jeudi 30 novembre 2017

Lama Karta : «Étoile qui brille»








Lama Karta (1960 - 2013) fut une figure emblématique, connue et reconnue du bouddhisme en Belgique. A la suite du Lama Ogyen, décédé en 1990, le Vénérable Lama Karta reprit la direction spirituelle des Instituts.
Le Vénérable Lama Karta passait difficilement inaperçu tant sa présence marquait ses interlocuteurs. Il a donné des cours de bouddhisme dans plusieurs pays d’Europe et a écrit plusieurs livres sur le bouddhisme dont « Introduction au bouddhisme » qui mérite d’être lu par toutes les familles, au moins pour l’expliquer aux jeunes particulièrement interpellés par le Bouddha.
On rencontrait également le Lama Karta dans des églises, comme l’Eglise des Minimes à Bruxelles, pour des concerts de chants mystiques. Son CD ‘Buddhist Meditation Songs’ a connu une distribution mondiale.Il a quitté son corps le 23 février 2013.





Lama Karta : Offering song


Rencontre de représentants du bouddhisme en Belgique à l'Institut tibétain Yeunten Ling de Huy, 
le 3 septembre 1997. En partant de la droite, Lama Karta est le 3e. (Source : Wikipedia)



mardi 28 novembre 2017

Chögyam Trungpa : Le coeur authentique de la tristesse








Le coeur authentique de la tristesse

Lorsque nous nous exerçons à rester assis tranquillement et à suivre notre souffle à mesure qu'il sort et qu'il se dis­sout, nous établissons un contact avec notre coeur. En nous laissant tout simplement être tels que nous sommes, nous commençons à éprouver une réelle sympathie envers nous-mêmes.




Imaginons que nous sommes assis par terre, nus, touchant le sol de nos fesses nues. Puisque nous ne portons ni foulard ni chapeau, nous sommes également exposés au ciel. Nous sommes pris en sandwich entre le ciel et la terre : un homme nu ou une femme nue, assis entre ciel et terre.
La terre reste toujours la terre.
La terre laisse quiconque s'asseoir sur elle et jamais elle ne cède. Elle ne fait jamais faux bond ; on ne tombe pas de la terre pour aller se perdre dans l'espace intersidéral. De même, le ciel reste toujours le ciel ; il reste toujours le ciel au-dessus de nous. Qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, le jour comme la nuit, le ciel est toujours là. En ce sens, nous savons que le ciel et la terre sont dignes de confiance.
La logique de la bonté fondamentale est analogue. Lors­que nous parlons de la bonté fondamentale, nous ne vou­lons pas dire qu'il faille prendre position pour le bien et rejeter le mal. La bonté fondamentale est bonne parce qu'elle est inconditionnelle, parce qu'elle est primordiale. Elle est tou­jours déjà là, de la même façon que le ciel et la terre sont toujours déjà là. On ne rejette pas l'atmosphère. On ne rejette pas le soleil et la lune, les nuages et le ciel. On les accepte. On accepte le fait que le ciel est bleu ; on accepte les paysages et la mer. On accepte les autoroutes, les immeubles et les villes. La bonté fondamentale est à ce point fondamen­tale, à ce point inconditionnelle. Ce n'est pas un parti pris pour ou contre, de la même façon que la lumière du soleil n'est ni pour ni contre quoi que ce soit.




