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dimanche 8 novembre 2020

Tomber les peaux











Silence.
La nudité du silence.
L’Indicible se tait.
Se goûte nu de soi.
La langue le trahit,
Le mot le pointe
Mais le déforme.
La focale le limite
La perspective le tronque
La métaphore l’habille
Et le masque;
Le symbole le voile,
Et le mystère mystifié
Du mythe ment.
Pas de mots.
Rien de tout ça ne se parle
Rien de tout ça ne se pense.
Qui donc les aurait ?
Un doigt pointe la lune
Illuminé et pathétique.
Nécessaire et inutile.
Incontournable et trompeur
Si il ne touche au coeur
De l’intime résonance
D’une profonde harmonique.
Mais Ohhhhh…Douleur !
Comme l’oubli tombe vite
Qui obscurcit cette grandeur
Dés lors que je dis « moi »
A toute cette épaisseur…




......Alors?
Tomber les peaux,
L’une après l’autre.
Tous les savoirs
Présomptueux.
Tous ces « pourquoi »
Dont on est sûr !
Tous ces « comment »
Si indûment
Affirmatifs !
Tous les je sais ,
Les je crois ;
Les c’est ici !
Les c’est par là !
Les il faut
Les je veux ,
Les tu dois .
Les c’est moi
Les c’est toi …
Tout ce qu’on a appris.
Tout ce qu’on croit connaître.
Tout ce qu’on a été
Et tout ce qu’on croit être !
Retrouver la « Mémoire »,
Laisser grandir le feu
Au bois du Cœur de soi
Au creux de l'humus de l'étant
Jusqu’au dévoilement,
A la métamorphose :
A l’évidence de « Cela »
Au cœur de CELA….
Maintenant
(Texte et voix : Nadia Charandak / Piano : Michel Tardieu)





mardi 10 mars 2020

Henri Michaux : Compagnons




Sur un texte d'Henri Michaux, extrait de "La nuit remue", une improvisation par Pascale Valenta (voix) et Michel Tardieu (piano). Enjoy !







Henri Michaux : «Mes occupations»



Un texte d'Henri Michaux, illustré vocalement par Pascale Valenta, toujours sur le mode improvisé, avec Michel au piano.









dimanche 27 janvier 2019

Lieux silencieux, silence des mots, musiques du silence...







«Il n'y a pas à créer le silence, il n'y a pas à l'introduire en nous. Il y est déjà et il s'agit tout simplement de le laisser revenir en surface de lui-même, de sorte qu'il élimine par sa seule présence tous les bruits importuns qui nous ont envahis.»
(Un Chartreux)

(Chant grégorien des moines chartreux)




"Quand vous ferez le deux Un" (évangile selon Thomas, logion 22)

"Sadhana" est un terme sanskrit qui désigne la réalisation spirituelle.
Dans la plupart des traditions, il est fait mention d'un "son primordial" qui aurait créé le monde.
Ce son est souvent décrit comme une voyelle, considérée comme sacrée contrairement à la consonne qui vient interrompre le souffle.
L'idée d'y associer, plutôt d'intégrer, le "souffle-son" de la voix humaine au violoncelle s'est imposée à moi comme son dédoublement symbolique, retournant irrémédiablement malgré les méandres de nombreux chromatismes ou de quarts de ton vers l'unité vibrante de l'unisson.
Inspiré par le chant diphonique originaire de Haute Asie (l'organe vocal parvenant à combiner deux voix en même temps), j'ai souhaité que la musicienne trouve en son intimité le son "premier" de sa voix en une sorte de voyelle sans forme lorsque les lèvres sont totalement détendues. Le fait que la voix ne soit pas "travaillée" et que ce soit la même personne qui chante et joue est ici essentiel.
Quant au violoncelle, j'ai choisi d'en modifier la sonorité par l'emploi d'une scordatura ; la corde de do est abaissée au la ce qui a pour effet d'élargir la tessiture dans les profondeurs du grave mais aussi d'amplifier les vibrations par la résonance sympathique de cette corde détendue.
A la fin de l'œuvre, tel un mantra, le "m" nasal vient capter l'énergie pour l'ancrer au fond du corps.
Mon idéal serait que l'auditeur se retrouve dans un espace complètement inconnu, libre de toute mémoire, sans repère et donc ouvert, où les sons provenant de l'instrument violoncelle et ceux du corps ne pourraient être identifiés.
Au fond, ce qui nous touche dans une œuvre d'art ou un beau paysage, n'est-ce pas d'abord le mystère inconditionné qui l'a fait naître, comme le silence derrière la musique, ce silence qui est notre nature profonde et d'où peut naître toute créativité ?
Cette pièce est donc construite sur le silence, donnant vie à la manifestation, puis retournant au silence dont elle avait émergé.
Composée à la mémoire d'Olivier Greif, elle se fait l'écho de nos années d'échanges en matière d'art et de spiritualité. Elle porte ma reconnaissance pour la confiance enthousiaste et bienveillante qu'il a toujours manifestée auprès du jeune compositeur que j'étais.
(Pascal Amoyel)





