jeudi 30 janvier 2014

Vivre en Présence n°23 : Arnaud Desjardins








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»








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«La conscience, c'est comme un gros gâteau très spécial : tu crois le diviser en autant de part que de convives, et à l'arrivée, chaque part est le gâteau entier ! Chaque convive a donc un gâteau entier dans son assiette, et pourtant, il n'y a qu'un seul gâteau.»








mercredi 29 janvier 2014

Les retrouvailles du Chameau







Les Retrouvailles du Chameau

Comment
Mais je ne croyais pas
M'être arrêté
D'écrire
d'aimer
de vivre
de chanter
Eh bien si justement
Même plus cigale
A peine fourmi
Pauvre animal
Pas réussi
Le compromis...



Alors
Se réveiller
se déplier
se secouer
se dérouler
se regonfler
Passer du stade de la flaque d'eau accroupie
A celui de l'océan bien flanqué
C'est à dire bien campé sur ses deux pieds
Avec l'oeil fier
Aux aguets
Pointé vers l'horizon
Pour voir
Si par hasard
Il n'y aurait pas de la lumière
Cachée derrière
Il faut tout prévoir
On n'est jamais assez prudent
Déblayer le terrain
Y voir clair
Psycho-dédramatiser
La réalité
Comprendre
Apprendre
Ne plus s'en prendre
Aux autres
Ni à soi-même
Mais à qui alors
Justement
Là est le problème
Lorsque tombe la solution
Le substrat
Le phénomène
Tout se mélange en gros bouillons
Plus d'hypothèse ni conclusion
Alors voyons où ça nous mène
De nulle part à jamais
Ou de quand même à peut-être
D'un mot à l'autre
D'une idée
A un concept
Ou une théorie
Mais où s'arrêteront-ils
Il faudra bien qu'ils se rendent compte de l'infranchissabilité de l'abîme qui les entoure de toute part et les sépare de la vie que cherchaient à
recouvrir
déguiser
déformer
irréaliser
Insensibiliser
Tous ces mots
Précisément


Et c'est là où la poésie se mord la queue, puisqu'elle prétend laisser entrevoir entre les mots ce qu'eux même ne sauraient désigner.
Alors, où se cache le sens, où se cache-t-il, où dérive le poète, où glisse sa plume, où glisse-t-elle, d'une micelle d'absolu aux molécules de la plénitude, à l'atome décroché de ses valences et qui erre à présent, libre et claironnant, irisant tout sur son passage, comme s'il n'avait rien de mieux à faire (enfin, ça l'occupe)que d'écrire-gratter ce papier-cerveau là où ça le démange, dérange, mange, ange...



Et l'ange, ce sale gosse
Lui fit retrouver sa bosse
A ce chameau vagabond
Qui jadis s'était perdu
Dans le désert du non
Et qui à présent
Se souvient
Qu'il n'y a jamais eu
Ni désert
Ni bosse
Ni chameau

    (Michel Tardieu, 1991 et 2012)


On m'a fait remarquer que les photos montraient des dromadaires et non pas des chameaux; il y a au moins deux raisons à cela : il n'y a pas de chameaux au Qatar, lieu de ces prises de vue, et le chameau en question dans le poème, ayant dans le passé perdu toutes ses bosses, et venant d'en retrouver une, s'est donc transformé en dromadaire ! Ah, la magie du langage et de la poésie...



lundi 27 janvier 2014

L'Humour du Prochain n°27 : Caricatura.ru






Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.












Tu aimerais faire un tour ?









dimanche 26 janvier 2014

Betty : Avant l'Éveil





Les Cévennes, à la bergerie du col, avril 2012


Magnifique témoignage de ce que signifie «voir», ou «Être en Présence»: ici et maintenant, instant après instant, tout voir, ne rien juger, ne rien laisser passer. Et ne rien attendre...









