vendredi 11 octobre 2019

L'Art d'Être Conscient : 4 exemples, par Douglas Harding








Extrait du livre "Vivre sans stress", de Douglas Harding, (chapitre 11 : "Le stress et la difficile condition humaine")



La militante de la Croix Rouge au Nigeria

Il y a quelques années, j'ai vu à la télévision le repor­tage d'une militante de la Croix Rouge au Nigeria pen­dant la guerre du Biafra — conflit particulièrement horrible. Son témoignage sur les souffrances atroces de la population civile n'était sans doute que trop fidèle à la réalité et justifiait parfaitement son appel de fonds. Pour­tant, ce qui m'a frappé alors plus que l'horreur de la violence, la maladie et la faim au Biafra, c'était l'angoisse et le stress dans sa voix et sur son visage. Elle n'aurait pas pu participer davantage à la souffrance. Elle était totale­ment impliquée, absolument pas détachée. Ce qui, j'ai tendance à croire, devait réduire sérieusement son effica­cité sur le terrain, comme cela nuisait énormément à la portée de sa prestation télévisée pour récolter de l'argent. Elle était, de toute évidence, une femme exceptionnelle, peut-être même héroïque, mais il m'a semblé qu'il lui manquait l'accès à cette Paix intérieure qui nous permet (comme j'espère le montrer) non seulement de recevoir tous les tourments du monde sans en être déchiré, mais même de les transmuer d'une certaine manière.




Le soldat en permission

En Inde au cours de la Seconde Guerre mondiale, un soldat britannique de trente-trois ans, en permission dans les Himalayas, fit une découverte d'une importance capi­tale pour lui. Ayant jeté un regard neuf sur lui-même, voici en résumé ce qu'il écrivit : « Ce que j'ai découvert ?... Deux jambes de panta­lon aboutissant à une paire de chaussures, des man­ches amenant de part et d'autre à une paire de mains, et un plastron débouchant tout en-bas sur... absolu­ment rien ! Certainement pas une tête.
Je découvris instantanément que ce rien, ce trou où aurait dû se trouver une tête, était très habité. C'était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout — au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées, au ciel... J'avais perdu une tête et gagné un monde... En dehors de l'expérience elle-même ne surgissait aucune question, aucune référence, seulement la paix, la joie sereine, et la sensation d'avoir laissé tomber un insupportable fardeau. »
Au retour de sa permission, le soldat retourna au mess des officiers à Calcutta. Le Bengale était alors en proie à la famine. Il n'était pas rare que les pauvres meurent sans soin dans les rues de Calcutta. Mais maintenant, c'était par centaines et milliers qu'ils mouraient et un grand nombre de vivants étaient des squelettes debouts ou cou­chés, dont beaucoup d'enfants. A la porte-même de ses quartiers, il fut obligé d'enjamber des formes suppliantes.
Bien sûr, il ressentit de la pitié et donna de l'argent. Mais il ne se sentit pas impliqué. Il resta détaché, froid. Ce n'était pas une façon délibérée d'ignorer la souffrance qui l'entourait, il ne se retirait pas consciemment dans le havre de perfection du Vide qu'il avait découvert dans ce décor de montagnes si différent, et pourtant si proche. Néanmoins il est certain qu'il fuyait le stress et la dé­tresse qui l'entouraient en cherchant leur absence ici, au Centre. Comme si c'était possible ! Comme si ce refuge qu'il venait de découvrir apportait en lui-même la réponse aux souffrances du monde ! Il avait, c'est vrai, bien saisi (et retenu avec soulagement et bonheur) la première partie du message, la plus facile, celle concernant le déta­chement absolu. Il lui restait à comprendre et prendre à coeur la seconde partie, la plus dure, celle concernant l'implication absolue. C'était un bon début, certes. Il avait commencé à résoudre le problème du stress, mais guère plus. Pour le moment, il était capable de regarder ces corps émaciés avec une sérénité incroyable et, il faut bien le dire, monstrueuse. Je me sens d'autant plus libre d'en parler ainsi que le soldat, c'était moi.




Anandamayi Ma et la Rani

Une vingtaine d'années plus tard, je me trouvais à nouveau au Bengale, cette fois dans l'ashram de Anan­damayi Ma, sage indienne bien connue, suivie par des millions de disciples. C'était alors une très belle femme d'une soixantaine d'années, je suppose, et qui avait un port et une dignité de reine. Avec l'aide d'un interprète (elle ne parlait pas anglais, ni moi Bengali) j'eus le privilège d'avoir plusieurs entretiens avec elle au sujet d'un verset : « Je te salue, je te salue, O déesse qui es la Conscience dans toutes les créatures », qui revenait sans cesse dans les chants traditionnels que ses disciples chantaient tous les jours et qui m'émouvait profon­dément. Deux événements sont restés gravés dans ma mémoire. D'abord, l'instant où, au moment où j'allais partir, Ma m'offrit le châle qu'elle portait sur la tête en me disant : « Je suis toi, je suis toi ! » Et ensuite, la visite d'une Rani, princesse indienne, dont le fils unique venait de mourir. Les sages ont la réputation d'être détachés de tout. Eh bien j'ai vu Ma consoler cette femme éplorée pendant des heures. Et elle pleurait autant qu'elle.
Parmi les paroles de la sainte, il y en a qui auraient pu m'être destinées personnellement au moment de la famine au Bengale :
« Si, au sortir de votre méditation, vous êtes capable de vous comporter comme auparavant, c'est que vous n'avez pas encore été transformé... Les gens viennent à moi et me racontent que leurs fils et leurs filles sont montés dans leur voiture et partis sans même lever les yeux pour voir si leurs parents pleuraient. Ils sont complètement insensibles au cha­grin de leurs parents. Voyez-vous, c'est exactement ce qui se passe lorsqu'on a atteint un certain point sur la Voie... On pense : "Ceux que je prenais pour ma véritable famille ne sont en fait reliés à moi que par la chair et le sang. Quelle importance pour moi ?"... Mais par la suite, lorsque vous vous êtes détaché du détachement même, il n'est plus question de détachement ou de non-détachement. Ce qui est est CELA. »
Anandamayi Ma n'était ni « attachée à » ni « détachée de » cette mère et son chagrin. Elle était les deux à la fois. JE SUIS TOI, tel était et demeure son message pour ses disciples, comme il l'a été pour moi en ce jour mémo­rable et l'est resté depuis.