La loi naturelle, l'ordre naturel de cet univers ne sont ni pour ni contre quoi que ce soit. Dans le fond, rien ne menace notre point de vue, rien non plus ne l'encourage. Les quatre saisons se succèdent libres des exigences des gens, sans que personne n'ait besoin de voter pour elles. La peur et l'espoir ne peuvent changer le cours des saisons. Il y a le jour ; il y a la nuit. La nuit il fait noir et le jour il fait clair, sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir ou de fermer un commutateur. Il y a une loi et un ordre naturels qui nous permettent de survi­vre et qui sont fondamentalement bons; ils sont bons parce qu'ils sont là, parce qu'ils fonctionnent, parce qu'ils sont efficaces.
Il arrive souvent que l'on prenne cette loi et cet ordre natu­rels de l'univers comme allant de soi ; en fait, on devrait se raviser. Il faudrait apprécier ce que l'on a, car, si on ne l'avait pas, on serait dans de beaux draps ! Si on n'avait pas la lumière du soleil, il n'y aurait pas de végétation, ni de récol­tes, et on n'aurait pas de quoi manger. De même, la bonté fondamentale est bonne précisément parce qu'elle est si fon­damentale, si primordiale. Si elle est bonne, c'est parce qu'elle est naturelle et qu'elle fonctionne, et non pas parce qu'elle s'oppose au mauvais.




Le même principe s'applique à notre condition d'êtres humains. Nous sommes dotés de passion, d'agression et d'ignorance. Autrement dit, nous cultivons nos amis, nous nous défendons de nos ennemis et nous sommes parfois indif­férents. Ces tendances ne sont pas considérées comme des imperfections. Elles font partie de l'élégance et du bagage naturels des êtres humains. Nous sommes pourvus d'ongles et de dents pour nous défendre en cas d'attaque, nous som­mes dotés d'une bouche et d'un sexe pour établir un rapport avec les autres, et nous avons la chance d'avoir un appareil digestif et un appareil respiratoire complets qui nous permet­tent d'assimiler ce que nous absorbons et d'expulser les déchets. L'existence humaine est une situation naturelle et, tout comme la loi et l'ordre naturels de l'univers, elle est maniable et efficace. A vrai dire, elle est merveilleuse, elle est idéale.
Certains diront que ce monde est l'oeuvre d'un principe divin, mais les enseignements Shambhala ne se soucient pas d'origines divines. Le coeur de l'art du guerrier est de tra­vailler personnellement sa situation actuelle, telle qu'elle se présente. Du.point de vue Shambhala, lorsqu'on dit que les êtres humains sont foncièrement bons, on veut dire qu'ils pos­sèdent toutes les facultés dont ils ont besoin, de sorte qu'ils ne sont pas obligés de se battre contre le monde. Notre exis­tence est bonne parce qu'elle ne contient en elle aucune source fondamentale d'agression ni cause de grief. Nous ne pouvons pas nous plaindre d'avoir des yeux, des oreilles, un nez et une bouche. Nous ne pouvons pas restructurer notre système physiologique et, d'ailleurs, nous ne pouvons pas non plus restructurer notre état d'esprit. La bonté fondamentale est ce que nous avons, ce dont nous sommes doués. Elle est la situation naturelle dont nous avons hérité à la naissance.




Nous devrions sentir qu'il est merveilleux d'être dans ce monde. C'est si merveilleux de percevoir le rouge et le jaune, le bleu et le vert, le pourpre et le noir ! Toutes ces couleurs nous ont été données. Nous pouvons sentir le chaud et le froid, goûter le sucré et l'amer. Nous avons ces sensations et nous les méritons ; elles sont bonnes.
Ainsi, pour expérimenter réellement la bonté fondamen­tale, il faut d'abord apprécier ce que nous avons. Mais ensuite nous devons voir plus loin et examiner plus précisément ce que nous sommes, où nous sommes, qui nous sommes, quand nous sommes et comment nous sommes en tant qu'êtres humains, pour arriver à prendre possession de notre bonté fondamentale. Il ne s'agit pas vraiment d'une possession, mais nous la méritons quand même.
La bonté fondamentale est étroitement liée à la notion de bodhicitta dans la tradition bouddhique. Bodhi signifie « éveillé » ou « attentif », et citta signifie « coeur » ; bodhi­citta signifie donc « coeur éveillé ». Le coeur éveillé vient de la volonté de faire face à notre état d'esprit. Cela peut nous paraître une exigence excessive, mais elle est nécessaire. Nous devrions nous examiner et nous demander combien de fois nous avons essayé d'entrer en contact avec notre coeur, plei­nement et réellement. Combien de fois nous sommes-nous dérobés, craignant de découvrir quelque chose d'atroce ? Combien de fois avons-nous été capables de nous regarder dans le miroir sans nous sentir mal à l'aise ? Combien de fois avons-nous essayé de nous tirer d'affaire en lisant le jour­nal, en regardant la télévision ou en étant distraits ? Voilà la question cruciale : dans quelle mesure avons-nous entre­tenu un rapport avec nous-mêmes durant notre vie ?




