jeudi 30 août 2018

Darras & Desumeur : Lucy dans un ciel de diamants






Le titre "Les diamants de Lucy" est un hommage musical et poétique rendu aux Beatles, dont le morceau "Lucy in the sky with diamonds" fait l'objet d'une interprétation en français par ces deux musiciens : ce sont les deux extraits publiés ci-dessous.



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(Paroles et musiques, 1978)


mardi 28 août 2018

Du temps et des chats






J'ai emprunté le titre de cet article (dont la première publication date de mai 2009) à Howard Fast, qui a intitulé ainsi l'une des histoires de son recueil de nouvelles "Au seuil du futur". Le chat évoque pour moi en effet l'intemporalité, la présence tranquille et paisible qui s'étire paresseusement tout au long de la journée et m'incite souvent à en faire autant!


Les chats baillent parce qu'ils se rendent compte qu'il n'y a rien à faire. (Jack Kerouac)




Chaque chat est un chef-d'œuvre. (Léonard de Vinci)


On ne choisit jamais un chat : c'est lui qui vous choisit.
(Philippe Ragueneau)



La mélancolie, c'est un chat perdu qu'on croit retrouvé. (Léo Ferré)



Les chats ont pris leur existence comme une donnée de la création. (Franz Kafka)



Il y a deux moyens d'oublier les tracas de la vie : la musique et les chats. (Albert Schweitzer)



Une maison sans chat est un aquarium sans poisson. (Jean-Louis Hue)



Le chat

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
caressée une fois, rien qu'une.

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu.

Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant
Se retournant docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je le vois avec étonnement
Le feu de ses prunelle pâles
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Charles Baudelaire



" J'écoutais celui-ci grave, celui-là argentin, le double ronron, mystérieux privilège du félin, rumeur d'usine lointaine, bourdonnement de coléoptère prisonnier, moulin délicat dont le sommeil arrête la meule. "


Colette




J'ai trouvé quelques unes de ces citations ainsi que le poème de Baudelaire sur l'excellent site Culture Chat, qui, comme son nom l'indique, est consacré au chat sous toutes ses déclinaisons.

Et pour terminer, deux musiques "félines" : le duo miaulé, extrait de "L'enfant et les sortilèges", de Maurice Ravel et Colette, et "The cat", par le James Taylor quartet.


Et comme je supprime les originaux des articles republiés, voici les commentaires qui accompagnaient celui-ci, en mai 2009...









dimanche 26 août 2018

Syd Barrett (1970)









DOMINOES

It's an idea, someday
in my tears, my dreams
don't you want to see her proof?
Life that comes of no harm
you and I, you and I and dominoes, the day goes by...

You and I in place
wasting time on dominoes
a day so dark, so warm
life that comes of no harm
you and I and dominoes, time goes by...

Fireworks and heat, someday
hold a shell, a stick or play
overheard a lark today
losing when my mind's astray
don't you want to know with your pretty hair
stretch out your hand, glad feel,
in an echo for your way.

It's an idea, someday
in my tears, my dreams
don't you want to see her proof?
Life that comes of no harm
you and I, you and I and dominoes, the day goes by...





mardi 21 août 2018

Muriel Laude : Calling you




Pianiste, chanteuse, créatrice d'harmonies subtiles, elle invente à chaque fois une nouvelle version des morceaux qu'elle interprète: ici, la chanson du film «Bagdad Café»




(peinture d'E.J.Gold)








lundi 20 août 2018

South World Impro Music


Repost : article publié initialement le 20-08-2008




Le projet de cet enregistrement remonte à l'automne 2007, initié par Anne-Marie Guillaumat (Guitare basse, composition) et Michel Dolique (Batterie, composition), deux artistes avec qui j'avais déjà travaillé une dizaine d'années auparavant au sein du collectif «Melting Potes».




Les répétitions se sont échelonnées sur six mois, et nous avons enregistré l'ensemble en deux jours, en temps réel : pas de "recording", tout est "live". Ça se passait aux studios La Buissonne, Pernes-les-Fontaines.




Voici deux morceaux extraits de l'album.







dimanche 19 août 2018

Jean de La Fontaine : Le loup et le chien







«Le loup et le chien», de Jean de Lafontaine, illustre à merveille les deux options qui à chaque instant nous sont offertes : être enchaîné à notre mental et nos émotions qui nous procurent une forme de sécurité et de confort illusoires en nous poussant sans cesse à consommer et acquérir des biens matériels, ou vivre dans la conscience libre qui ne nous garantit aucunement que notre vie sera facile et confortable, mais qui nous invite en toute circonstance à «suivre la joie».





Le Loup et le Chien

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
«Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin.»
Le Loup reprit : «Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
«Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.»
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.






mardi 14 août 2018

Une si douce compagnie...
