Mère Teresa

A peu près en même temps que la militante de la Croix Rouge (notre premier exemple), apparut sur les écrans de la télévision britannique une autre femme également concernée par la souffrance humaine : Mère Teresa de Calcutta. La réalité qui l'entourait était à peine moins atroce que celle de la guerre du Biafra. Mais le contraste entre les deux femmes était extraordinaire. La voix et le visage de Mère Teresa témoignaient d'une sérénité, d'une paix intérieures qui, loin d'être assombries par la détresse des malades et des mourants qu'elle aimait et soignait, n'en rayonnaient que davantage. Son ami et biographe, Malcolm Muggeridge écrit :
« En s'effaçant elle-même, elle devient elle-même. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi remarquable. La croiser un instant seulement vous laisse une im­pression inoubliable. J'ai vu des gens fondre en lar­mes quand elle partait, même si c'était au cours d'une réception où ils n'avaient pu recevoir d'elle qu'un simple sourire. Une fois j'ai eu l'occasion de l'accompagner, avec l'une des soeurs, à la gare de Calcutta... Quand le train s'ébranla et que je m'ap­prêtai à sortir de la gare, j'eus l'impression de laisser derrière moi toute la beauté, toute la joie de l'uni­vers. »
Voici un exemple vivant de la manière de traiter le stress et la détresse du monde, y compris la nôtre : plon­ger dedans la tête la première, tout en en restant dégagé. « Etre concerné, et pas concerné », selon les termes de T.S. Eliot. Contrairement à la militante de la Croix Rouge, Mère Teresa n'oubliait pas sa Paix intérieure, mais à l'encontre du soldat britannique, elle n'y cher­chait pas un refuge. Elle ne s'était pas non plus arrangée habilement pour trouver un chemin intermédiaire entre ces deux extrêmes, un compromis raisonnable. Oh non ! Elle allait aux deux extrêmes à la fois, avec une énergie et un dévouement incomparables, et résolvait concrètement le problème soulevé dans ce chapitre. Peu importe le fait que nos langage et système de pensée personnels n'aient pas grand chose de commun avec les siens. Ce ne sont pas ses paroles mais ses actes — et plus encore elle-même — qui sont une leçon pour nous ici : sa démonstration réconfor­tante de la manière d'affronter le malheur calmement et d'être ainsi vraiment efficace.




Comparaison des quatre cas

En début de chapitre, nous avons dit que pour s'atta­quer intelligemment au stress — surtout celui dû aux multiples dangers dont nous sommes menacés et que l'homme a créés lui-même — il fallait s'attaquer à leurs racines : la peur, la haine et l'avidité ou le désir insatiable. En un mot, l'aliénation. Dans quelle mesure nos quatre personnages ont-ils chacun réussi cela ?...


1) Tout dans la militante de la Croix Rouge révélait sa peur de la guerre et de ses conséquences, sa haine des responsables de la guerre et son désir fou d'assurer la sécurité et la survie de ses amis. Résultat : stress et inefficacité. Cette voie mène tôt ou tard au désespoir ou à la folie.

2) Le soldat en Inde avait réussi à trouver une sorte de paix au-delà de la peur, de la haine et de l'avidité. Mais il restait inconsciemment fortement attaché à cette demi-vérité qui est vision de lui-même comme Espace vide, par opposition à la vérité totale qui est vision de lui- même comme Espace rempli. C'était pour lui le moyen de se désengager de l'humanité souffrante, attitude totale­ment irréaliste, pour ne pas dire plus. Aucun écran ne pouvait lui dissimuler la misère humaine. Résultat : beau­coup de culpabilité et de stress cachés.


3) Je ne doute pas que Anandamayi Ma ait été totale­ment libérée de la peur, la haine et l'avidité, ainsi que de toutes émotions. (Nous le sommes tous, en notre centre, mais elle l'était consciemment.) Et je suis sûr que les larmes qu'elle versait en partageant la douleur de cette jeune mère endeuillée étaient d'autant plus sincères qu'el­les ne troublaient en aucune façon sa propre sérénité absolument imperturbable. Elle prenait sur elle la dou­leur de l'autre étant elle-même libre de toute douleur, tout comme elle prenait sur elle le visage de l'autre étant elle- même sans visage. Pour apprécier pleinement ce que cela signifie concrètement, il faut, comme Ma, voir Qui vous êtes. Et pour cela, il vous suffit de voir dès maintenant comme votre propre Espace est vide pour enregistrer ces commentaires sur elle.


4) A sa manière, Mère Teresa a trouvé la confiance au-delà de la peur, l'amour au-delà de la haine, le renon­cement et le détachement au-delà de l'avidité. Elle réussit à prendre sur elle les tragédies humaines les plus effroya­bles parce que la Paix qui est au centre d'elle-même demeure intacte. Dans notre langage, elle a résolu le problème du stress en s'immergeant dedans : elle est le stress tout en ne l'étant pas. Théorie absurde ? Si vous voulez. Mais concrètement, c'est ainsi que cela fonc­tionne. Et cela fonctionne bien !