La pratique de la méditation assise, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, est le moyen de redécouvrir la bonté fondamentale ; bien plus, elle est le moyen d'éveiller ce coeur authentique en nous. Lorsqu'on est assis dans la posture de méditation, on est exactement l'homme nu ou la femme nue que nous avons décrits plus haut, assis entre ciel et terre. Affaissés, nous essayons de cacher notre coeur, de le proté­ger en voûtant le dos. Par contre, dans la posture de médita­tion, assis droits mais détendus, notre coeur est à nu. Tout notre être est exposé, en premier lieu à nous-mêmes, mais aussi aux autres. C'est pourquoi lorsque nous nous exerçons à rester assis dans le calme et à suivre notre souffle à mesure qu'il sort et qu'il se dissout, nous établissons un contact avec notre coeur. En nous laissant tout simplement être tels que nous sommes, nous commençons à éprouver une réelle sympathie envers nous-mêmes.
Quand nous éveillons ainsi notre coeur, nous découvrons avec surprise qu'il est vide. Nous constatons que nous regar­dons l'espace. Que sommes-nous, qui sommes-nous, où est notre coeur ? Si nous regardons vraiment, nous ne verrons rien de tangible ni de solide. Bien sûr, il se peut que nous trouvions quelque chose de très solide si nous en voulons à quelqu'un ou si nous vivons un amour possessif. Mais ce n'est pas là un coeur éveillé. Si nous cherchons le coeur éveillé, si nous creusons dans notre poitrine pour le trouver, nous n'y découvrirons rien d'autre qu'une sensation de tendresse. C'est doux et endolori, et si nous ouvrons les yeux sur le monde, nous éprouvons une immense tristesse. Cette tristesse ne vient pas de ce qu'on nous ait maltraités. Nous ne sommes pas tristes parce que quelqu'un nous a insultés ou que nous nous sentons appauvris. Au contraire, cette expérience de tristesse est inconditionnelle. Elle a lieu parce que notre coeur est complètement écorché. Ni peau ni tissus ne le recouvrent ; ce n'est plus que de la chair vive. Même si un minuscule mous­tique se pose sur lui, nous nous sentons terriblement touchés. Notre expérience est crue, tendre, tellement personnelle !
Le coeur authentique de la tristesse naît lorsque nous sen­tons que notre coeur est plein. Nous aimerions ver­ser le sang de notre coeur, offrir notre coeur aux autres. Pour le guerrier, c'est cette expérience d'un coeur triste et tendre qui donne naissance au courage. Habituellement, être cou­rageux veut dire ne pas avoir peur, ou alors retourner les coups que l'on reçoit. Mais ici nous ne parlons pas du cou­rage des bagarres de ruelle. Le véritable courage est le pro­duit de la tendresse. Il survient lorsque nous laissons le monde effleurer notre coeur, notre coeur si beau et si nu. Nous som­mes disposés à nous ouvrir, sans résistance ni timidité, et à faire face au monde. Nous sommes disposés à partager notre coeur avec les autres.
Chögyam Trungpa, "Shambala", chapitre 3.






lundi 27 novembre 2017

Led Zeppelin







Voici ce que j'écoute parfois le matin, du bon vieux rock des seventies, alors, l'élan de le partager a suivi tout naturellement...






