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samedi 11 mai 2019

L'Art d'être Conscient n°23 : Swami Prajnanpad & Arnaud Desjardins









Extraits de la page Facebook «L'Art d'Être Conscient»







«La véritable méditation est une activité non seulement différente mais même, en un sens, opposée à toutes celles que nous connaissons. Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé.
Pour comprendre l’essence de la méditation, il faut se souvenir de cette affirmation que nous sommes déjà ce que nous aspirons à être mais que nous n’en sommes pas conscients. Vous connaissez l’image que j’ai si souvent employée : « Nous sommes tous déjà nus sous nos vêtements. » Du fait des vêtements notre nudité demeure invisible, mais celle-ci n’est pas à projeter dans le futur comme le fruit de nos efforts ou l’effet de certaines causes, elle est là. Il y a simplement à la découvrir, à la révéler. C’est ce qui ne doit jamais être perdu de vue en ce qui concerne la méditation. Alors que dans la vie courante toutes nos tentatives visent toujours à mettre en œuvre des causes pour produire certains effets, dans la méditation il n’y a pas à produire, il y a à découvrir.» (Arnaud Desjardins, Approches de la méditation)







Le mental fait que nous ne sommes pas maintenant, parce que le passé vient colorer le maintenant et projeter ses craintes et ses espérances sur le futur. Quand vous serez libre du passé, je peux vous promettre que vous serez libre aussi du futur. Le mental fait que nous ne sommes pas ici, parce que le mental introduit une comparaison avec autre chose que ce qui est là; il crée «un second», une super-imposition. La vigilance, seule, permet d’échapper au mental; la vigilance, seule, permet de revenir, instant après instant, à la seconde qui est là pour la vivre dans la vérité. Que de milliers de secondes vous avez laissé échapper, sans même tenter de les vivre de façon juste ! Tout est possible au mental. Il n’y a jamais qu’une seule vérité mais des milliards de mensonges possibles.
(Arnaud Desjardins, Le vedanta et l'inconscient, chap. 3)








mercredi 24 avril 2019

Vivre en Présence n°35 : Swami Prajnanpad et Arnaud Desjardins








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»












Commentaire d'Arnaud Desjardins.

«Même si vous progressez sur le chemin et qu'en tant qu'adultes vous devenez plus lucides, plus mûrs, plus intelligents, l'enfant, lui, subsiste tel quel. Il n'évolue pas, il ne mûrit pas, il demeure. Simplement, il jouera un rôle de moins en moins important dans vos existences. Mais même en ayant beaucoup progressé, il y aura encore des moments où un enfant de deux ans qui, lui, n'a pas du tout changé affleurera à la surface. Votre progrès, c'est la manière dont vous allez vous situer par rapport à cet enfant. Pour lui, certaines situations seront toujours insupportables, en ce sens que s'il est marqué par un abandon, tout signe actuel d'abandon touchera toujours une plaie à vif. Le symptôme d'aujourd'hui va être interprété émotionnellement et mentalement par l'enfant. C'est l'appréciation par un cerveau et un coeur puérils d'une situation présente, c'est-à-dire une vision – erronée, certes, mais qui s'impose – de la réalité à laquelle l'enfant donne inévitablement un contenu menaçant, déchirant, intolérable.
Ne tentez pas cette acrobatie qui consisterait à ce que l'enfant en vous accepte ce qu'en aucun cas il n'acceptera, ce qu'il ne pourra jamais accepter, cet enfant dont la définition est de ne pouvoir que refuser. Cherchez en tant qu'adultes à vous dissocier de l'enfant. Considérez qu'il y a en vous deux lieux psychologiques, deux manières de vous situer, l'une qui est l'enfant, avec ses émotions douloureuses, l'autre qui est l'adulte, lequel est détendu,, à l'aise, en paix. Ces deux mondes sont complètement différents mais il est possible de passer de l'un à l'autre.
La question n'est donc pas de faire grandir l'enfant mais de dissocier l'adulte de l'enfant. Ou, autre manière d'exprimer la même idée : on ne guérit pas les empreintes passées, on en émerge.


«Dissociate adult and child», disait Swâmiji. «Dissociez l’adulte et l’enfant.» Lorsque Swâmiji a dit ceci, j’ai commencé par tiquer, comme je le faisais souvent : «Ah ! encore une dualité, s’il y a l’enfant et l’adulte, ça fait deux...» Non. Ça ne fait pas deux. Parce qu’aujourd’hui, ce qui est vraiment réel, c’est l’adulte qui voit les choses telles qu’elles sont et que l’enfant, lui, appartient au passé : vous n’avez plus trois ans, vous n’avez plus deux ans et demi. Si vous pouvez dissocier en vous l’adulte et l’enfant, vous pourrez être vraiment dans le monde réel, ici et maintenant, et pas dans le monde recouvert par les projections de l’enfant.
Swâmiji disait aussi : «L’ego, c’est le passé qui recouvre le présent.» L’ego, c’est l’enfant en vous qui vient recouvrir le présent. Vous pouvez voir en vous l’enfant qui est toujours là,
pour l’éduquer avec amour. Mais tant que l’enfant sera là, vous ne serez ni un adulte ni un sage.»







En écho avec la formule de Swâmiji «Dissociez l'adulte et l'enfant», voici un exemple illustré...

Hypothèse : «Je me sens mal à l'aise.»