samedi 25 janvier 2014

vendredi 24 janvier 2014

L'art et la science de la communication éveillée, par Andrew Cohen








L'art et la science de la communication éveillée

Quel est la façon la plus authentique d’être avec les autres ? Pour nous, que peut être une façon authentique de communiquer véritablement ? Trop souvent, ce que nous partageons passe par le filtre de la simulation, de l’image de soi que l’on veut donner. Et la simulation, c’est l’ego. Donc si nous nous intéressons à l’évolution de la conscience, et surtout à la façon dont le développement spirituel se traduit en acte, dans la vie concrète, la question de la communication authentique – au-delà des faux-semblants continuels de l’ego – devient très importante. Apprendre à être authentiquement qui vous êtes, ce qui veut dire ne pas seulement essayer d’émettre une image de soi, est le fondement d’une rencontre avec les autres capable d'exprimer la passion (dépourvue d’ego) de la conscience éveillée. Cette forme unique de communication décrite ici a lieu spontanément lorsque l’on est catapulté dans un état de conscience supérieur ; mais, de plus, c’est une science et un art spirituel que l’on peut apprendre. C’est une forme de communication plus élevée qui doit être pratiquée par tous les individus aspirant à se rencontrer au-delà de l’ego pour le bien de l’évolution de la conscience et de la culture. 









jeudi 23 janvier 2014

Vivre en Présence n° 22 : Présence et humour








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»



Un clin d'oeil à Betty !











Une feuille en forme de coeur...mais feuille se traduit par «leaf» en anglais, et au pluriel, «leaves». Et quitter, en anglais, c'est «to leave». 
D'où le jeu de mot du commentaire : «Je ne suis pas sûr de savoir si ça veut dire aimer ou quitter...»







mardi 21 janvier 2014

Humour, avec Gilles Farcet et Stephen Jourdain










3’ millénaire - Une pratique spirituelle est sou­vent abordée avec un dramatique sérieux. Un tel sérieux est-il inévitable ? Y a-t-il un sérieux juste?
Gilles Farcet - Pour tenter de répondre à votre question, je proposerais une distinction entre « sérieux » et « gravité ». Je n’ai jamais rencontré d’être à mes yeux authentiquement spirituel — tout être est par essence spirituel, je veux dire par là réel­lement investi dans la visée essentielle — qui ne soit au fond empreint d’une profonde gravité. J’aime ce mot « gravité » qui évoque aussi l’enracinement, le poids au sens positif. Yvan Amar aimait d’ailleurs à rappeler que l’un des sens étymologiques du terme « gourou » est « celui qui pèse lourd, qui pèse son poids ». Ce que faute de mieux il faut bien appeler la « quête » spirituelle n’est pas une plaisanterie, une distraction sans conséquence. La vie a une dimen­sion tragique, l’enjeu est rien moins que radical, il ne s’agit donc pas d’une blague. Face à ces êtres, j’ai toujours senti qu’ils ne badinaient pas avec l’es­sentiel et que donc, oui, il y avait chez eux une cer­taine gravité, une gravité fraîche semblable à celle des enfants qui vous regardent droit dans les yeux. Le petit enfant ne se pense ni ne se veut « sérieux », « profond », il est sérieux et profond de par sa relation encore innocente aux terribles questions que pose la vie. Je dirais donc que, oui, il y a un « sérieux », en tous les cas une gravité, juste et inévitable. Sérieux aussi dans la méthode, surtout quand il y a transmis­sion. On ne transmet pas une voie ou une pratique à coup d’approximations et de bons mots.
Cela dit, je n’ai jamais rencontré non plus d’être à mes yeux authentiquement « spirituel » qui ne témoigne pas d’un vif humour et qui se prenne au sérieux. Car si la vie est tragique, elle est aussi comique, absurde, dérisoire, burlesque souvent... Le moi qui se croit séparé et possesseur a un côté guignol, tellement prévisible qu’il en devient gro­tesque. Et puis la nature de ce qui est s’avère telle­ment paradoxale que seul l’humour peut la donner à pressentir.
Donc, je dirais : pas de « sage » sans gravité, pas de « sage » sans humour, les deux, gravité et humour étant non fabriqués, frais, uniques. De même qu’il existe le « bon sourire » professionnel du fonctionnaire de la charité, on peut ici et là ren­contrer l’ »humour obligatoire » du professionnel de l’éveil — quelle horreur ! J’ajoute que si décapant que puisse à l’occasion être l’humour d’un être authentiquement spirituel, il ne dérive jamais dans la dérision gratuite. Nous savons bien que nombre de nos contemporains pratiquent l’hu­mour systématique comme évitement de la rela­tion ; chez l’être authentiquement spirituel, l’hu­mour est aussi un outil de relation, jamais une armure, un bouclier ; parfois une épée, mais jamais destinée à tuer autre chose que la prétention inutile qui fait écran à la relation vraie.
Bien entendu, je connais cet indécrottable esprit de sérieux au sens négatif du terme qui gangrène les milieux de la « spiritualité » et qui à mon sens procè­de d’une dynamique « religieuse ». L’être humain est ainsi fait qu’il sécrète sans arrêt de la « religion », du « sens », du « linéaire », de l’idéologie, parce qu’il a peur de l’inconnu, de la dimension incompréhen­sible, paradoxale, insaisissable du réel. Notre ten­dance à tous est donc de tout transformer en idéolo­gie, y compris les enseignements les plus libéra­teurs. Il nous faut du « concret », du « sens » bien exprimable, des explications, des « buts »... Très vite, on en arrive donc à la ligne du parti, à ce qui est kasher ou pas kasher, à ce qui se fait et ne se fait pas. Il y a une tyrannie du « spirituellement correct » qui bien sûr va à l’encontre de l’esprit spirituel sachant qu’être spirituel, avoir de l’esprit veut aussi dire en français avoir de l’humour.
En fait, je crois que pour vraiment rire, il faut avoir vraiment pleuré. Le sérieux pompeux comme la dérision superficielle sont des protections face à l’humanité radicale que suppose à mon sens une authentique investigation spirituelle.
(Initialement publié le 2 juin 2008)