Vous pensez peut-être que, contrairement aux femmes que j'ai décrites, vous n'êtes pas de l'étoffe dont on fait les héros et les saints. N'en soyez pas trop certain. D'innom­brables hommes et femmes méconnus se sont levés pour faire face au défi de la misère et de la souffrance humai­nes, alors qu'ils ne s'étaient jamais imaginés dans la peau d'une héroïne ou d'un héros. Leurs croyances et voca­tions particulières leur appartiennent en propre, mais leur comportement est un message pour tous : vous êtes faits de la même étoffe qu'eux, vous avez en vous la même capacité de force sereine. Et comme eux, vous êtes ca­pable de faire face à n'importe quoi, sans porter la moin­dre atteinte à cette Paix Parfaite qui est au centre de nous- même, cette Sécurité absolue que nous partageons tous.









mardi 1 octobre 2019

Virgil Hervatin : petite chronique d'un éveil «sauvage»...







A l'occasion de la publication en DVD de deux entretiens avec Virgil Hervatin (1935/2012), disponible sur le site de la revue 3e millénaire, voici un article publié initialement en 2007 sur le blog ÉVEIL IMPERSONNEL et approches non-duelles. 



«Nous sommes tous cette source» 
(Montréal, le 11 janvier 2001)

Virgil, comment pourriez-vous résumer votre expérience d’ouverture ?

Ce n’était pas une expérience ; c’est venu comme cela. Pour moi, ce n’était pas une expérience. Je ne m’attendais à rien. C’est arrivé spontanément, le matin. Je ne savais pas ce que c’était, mais c’était quelque chose de très grand, d’immense. Je n’avais jamais entendu parler d’une telle chose. C’était beau, très beau. C’était une joie. C’était quelque chose d’autre, quelque chose de formidable.

Y a-t-il eu des peurs qui ont surgi à ce moment-là ?

Non, non, absolument pas. C’était plutôt la joie : une joie énorme. Je me sentais partout à travers l’espace. Je pouvais sentir tout ce qui pouvait m’entourer, en dehors de la pièce, dans l’univers. C’était immense, beau. On ne peut pas le décrire, il faut le vivre. C’est difficile à exprimer.

Cela a duré plusieurs heures ?

Oui. Cela a duré de 5h45 jusqu’à environ 13h00.

Étiez-vous toujours seul durant ce temps ?

Au début j’étais seul, mais après un certain temps ma femme est venue. Mais j’étais toujours dans cet état, dans cette vibration très forte. Est-ce qu’il faut décrire toute cette chose ? Parce qu’il y avait beaucoup d’éléments ! Je ne peux pas décrire tous les phénomènes et ils ne sont pas importants. On ne peut pas vivre dans cet état dans la vie quotidienne habituelle ; c’est quelque chose d’extraordinaire.

Avez-vous ressenti quelque chose de différent dans votre corps ?

Oui, oui ! À l’intérieur, tout mon corps. J’avais vraiment l’impression que je n’étais pas seul, que je ne pouvais pas créer cette chose avec mon mental : c’est impossible ! Je me demandais : « Qu’est-ce qui m’arrive ? » L’énergie était telle que j’avais l’impression de ne pas toucher le sol. Je me sentais comme soulevé, léger, avec une vibration très forte. Et une joie ! Une joie ! Je pleurais de joie.

Et vous étiez bien, dans votre corps ?

Oh ! Très très bien. Super bien. Je sentais une joie énorme au plexus et au cœur. En quelques minutes tout mon corps était purifié. Durant les deux jours suivants, j’entendais une voix persistante me répéter de prendre soin de mon corps.


Quand cela vous est arrivé, compreniez-vous ce qui se passait ?

Non, je ne savais pas ce qui m’arrivait. Alors, je me disais que quelqu’un était avec moi à l’intérieur. Mais qui ? Auparavant, je n’avais aucune idée qu’il y avait un tel intérieur ! Quand j’ai vu ma femme, plus tard, je lui ai dit : « Paulette, le Seigneur est avec nous. » Elle m’a regardé avec étonnement, parce que jamais je ne parlais de cela : le Seigneur, Dieu. Je n’y croyais pas en ces choses.

Voyez-vous un élément qui aurait pu déclencher cette expérience ?

Rien. Sur le moment, lorsque je vivais cette expérience, je ne pouvais voir comment cela s’était déclenché ; je le vivais, simplement. Après, je me demandais…

Vous vous posiez parfois des questions auparavant ?

Jamais ! Je ne connaissais pas la vie spirituelle, je ne savais pas que cela existait.

Avez-vous eu envie de communiquer avec des gens alors ?

Oui, mais ça ne les intéressait pas. J’ai demandé à ma femme : «Est-ce que j’ai l’air différent des autres jours ? » Elle m’a répondu : « Non, tu es pareil, sauf que les yeux sont très brillants.»

Il fallait que je me touche souvent au plexus solaire, tellement c’était fort : ça me faisait pleurer. Je voyais toute cette souffrance dans les gens, je voyais en eux. Je les voyais pleurer en dedans, mais ils prétendaient que non. Mais c’est un phénomène ; ce n’est pas important.

Mais plus tard, quand Paulette a vu que vous étiez différent et que les gens commençaient à venir vous voir, comment réagissait-elle à ce moment ?

Elle était quelque peu contrariée de ce que cela m’arrivait à moi et pas à elle aussi. Plus tard, je lui ai dit : « Si tu crois que c’est le Christ ou un dieu qui est venu pour moi, il pouvait aussi t’inclure, qui était à côté de moi. Mais tu vois, cela n’a rien à voir avec l’extérieur ! »


Avez-vous rencontré de l’incompréhension ?