Titres 1 et 2 : ◄ Led Zeppelin I
 Titres 3 et 4 : ◄ Led Zeppelin II
  Titres 5 et 6 : ◄ Led Zeppelin III






dimanche 26 novembre 2017

Stephen Jourdain : Tout est toujours à recommencer








En compagnie de Stephen Jourdain, quelques images qui ne sont pas des pensées...




1 - La pensée en train de naître
n'a aucune durée




2 - Dès l'instant où tu auras
le sentiment de continuer
à être conscient
de ta pensée naissante
tu seras dans l'illusion;
tu contempleras le cadavre
de ta pensée précédente



(contemplant le passé
de ta clandestine extension
tu contempleras également le passé
de ton être :
ton cadavre.)




3 - tout est toujours à recommencer




4 - mais ceci
"tout est toujours à recommencer"
est précisément
une pensée en train de naître.




(Stephen Jourdain, Cahiers d'Eveil, T II)




vendredi 24 novembre 2017

Franklin Merrell-Wolff : Le symbolisme du papillon




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LE SYMBOLISME DU PAPILLON, par Franklin Merrell-Wolff.
(Expérience et philosophie, tome I)

Le cycle de vie qui va de l'œuf, de la chenille et de la chrysalide jusqu'au papillon, constitue l'un des meilleurs symboles du progrès de l'âme offerts par la nature, depuis la naissance dans le monde, en passant par le développement de la conscience dualiste, jusqu'à la culmination finale de la transition de la Conscience transcendantale par la seconde naissance. Comme notre intérêt est centré sur la deuxième naissance, nous sommes préoccupés tout d'abord par la transition de la chenille au papillon, plutôt que par la naissance de la chenille. Celle-ci représente la vie au niveau dua­liste, c'est-à-dire la vie égocentrique. Le papillon sym­bolise la Conscience cosmique ou transcendante, alors que la chrysalide représente bien l'épreuve de la transi­tion, appelée « passion » dans le christianisme et culmi­nant dans la crucifixion.




La vie de la chenille se réduit à ramper sur des sur­faces, et ainsi on peut dire qu'elle représente une forme de conscience bi-dimensionnelle. Le premier souci de cette vie est la nourriture, et cette conscience ne peut rien comprendre sauf en termes d'utilité grossière. Par conséquent, la philosophie typique de la chenille — si tant est qu'on puisse assumer de sa part une conscien­ce-propre lui permettant de développer une philosophie — doit être de telle sorte qu'elle accorde réalité et valeur à cela seul qui affecte la sensation, surtout par rapport à la nutrition. Ainsi, les idées ne seraient signifiantes que dans la mesure où elles servi­raient à obtenir une vie sensuelle plus pleine et à pro­curer des commodités matérielles.



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Par un contraste radical, la vie du papillon implique le mouvement libre de l'air et symbolise très bien une conscience à trois dimensions. Le souci premier de la vie d'un papillon est l'accouplement et la ponte des œufs, la nourriture étant réduite à une position claire­ment subordonnée. De plus, sa nourriture typique se ramène à des fluides, ce qui est en contraste frappant avec la nourriture grossière de la chenille. La vie et la philosophie du papillon peuvent être conçues comme centrées sur la créativité et la joie, de sorte que la beauté devient une fin en soi remplaçant l'utilité gros­sière. La réalité et la valeur ont donc pour le papillon une signification complètement différente, qui dépasse tout à fait la compréhension de la chenille. La chrysalide représente un stage où la chenille meurt en tant que chenille. Pour la conscience de che­nille, cela doit apparaître comme une annihilation ou une « extinction » — tel que le nirvana apparaît au regard de la conscience non-éclairée. Mais vue de l'autre côté pour ainsi dire, la chrysalide est la porte ouverte sur la vie libre du papillon.

