La plupart du temps, lorsque des personnes viennent humer une fleur, une rose par exemple, ils font deux choses : d'abord, ils identifient le parfum, (oh, ça sent la rose, aucun doute à ce sujet), ensuite, ils pensent, ou disent "ça sent bon"; et c'est tout, il s'en vont et oublient la rose.
Ainsi, ils n'ont pas vraiment senti quoi que ce soit, ils ont juste pensé à la rose et au parfum , en le qualifiant la plupart du temps d'agréable ou désagréable.
Mais si je veux connaître ce que le "sentir" est vraiment, quelle est la nature du "sentir", je vais garder mes narines grandes ouvertes tout contre la fleur et respirer le parfum pendant 15, 20 secondes ou plus, et voir/observer/ressentir en profondeur ce qu'il se passe. Après, mettons 30 secondes de pur "sentir", sans aucune pensée, je m'arrête et passe à autre chose. Pas de mots, pas de conclusion, juste l'instant présent et l'expérience complète, vivante du "sentir".
C'est un bon exercice, parce qu'il est difficile de trouver des mots pour décrire ce genre d'expérience; si l'on observe une rose pendant 30 secondes, on pourra surement parler pendant 30 secondes au sujet de cette observation; par contre, si l'on respire le parfum d'une rose pendant 30 secondes, il va être bien malaisé d'en parler pendant 30 secondes...
Là où je vis, au printemps, je peux passer de la rose aux lys, puis au lilas pour terminer avec les iris : quatre parfum très différents, qui se résolvent en une unité, la véritable nature du "sentir".