis



mardi 20 mai 2008

Eveil impersonnel



Un blog qui parle d'éveil, des témoignages, des références, des concordances, il ne fait aucun doute que ce qu'on appelle communément "l'éveil" touche de plus en plus de personnes. Ecoutez par exemple Jeff Foster :


Question : Êtes-vous « éveillé » ?
Réponse : Je suis aussi « éveillé » que vous ! La seule chose qui a changé c'est qu'aujourd'hui le rêve de l'individualité a perdu son emprise. Les mêmes pensées qui avaient l'habitude de m'envahir, apparaissent encore souvent, mais maintenant je ne leur porte plus aucun intérêt. Elles flottent simplement à travers la conscience. C'est étonnant ce qui se passe lorsque la pensée est vue pour ce qu'elle est. Il n'y a là aucun effort, aucun choix. Ce ne sont que des pensées. Elles ne sont pas personnelles.


Ou Andreas Mamet


"Le mental existe en tant qu’entité qui a pour fonction sempiternelle de s’approprier, de s’identifier. Il le fait implacablement, sans cesse. Lorsque le mental dit : « J’ai faim », il s’identifie à une sensation dans l’estomac. Lorsqu’il dit : « Je suis en colère », il s’identifie à une émotion. Et la liste s’allonge sans cesse. A chaque fois que le mental exprime une notion d’identité, il perpétue un mensonge existentiel."

Il y en a beaucoup d'autres dans la même veine sur Eveil impersonnel.

dimanche 18 mai 2008

Empreinte écologique



L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature. C'est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de déchets.

Imaginez que vous êtes un Robinson Crusoé isolé sur une île déserte : quelle devrait être la taille de votre île (terre, lagon et mer accessible compris) pour vous permettre de vivre en autarcie de façon durable et répondre à vos besoins en nourriture, chauffage, matériaux de construction, air pur, eau potable, absorption de déchets ?

Cette surface représente l'empreinte écologique de notre Robinson Crusoé. On comprend intuitivement que si le mode de vie de notre naufragé exerce une pression trop forte sur son île (s'il fait par exemple des grands feux de camp tous les soirs pour tromper sa solitude), c'est-à-dire si son empreinte écologique est supérieure à la taille de son île, sa survie risque d'être compromise à plus ou moins long terme...

A l'échelle d'une personne, l'empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour répondre à l'ensemble de vos besoins en ressources naturelles.

Calculer votre empreinte écologique

Pascal Pourré


Photo : Pascal Pourré


Souvenirs de soirées mémorables à l'orangerie, perspective d'autres à venir, une publicité gratuite pour Pascal : Allez donc faire un tour sur sa page MySpace.

vendredi 16 mai 2008

Stephen Jourdain (post scriptum)





Il est vrai que les écrits de Stephen Jourdain ne sont pas facile d'accès, il s'agit plutôt de mettre l'intellect de côté et de se placer en contact direct avec notre propre intériorité, d'utiliser au maximum notre faculté d'intuition et tenter d'en faire jaillir la lumière.
Lui-même a commenté sa démarche d'une manière sans équivoque : "Je dis que l'éveil est une même chose que l'illusion démasquée et dissipée. Ceci est vrai, mais appelle une remarque : dans la réalité, pour moi, c'est le jaillissement de la conscience qui m'a révélé l'illusion, le songe; ce n'est pas le déchirement du songe qui m'a fait m'éveiller. Le soleil n'a pas paru quand les nuages se sont dissipés, il y a eu d'abord, brusquement, le soleil, et c'est alors que la dissipation des nuages s'est produite. Ce fait m'oblige à envisager la possibilité que les démarches que je préconise, et dont l'efficacité procède pour moi d'une logique lumineuse, soient stériles" (3ème Millénaire, N°1, automne 1986, extrait de l'article "La vie à l'endroit")


mercredi 14 mai 2008

Stephen Jourdain (6 et fin)