Cliquer sur les images pour ouvrir le diaporama haute résolution



The Kinks




The Kinks est un groupe de rock anglais formé en 1964 à Muswell Hill, dans le nord de Londres, par les frères Ray et Dave Davies. Il est considéré comme l'un des groupes les plus importants et influents de son époque. (Suite sur Wikipedia)

The Kinks (argot anglais : les excentriques) fait donc partie de ceux dont la carrière s'est installée dans la durée, à l'instar des Beatles ou des Rolling Stones. J'ai choisi le titre qui représente pour moi ce que j'ai le plus aimé dans la musique de ce groupe, la voix fragile de Ray Davies, une ambiance mélancolique, bien qu'ancrée dans le rock, une recherche indéniable dans l'instrumentation; en bref, "Dead End Street" reste l'un de mes morceaux préférés de la "pop music" de cette époque. Et puis en bonus, un autre titre excellent, "Sunny Afternoon".



Dead End Street

There's a crack up in the ceiling,
And the kitchen sink is leaking.
Out of work and got no money,
A Sunday joint of bread and honey.

What are we living for?
Two-roomed apartment on the second floor.
No money coming in,
The rent collector's knocking, trying to get in.

We are strictly second class,
We don't understand,
(Dead end!)
Why we should be on dead end street.
(Dead end!)
People are living on dead end street.
(Dead end!)
Gonna die on dead end street.

Dead end street (yeah) (x2)

On a cold and frosty morning,
Wipe my eyes and stop me yawning.
And my feet are nearly frozen,
Boil the tea and put some toast on.

What are we living for?
Two-roomed apartment on the second floor.
No chance to emigrate,
I'm deep in debt and now it's much too late.

We both want to work so hard,
We can't get the chance,
(Dead end!)
People live on dead end street.
(Dead end!)
People are dying on dead end street.
(Dead end!)
Gonna die on dead end street.

Dead end street (yeah) (x2)

(Dead end!)
People live on dead end street.
(Dead end!)
People are dying on dead end street.
(Dead end!)
Gonna die on dead end street.

Dead end street (yeah)
Head to my feet (yeah)



samedi 4 août 2018

FAQ : Voir ou penser ?






Nous allons utiliser ici des termes empruntés à un article américain traitant d'expériences scientifiques menées sur des pratiquant bouddhistes en état de méditation. Voir sera dénommé "focus expérientiel", penser "focus narratif".



Voici donc les définitions :

The Nar­ra­tive Baseline (le focus narratif)
“When you expe­ri­ence the world using this nar­ra­tive net­work, you take in infor­ma­tion from the out­side world, process it through a fil­ter of what every­thing means, and add your inter­pre­ta­tions. Sit­ting on the dock with your nar­ra­tive cir­cuit active, a cool breeze isn’t a cool breeze, it’s a sign than sum­mer will be over soon, which starts you think­ing about where to go ski­ing, and whether your ski suit needs a dry clean.”

Lorsque vous expérimentez le monde par l'intermédiaire du mode narratif, vous prenez une information dans le monde extérieur, la traitez à travers le filtre de la signification, et ajoutez votre interprétation. Assis au bord de l'eau avec votre circuit narratif en activité, une douce brise n'est pas une douce brise, c'est le signe que l'été va bientôt se terminer, ce qui vous amène à penser à vos prochaines vacances d'hiver, où vous pourriez aller skier, et s'il ne faudrait pas faire nettoyer votre combinaisosn de ski.

The Expe­ri­en­tial Experience (le focus expérientiel)
“When this direct expe­ri­ence net­work is acti­vated, you are not think­ing intently about the past or future, other peo­ple, or your­self, or con­sid­er­ing much at all. Rather, you are expe­ri­enc­ing infor­ma­tion com­ing into your senses in real time. Sit­ting on the jetty, your atten­tion is on the warmth of the sun on your skin, the cool breeze in your hair, and the cold beer in your hand.”

Quand le mode expérientiel est activé, vous ne pensez pratiquement plus au passé ni au futur, ni aux autres personnes, ni à vous-même, ni à quoi que ce soit d'autre. Vous êtes plutôt connectés en temps réel à l'expérience directe offerte par vos sens. Assis au bord de l'eau, votre attention se porte simplement sur la chaleur du soleil sur votre peau, la douce brise dans vos cheveux, et la bière fraîche dans votre verre.




Et voici un commentaire que m'avais envoyé un pratiquant bouddhiste également américain sur ce sujet :

«En ce qui concerne la perception directe des pensées, il y a une distinction à faire entre ce que nous pourrions appeler le "focus narratif" et le "focus expérientiel". Le focus narratif est l'état dans lequel nous passons la plus grande partie de notre vie, et c'est la raison pour laquelle nous avons une si pauvre acuité perceptive, incluant les pensées.
Le focus expérientiel nous connecte directement avec les sens; cela ne veut pas dire que les pensées cessent complètement, mais qu'elles sont vues simplement comme une partie de l'expérience. Si pour vous le fait d'avoir des pensées vous coupe de vos autres sens (qui est le mode par défaut pour la plupart d'entre nous), cela signifie simplement qu'il y a une forte attraction vers le focus narratif. La question n'est pas de condamner la pensée, mais de se maintenir en focus expérientiel. La plupart des personnes auront besoin de cultiver cela, et peuvent y être aidées par les divers "basculements" de conscience pouvant se produire ça et là au cours du chemin spirituel.» (Mark Pratityasamutpada)



Conclusion : Voir ou penser, il faut trancher !