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La conscience du papillon a certains avantages très évidents. Comparé à la chrysalide, le papillon évolue dans un monde d'une compréhension infiniment plus vaste. Il vit dans l'espace avec le pouvoir de revenir vers des surfaces. Il est donc en position de comprendre pleinement les relations de surface, qui incluent tout le domaine de la chenille. Mais en outre, il connaît un monde infiniment plus riche et que la chenille ne connaît absolument pas. De plus, il connaît la relation entre surface et profondeur, pouvant ainsi maîtriser les problèmes liés aux surfaces et qui dépassent tout à fait les capacités de la chenille.


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Ce symbole est d'une beauté particulière. Les restric­tions de la vie de chenille représentent fort bien les limites de la conscience dualiste. Depuis cette conscien­ce, les problèmes définitifs de la philosophie demeurent sans solution satisfaisante, et impliquent souvent des contradictions irréconciliées. Or, ces solutions sont atteintes et ces contradictions réconciliées par ceux qui se sont éveillés aux niveaux transcendantaux. Cela est dû au fait que ceux-ci jouissent d'une perspective sur­élevée — symbolisée par le papillon — et ainsi peuvent comprendre le monde « surfaciel » ou dualiste par l'in­tégration plus haute de l'espace, qui représente ici la Conscience plus élevée. Mais tout comme le monde du papillon est inconcevable pour la chenille, ainsi l'inté­gration de l'Homme divinement conscient ne signifie rien pour ceux qui n'ont aucune saisie de la Réalité dépassant la simple conscience dualiste. Ainsi donc, sans quelque degré de Reconnaissance, les philosophies de gens tels que Platon et Hegel ressemblent à quelque chose de purement abstrait et sans substance. Indubitablement, ces philosophies supérieures ne sont en général pas intéressées à la simple production de valeurs sensorielles ou expérientielles, et elles accor­dent certainement une place très subordonnée à la nourriture ainsi qu'aux conforts physiques. Mais lorsque ces philosophies sont perçues à partir de la Conscience sur laquelle elles reposent, on voit qu'elles se concentrent avant tout sur les actualités substan­tielles (NDT : se rappeler que « substantiel » a ici le sens de « ce qui existe en soi et par soi »). Elles sont écrites à partir de la vraie Conscience.Les philosophies du genre néo-réaliste, pragmatiste et naturaliste, sont conçues à partir de la conscience « surfacielle », symbolisée par la chenille. Du moins, c'est cette dernière forme de conscience qui domine.
Mais si nous nous restreignons au point de vue de la chenille (la conscience dualiste), les propagateurs de ces philosophies ont en effet le dessus. La base définiti­ve qui leur donne leur autorité est soit les données des sens, soit celles qui sont dérivées de ceux-ci. Leur thèse finale affirme que seul ce qui est objectif (relié aux objets) est réel. Sur leur propre terrain, ils sont apparemment irréfutables, mais pour chaque Homme qui s'est éveillé à la « Connaissance par Identité », ils apparaissent immé­diatement en mauvaise posture. Un Platon sait, sans aucun doute possible, qu'il a raison substantiellement, mais il peut très bien être incapable de faire guère plus pour la conscience de chenille, que de suggérer une Réalité dépassant le niveau de celle-ci. Il en résulte que le conflit ergoteur entre ces deux grands groupes de philosophie est largement une perte de temps, puisqu'il ne peut y avoir d'entente sur des reconnaissances fon­damentales. Chacun peut argumenter avec satisfaction à partir de son point de vue, mais il n'en résulte qu'une sorte de boxe à vide qui ne réussit guère à convaincre l'adversaire. L'homme éveillé Connaît l'insuffisance de la reconnaissance des chenilles, mais il ne peut le prouver à l'homme de type « chenille ». Par ailleurs, ce dernier ne peut saisir la Reconnaissance de l'être éveillé, à moins qu'il ne s'éveille lui-même. La consé­quence, c'est l'impasse — à moins que l'homme-chenille ait des pressentiments d'un Au-delà.
De tous ceux qui sont limités dans leur conscience, ceux qui perçoivent le problème principal de l'humanité comme étant lié à l'économie, sont les plus attachés au niveau de la chenille. Pour eux, la vie est centrée sur la nourriture grossière et les plaisirs physiques, ce qui est précisément la caractéristique principale de la chenille réelle. C'est une vision piteusement limitée. Un accrois­sement de nourriture ne peut produire que des chenilles plus grosses. Cela ne peut jamais résoudre la cause prin­cipale de la misère humaine. Pour que l'homme connais­se la joie qui demeure, il doit être transformé au point de pouvoir entrer dans une vie libre, symbolisée par le papillon. Il est indubitablement vrai que certaines che­nilles humaines ont besoin d'engraisser avant d'être prêtes à intégrer et à traverser le stade de chrysalide, mais il est également vrai que plusieurs sont mainte­nant prêtes pour cette transition et gaspillent leur temps à devenir des chenilles surfaites. Si ces dernières pensent servir l'humanité en poursuivant ainsi, elles se leurrent elles-mêmes. Lorsqu'elles se seront éveillées, et seulement alors, elles pourront servir de façon compé­tente cette humanité, même en ce qui concerne les pro­blèmes de l'organisation sociale et économique.

