Quelques musiques de DuoChenko (déjà publiées, mais c'est l'occasion de les redécouvrir...)
Texte, voix et musique, tout est improvisé en temps réel : on s'amuse bien, avec DuoChenko!
"J'avais plus rien"
DuoChenko, the beginining (il y a vingt ans...)
Une "méditation improvisée" de quinze minutes, la musique et le texte ont jailli spontanément lors d'un instant de grâce, rien n'a été changé, il y a juste quelques instruments rajoutés ensuite, par ci, par là...(possibilité de télécharger cette musique.)
HIC ET NUNC
1 Des heures, des mois, des jours, des années, des semaines, des siècles A contempler l’humanité Déchirements, torture de l’espèce Des jours, des mois, des années, des siècles A imaginer que demain, perdu dans le lointain, demain sera meilleurs ? Torture de l’esprit, de l’espèce Humanité à la dérive Sans cesse recommencer Les mêmes mots, le même mal Toujours renouvelé Un poids sur le coeur à contempler les heures Qui passent, s’effacent l’une après l’autre Tandis que l’humanité se vautre Désir inassouvi Je donnerais ma vie Pour que s’arrête l’infernale fête Des cris, impatience, folie Une danse amère Partir vers d’autres sphères Et pouvoir crier de bonheur Etre simplement à l’heure Du rendez-vous céleste Simplement s’appuyer Sur cette chimie organique, organisée Sans cesse recommencer Sans substance Que l’essence Et les sens En suspens Dans le temps Sourire de ne plus souffrir S’ouvrir Arrêter de fuir Vivre au présent Ce temps là Ici et maintenant
HIC et NUNC Savourer les délices sans vice Que la saine jouissance D’un instant écoulé Unique, grandiose Flottement de mon âme En partance vers d’autres horizons Un espace dans mon temps Au présent A l’instant même Ici
Hic et Nunc ( particulièrement aujourd’hui ).
2 Gestuelle, néant, sentiments multiples, sensation agréable Une présence réchauffe mon coeur Pour me mener là vers des chemins illuminés Présence d’amour Rejoindre ni un être, ni un objet, Mais une conscience Vacance Du mental, Du social, Du banal Etre Etre là Et sentir ça Délier, dévérouiller, ouvrir Prendre, et donner et recevoir Et croire encore qu’il est possible de connaître de tels instants L’autre, pas forcément l’enfer Une petite mise au point à faire Pour manger à en crever de ce sentiment là Plénitude Plus de questions, d’interrogations, dépressions, frustrations Abandon de tout, de moi, de ça, de soi Là, plus d’images, plus de miroirs Plus de portraits, plus de photos Etre là Comme ça Y être vraiment On ne peut même pas dire pour longtemps Y être, c’est y être toujours C’est la voix de l’amour Qui m’a parlé sans me parler Touchée profondément Renvoyer cette présence et cette chaleur Aux gens qui souffrent Qui sont seuls dans le malheur Comprendre que les choses sont simples Les laisser se réaliser Renvoyer la lumière pour la grossir encore Démesurément Qu’elle submerge tous ces gens Perdus, seuls face à eux-même Est-ce que je m’aime Ce que je suis Qu’est-ce que je suis Qu’est-ce que je sens Abrutie par le bruit La rumeur grandissante De la mauvaise pente sur laquelle nous glissons Réagir Ne pas laisser s’éteindre le faisceau continu Et pleurer De bonheur
Sophie Chenko (texte et voix), Michel Tardieu (musique), Novembre 1992.