dimanche 11 mars 2018

Aziza Mustafa Zadeh : Bana bana gel (bad girl)









Aziza Mustafa Zadeh est une chanteuse et pianiste de jazz Azerie, née le 19 décembre 1969 à Bakou (Azerbaïdjan).




Voici  "Bana Bana Gel (bad girl)", extrait de l'album "Dance of fire".






Et en bonus, deux versions du morceau de rappel de cette grande artiste : «Tiramisu, Cappuccino !»














jeudi 8 mars 2018

Éoliennes : les étapes de leur construction








Cliquer sur l'image, puis utiliser les flèches droite et gauche du clavier.



mardi 6 mars 2018

Tout est à sa place...








La vie
Agile
S'élance.

Ce mouvement n'attend pas
Ne se presse pas
Il surgit.

Venu de nulle part
Il n'a pas de but
Il s'étend.

Sans forme particulière
Ni signe distinctif
Il Est.

Si bien qu'on y entre
Comme on en sort
En le touchant.

Il se trouve
Où on ne le cherche pas
En notre pas.

Ainsi pourrait on dire
Que la fleur est sortie
trop tôt.

En écoutant plus finement
Quelque chose nous dit
Que tout est à sa place.
Lise


jonquille 01


La neige a fondu, la fleur est restée en place, là où elle a toujours été puisque ce lieu, c'est maintenant, et que maintenant, tout est parfaitement à sa place.(mars 2010)


jonquille 03





dimanche 4 mars 2018

Bashung : Fantaisie militaire







Fantaisie militaire (Alain Bashung)


Au pays des matins calmes
Pas un bruit ne sourd
Rien ne transpire ses ardeurs
J'aimais quand je t'aimais
J'aimais quand je t'observais
J'étais d'attaque

J'sais plus qui tu es
Qui a commencé
Quelle est la mission
Soldat sans joie va déguerpis
L'amour t'a faussé compagnie

Des nuits sans voir le jour
À se tenir en joue
Des mois à s'épier passés à tenter
De s'endormir hanté
Ne plus savoir

Sais-tu qu'la musique s'est tue
Sais-tu qu'un salaud a bu l'eau du nénuphar
L'honneur tu l'as perdu sur ce lit de bataille
Soigne les hommes à poigne
Soulage la pâtissière
Erre, erre, erre, erre...






Ode à la vie (Alain Bashung)

Elle a jonché d’or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l’ampleur m’a fait me fissurer

Ode à la vie
Ode à la poésie
Ode à la parodie

Petit baigneur
Fait des longueurs à longueur d’odyssée
Brasse petit verni
À bras raccourcis
Brasse petit gabarit
Brasse
Brasse

Engloutis mes péchés véniels
Mes blasphèmes en apnée
Brasse

Elle a jonché d’orchidées l’enfer de ma marelle
Elle a saupoudré de courage mes limbes
Elle m’a arraché un sourire
Elle m’a dit polie polisson ces gravillons

J’fais la noce
J’fais la noce avec Yasmina
Je divorce avec la Grande Ourse
Aux équinoxes il arrive que je penche

Aux orties les ciels de réglisse
Au pilori mes éclipses
À la trappe rodéos corridas civière sparadrap
À découvert le ventre à l’air
Ancré dans la baie du bonheur
Lancer des frisbees dans les jardins de Libreville
Lancé. Hop. Attrape. Loupé





samedi 3 mars 2018

jeudi 1 mars 2018

Henry Miller : Voir tout à coup...





« Voir tout à coup...

Tout à coup vous vous rendez compte que votre vie était une éclipse totale; le soleil avait disparu et vous n'imaginiez même pas qu'il pût exister un soleil, mais seulement cette tache noire devant vos yeux, seulement vous-même et votre idée de la vie. Et tout à coup on vous opère de la cataracte; et tout à coup vous voyez ! Alors vous laissez aux aveugles le soin d'additionner deux et deux. En un instant, tout est chamboulé, et personne désormais ne peut troubler votre vision. Ils peuvent vous tuer, ils peuvent vous découper en rondelles, votre vision demeure intacte. Cela est, simplement. Quand un homme voit cela, le monde se met à trembler, et les cataclysmes se déchaînent. Les philosophes et les historiens auront beau déclarer que les temps ne sont pas mûrs (et les temps ne sont jamais mûrs pour les historiens et les philosophes, sauf quand il s'agit du passé), l'homme qui voit tout à coup annonce les temps, et les temps sont toujours mûrs car ils ne font qu'un avec sa vision. Pour briser cet homme, pour le découper en rondelles et détruire sa vision, il faut des siècles et des siècles de temps futurs. Et même après des siècles et des siècles sa vision n'est jamais complètement détruite. Elle est un peu brouillée, mais alors un autre homme se lève, et il voit; c'est la même vision. Et cet homme ne perd pas son temps à écrire des livres, à fabriquer des philosophies. Cet homme dit simplement ce qu'il voit, et il s'en va tout droit vers sa mort. Et tout en marchant il voit et il dit ce qu'il voit : chaque pas qu'il fait, chaque parole qu'il prononce est une rupture définitive avec le passé. Il n'a pas de souvenirs, pas d'espoirs, pas de regrets. Ni femme ni amis. Ni loyauté non plus. Il va, plein d'une froide compas­sion, maître suprême de l'ironie, et acteur principal dans le drame de l'homme. »

Henry Miller, Hamlet