Oui, une grande incompréhension. Certaines personnes se sont éloignées de moi. En général, les gens sont attachés à l’aspect mondain de l’existence ou à ce qu’ils ont entendu sur l’Église et Dieu. On m’a demandé si j’étais dans ce genre d’état ; j’ai dit que non.

À partir de ce moment-là, vous viviez quelque chose de très différent. Votre vie devais être changée, peut-être pas extérieurement, mais intérieurement ?

Tout était changé ! Tout était beau, tout était magnifique. La création est belle et il n’y a aucune raison de se plaindre. Tout de suite après cette expérience, je suis sorti : j’observais les gens marcher ou conduire dans la rue et je voyais des automates. Un automate qui conduit un autre automate. Je les percevais très très soucieux. Je sentais leur souffrance à l’intérieur.

À la maison, il y avait une statuette fabriquée au Mexique. Ce matin-là, je la tenais dans mes mains et je pouvais voir là où elle avait été fabriquée, qui l’avait faite, comment, l’endroit exact, les gens qui avaient travaillé sur elle. J’ai pensé : « Mon Dieu ! Qu’est-ce qui m’arrive ? » Alors, il y a des phénomènes, mais on n’est plus dans la peur. Il y a bien des éléments, mais je ne peux pas les raconter.

Qu’avez-vous fait pour tenter d’intégrer cela ?

Rien. J’ai laissé cela comme cela était. Je me disais : « Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Je ne peux pas travailler comme cela. C’était le paradis. J’ai dit à ma femme que si j’allais voir un psychiatre il me dira que je suis fou. Si j’allais voir un évêque ou un cardinal, il me dirait : « J’ai cherché pendant toute ma vie et tu viens me dire que tu as rencontré Dieu ! » Et il me donnerait des coups de pieds et me jetterait dehors ! Alors, j’ai décidé d’attendre, de vivre et d’observer. Je me suis accepté tout de suite, parce que c’était beau. On ne peut pas résister à une chose pareille : il n’y a pas de mental qui juge et décide quoi faire. Je vivais dans cet état-là. Il n’y avait pas de pensée, sauf celles que j’ai mentionnées, parce qu’il fallait que le lendemain j’aille au travail. Mais dans le moment même, je ne sentais pas ce que je devais faire.

Et quand vous êtes arrivé au travail ensuite…

Ah ! À 13h30, le jour de l’ouverture, c’était parti, dans le sens que je sentais moins cette présence. Mais il est resté une énergie très forte aussi : différente de celle qui était partie, mais elle était là, très forte, quelque chose de très vivant.

Au travail aussi je me taisais. Là aussi on s’est aussi éloigné de moi. Je ne pouvais pas trop m’approcher, car je ne parlais plus comme avant ; c’était fini !

Je me suis approché de quelqu’un qui était malade. Je ne connaissais pas son état. Je lui ai dit tout de suite qu’il était malade. Il disait que non, mais moi je lui disais que oui ! Alors il a fini par dire que oui : « J’ai des problèmes de reins et de poumons. » Il me venait un vertige, des nausées : j’étais mal, comme si j’allais tomber. Quand je rencontrais quelqu’un de malade c’est l’effet que ça me faisait. Je les sentais malades et alors je n’étais pas bien : j’avais des vertiges, je perdais le souffle, etc.

Saviez-vous immédiatement que ce n’était pas vous mais la personne en face de vous qui…

Oui ! C’était clair. C’était comme une communication en moi, qui me disait : « Il est malade. » C’était une très grande force. Si la personne me disait « oui », je me remettais vite : en quelques secondes. S’il niait son état, le malaise persistait. On ne peut pas mentir devant quelqu’un qui vit la vérité. La spiritualité c’est l’honnêteté toute pure. La première chose est l’honnêteté : l’honnêteté avec soi-même. Avec l’honnêteté vient l’amour. C’est l’amour. C’est une force énorme. On ne décide pas de l’honnêteté, on la vit. Je ne dis pas : « Je serai honnête » ou « je ne le serai pas. » Je le suis, je le vis : c’est comme la respiration. Nous sommes cela.


Après votre expérience, avez-vous senti qu’il y avait des choses à ajuster dans votre vie ?

Non ! Rien. Je ne connaissais rien en matière de spiritualité et pendant un an et demi j’ai cherché à l’extérieur, pour voir s’il y avait des gens qui s’intéressaient à cette chose : j’ai trouvé que oui. Il y avait des revues, des livres. Je suis allé dans des librairies et j’ai connu des gens qui se rencontraient les week-ends. Parfois j’y assistais. J’ai interrogé beaucoup de gens, même ceux qui venaient de la France et des États-Unis. Après un an et demi j’ai vu qu’il n’y avait rien à chercher à l’extérieur et que nulle part quelqu’un me dirait ce qu’était cette chose. Là, j’ai arrêté de chercher et j’ai commencé à progresser par moi-même, seul.

Lors des deux années qui ont suivi, avez-vous fait l’expérience de phénomènes bizarres dans votre corps ?

Oui, oui, beaucoup. Mais ce sont des phénomènes et ce n’est pas très important.

Je pensais surtout à des phénomènes qui auraient pu vous faire croire qu’il y avait quelque problème à votre corps.

Pas vraiment, parce que c’est quelque chose de très pur, très clair. Il n’y avait pas de peur, aucun sentiment d’être enfermé. En tout cas, c’était une liberté totale, une joie, une clarté, une lucidité. Dès que cela est arrivé, ma vie ne fut plus ce qu’elle était. Il n’y avait plus de ténèbres, plus de pensées : tout était clair et présent. Peut-être d’autres gens se posent des questions, peut-être y a-t-il d’autres formes d’éveil ; mais en ce qui me concerne, c’était pur et clair.

