samedi 9 décembre 2017

Etre nu. La sourate du vide.






Désapprendre. Déconditionner sa naissance.
Oublier son nom. Être nu.

Dépouiller ses défroques. Dévêtir sa mémoire.
Démodeler ses masques.

Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes.
Désengranger ses doutes. Désemparer son être.

Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins.
Défeuiller ses désirs. Décharner ses passions.




Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir.
Déconcerter l'antan. Décourager le Temps.

Déjouer la déraison. Déflorer le délire.
Défroquer le sacré. Dégriser le vertige.

Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad.
Découronner Moloch. Détrôner Léviathan.

Démystifier le sang. Désosser le singe.
Déshériter l'ancêtre.




Désencombrez votre âme.Déséchouez vos échecs.
Désenchantez le désespoir. Désenchantez l'espoir.

Délivrez la folie. Désamorcez vos peurs.
Désarrimez vos cœurs. Désespérez la Mort.

Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis.
Désapprenez vous. SOYEZ NUS....




J. Lacarrière: «la sourate du vide»


vendredi 8 décembre 2017

Amanita Muscaria Cevenolensis








Les propriétés hallucinogènes de l’Amanite tue-mouches sont connues et utilisées depuis tout temps. Déjà dans l’Inde antique elle entrait probablement dans la composition du Soma, boisson divinisée nécessaire à l’immortalité des dieux et aux sacrifices faits par les hommes. Son effet était puissant: il agissait sur la pensée et sur le corps; il donnait les idées, la vigueur intellectuelle, la force et le courage physique; il guérissait les malades et renforçait la puissance sexuelle.





Les Amérindiens semblent également avoir eu recours aux propriétés hallucinogènes de cette amanite tout comme certaines tribus sibériennes lors de rituels chamaniques. C’est ainsi que les peuplades du Kamtchatka ne disposant pas d’une quantité suffisante de drogue pour leurs cérémonies collectives avaient recours à un rite particulier et surprenant: un premier individu absorbait le champignon puis un second recueillait les urines de ce dernier afin de les boire, les substances chimiques responsables de la toxicité du champignon étant éliminées sous forme active dans les urines. Le gobelet passait ainsi de mains en mains et alors que seul le premier individu avait consommé le champignon toxique, plusieurs pouvaient jouir de ses effets psychotropes.





Plus récemment, l’Amanite tue-mouches est consommée comme drogue par les Lapons. Ils font sécher le chapeau afin de concentrer les toxines puis l’avalent sans le mâcher. Il se peut que ce soit en observant ses effets sur les rennes que sa consommation soit devenue courante. En effets ces animaux l’apprécient au point qu’il suffit pour rassembler un troupeau de disposer sur le sol des morceaux de ce champignon.
On prétend également qu'au XIXème siècle, pendant la guerre qui opposa la Suède à la Norvège, certains soldats suédois se droguaient avec l'Amanite tue-mouches avant de partir au combat.





Cette amanite doit son nom vernaculaire de « tue-mouches » au fait qu’elle était utilisée autrefois comme insecticide, rompue dans une jatte de lait pour engourdir les mouches (propriétés insecticides imputables aux substances ci-dessus évoquées). (Source des textes : Clic' Amanites)




jeudi 7 décembre 2017

L'art de la conversation







René Magritte : "L'art de la conversation"


Deux hommes en conversation. Petits. Insignifiants. Dans leur dos, un énorme monument, aux montants gigantesques avec dalles en tous sens, dont les pierres entassées ne laissent guère d'espace qui puisse être utilisé. Les deux hommes continuent à parler. Parler ! C'est d'avoir parlé qu'il reste partout des constructions, des cons­tructions embarrassantes, inutiles, de­venues énormes, cyclopéennes, de plus en plus inutiles, sans emploi, par l'adjonction de nouvelles paroles, de nouveaux parleurs... qui toujours lais­sent des restes. Et devant un de ces vastes monuments aux grandes pierres entremêlées où il n'y a même pas une pièce où l'on pourrait se tenir, où l'on ne passe plus, les deux hommes, sans tourner la tête, sans y faire atten­tion, s'entretiennent, les inconscients !