6
Mais dans un instant de présence, je n’ai pour­tant pas d’image !

Mais peut-être qu’une absence d’image est encore une image ; le phénomène est très subtil ! Le propre de cette pensée première, dont nous devons prendre conscience, est qu’elle est comme une pen­sée mais ne ressemble pas à une pensée. Elle arrive à nous mystifier en se déguisant. Si, en effet, nous utilisons les critères de reconnaissance habituels qui définissent une pensée, nous ne pouvons pas arriver au repérage de cette pensée première. D’autres cri­tères deviennent indispensables parce qu’elle est déguisée ; c’est un être très malin, très vicieux, qui s’est déguisé pour mieux nous berner.

Ainsi, cette image mentale « moi » ne ressemble pas à l’idée des images mentales que nous avons habituellement ; c’est pourtant une image mentale profonde, première, primordiale et non consciente.
Mais cette imagerie mentale non consciente n’est pas un phénomène pervers en elle-même. Elle va devenir perverse car il y a deux versants : ce qu’elle est et ce que nous en faisons. Il est même très dangereux d’induire que c’est le phénomène de signification qui est pervers parce qu’à partir de là je vis la destruction du sens.

Il faut donc comprendre l’importance de distin­guer le réel de l’irréel...


Oui, mais ce qui va t’indiquer que le réel auquel tu t’adresses est légitime ou non, qu’il s’agit d’un réel authentique ou d’un pseudo-réel, ce n’est en aucune manière ta raison ou ton raisonnement, c’est unique­ment ton intuition. Nous ne pouvons pas nous fonder sur la raison pour établir cette discrimination et sépa­rer le bon grain de l’ivraie. Si nous nous fondons sur notre intuition, nous ne nous trompons jamais, mais cela demande beaucoup de courage parce que les dires de notre raison sont impressionnants. Il faut beaucoup de courage pour congédier la bête !


Si notre pensée ou notre raison n’est pas l’ins­trument de l’éveil, comment mieux préciser l’ins­trument de conscience de soi ?


Il n’y a qu’un seul instrument d’auto-connais­sance, c’est l’acte de conscience, et puis il y a un autre instrument qui est d’une grande noblesse, c’est la pensée intelligente, discursive et spéculative. Mais force est de constater que cette pensée n’est pas l’instrument d’auto-connaissance. Et l’on pour­ra spéculer un milliard d’années, avec une finesse avoisinant la perfection, sans pour autant avancer d’un millimètre vers la chose ultime. L’acte à accomplir est un acte de conscience et non pas un acte de pensée. Définir maintenant le propre de l’ac­te de conscience est bien difficile, c’est peut-être même impossible. Disons cependant que c’est l’ac­te qui renvoie le sujet profond à sa propre existence et le fait coïncider avec lui-même. C’est l’acte de la conscience d’être qui est tout simplement l’être.

Il y a donc deux grands modes de connaissance : la connaissance consciente et la connaissance pensan­te. Ce deuxième mode de connaissance n’ayant pas à être systématiquement remis en cause, bien qu’il soit susceptible de s’avilir de façon foudroyante.

Peut-on dire que cette chute a lieu à tout instant et non,à un moment donné, ce qui reste pour nous une chance ?


Oui, la grande chance de notre déchéance, c’est la possibilité de la rédemption, alors que la chute est toujours là. En fait, notre destin spirituel se joue, à tout instant, dans la pointe de présent pur de notre esprit, et donc notre malédiction n’a pas d’origine temporelle mais une origine instantanée et, à tout instant, la partie se gagne ou se perd. Mais ce qui est fabuleux, c’est que nous ayons en nous le pouvoir de remonter jusqu’à cette instantanéité afin de répa­rer les dommages. La rédemption est possible, mais à contre-courant de nous-mêmes, vers notre propre source, jusqu’à arriver aux abords de la source où se mettent en place les phénomènes pervers que j’ai évoqué. La chance inouïe est que cette ascension est possible : elle est très subtile mais ne réclame pas de talent particulier ni d’énergie particulière. Elle réclame beaucoup de subtilité et beaucoup d’auda­ce. Nous n’avons aucune chance d’opérer cette remontée si nous manquons de cette qualité pre­mière qu’est la témérité, ou l’audace, d’être capable de casser toutes les objections que notre raison va nous présenter, et de faire fi de tous les préjugés qui vont se manifester comme des loups furieux au moment de cette ascension. Mais c’est tout à fait possible.