Deux semaines après l’ouverture, il y avait un homme au travail qui avait mal au genou. Je savais qu’il était malade. Je lui ai fait part de ma perception et il m’a dit qu’il avait un problème à son genou et qu’il devait être opéré. Je lui ai répondu : « Ça va te passer. » Je l’ai touché sur le genou et il est tombé endormi ! J’ai tenté de le réveiller en le giflant un peu. Je ne savais pas ce qui lui arrivait. Il est revenu doucement et je lui ai appliqué un peu d’eau froide. Depuis ce temps, le problème au genou est passé : il ne l’a jamais plus éprouvé. Il a senti une force et moi je ne savais pas que cette force pouvais agir ainsi. Au début, pour moi c’était une catastrophe, parce que je ne savais pas qu’une telle chose pouvait passer par moi !

Quand vous avez réalisé que de telles manifestations pouvaient survenir à travers vous, comment vous-êtes-vous ajusté à cela ?

Je ne voulais pas en parler; quand quelqu’un m’approchait, je gardais le silence. Leurs maux passaient en quelques secondes, mais je ne parlais pas. Cela ne m’intéressait pas. Au début, oui, je croyais que je pourrais aider les gens. Mais j’ai vu qu’il y en a six milliards sur la Terre ? Qu’est-ce que je pouvais faire ? Alors je ne cherchais rien.

Quand l’ouverture est arrivée, j’ai vu qu’il y avait une souffrance énorme dans l’être humain. Je me suis dit :« Je ne suis pas la solution pour la souffrance de la Terre ; c’est impossible ! Le monde entier est dans la souffrance, dans la douleur. Je n’ai pas voulu m’éloigner, mais je ne voulais pas m’engager dans cette voie qui consiste à vouloir sauver tout le monde. Je me sentais démuni, impuissant. Je vivais : je vivais ce paradis, comme aujourd’hui.


Ne m’aviez-vous pas dit, un jour, que vous aviez eu un petit problème et que vous croyiez avoir quelque chose au cœur ?

Oui, il y a eu beaucoup de phénomènes, mais je n’aime pas en parler, parce que ce ne sont que des phénomènes et les gens ne comprendraient pas. Je ne vois pas pourquoi je devrais raconter ces histoires. Mais il y a eu beaucoup de choses qui sont arrivées, comme des rencontres dans une autre dimension. Quand ces choses arrivent, il n’y a rien à faire : c’est quelque chose de très pur, très intelligent. Il n’y a pas à s’inquiéter : quelque chose de très intelligent travaille en nous. C’est nous. Tout se stabilise très vite et bien.

Un jour, peut-être quatre ans après l’ouverture, j’ai eu un vertige alors que j’étais seul à la maison. J’ai commencé à manquer d’air et je sentais que j’allais m’évanouir. J’ai pensé que si je signalais le 911, les secours ne pourraient pas entrer dans la maison. Alors suis sorti, comme si quelqu’un me poussait dehors. Je suis sorti et j’ai rampé jusque chez le voisin pour appeler. L’ambulance est venue. Ils m’ont mis le masque à oxygène et je me sentais vouloir laisser mon corps, partir. C’était seulement un des phénomènes. L’infirmier criait : « Réveillez-vous, monsieur ! Parlez, parlez ! » Mais non, je me sentais bien de partir. Ils ont arrêté l’ambulance, car le cœur avait cessé de battre. J’étais bien : c’était une joie énorme ! Ils m’ont forcé, ils ont crié : « Quel âge avez-vous ? Comment vous appelez-vous ? » Tout cela s’est passé en quelques secondes, très vite.

Je suis revenu. Je suis resté une heure à l’hôpital. Le médecin ne savait pas ce que j’avais et m’a dit de retourner à la maison. Ils ont fait des tests de toutes sortes, mais il n’y avait rien, absolument rien. Quand je suis revenu à la maison, une heure et demi après que cela fut arrivé, les voisins étaient encore là. Ils dirent : « Oh ! Il est là ! » Et je m’approchais en disant : « La mort, elle est belle ! C’est beau ! » Ils me croyaient fou. Ce sont des choses comme ça qui sont arrivées.

Avez-vous compris pourquoi c’était comme cela ?

C’est une énergie qui circule et qui est toujours là, que les scientifiques ne connaissent pas, mais qui est disponible dans l’univers, en nous-mêmes. Elle circule dans le corps. C’est cette énergie qui, lorsqu’elle circule, nous fait vivre cette spiritualité. C’est partout dans l’univers. Je veux dire ici : l’univers est ici ! Je la sens constamment circuler à travers moi. Je la sens : elle passe par la tête. Probablement que cette énergie était bloquée à quelque part et a créé cette impression. Mais ce n’était pas une maladie.

C’est seulement quand cette énergie devient manifeste, quand on peut la vivre, qu’on peut vivre la spiritualité. Sans cette énergie, il n’y aurait ni Christ, ni dieu, ni Bouddha, ni Dalaï Lama, ni personne.

Une autre fois, quelque chose de similaire est arrivé et ma femme avait appelé le médecin. Il m’a dit que j’étais très bien. Je lui ai demandé à quoi il le savait. Il a dit que c’était à mes ongles et qu’il aurait voulu en avoir de pareils : très beaux, roses. Il m’a dit que j’étais en pleine santé. Après cela ce genre de choses n’est plus arrivé. Peut-être que cela s’est stabilisé. Mais beaucoup de phénomènes du genre arrivent après un éveil : on n’est plus le même. On ne vit plus dans le quotidien de la souffrance. C’est une liberté totale, une joie.