A mesure qu'ils discourent, ne pour­raient-ils voir les encombrants additifs qui vont encore prendre du peu de place qui reste ? Non, il y faut du temps. Ce sont d'autres qui le verront, qui plus tard, parlant aussi, viendront passer devant le monument agrandi, de plus en plus massif, de plus en plus inutilisable.
C'est pour avoir tellement parlé et écrit qu'il y a de par le monde tant de restes qui, avec leur sérieux « déplacé » ont une résistance de pierre à tout ce qu'on aurait besoin de faire de véritablement nouveau. De ces con­fuses pierres, un silence sort, un empê­chement, pierres pour entraver l'esprit, pour entraver la marche, pour entraver l'avenir. Pierres ! Républiques de Paroles.
Mais peut-être ces deux hommes ont-ils eu le besoin de se sentir évo­luer sur un fond important, archéo­logique ? L'humain — en somme — c'est leur groupe.

Henri Michaux, extrait de "En rêvant à partir de peintures énigmatiques".



mercredi 6 décembre 2017

Jean-Pierre Massiera : Visitors









1974 voit la naissance d’un album devenu « incontournable » pour qui veut pénétrer dans le monde de cet artiste libre, autodidacte et un brin déjanté …« VISITORS »
Premier album réalisé dans son nouveau studio, « Le Studio 16 », plus connu sous le nom de " Studio d’Antibes ".
Les années 70 étaient le théâtre de phénomènes paranormaux et d’apparitions extra-terrestres, largement relatés dans la presse de l’époque. Ajoutez à cela, la fascination d’un homme pour la science fiction, et vous obtiendrez un O.V.N.I appelé " VISITORS ".
(Premier enregistrement d'un jeune virtuose du violon... Didier Lockwood).

A noter que le titre « Nous » a été réalisé en collaboration, et pour le plus grand plaisir de JP, avec Francis Lockwood, Pianiste talentueux et frère ainé de Didier.

Le titre " Terre-Larbour " avait été fait en Parodie de " PEARL HARBOR " et les " Extra Terrestres " remplaçaient les Japonais qui avaient attaqué les Navires Américains en 1944.

Le studio "Antibes", qui n’avait rien à envier aux studios de la capitale, a été fréquenté, entre autres, par John McLaughlin et Bill Wyman des Rolling Stones. Plus que la qualité du matériel, ce qui poussaient les artistes à enregistrer au studio d’Antibes, c’était son ingénieur du son, je parle bien sûr de Massiera JP.

Rapidement, ce lieu fut considéré comme " la Mecque du disco dans le sud de la France ". Face à un " client " ou à une commande de Major, il ne se contentait pas de faire son travail en professionnel, il s’engageait, participait, apportait sa petite touche personnelle.
A ce sujet, il dira : " La Musique me possède plus souvent par l’incarnation du musicien que du sorcier exorciste des studios qui s’emmerde à écouter du son sans le percevoir ".







mardi 5 décembre 2017

Le chant Mozarabe







Le chant mozarabe est propre à la liturgie de la péninsule ibérique. Il occupe une place de première importance dans l'histoire de la musique occidentale à côté d'autres branches du chant liturgique latin comme le chant Grégorien ou le chant Ambrosien.
 

Mozarabe signifie "arabisé" et désigne les chrétiens qui vivaient dans la Péninsule Ibérique sous la domination musulmane. (en savoir plus )




Chant Mozarabe - Cathédrale de Tolède (XVe siècle)
Ensemble Organum - Marcel Pérès





vendredi 1 décembre 2017

La Valse Hésitation





René Magritte : "La Valse Hésitation"


Il suffit que l'on applique à une pomme, posée sur une table, un masque ou plutôt un loup, pour qu'elle regarde. Masquée, rien ne l'empêche plus d'être une personne dans cette pièce tranquille, où on ne va pas la déranger. La voilà aussitôt prête, inquiète, ou décidée.
Et si elles sont deux ? Mas­quées toutes deux ? Eh bien, ménage, c'est-à-dire précisément personnes mas­quées, l'air d'avoir à vivre ensemble, de feindre de s'entendre, de tenter de se défendre, l'air critique, l'air du couple, l'air du duo, l'air qu'on a lorsqu'on est pris par des sentiments familiaux, bourgeois, lesquels ne de­mandent décidément qu'à revenir, fût- ce dans une pomme ; masque prêt à tout.
...Masque: tout ce qui reste du culte du bandit.

Henri Michaux, extrait de "En rêvant à partir de peintures énigmatiques".