Stephen Jourdain (5)



5
Cette symbolisation est-elle encore nécessaire dans l’éveil ?


C’est une question fondamentale, mais avant de l’aborder, parlons de la déchéance de ce phénomè­ne, de cet instant terrifiant où le merveilleux de ce phénomène d’auto-symbolisation va se détruire et la lecture ne plus s’effectuer. Sur ce point, nous pouvons décrire très précisément ce qui se passe dans le sein d’un esprit.

Un symbole est comme une fenêtre ouverte sur la signification ou le sens. Les matériaux qui consti­tuent la fenêtre sont des éléments de type sensible, qu’ils soient réels ou imaginaires. Il y a donc le sup­port matériel du symbole et le symbole proprement dit. Si j’écris « Dieu » sur une grande feuille de papier, ou « moi », mais disons Dieu, c’est plus modeste, il y a le symbole, le mot, et l’encre d’im­primerie, les taches noires et le grain du papier. En regardant ce papier, il parait naturel de voir le mot « Dieu », mais, en fait, ce que nous voyons, ce sont des taches noires sur du papier.
Au moment même où le symbole est désymbo­lisé, et qu’il ne reste que l’image brute et matériel­le, la lecture continue à vouloir se faire et la signifi­cation est immédiatement identifiée et réduite au support du symbole.
Ainsi, dans notre exemple, le sens « Dieu » s’ef­fondre dans le grain du papier, sombre dans les petites taches et y agonise. C’est ici la destruction du sens par réduction au support matériel du symbole.
Le symbole « moi », qui est tout à fait occulte et purement implicite, peut être de nature visuelle ou auditive, ce qui ne change rien au fait ; car je deviens alors cette espèce de bruit de cigale, qui était une porte par laquelle j’accédais à moi-même, à mon être véritable. Je deviens ce bruit ou cette évocation de bruit et je me réduis à ce bruit. Tout le sens « moi », tout le sens « je suis », tout le sens « Dieu », toute la valeur présente dans l’univers va se réduire à un petit paquet d’éléments sensibles et dérisoires. Je suis cette tache, je suis cette petite évocation furtive d’un disque grisâtre. Et s’il ne s’agissait que d’un enfer­mement ce ne serait pas grave : non seulement je suis dans une geôle, mais je suis en plus dénaturé. Cet enfermement correspond à une dénaturation de l’es­prit pur, de l’être et de la « moïté ».
Cet effondrement est bien sûr le même que celui de l’esprit dans la matière. Ce phénomène de réduc­tion de l’esprit à la matière est d’ailleurs une tenta­tion. Et l’intuition de la nature purement spirituelle de l’esprit est extraordinairement rare, même si nous l’avons tous parce qu’elle n’est pas morte en nous. Mais on peut à peine en parler comme d’un témoin parce qu’elle n’est presque plus là. En fait, la matérialisation de l’esprit est un crime, c’est la mort de l’image-symbole « moi ». C’est la mort de ce signe et de ce sens suprêmes.
Une des grandes voies vers l’éveil est l’exhu­mation de cette tombe spirituelle. Et l’acte désidentificateur consiste à projeter la lumière de la conscience, Moi, sur cette image, et, par ce simple acte, émerger de l’image.
Intuitivement, nous pouvons concevoir qu’il exis­te une pensée première, qui serait la mère de toutes les pensées, et qu’il nous reste à en prendre conscience pour devenir ce que nous sommes. A quoi mon âme se réduit-elle, et dans quoi se dénature-t-elle de façon effroyable ? Nous pouvons dire que c’est une pensée dogmatique inouïe ainsi qu’une image ; il y a les deux versants. Et nous accèdons à la racine du mal par les deux versants simultanément.