Je vis comme cela. Je vois les gens comme ils sont ; ils ne sont pas bien, mais je n’ai pas le choix, s’ils veulent vivre comme cela. J’ai pensé me retirer dans la solitude. Mais il y avait constamment quelqu’un qui m’appelait pour quelque problème, quelqu’un qui avait besoin d’aide. J’ai alors pensé que je serais un égoïste de me retirer pour moi-même. J’aimerais que les gens aient cette liberté et cette joie totales, qu’ils s’y intéressent, qu’ils essaient de la vivre. Mais comment leur dire ? Je vous le dis, c’est sérieux.


Mais avez-vous vu une évolution en vous après l’ouverture ?

Oui. Pendant un an et demi j’étais très attaché à cette ouverture. J’y pensais et il y avait une très forte émotion qui montait. Je pleurais, je pleurais. Je sentais la souffrance humaine. Mais un soir, vers 21h00, j’ai pensé que j’en avait assez de m’interroger sur ce qui était arrivé le jour de l’éveil. « C’est fini, c’est mort, c’est passé. » J’ai vu que je rêvais. J’étais attaché à une idée de l’éveil, que c’était Dieu, ceci, cela. J’ai pensé : « Mais c’est faux ! C’est fini ! C’était la vérité quand c’est arrivé, mais pas aujourd’hui ! Aujourd’hui, je suis dans l’imagination. » Alors, j’ai laissé tout tombé, comme ça, et je suis parti dormir !

À 3h00, je me suis réveillé. C’était comme quelqu’un qui communiquait à l’intérieur de moi. Mon corps me communiquait quelque chose. Je me sentais tellement bien ! Je me sentais léger et plein de force, et j’avais l’impression de ne plus toucher le lit. Je me disais : « Tu vois, pourquoi luttais-tu ? Il n’y a rien à voir. Il n’y à rien à quoi s’attacher au sujet de ce qui est arrivé. » Je sentais fortement que je n’avais qu’à vivre au présent. Depuis ce jour-là, c’était fini : il n’y avait plus cette émotion sur l’éveil. J’ai progressé très vite. Tout est dans la vérité de l’instant même, de ce qu’on voit et connaît. C’est comme si je n’aurais jamais vu le monde autour de moi auparavant.


À quoi voyiez-vous que vous faisiez du progrès ?

Je vous donne un exemple. Avant l’éveil, j’allais au supermarché et c’était lourd. Mais tout de suite après cette réalisation, celle survenue à 3h00 du matin, je croyais être dans un autre monde : « Mais d’où viennent ces choses ? Qu’est-ce qu’ils vendent ? » Je ne voyais pas cela auparavant. Mais c’était quelque chose de clair désormais. Je voyais comment ce sont les gens qui produisaient cela, la Terre, la nature ! Je ne voyais pas cela auparavant : où étais-je pour ne pas l’avoir vu ? J’ai même demandé à ma femme : « Est-ce que c’était là auparavant ? » Elle me dit : « Oui, tu passais ici avec moi. »

Alors, voilà l’être humain qui est aveugle. Il ne voit pas son entourage. Il regarde des dizaines d’années en arrière et fait des plans pour le futur, mais il ne voit pas le moment même ! Mais je voyais désormais cette clarté. J’ai changé, c’était fini ! Je voyais vraiment le printemps, l’été, les plantes, les animaux. C’était le paradis sur la Terre, ici ! Les idées de passé et de futur s’étaient évanouies ; tout était présent. Si je vous disais, vous ne me croiriez pas.

Je conseillerais aux gens qui ont une ouverture de ne pas se mettre dans la peur. Ils devraient s’en tenir à eux-mêmes et ne pas se laisser influencer par d’autres, qui leur diront toutes sortes de choses, surtout les voyants, les cartomanciens et autres personnes du genre. Ne pas écouter ces gens-là, mais s’écouter soi-même plutôt. Ils ne devraient pas se tenir à ce qui est arrivé ; plutôt, ils devraient vivre chaque instant. On peut lire des livres, mais seulement pour corroborer ce qu’on connaît, c’est tout. Autrement, on n’apprendra rien dans les livres. C’est comme un témoignage, les livres ; c’est tout.

Vous vous connaissez alors et vous connaissez tout ce qu’il y a à l’extérieur. Toutes les choses qu’on croit banales sont alors neuves chaque jour. À ce moment il ne vous vient pas de vous laisser guider par les pensées.

C’est un lâcher-prise. On n’apprend jamais rien en forçant. Quand un conflit survient par rapport à quelque chose d’extérieur, ne prenez pas position. Ne jugez pas : ne jugez personne. Mais je sens fortement l’injustice dans ce monde : l’homme qui exploite l’homme, qui le fait souffrir.

Tout est possible dans l’avenir. Mais il faut apprendre cela aux enfants quand ils sont encore tout petits, à l’école. Ceux qui sont intéressés à un chemin spirituel, peuvent y arriver s’ils le veulent. Il faut être persévérant, vraiment persévérant avec soi-même. Ils y arriveront. Tout le monde peut y arriver. Il faut persévérer et ne pas se laisser prendre par ces gurus et tout ce non-sens. C’est possible que certains voient la vérité, qu’ils la vivent ; mais voyez en général comment ils entraînent les gens et ce qu’ils leur font.

Je l’ai vu !

Ce n’est pas bon. Je veux dire aux gens qu’ils devraient être prudents avec cette énergie, parce qu’on peut l’utiliser négativement. Et alors on est pire. Si vous la laissez agir, vous allez grandir; mais si vous l’utilisez, vous allez devenir un monstre, vous serez méchant.