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La principale signification de la chrysalide est la sui­vante : le fait d'intégrer la liberté de la vie spatiale n'est possible qu'en mourant au niveau de la chenille. La simple évolution du point de vue de la chenille ne produit que des chenilles plus grosses et plus juteuses. Il vient un temps où l'homme doit tourner le dos à toute forme de vie symbolisée par la conscience du sujet/objet, s'il ne veut pas être pris dans l'impasse d'une existence stérile et gaspillée. Bien sûr que du point, de vue inférieur, cela implique une brève période d'ascétisme fondamental sous une forme quelconque. Mais le but est quelque chose d'infiniment plus riche que tout ce qui est contenu dans la vieille vie, et en outre, c'est tout sauf ascétique. L'attachement aux valeurs plus restreintes agit comme obstacle à la recon­naissance des valeurs plus étendues. C'est là un princi­pe connu, même à l'intérieur de la vie ordinaire. Il s'applique avec encore plus de force en ce qui concerne l'accès aux Valeurs suprêmes. Pourtant, plusieurs humains s'attachent à des valeurs qui ne sont guère que des jouets, et refusent ainsi de prendre les mesures qui leur ouvriraient une vie de gloire, de liberté et de pouvoir. N'est-ce pas là la folie suprême ?



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jeudi 23 novembre 2017

Les Psy (06) : Applaudis, maître !















Cliquer sur les images pour les lire en haute résolution.






mercredi 22 novembre 2017

Oldies (but Goldies) : 96 Tears






Un groupe qui s'appellerait "Point d'interrogation et les Mystérieux" avec un morceau intitulé "96 larmes", faudrait le faire! Et bien, le groupe "Question Mark and the Mysterians" l'a fait en 1966, avec son unique tube, "96 tears".
Ce groupe existe toujours et a même un Site officiel.





96 Tears

Too many teardrops for one heart to be cryin
Too many teardrops for one heart to carry on
Youre way on top now since you left me
Youre always laughin way down at me
But watch out now, I'm gonna get there
W'ell be together for just a little while
And then I'm gonna put you way down here
And you'll start cryin ninety-six tears
Cry, cry

And when the sun comes up, I'll be on top
You'll be right down there, lookin up
And I might wave, come up here
But I don't see you wavin now
I'm way down here, wonderin how
I'm gonna get you but I know now
I'll just cry, cry, Ill just cry

Too many teardrops for one heart to be cryin
Too many teardrops for one heart to carry on
Youre gonna cry ninety-six tears
Youre gonna cry ninety-six tears
Youre gonna cry, cry cry cry now
Youre gonna cry, cry, cry, cry
Ninety-six tears
C'mon and lemme hear you cry, now
Ninety-six tears, I wanna hear you cry
Night and day, yeah, all night long
Uh-ninety-six tears, cry cry cry
C'mon baby, let me hear you cry now, all night long
Uh ninety-six tears, yeah c'mon now
Uh-ninety-six tears




mardi 21 novembre 2017

Vivre en Présence n°15 : Voir ou penser








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»