mardi 13 mai 2008

Stephen Jourdain (4)






4
Autre exemple, j’écris Dieu sur un bout de papier, ce qui est un sens assez noble ! Mais, tout d’un coup, je deviens fou et j’identifie le sens aux taches noires inscrites sur le grain du papier, de sorte qu’il n’y ait plus que les taches tandis que la lecture continue à s’effectuer dans la tache pour s’y réduire totalement. Nous assistons là à un double meurtre : le meurtre du sens et le meurtre du signe. Nous ne pouvons pas ima­giner une destruction intime plus effroyable que celle- là. A mes yeux, c’est l’expression première du déraillement originel au terme duquel tout élément, tout champ de conscience va être avili, dégradé, mas­sacré, avec tout ce qu’implique cette identification : déchéance, dégradation, séparation...
A ce moment précis, cette imagerie mentale n’est plus traitée comme un symbole, elle est désymbolisée tandis que je ne retiens plus que la tache. Quand ce symbole se détruit et, qu’au lieu de commercer avec lui, je ne commerce plus qu’avec les éléments du sym­bole — avec les taches — il n’y a plus de symbole...
De même ce que « je suis » est réduit, de façon immonde et atroce à la tache... Et voici l’âme humai­ne réduite à une petite pustule blême et lunaire qui constitue tout ce qui reste du symbole « moi » !
Je pense que cet événement-là est la première des­cription que l’on peut faire de la perte de soi, de la rup­ture avec Dieu. Etre exilé de Dieu, c’est d’abord ces­ser de lire cette phrase originelle et ne retenir que la tache, à cet instant où « je suis » est entièrement réduit à la tache ; nous ne pouvons pas imaginer pire destin !
Quand nous étions enfants et que les choses se passaient bien, Dieu était encore à naître, mais « Il était déjà », même sous une forme imparfai­te. Nous passions notre vie à frémir et la vie était là, glorieuse, et, dans le fond, nous étions vivants et nous vibrions tout le temps. Puis, ce terrible accident s’est produit, et notre propre symbole a été tué ; nous n’avons retenu que le support sensible du symbole, nous nous sommes effondrés. Ce sens miraculeux « moi », qui est une même chose que cette existence absolue, s’est effondré, et notre âme, notre principe spirituel, s’est trouvée réduite à la tache : elle a sombré dans l’ex-symbole. Dieu a sombré dans les pattes de mouche informes que sont les caractères d’imprimerie.
Je ne crois pas que je puisse dire quelque chose d’aussi important que ça. Bien sûr, je ne suis pas en train de faire le portrait du bien, mais de fouiller les entrailles du mal. Je touche là l’abcès central par quoi commence notre déchéance : un dysfonction­nement de la fonction symbolique. Si le mal est très grave et très difficile à exhumer, il a au moins cette vertu de pouvoir s’exprimer simplement !


lundi 12 mai 2008

Stephen Jourdain (3)