L’homme doit être totalement libre par lui-même. Nous sommes tous cette source.
C’est ici !





lundi 16 septembre 2019

Jean-Claude Vannier






Jean Claude Vannier, né en 1943 à Bécon-les-Bruyères (Courbevoie), est un auteur-compositeur-interprète et arrangeur musical français. (Biographie complète sur Wikipedia)










vendredi 30 août 2019

Coin fumeur






Voici un article sournois et rusé qui fera la joie des fumeurs, et naturellement le désespoir des non-fumeurs ou pire, des fumeurs repentis!

Pour être tout à fait honnête, il me faut tout de même préciser que depuis que j'ai publié cet article (à plusieurs reprises, d'ailleurs), j'ai changé radicalement mon fusil d'épaule !



«Il n'y a plus que sur Internet qu'on peut encore trouver des "Zones fumeurs", donc j'en profite pour commettre cet article sans malice, mais néanmoins déconseillé aux non-fumeurs!»




"Ce qui différencie le mieux l'homme de l'animal c'est la pipe"
(Roger Gilbert-Lecomte)


"S'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ?"
(Pierre Desproges)

"Article 1 : le tabac est un poison.
Article 2 : tant pis."
(Sacha Guitry)





" Cessez de fumer, sinon vous mourrez jeune." C'était l'une des recommandations favorites de Sarah Bernhard. - Bah ! répliqua un jour Sacha Guitry, mon père a soixante-deux ans et il fume toujours. -S'il ne fumait pas, s'écria-t-elle, il en aurait au moins quatre-vingts ! (anonyme)

"Il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre."
(Molière, extrait de Dom Juan)





"Aimer sans être aimée, c'est vouloir allumer une cigarette à une cigarette déjà éteinte."
(George Sand)

"Les cigarettes ont au moins le charme de vous laisser inassouvi."
(Oscar Wilde)


"On bourre sa pipe avec le tabac qu'on a."
(Proverbe québécois)







Quelques exemples de "choses" qui tuent :



Windows, quand ça plante toutes les cinq minutes...

 
Respirer, quelle drôle d'idée, l'oxygène nous oxyde, nous consume, nous brûle à petit feu, la vie organique n'est peut-être qu'une lente combustion qui sert à produire du sens à partir des éléments physiques, mais tout de même...




La chanson qui tue :



Et pour finir, le lien qui tue...
Ami non-fumeur, passe ton chemin
Ou attends-toi au pire
Cliquer sur ce lien
Ne te fera pas rire.
le lien qui tue




lundi 26 août 2019

Dakar '92 : Mbalax, Jazz & Rap








Un clin d'oeil (et d'oreille...) à «Dakar '92», la première édition de la Biennale des arts à Dakar, Sénégal, en décembre 1992; j'ai eu en effet l'honneur et le plaisir de faire partie de la programmation musicale de cette manifestation consacrée cette année là aux arts plastiques, avec en prime toute une série de concerts aux quatre coins de la ville.


Dakar


Présentation, par G.E. Foadey, J.L. Pivin :

«Offrir dans Revue Noire un compact disc de musique d'artistes n'ayant jamais enregistré est un rêve que nous caressions depuis longtemps. Car si Revue Noire peut montrer, à travers ses caractères imprimés et ses images, peinture, sculpture, design, photographie, littérature... il y avait le monde de la musique où nous étions impuissants à tenir notre parti-pris « non critique » qui privilégie la forme au commentaire - seul notre choix étant critique.
Puis, un soir, dans une boîte de Dakar où jouait un orchestre, alors que nous parlions de cette difficulté première, François Belorgey a fait le pari de l'impossible : pari économique, pari de la qualité, pari d'une diversité à laquelle nous tenions chacun pour montrer que la musique d'un pays africain comme le Sénégal se composait non seulement des formes néo-traditionnelles comme le Mbalax ou le Yela, mais aussi des formes dites internationales comme le Jazz, le Blues et le Rap jouées avec le piment d'un fond culturel propre.
Ce disque s'inscrit parallèlement dans une logique de valorisation des moyens techniques de l'industrie musicale sénégalaise. Le Centre Culturel Français de Dakar, durant l'été 92, organisa dans le studio 24 pistes Xippi de Youssou Ndour, avec l'aide d'Afrique en Créations et du Conseil Francophone de la Chanson, une formation d'ingénieurs du son pour le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Bénin et le Burkina Faso. Ce qui a permis « aux ingénieurs africains non seulement de connaître le matériel technique, mais aussi de produire les meilleurs sons sans dénaturer la musique africaine » dit Youssou Ndour, enthousiaste. L'aboutissement naturel de cette formation est le disque Dakar '92. Écoutez donc ces talents nouveaux ou confirmés à qui nous souhaitons que ce premier enregistrement soit suivi de bien d'autres.»


art 01




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samedi 17 août 2019

L'Art d'Être Conscient n°6 : Swami Prajnanpad








Extraits de la page Facebook «L'Art d'Être Conscient»








« - Vous avez dit : «c’est un beau jardin».
Avez-vous vu le jardin ? L’avez-vous vu ?
- Non, non, je n’ai vu que l’image.
- Vous pensez que vous voyez, mais vous ne voyez pas.
Vous pensez que vous voyez. Quand Swamiji demande : «Qu'est-ce que c'est ?», vous dites «C'est un beau jardin.» Quelle est la signification de ceci ? Essayez d'en voir le sens. Dès que vos yeux se tournent de ce côté là, vous voyez un beau jardin. Ce qui signifie qu'immédiatement, vous allez vers une image qui vous apparait belle. Vous avez l'image de quelque chose de beau. Et vous juxtaposez cette image avec cela. Aussi, quand vous dites que vous le voyez, vous ne le voyez pas. Vos yeux sont tournés vers le jardin. Vous voyez - ou plutôt vous croyez voir - une belle image. Vous ne voyez pas le jardin.» 
(Sumangal Prakash, l'expérience de l'unité)