«Être en Présence, c'est se situer au point de contact le plus intime de soi-même avec soi-même, en cet espace ineffable où tout apparait et tout disparait, cet espace qui pour l'intellect semble vide, diffus, non localisé, et qui pourtant est plein d'impressions sensitives et d'intuitions vivantes, cet espace où une seule chose est certaine, c'est que ici et maintenant, Je Suis; je ne peux pas dire «ce» que je suis, mais l'évidence de ce «Je Suis» se suffit à elle-même. Et la qualité de paix, la vivacité des perceptions, la fluidité des sentiments qui sont les manifestations immédiates de ce «Je Suis» ont une saveur indubitablement reconnue.»






lundi 20 novembre 2017

Matière, espace, temps







S'interroger sur la manière habituelle de penser, rarement remise en question, peut s'avérer très bénéfique et induire des intuitions surprenantes. Voici deux textes qui vont dans ce sens.

« Dans la vie, de même que dans le domaine scientifique, nous avons affaire à différents événements, à des objets, à des bouts de matériaux petits ou grands. Nous avons l'habitude d'en parler en termes de « matière ». Grâce à un dérangement séman­tique, appelé identification, nous nous imaginons qu'il existe une « matière » ayant une existence physique séparée. Ce serait probablement pour nous un choc si quelqu'un nous invitait à donner un morceau de « matière » (je dis bien donner et non pas répandre un flot de paroles sur le sujet). J'ai fait sur ce point les expériences les plus amusantes. La plupart des gens, même des hommes de science, vous tendent dans ce cas un crayon ou quelque chose de semblable. Mais ont-ils donné réellement de la « matière » ? Ce qu'ils ont donné ne peut pas être simplement symbolisé par le terme « matière ». L'objet, le « crayon », qu'ils ont tendu, a besoin linguistiquement de l' « espace » ; sinon, ce ne serait pas un crayon, mais un point mathématique, une fiction. Il a aussi besoin verbalement du « temps » ; sinon, il n'y aurait pas de crayon mais un « éclair ».
« De même, si quelqu'un est invité à donner un morceau d' « espace » (de nouveau : donner et non pas se mettre à parler), le mieux qu'il puisse faire est d'agiter sa main et d'essayer de montrer l' « espace ». Mais ce geste de la main se réfère en réalité à l'air, à la poussière, aux microbes, aux champs de gravitation et électro-magnétiques, etc. En d'autres termes, structurellement, l' « espace » supposé est une plénitude de cer­tains matériaux déjà « dans l'espace » et « dans le temps ».
« Dans le cas de donner le « temps », quelqu'un peut montrer sa montre. Mais ici vaut une objection semblable à celle de tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il nous a montré de la soi-disant « matière » qui « bouge » dans l' « espace ». Il est très important d'acquérir la réaction sémantique que, quand nous utilisons le terme « matière » en pensant à quelque chose, un crayon, par exemple, cette chose, selon le langage élémentaliste habituel, implique aussi l' « espace » et le «temps » auxquels habituelle­ment nous ne songeons pas... »
(Extrait de "Science and sanity", d'Alfred Korsybski.)



Alfred Korzybski


"Puis-je vous demander, pour commencer, de participer à une petite expérience ? Répondez-moi en levant la main : combien d'entre vous sont-ils prêts à affirmer qu'ils me voient ? Je vois beaucoup de mains levées. Ce qui prouve que la folie est la chose du monde la mieux partagée. Bien entendu, vous ne me voyez pas « vraiment ». Ce que vous voyez est un faisceau d'éléments d'informations me concernant, que vous synthétisez en formant une « image » de moi. Vous faites cette image. C'est pourtant simple à admettre."
(Extrait de l'ouvrage "Vers une écologie de l'esprit", de Gregory Bateson.)