3
C’est donc un langage, mais un langage extraor­dinairement antérieur au verbe humain. C’est en tout cas par le biais de cette imagerie symbolique que le sujet que nous sommes se communique à lui- même sa propre existence. En fait, ce mode de fonctionnement est caractéristique de l’état d’inno­cence. C’est un mode d’être qui fonctionne très bien, quoique légèrement entaché d’imperfection, et qui a pour principe que l’accès à l’être, ne peut se faire que par la médiation de symboles, par une sorte de lecture existentielle.
Ce mode d’être – je le répète – qui n’est pas par­fait, veut que la vie vaille la peine d’être vécue. C’est lui qui assure à l’enfance cette merveille et ce prestige qu’elle peut avoir pour les adultes. Il fait en sorte que notre pensée atteigne son propre contenu par voie symbolique, et que le moi que nous sommes soit au fait de sa propre existence, et existe authentiquement, également par voie symbolique.
Cette imagerie mentale primordiale, toujours à l’oeuvre au fond de nous, est parfaitement repérable, mais la difficulté de repérer cette imagerie, est qu’elle est non figurative, et que nous avons du mal à reconnaître une image mentale lorsqu’elle n’est plus figurative. Elle n’a pas besoin d’être précise, ni de figurer quoi que ce soit, puisqu’il s’agit d’une écriture qui a la seule fonction d’être lue.
Puis, quand la mécanique d’auto-symbolisation se sera pervertie, et aura été mal approchée, se met­tra en place un dispositif de type perceptif. Dans cette situation que nous connaissons tous, alors que l’esprit est fait pour lire ou commercer avec du signe et du sens, tout d’un coup il commerce avec des êtres et des choses. Pourtant, il n’y a aucune dif­férence de nature ou de structure entre cette lecture et celle d’un journal ou la lecture d’un drapeau.
Imaginons un instant que le drapeau allemand soit là devant moi ; il s’agit bien d’un symbole mais, par une défaillance, je ne le vois plus comme symbole. Et il ne reste plus de cet objet que sa matérialité, la tex­ture du tissu, tandis que la lecture prétend se faire.
Que s’est-il passé à ce moment-là ? J’ai identi­fié monstrueusement les étendues germaniques au tissu du drapeau, à sa trame. Nous ne pouvons concevoir de folie plus grande que cet assassinat du sens : le sens que signifie le drapeau s’est effondré dans la matérialité du signe.

dimanche 11 mai 2008

Stephen Jourdain (2)



2
Suite à cette première approximation, nous pou­vons maintenant faire état d’un phénomène spirituel qui est généralement totalement ignoré, même s’il y a quelques références chez Sartre — qui sont celles que j’ai trouvé sans avoir vraiment cherché !
Pour cela, je vais être obligé de faire ici un peu de peinture métaphysique. Il y a « je suis conscient » : c’est l’amont absolu. Et puis, « je suis conscient » génère un phénomène externe qui est « je pense » considéré comme un principe. Et « je pense » génè­re la création ou la mise en place des choses, qui est l’invention et la mise en place d’ Eden.
Arrêtons-nous ici un instant, et posons-nous ce genre de question très étrange : comment « je pense » ? Comment notre pensée, à sa source, se communique-t-elle, à elle-même, son propre conte­nu ? Ou encore, comment le sujet pensant se com­munique-t-il à lui-même sa propre existence ?Pour une bonne description, il y a une réponse à cette question qui, à mon avis, est d’une importan­ce extraordinaire pour la bonne raison qu’elle a une incidence pratique.
Comment je pense communique-t-il avec lui- même, s’agissant autant de la pensée émise que de l’existence de Je ou du sujet ? Eh bien, très extraor­dinairement, cette communication n’est pas directe, mais indirecte, et passe par le biais d’une symboli­sation. Ceci est un phénomène d’une importance inouïe, parce que c’est ce phénomène de symboli­sation qui va d’abord se dégrader et mettre en place notre déchéance spirituelle. Mais comment cela se passe-t-il concrètement — car bien sûr c’est un phé­nomène tout à fait réel et concret tout en étant enfoui dans les profondeurs de nos esprits ?
En fait, très étrangement, en amont de moi- même, la pensée que je produis accède à son conte­nu par voie de symbole. On pourrait penser que, dans un premier temps, elle se communique directement son propre contenu, mais il semblerait que pour que cette connaissance soit parfaite, elle soit obligée de se réitérer et donc de produire, elle-même, un sym­bole ; c’est-à-dire de s’auto-symboliser pour se donner légitimement un contenu.
Mais maintenant, la question se pose concrète­ment : de quel symbole s’agit-il ? Eh bien, il s’agit d’un dispositif symbolique qui jaillit directement de l’intériorité, constitué par une imagerie mentale profonde totalement non consciente, dans l’état dit vigilant, mais toujours là, et que nous connaissons admirablement comme le fond de notre poche, sauf que cela n’a jamais croisé notre pensée, n’a jamais été nommé ou baptisé, si bien que cela échappe à notre conscience d’homme.