Ce qui empêche de «voir», c'est lorsque l'image mentale apparait, s'installe et se substitue à la vision, se faisant passer pour du réel; si ce processus n'est pas mis en lumière, il n'y a pas de vision, il n'y a que la pensée de vision : «vous pensez que vous voyez»

«Lorsque nous sommes capables de voir au-delà de la représentation holographique interne créée par le cerveau, lorsque la machine* devient pour nous transparente, nous pouvons alors observer le monde directement et dans ses moindres détails.» (E.J.Gold)

*Pour E.J.Gold, la "machine biologique humaine" désigne le corps, avec ses appareils mental, émotionnel et moteur.






vendredi 16 août 2019

La chèvre et la CX



C'était il y a sept ans...











lundi 12 août 2019

Michel Colombier : Wings







Extrait de la biographie de Michel Colombier, telle qu'elle figure sur le site officiel.



"...En 1968 Petula Clark le choisit comme directeur musical et lui demande de participer à son show spécial pour la télévision américaine. Durant son séjour à Los Angeles il reçoit ses premières offres de travail des studios Universal pour lesquels il écrit le score de Colossus. A l’automne de la même année Petula le présente à Herb Alpert, le célèbre musicien propriétiare des disques A&M. Ce dernier lui offre rapidement un contrat d’Artiste/Compositeur, qui donnera naissance à “Wings”. Cet album d’un nouveau concept sera salué comme “la première symphonie pop” et “le premier oratorio rock”. Il utilise une rhythmique rock, un ensemble de cuivres jazz/rock, un trio de cordes electriques mené par Jean-Luc Ponty, une armée de percussionistes, un choeur mixte, 5 chanteurs solistes et l’orchestre de l’Opéra de Paris.


Cet album lui vaudra d’être salué par la presse internationale comme l’égal de Bernstein, Gershwin et Zubin Mehta. Wings est nommé trois fois aux “Grammy” américains, reçoit le “Grand Prix de l’Académie Charles Cros” en France et le “Edison Prize” en Hollande. L’album Wings inspire la création d’un programme spécial pour la télévision canadienne, programme qui reçoit le “Genie Award” dans la catégorie “Best score”

Son grand ami, le peintre Folon, choisit “Emmanuel”, le solo de hautbois extrait de Wings, comme musique pour le générique que ce dernier crée pour Antenne 2."





01. Bill Medley - Freedom And Fear
02. Earth (Instrumental)
03. Thalassa (Instrumental)
04. Paul Williams - Doesn't Anybody Know
05. Pourquoi Pas (Instrumental)



06. Bill Medley - Morning Is Come Again
07. Vermettya Royster - For Those Who Cannot Hear  
08. Lani Hall - We Could Be Flying  
09. Emmanuel (Instrumental)  
10. Herb Alpert - All In All







samedi 10 août 2019

Musique Mystique de l'Islam







This volume focuses on the mystic music of the Islamic world―specifically Turkish mystics.
To Westerners, Islamic mysticism is practically synonymous with Sufism. Sufi poetry and
music have endured for centuries in various Islamic countries. In the mystical brotherhoods
music always had a revered and acknowledged place. Although the term music is never used in
mystical writings, but rather listening―voice, gesture and musical instruments are all aids to the devotee in his spiritual exercise, which leads him to ecstasy and to supreme union with God. In every case, the music draws its inspiration from the text, and its structure from a sophisticated set of modes, rhythms, and traditional forms.

Ce volume met l'accent sur la musique mystique du monde islamique, en particulier des mystiques turcs. Pour les Occidentaux, le mysticisme islamique est pratiquement synonyme de soufisme. Poésie et musique soufie ont perduré pendant des siècles dans divers pays islamiques. Au sein des confréries mystiques, la musique a toujours eu un rôle reconnu et vénéré. Bien que le terme musique ne soit jamais utilisé dans les écrits mystiques – on emploie plutôt le terme "écoute" – la voix, le geste et les instruments de musique sont autant d'aides au dévot dans son exercice spirituel, qui le conduit à l'extase et à l'union suprême avec Dieu. Dans tous les cas, la musique puise son inspiration dans le texte, et sa structure se fonde sur un ensemble sophistiqué de modes, de rythmes et de formes traditionnelles.


The tracks on this recording literally date from the V-XIV/11th-20th centuries featuring many
famous compositions such as Tekbir and Salavat-i Serife, known throughout the Islamic world
as two of the masterworks of one of Turkey's greatest composers. Also featured are ilahis
(hymns), excerpts of the sema ritual and dhikr (zikr in Turkey) ceremonies. Completing the
volume is a vocal performance of Surah 19, Ayet 115-117 of the Qur'an.

The ensemble performing on this volume consists of members of the Galata Mevlevi Music
and Sema Ensemble, based in Istanbul, Turkey.











mercredi 31 juillet 2019

L'Art d'Être Conscient n°7 - La poésie de l'Être








Extraits de la page Facebook «L'Art d'Être Conscient»







Une goutte de rosée

Ni au centre
Ni tout autour
Elle n'est nulle part
Et pourtant
Elle est partout
Cette lumière
Que l'on nomme Paix
Ou encore Joie
Mais qu'importe son nom
Elle remplit l'espace
Immense et indicible
De l'univers entier
Ou d'une seule
Goutte de rosée


Suspendue à ces mots
La goutte de rosée
Est restée bouche bée
Et à peine éveillée
Lentement l'ai savourée.

LM





«Être Conscient, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur, c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.»