ll y a « un endroit » qui est Silence total. Ce Silence est toujours là et se vit en permanence. Il n'est pas l'opposé du bruit, il contient tout, les sons et l'absence des sons, il en est la trame. Lorsque le mental se tait il est possible d'en faire la pleine expérience. La plupart du temps, notre attention se porte sur le monde des pensées qui ne sont que les vaguelettes de l'Océan de Silence qui est en arrière-plan.
Se reconnecter à ce Silence permet de se retrouver réellement. A partir de l'Océan, les vaguelettes ont une tout autre saveur.
Le Silence dont il s’agit n'est pas l'opposé du son, ou le synonyme de l'absence, c'est la nature même de l'être, de la conscience. Ce n'est ni une qualité ni une expérience, c'est simplement l'absence de nous-même en tant que personne, révélant la présence de soi en tant qu'être.
C'est la trame invisible et immatérielle de tout ce qui est, celle qui donne naissance, soutient et absorbe toute perception. C'est l’inconnaissable tranquillité absolue.
Impalpable, invisible, inconnaissable, indescriptible, ne peut que se savoir être.
(Dayana Boisset)

(Partie VIII du «Quatuor pour la fin du temps», d'Olivier Messiaen)





Quand passe la musique ne vient que le silence
On sait que tout est dit de toute éternité
On s'arrête gravement chaque fois qu'elle s'avance
Cueillant en son sourire la fleur de vérité
On se tait on écoute la voix de l'évidence
Quand passe la musique ne reste que le silence

(Improvisation - Nathalie Meier, Flute à bec)



Le monastère de la Grande Chartreuse, vu du sommet du «Grand Som» (2026m)


lundi 12 mars 2018

Cascade, Présence, Vivance (2013)



C'était il y a cinq ans...






Cascade, Présence, Vivance







lundi 29 janvier 2018

Froid, Soleil, Camembert, Citrouille...



Il y a six ans...




A la fin de nos concert, nous aimons nous livrer à quelques fantaisies improvisées sur des mots choisis par le public : en voici quelques unes, enregistrées fin Août 2011 lors du festival "Malices et Merveilles", à Beauvais.






Des news de DuoChenko



lundi 11 décembre 2017

Il est des mots qui chantent comme on berce un enfant...







Sur un texte de Lise, voici deux essais sonores et musicaux improvisés en décembre 2008 par Pascale Valenta au chant et Michel au piano.


IL EST DES MOTS

Il est des mots qui blessent comme un coup de poignard
des mots sortis tout droit d'un immense trou noir
affutés de rancunes et de désespoirs
qui jaillissent soudain au grès de nos humeurs
comme des pantins avides de nos peurs.

Il est des mots qui chantent comme on berce un enfant
des mots vibrant d'amour qui s'élancent en dansant
ciselés d'innocence et de joie
qui tissent dans nos mains la toile du bonheur
comme un magicien penché sur notre cœur.

Il est des vents violents, tourmentés et contraires
témoins de nos misères
qui secouent par moment nos êtres éphémères.

Il est des souffles purs ,voluptueux et sincères
messagers de lumières
qui nous portent au de là de nos simples misères.

Il est au beau milieu celui qui sait se taire
cette part de nous même qui croit que le mystère
est plus grand que le verbe et plus fort que le temps.
et que d'intenses joies naissent des contraires
comme une roue sans fin, indicible prière.