samedi 10 mai 2008

Stephen Jourdain (1)



"Le processus de symbolisation : déchéance et redemption." Tel est le titre d'un article de Stephen Jourdain paru dans le numéro 69 (automne 2003) de la revue 3ème Millénaire, composé d'extraits d'entretiens donnés les 7, 8 et 9 avril 1995.
Ici est posée de manière radicale l'interrogation quant à la réalité que nous attribuons à nos pensées et la façon dont nous réagissons à ces pensées comme s'il s'agissait de faits concrets
et solides. L'intellect seul est vite débordé, l'intuition doit prendre le relai...
Comme ce texte est relativement long, il sera exposé en 6 fragments. Je remercie au passage Alain de m'avoir donné cette idée utilisée pour la publication du texte de Ken Wilber.




1
Nous nous trompons sur la nature même de notre esprit. Nous le créditons constamment d’une pseudo-réalité. Nous considérons, ce qui est absolument irréel, qu’à l’intérieur de notre esprit tout se passe, comme sur terre, sur un mode perceptif. Et nous sommes dans l’impression constante que notre esprit ou notre moi, y compris notre être le plus intime, fonctionne comme notre être terrestre : qu’il est fait pour commercer avec des êtres et des choses. Ceci est entièrement faux ! Notre être le plus intérieur n’est pas fait pour commercer avec des êtres, des choses et des évènements, il est conçu pour commercer, à travers des signes, avec du sens. En d’autres termes, notre être inti­me ne perçoit pas, il lit. Et nous nous trompons en croyant que notre moi est fait pour voir, ou percevoir des êtres et des choses, alors qu’il n’a jamais eu pour seul com­merce que le sens, par la médiation de signes.
Notre être intérieur est, en fait, éternellement en position de lecture. Et la vie intérieure habituelle n’est que la dégradation de cette caractéristique de notre esprit. Dès l’instant où nous en avons l’intuition, (qui devrait nous montrer que nous commerçons avec du sens par l’intermédiaire de signes), nous comprenons très bien que l’acte fondamental de l’es­prit est un acte de lecture.
Nos sentiments et nos émotions sont des espèces d’objets qui nous font peur comme sur terre des bêtes féroces pourraient induire que nous sommes vulnérables. Nous sommes vulnérables physiquement, oui ; mais intérieurement, est-ce que quelque chose peut attenter à mon
intégrité ? Non, jamais du signe et du sens n’ont pu exercer un effet négatif sur une âme ! L’innocuité du signe et du sens est absolue et donc, si nous changions l’optique que nous avons sur notre fonctionnement intérieur, nous comprendrions, dans un éclair éblouissant et extraordinairement apaisant, que, dans le monde du signe et du sens, nous ne pou­vons pas être blessés ou atteints. Et il existe bien une paix exquise due au commerce propre de notre esprit.

Cette caractéristique de l’esprit vrai, qui com­merce uniquement avec du signe et du sens, et jamais avec des choses, des êtres ou des évène­ments, n’est pas évidente si nous ne considérons que la surface de l’esprit. Cela apparait lorsque nous nous enfonçons dans l’intériorité profonde, près de la source, où cela devient tout à fait clair.

mardi 6 mai 2008

En profondeur



Une petite merveille trouvée sur MySpace, chez Warrior ; les post du Chronophonix blog reprendront à partir de vendredi. Du bon temps à tous pour cette semaine...

