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jeudi 1 janvier 2026

Olivier Messiaen : Saint François d'Assise







Une musique d'Olivier Messiaen, le septième tableau du troisième acte de son opéra "Saint François d'Assise".
A écouter en Présence...

Voici le texte, écrit par le compositeur, qui trouve son inspiration entre autres dans "le Cantique des Créatures", de Saint François.

Saint François

Seigneur Jésus Christ
Accorde moi deux grâces avant que je ne meure !
La première : que je ressente dans mon corps cette douleur que tu as enduré
à l’heure de ta cruelle Passion.
La seconde : que je ressente dans mon coeur cet amour dont tu étais embrasé,
Amour qui te permit d’accepter une telle Passion, pour nous, pécheurs.

Choeur

Les miens, je les ai aimé : jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’à la mort de la Croix,
Jusqu’à ma chair et mon sang, livrés, donnés en nourriture, dans l’Eucharistie.
Si tu veux m’aimer, vraiment, et que l’Hostie,
la Sainte Hostie, te transforme davantage en Moi :
il te faut souffrir dans ton corps les cinq plaies de mon Corps en Croix,
accepter ton sacrifice, en union avec mon Sacrifice,
et, te dépassant toujours plus, comme une musique plus haute,
devenir toi-même une seconde hostie...

Saint François

Ô faiblesse !...Âme très méprisable !...Ô mon corps indigne !...
Puis-je, Seigneur, te les offrir... ?

Choeur

C’est Moi, c’est Moi, c’est Moi, je suis l’Alpha et l’Omega
Je suis cet après qui était avant.
Je suis cet avant qui sera après
Par moi tout a été fait
C’est Moi, c’est Moi qui ai pensé le temps et l’espace.
C’est Moi, c’est Moi qui ai pensé toutes les étoiles.
C’est Moi qui ai pensé le visible et l’invisible,
Les anges et les hommes,
Toutes les créatures vivantes
Je suis la Vérité d’où part tout ce qui est vrai,
la première Parole, le Verbe du Père, celui qui donne l’Esprit,
est mort et ressuscité, Grand Prêtre éternellement :
L’Homme-Dieu !
Qui vient de l’envers du temps, va du futur au passé,
Et s’avance pour juger, juger le monde...
(On voit les cinq taches de sang, aux deux mains, aux deux pieds, au côté droit de Saint François)

Choeur

François !...

Saint François

Mon Seigneur et mon Dieu !

Choeur

François !...
Beaucoup désirent mon céleste royaume, peu consentent à porter ma Croix

Saint François

Parle, Seigneur, parle, Seigneur, ton serviteur écoute.

Choeur

François !...François !...Si tu portes de bon coeur la Croix, elle-même te portera,
et te conduira au terme désiré.
Est-il rien de pénible qu’on ne doive endurer
Pour la Vie, pour la Vie,
Pour la Vie éternelle ?




lien pour télécharger la musique (clic droit, puis "enregistrer sous...").



vendredi 7 août 2020

Georges Crumb : Makrokosmos











George Crumb, né en 1929, a déroulé tout au long du XXe siècle une musique originale, puisant pourtant à de multiples sources : Cage, Webern (son ascétisme, sa concision), Debussy, les traditions orientales (Inde et Extrême Orient) et populaires en général. Sa recherche, portant sur les instruments, les timbres, les techniques d'exécution, les effets vocaux et instrumentaux particuliers, coïncide avec une dimension spirituelle d'aspiration rituelle et mystique, une indépendance de la pensée alliée à une grande sensibilité poétique. Dès 1962, avec les Cinq Pièces pour piano, le style de George Crumb atteint sa pleine maturité. Dix ans plus tard avec Makrokosmos - création inspirée des 24 Préludes de Debussy, des Mikrokosmos de Bartók et du schéma zodiacal -, il entrelace les performances physiques du pianiste - qui doit chanter, parler, psalmodier, siffler, grogner -, la préparation, l'amplification du piano et les références (implicites ou citations) à la tradition classique. La mise en jeu du corps de l'interprète-officiant contribue à créer un effet de présence musicale perceptible dans l'audition elle-même.