Les mots se posent en nous en une vibration..
Un autre les saisit, les prend en sa demeure ,
les réchauffe à l'abri de son cœur,
Pour les porter ailleurs.

Vagabonds, voyageurs, les mots n'ont ni lieu ,ni heure pour tisser le bonheur ..
Il suffit d'un regard,d'une voix, d'une oreille attentive jusqu'au bout des doigts ..
pour que la magie soit.

Alors d'un seul élan,
Joyeux, libres, insouciants..
ils s'envolent légers,

Portés par le Désir ardent
qui nourrit la Parole de notre cœur d'enfant.

Il ne reste alors plus de mot pour qualifier ce présent..
Qu'une infinie gratitude d'être vivant.

Lise





jeudi 10 août 2017

Un petit coin de poésie...






Matin (Frederico Garcia Lorca)

Par Fannie, 11 ans.




Pour un art poétique (Raymond Queneau)

Par Julie, 13 ans




Il y a les mots ..
Il y a la voix ..
Il y a les doigts ..

Le tout réuni
chante la voie,
ce qui se pose
dans cet espace là
vibrant de Joie.

Lise





lundi 31 juillet 2017

Lumière du Désert




(Photo : iPapy)


La base musicale jouée au piano ainsi que la voix et le texte ont été entièrement improvisés, en une seule prise. J'ai rajouté ensuite quelques instruments (orgue, basse, etc). Piano : Michel // Voix et texte : Sophie







lundi 3 avril 2017

En diminuant...tout doucement







Piano : Chronophonix //Flûte : Nathalie MT





vendredi 24 mars 2017

Sakshi Musical Emporium



C'était il y a quatre ans...




Cela faisait déjà un petit moment que je souhaitais acquérir un harmonium indien : un instrument léger, peu encombrant, autonome, écologique...eh bien c'est fait. Une occasion sur le net, et le larron a suivi ! Voici un premier aperçu de l'instrument.




Improvisation en mode Lydien






jeudi 24 novembre 2016

Intuition, Improvisation, Humour...






Voix et texte : Léa Lucille
Piano : Michel Tardieu




Voix : Pascale Valenta
Texte et piano : Michel Tardieu



Voix et texte improvisé : Sophie Chenko
Piano : Michel Tardieu







mardi 22 novembre 2016

mardi 15 novembre 2016

Je t'envoie le vent des cimes










Voici une création collective : le poème "Je t'envoie", écrit par Lise Gary et publié initialement fin mai 2008 s'est vu adjoindre une coda grâce aux mots que la lecture de ce poème a fait jaillir sous ma plume, et ce texte dédoublé s'est vu mis en musique quelques mois plus tard sous forme d'une improvisation avec Pascale Valenta au chant et moi-même au piano.







Je t'envoie le vent des cimes
qui claque au visage
et siffle en gambadant
d'un air insolent .

La fine libellule
et le papillon blanc
qui butinent en chantant
les fleurs des champs .

Le ruisseau qui s'éclate
en bondissant
et de sa mousse nappe
l'air en passant .

La fauvette légère
au détour d'un buisson
qui part à tire d'aile
vers l'horizon.

Et la rosée qui perle
aux doigts des primevères
avec un air narquois
qui dit " vous ne m'aurez pas " .

Tout un monde tranquille
épris de liberté
qui vit à l'écart des chemins fréquentés
et tisse en silence sa destinée.






Je t'envoie le temps qui s'arrète
au détour de tes mots rassemblés
en un message scintillant de douceur
celle du brin d'herbe qui ondule pensivement
celle du petit matin chatoyant et vibrant
sous un soleil naissant
celle de la brume
qui enfume les hauteurs à l'horizon desquelles
va naitre le bleu du ciel
celle des chants d'oiseaux qui me bercent tendrement
et me murmurent : "attends, attends"
celle du ruisseau qui mousse et bondit
eclatant l'air en passant
celle de la luciole rêveuse
invitant qui veut bien prendre le temps
de savourer sa modeste lanterne
celle du vent qui coule
et roule dans les vallons

J'aime tout ce monde tranquille
épris de liberté
qui tisse en silence
sa symphonie sacrée







samedi 29 octobre 2016

Le Piano de Claire