HUMOUR?

Spéculer sur la nature de l'humour, n'est-ce pas déjà avoir péché contre l'humour ? Il est vrai que la présente remarque constitue possiblement un trait d'humour.
Je note en passant que Bergson a écrit un livre sur le rire en tous points remarquable qui n'a fait rire personne.
On pourrait dire que l'humour, comme l'amour — comme la conscience, comme l'être, comme la haute sensibilité ou poésie vécue, comme tout ce qui justifie de l'épithète divin —, ça ne s'analyse pas, ça se pratique. Et qu'il n'est de pratique saine, loyale que dans une transe d'amusement : j'ai nommé la passion et son feu, l'esprit d'audace et de démesure. Sus à l'idée toute faite ! Sus au sentiment appris ! Au feu, tous ces beaux atours que notre être intime chérit tant ! En matière d'intériorité, il n'est de vérité que dans la nudité.
Comment mettre à nu ce qui, au sortir de l'enfance, s'entête tant à se vêtir, à rouiller, à s'oxyder ? Eh bien, il faut se trouver un décapant. Pas besoin de chercher très loin ! Le décapant est en nous, sous une double forme : conscience et... humour. Accomplir un acte de conscience est très, très difficile. Se moquer de soi est aisé.
Je ne connais guère que des chercheurs spirituels malchanceux. Il est vrai qu'ils avancent vers l'ultime prise de conscience du pas consciencieux et laborieux de nos laboureurs d'autrefois... Je leur fais cette suggestion : qu'ils renoncent à cette pesante allu­re, s'accordent une pause dans la lente ascension de leur calvaire, et se mettent à sautiller comme des enfants, EN RIANT D'EUX MÊMES. Oh, ça ne marchera pas à tous les coups, mais au moins ils connaîtront une minute, une heure peut-être, de vie vivante, d'ingénui­té — et sait-on jamais, cela pourrait titiller les Dieux... Les Dieux aiment à rire, et comme chacun le sait ou devrait le savoir, ce sont eux les passeurs d'âmes, les faiseurs d'éveil, et jamais, au grand jamais, cet ado­rable petit trou du cul d'enfant divin qu'en français, jadis, on nommait Ma Pomme.
(Initialement publié le 5 juin 2008)




Et quand ils s'y mettent à deux...





lundi 20 janvier 2014

L'Humour du Prochain n°26 : humour et spiritualité







Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.