« Le titre et le format de mon Makrokosmos - explique George Crumb - reflètent mon admiration pour deux grands compositeurs du XXème siècle - Béla Bartòk et Claude Debussy. J'ai pensé, évidemment, au Mikrokosmos de Bartòk et aux 24 Préludes de Debussy. Toutefois, ce ne sont que des associations purement externes, et je suppose que l'impulsion spirituelle de ma musique est plus apparentée au côté plus sombre de Chopin, ou même à l'imagination enfantine du jeune Schumann. »



Un court extrait de Makrokosmos, avec la partition correspondante.(Pour ceux qui voudraient suivre la musique écrite tout en écoutant, il faut juste agrandir l'image...)








dimanche 29 mars 2020

Requiem de Penderecki : Libera Animas







«Figure majeure de la composition, le polonais Krzysztof Penderecki est mort dimanche 29 mars à l'âge de 86 ans, dans sa ville natale de Cracovie. Selon les médias du pays, qui citent l'association Ludwig van Beethoven fondée par son épouse Elzbieta, le compositeur et chef d'orchestre est décédé des suites d'une longue maladie.» (Source )







mercredi 13 mars 2019

Chronophonie : Koenjihyakkei







J'ai déjà partagé des musiques du groupe Koenjihyakkei sur ce blog (voir cet article).
Voici deux extraits d'un album plus ancien, datant de 1996; avis aux amateurs de sensations fortes...













jeudi 7 février 2019

Alfred Schnittke : Requiem






Cet extrait du Requiem d'Alfred Schnittke (1934-1998), composé en 1975, sert d'introduction, ainsi que de conclusion à cette oeuvre étonnante que je vous invite vivement à vous procurer pour l'écouter en entier.







dimanche 27 janvier 2019

Lieux silencieux, silence des mots, musiques du silence...







«Il n'y a pas à créer le silence, il n'y a pas à l'introduire en nous. Il y est déjà et il s'agit tout simplement de le laisser revenir en surface de lui-même, de sorte qu'il élimine par sa seule présence tous les bruits importuns qui nous ont envahis.»
(Un Chartreux)

(Chant grégorien des moines chartreux)




"Quand vous ferez le deux Un" (évangile selon Thomas, logion 22)

"Sadhana" est un terme sanskrit qui désigne la réalisation spirituelle.
Dans la plupart des traditions, il est fait mention d'un "son primordial" qui aurait créé le monde.
Ce son est souvent décrit comme une voyelle, considérée comme sacrée contrairement à la consonne qui vient interrompre le souffle.
L'idée d'y associer, plutôt d'intégrer, le "souffle-son" de la voix humaine au violoncelle s'est imposée à moi comme son dédoublement symbolique, retournant irrémédiablement malgré les méandres de nombreux chromatismes ou de quarts de ton vers l'unité vibrante de l'unisson.
Inspiré par le chant diphonique originaire de Haute Asie (l'organe vocal parvenant à combiner deux voix en même temps), j'ai souhaité que la musicienne trouve en son intimité le son "premier" de sa voix en une sorte de voyelle sans forme lorsque les lèvres sont totalement détendues. Le fait que la voix ne soit pas "travaillée" et que ce soit la même personne qui chante et joue est ici essentiel.
Quant au violoncelle, j'ai choisi d'en modifier la sonorité par l'emploi d'une scordatura ; la corde de do est abaissée au la ce qui a pour effet d'élargir la tessiture dans les profondeurs du grave mais aussi d'amplifier les vibrations par la résonance sympathique de cette corde détendue.
A la fin de l'œuvre, tel un mantra, le "m" nasal vient capter l'énergie pour l'ancrer au fond du corps.
Mon idéal serait que l'auditeur se retrouve dans un espace complètement inconnu, libre de toute mémoire, sans repère et donc ouvert, où les sons provenant de l'instrument violoncelle et ceux du corps ne pourraient être identifiés.
Au fond, ce qui nous touche dans une œuvre d'art ou un beau paysage, n'est-ce pas d'abord le mystère inconditionné qui l'a fait naître, comme le silence derrière la musique, ce silence qui est notre nature profonde et d'où peut naître toute créativité ?
Cette pièce est donc construite sur le silence, donnant vie à la manifestation, puis retournant au silence dont elle avait émergé.
Composée à la mémoire d'Olivier Greif, elle se fait l'écho de nos années d'échanges en matière d'art et de spiritualité. Elle porte ma reconnaissance pour la confiance enthousiaste et bienveillante qu'il a toujours manifestée auprès du jeune compositeur que j'étais.
(Pascal Amoyel)