Gregory Bateson



dimanche 19 novembre 2017

Un entretien avec Arnaud Desjardins (1970)







Sur un numéro spécial de la revue Planète, datant de 1970 et consacré à Ramakrishna, fut publié un entretien avec Arnaud Desjardins, dont voici un extrait. L'article complet est téléchargeable au format PDF en cliquant sur ce lien.


Vous avez parlé tout à l'heure du « monde incohérent» dans lequel nous sommes. Dans toutes les traditions nous trouvons que tout ce qui se passe, se passe ici et que, en quelque sorte, il faut apprendre à vivre dans ce monde. Est-ce que vous croyez vraiment qu'on peut parler de monde incohérent ou est-ce nous qui devenons incohérents parce que rendus esclaves par nos propres découvertes qu'on ne peut plus freiner. Est-ce que vous ne croyez pas qu'il y a moyen de vivre à Paris ou à New York d'une façon absolument équilibrée.

Je pense qu'un homme ou une femme qui aurait atteint cette absolue unité intérieure, cette liberté intérieure, cette connaissance de soi, dont les actes ne seraient plus des réactions, mais des actions conscientes, quelles que soient les circonstances dans les­quelles il serait plongé, rien ne serait changé pour lui. De toute façon c'est notre être,notre niveau d'être, ce que nous sommes, qui attire des existences, qui attire notre existence, les évènements de notre vie. C'est une voie qui a été bien souvent vérifiée.
Par conséquent celui qui a atteint cette sagesse intérieure pour parler comme la Bible: « Tout concourt à son bien». Et les circonstances il les ressent toujours comme parfaites pour lui et c'est la loi du Karma de l'action et de la réaction, des causes et des effets qui est si fondamen­tale dans l'hindouisme et le bouddhisme; il ne se trouvera plus jamais plongé dans une situation susceptible de créer pour lui la souf­france.
Mais quand je parle d'un monde inco­hérent c'est d'abord notre monde intérieur, qui est incohérent. Ensuite, c'est vrai que le monde, c'est-à-dire l'organisation sociale, une culture, une civilisation,est plus ou moins propre à faire des jeunes enfants, des adoles­cents ou des adultes hommes ou femmes, normaux, dont certains seulement s'enga­geront vers le supra-normal du yoga, ou est plus ou moins propre à faire des hommes et des femmes anormaux. Déformés comme si on empêchait une plante de pousser norma­lement.
Alors comme la force de vie est quand même immense, la plante pousse coûte que coûte. Un arbre, qui est fait pour être droit, pousse tordu, pousse cassé. Tout le milieu joue sur nous, tout ce que nous voyons, tout ce que nous entendons, tout ce qui nous affecte à travers nos sens, tout donne une certaine quantité, une certaine qualité d'énergie, qui se transforme ensuite en une certaine qualité d'émotion, en une certaine qualité de pensée.
Par conséquent nous sommes quand même des produits du milieu et de la société dans lesquels nous vivons. Il n'y a rien à faire. Si cette société est organisée selon des lois, des principes qui mènent vraiment à la liberté et à l'épanouis­sement humain, les conditions nous sont plus favorables. Maintenant, inversement, on peut dire aussi que c'est quand les haltères sont les plus lourdes qu'elles font les plus gros biceps; par conséquent il y a toutes sortes de facteurs que nous impose le monde contemporain, qui nous acculent à la souf­france, donc au désir de sortie de la souf­france. Donc à la recherche d'une voie, de liberté et d'éveil. Il y a beaucoup de chocs dans ce monde tel qu'il est aujourd'hui qui nous réveillent, pour employer le langage bouddhiste où il est toujours question de sommeil et d'éveil.








samedi 18 novembre 2017

L'Humour du Prochain n°19 : Humour et musique







Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.