samedi 3 mai 2008

Arnaud



Ces deux photos, dans leur version originales, apparaissent extrêmement saturées de rouge sur mon écran, alors je les re-publie après correction colorimétrique. (Photos publiées sur iPapy)

vendredi 2 mai 2008

Actu chanson



Je pars 4 jours à Genève la semaine prochaine pour ces deux concerts au Victoria Hall, où j'accompagnerai au piano la chanteuse Amri Saurel, dans un répertoire de chanson française, avec quelques pièces chantées en arabe. En voici d'ailleurs une, El wali (Le maître)





Lien
: Association Avec-vous

Actu Art(i)Too



Art sonore / Art corporel / Poésies / Art vidéo / Performances / Actions / Poésies sonores / Installations / Ex-positions /... Deux jours d’intenses découvertes de 15 heures à 23 heures Les samedi 10 & dimanche 11 mai 2008 De la journée au soir > programmation multiformes dédiée aux recherches contemporaines Ferme du Château | 89130 DRACY SUR OUANNE | tél /fax +33 (0) 386 415 545

Emily Dickinson : Ce monde n’est pas une conclusion... Emily dickinson creuse la langue anglaise et invente une langue instable dans des rappro-chements d'images et de notions contradictoires. Elle crée un no man's land où peut s'installer un dialogue incessant entre réalité/illusion, création/destruction, libre/contenu. A partir d’une traduction originale de Christophe Marchand-Kiss, Frédérique Bruyas met en résonnance les langues anglaise et française de quelques poèmes extraits des Cahiers Cousus. Envisagés dans un jeu d'ombre et de lumière, les langues s'échangent les rôles, s'épousent, se suivent ou s'ignorent l'une l'autre. La musique élémentaire et organique de Vincent Brédif crée l'énergie vitale propre à chaque mouvement du poème. La création vidéo de wall°ich joue sur les croisements d’images de synthèse et de réalités (parallèles) à différents niveaux de transparence. Douze poèmes, comme autant de mondes possibles où la voix, la musique et l'image tissent un paysage mental sensible aux forces de création et d'anéantissement.

Site : Les grandes boucheries

Le 22.05 - 19:00
La Halle aux Oliviers/ Entrée libre La Bellevilloise - 19 rue Boyer, 75020 Paris infos@labellevilloise.com



Où les Artistes sont ouvreurs de transformations
Dans l’imaginaire de la nouvelle vie , dans une forme de soins du monde…
Utopie vivante! Utopie encore? ou modeste intervention sur la suite de nos histoires...
“A Venir” il est là à rendre Soi, “le Monde Sage” est Folle Equipée douce révolution permanente de la Mutation ?
commissariat : claude Yvans
vidéaste et réalisateur de pièces vidéos sur des artistes contemporains.
Actuellement,les 8 ArtSénat, l’histoire Jeune Création-Jeune Peinture... etc...
Homme de spectacle depuis les années 70: 15 créations musicales(33t , CD ou Cassettes), 70 pièces vidéos, musicien et Performeur , il est ici avec ses amis, il ne présente pas de pièce vidéo personnelle mais montre les artistes qu’il aime autour d’une idée centrale qu’il a toujours défendue en dehors de toutes les modes.

jeudi 1 mai 2008

World beat music

Quelques images provenant de Ned blog, auxquelles je rajoute le son !



Voici un enregistrement de cette "world" partition, avec le commentaire original:
"This music is an exact transcription from the print and is played at the designated tempo. The entire composition is scored for 37 instruments and contains a total of 32 measures. The total playing time is approximately 40 seconds."




Quant à ce score de musique Tibétaine, je serais bien incapable de l'interpréter, alors à défaut de la musique qu'il symbolise, en voici une qui peut-être lui ressemble...


Offering to the Guru Drakmar

S'il existe 6912 langages pour s'exprimer, il existe vraisemblablement beaucoup moins de genres musicaux, et quoiqu'il en soit - ça n'engage que moi -, une seule façon d'écouter la musique, devinez laquelle...allez, je vais le dire : s'il peut y avoir "vision sans tête", alors, il peut aussi y avoir "audition sans tête" !