ll y a « un endroit » qui est Silence total. Ce Silence est toujours là et se vit en permanence. Il n'est pas l'opposé du bruit, il contient tout, les sons et l'absence des sons, il en est la trame. Lorsque le mental se tait il est possible d'en faire la pleine expérience. La plupart du temps, notre attention se porte sur le monde des pensées qui ne sont que les vaguelettes de l'Océan de Silence qui est en arrière-plan.
Se reconnecter à ce Silence permet de se retrouver réellement. A partir de l'Océan, les vaguelettes ont une tout autre saveur.
Le Silence dont il s’agit n'est pas l'opposé du son, ou le synonyme de l'absence, c'est la nature même de l'être, de la conscience. Ce n'est ni une qualité ni une expérience, c'est simplement l'absence de nous-même en tant que personne, révélant la présence de soi en tant qu'être.
C'est la trame invisible et immatérielle de tout ce qui est, celle qui donne naissance, soutient et absorbe toute perception. C'est l’inconnaissable tranquillité absolue.
Impalpable, invisible, inconnaissable, indescriptible, ne peut que se savoir être.
(Dayana Boisset)

(Partie VIII du «Quatuor pour la fin du temps», d'Olivier Messiaen)





Quand passe la musique ne vient que le silence
On sait que tout est dit de toute éternité
On s'arrête gravement chaque fois qu'elle s'avance
Cueillant en son sourire la fleur de vérité
On se tait on écoute la voix de l'évidence
Quand passe la musique ne reste que le silence

(Improvisation - Nathalie Meier, Flute à bec)



Le monastère de la Grande Chartreuse, vu du sommet du «Grand Som» (2026m)


dimanche 20 janvier 2019

Tigran Mansourian






«Tigran Mansourian (en arménien : Տիգրան Մանսուրյան, souvent écrit à l'anglaise Mansurian) est un compositeur arménien né le 27 janvier 1939 à Beyrouth.

En 1947, la famille de Tigran Mansourian déménage en Arménie, et s'installe dans la capitale Erevan en 1956. Mansurian étudie à l'académie de musique d'Erevan avec Edvard Bagdasaryan, et obtient son doctorat avec Lazar Saryan au conservatoire d'État d'Erevan, où il enseigne plus tard l'analyse musicale.

Il devient rapidement un compositeur reconnu en Arménie, et établit de nombreuses relations créatives avec des musiciens et compositeurs internationaux comme Valentin Silvestrov, Arvo Pärt, Alfred Schnittke, Sofia Gubaidulina, André Volkonsky, Edison Denisov, Kim Kashkashian, Jan Garbarek, et le Hilliard Ensemble.» (Wikipedia)


Tovem, pour ensemble de 15 instruments




mercredi 31 octobre 2018

Koenjihyakkei







Rendez-vous sur le site Web du groupe Japonais Koenjihyakkei, où l'on peut trouver cette définition concise de leur musique : "The most perfect fusion of straight-prog, avant-garde and hardcore punk". Avis aux amateurs de sensations fortes, avec ces deux morceaux extraits de l'album "Angherr Shisspa" (2005).







mercredi 5 septembre 2018

Henri Dutilleux : Tout un monde lointain...








Henri Dutilleux (décédé le 22 mai 2013 à Paris à l'âge de 97 ans) aimait donner des titres poétiques à ses oeuvres, tel le concerto pour violoncelle et orchestre baptisé «Tout un monde lointain...». Vous pourrez écouter ci dessous les quatrième et cinquième mouvements (qui sont enchainés) de cette composition magistrale.






Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction : Myung-Wung Chung
Violoncelle : Truls Mørk





mardi 8 mai 2018

Osvaldo Golijov : Ainadamar (extrait)









Mariana, un extrait de "Ainadamar" (Un Opéra en trois Images), d'Osvaldo Golijov.

«Emerging from darkness, the mythic world of Frederico García Lorca comes into being. The sound of horses on the wind, the endless flow of the fountain of tears ("Ainadamar"), and the trumpet call of wounded freedom, the aspiration and determination that have been denied generation after generation echo across the hills.»

«Émergeant des ténèbres, le monde mythique de Frédérico Garcia Lorca vient à l'existence. Le bruit des chevaux dans le vent, le flot sans fin de la fontaine des larmes ("Ainadamar"), et l'appel des trompettes de la liberté blessée, l'aspiration et la détermination qui ont été déniées génération après génération se répondent en écho à travers les collines.»
Peter Sellars








En savoir plus



Osvaldo Golijov


dimanche 10 décembre 2017

Univers Zéro : Clivages (2010)







Univers Zéro est un groupe de rock progressif belge, fondé en 1974 par Daniel Denis et Claude Deron. (Voir l'article sur Wikipedia.)









samedi 2 septembre 2017

Olivier Messiaen : Louange à l'immortalité de Jésus






"Louange à l'immortalité de Jésus" est le dernier mouvement du "Quatuor pour la fin du temps".
J'en profite pour publier à nouveau la finale de l'acte III, 7ème tableau, de l'opéra "Saint François d'Assise".
Cet article a été initialement publié sur ce blog en 2008, qui fut l'année du centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen.


Un petit aperçu du système modal utilisé par le compositeur.



mardi 27 juin 2017

Stravinsky et le jazz






Igor Stravinsky, le créateur du "Sacre du printemps", de "Pétrouchka", de "L'histoire du soldat", entre autres oeuvres, s'est intéressé, à une période de sa vie, au jazz et a composé plusieurs pièces de musique de chambre dans lesquelles certaines caractéristiques de la musique afro-américaine sont incorporées et quelque part, transcendées par la science musicale européenne.  
 

Les trois pièces qui suivent viennent illustrer ce propos : «Ebony concerto, «Ragtime pour 11 instruments» et «Tango».










dimanche 18 juin 2017

Arnold Schoenberg : Cabaret Songs








Chants N° 1 à 8
Dorothy Dorow : Soprano
Tan Crone : Piano
Uniquement pour le N° 8
Rien de Reede : Piccolo
Peter Masseurs : Trompette
Willy Goudswaard : Caisse claire










dimanche 1 mai 2016

Osvaldo Golijov - Ayre - Wa Habibi (My Love)









Osvaldo Golijov - Ayre N°6 : Wa Habibi (My Love)
Voix : Dawn Upshaw







vendredi 1 février 2013

Catalogue d'Oiseaux









Cliquer sur l'image, puis utiliser les flèches droite et gauche du clavier.



Olivier Messiaen : "La buse variable" (piano : Yvonne Loriod)





mercredi 29 décembre 2010

Turangalîla-Symphonie (10)




turangalila 10

Avec le dixième mouvement de cette Symphonie s'achève notre série consacrée à cette oeuvre monumentale d'Olivier Messiaen. Je rappelle ici que cette video n'est apparemment plus disponible sur Arte VOD; c'est donc une véritable chance de l'avoir dénichée sur le net. J'irai même jusqu'à écrire, en ce qui me concerne, une réelle bénédiction...





Tombe d'Olivier Messiaen, à Petichet (38)


Olivier Messiaen



mercredi 22 décembre 2010