1er cas de figure, l'enfant : j'exporte immédiatement l'origine de ce ressenti dans ce qui m'apparait en tant que «le monde extérieur.»
Par exemple, je me sens mal à l'aise parce que Norbert (prénom générique) a dit ceci, ou a fait cela, ou encore semble avoir des pensées à mon égard avec lesquelles je ne suis pas du tout d'accord. Donc, du fait qu'elle est projetée, la source véritable du malaise n'est pas vue, ce qui fait que je me sens mal à l'aise d'être mal à l'aise - une boucle mentale est créée, générant de l'émotion et de la souffrance, se soldant souvent par une action inappropriée. Histoire sans fin...

2ème cas de figure, l'adulte : je vois qu'en moi, dans une situation donnée, un vieux conditionnement vient d'être réactivé. Je vais donc me centrer sur le ressenti sans lui coller d'étiquette : je suis un avec la sensation de malaise, je ne génère pas de malaise secondaire, et par cette acceptation inconditionnelle - pas forcément facile, ne nous y trompons pas - le malaise initial va se résorber, va être consumé par le feu de la Présence. Fin de l'histoire...

Cas intermédiaire : ça commence comme le premier cas; cependant, alors que la projection sur le monde vient de s'opérer, elle est vue avant de s'être pleinement déployée et nous retombons alors dans le deuxième cas : «un avec» le fait de projeter, résorption de la projection, «un avec» le ressenti non labellisé, résorption du ressenti.


L'enfant se sépare et refuse.
L'adulte se relie et accepte.



«Si vous voulez devenir vraiment adultes, sachez reconnaître l’enfant en vous et l’aimer de tout votre coeur.» (AD)







mardi 24 juillet 2018

Vivre en Présence n°48 : Les pensées...








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»






«La pensée que les pensées doivent disparaître, est une pensée qui elle aussi est destinée à disparaître.»

Les pensées disparaissent spontanément quoi qu'on fasse ! C'est simplement qu'elles réapparaissent tout aussi vite, donnant l'impression d'un flux ininterrompu. Essayez de maintenir une seule pensée en continu, un peu comme garder les yeux grands ouverts sans un seul clignement de paupière... vous n'y arriverez pas, pas plus que d'essayer de ne pas penser.
C'est l'attachement de la conscience aux pensées qui nous coupe de la conscience libre : en quelque sorte, la conscience prend la forme de la pensée qu'elle est en train de penser, mais ce fait n'étant pas vu, la pensée en cours devient une réalité pendant le temps qu'elle dure, jusqu'à la pensée suivante qui va prendre sa place. Et cette réalité mentale prend le pouvoir sur tout notre organisme, puisqu'elle est capable d'engendrer des émotions et même des actions, et tout ça en mode «pilotage automatique» !
Il n'y a pas de réponse intellectuelle au «qui suis-je», la réponse est dans le vécu immédiat, direct, non intellectuel. Je respire l'odeur d'une fleur sans penser - c'est accessible à chacun, pas vrai ? -, à cet instant précis, qui suis-je? Si je suis à 100% dans le vécu direct, cette question ne se posera jamais, car JE SUIS la réponse. Intuition pure, sans mots, sans pensées...






Être en Présence, c'est être en amont de toute pensée,
y compris de toute pensée au sujet de la Présence,
y compris de cette pensée.








mardi 12 juin 2018

Vivre en Présence n°42 : Cheikh Khaled Bentounes - Hommage à Arnaud Desjardins









Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»





« J’étais encore enfant lorsque Arnaud Desjardins et Denise sa première femme, vinrent à Mostaganem en 1961. Dans le contexte de la guerre d’Algérie, nous étions très étonnés de voir deux Européens venir à la zâwiya située dans le quartier de Tijdit, réputé dangereux.
Accueillis par mon père, le cheikh el-Mehdî, nous n’avions approché Arnaud et Denise qu’à la fin du cours coranique et je n’en garde qu’un souvenir fugitif. C’est bien plus tard, en 1970, quand je vivais à la zâwiya d’Ivry, que je revis Arnaud, Salle Pleyel, lors de ses conférences et de la projection de ses très beaux films sur les traditions spirituelles orientales.
En 1990, à l’Assemblée Générale des amis de Fond d’Isère, nous nous sommes revus. Ce fut un grand bonheur et l’intimité partagée en toute simplicité la veille de l’Assemblée restera présente dans mon coeur. J’ai senti que le respect qu’il me témoignait s’adressait plus à la tradition que je représentais qu’à ma propre personne.
Cette attitude m’a permis de mesurer la sagesse et l’expérience de cet homme. Le fait qu’il accepte l’autre et le situe sur le même plan – alors que nous sommes de niveau et d’âges différents – témoigne d’une remarquable maîtrise de soi et de la maturité de sa réalisation spirituelle.
Lors de ma venue à Hauteville en 1996, j’ai découvert un lieu ouvert sur le monde et les autres traditions. La qualité du silence qui y règne est propice à la transmission d’un enseignement spirituel vrai, simple et sobre. Je souhaite qu’un havre de paix comme celui-ci perdure et que l’esprit qui l’anime demeure à jamais. »
Cheikh Bentounes
Extrait de la revue «Questions De», n° 111 (Édition Albin Michel)







«Être en Présence, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur, c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.
Vivre en Présence, c'est actualiser tout cela, ici et maintenant, instant après instant.»








mardi 20 mars 2018

Vivre en Présence n°30 : images et diagrammes








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»















«Être en Présence, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur, c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.
Vivre en Présence, c'est actualiser tout cela, ici et maintenant, instant après instant.»








mercredi 21 février 2018

Vivre en Présence n°26 : Humanités








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»









«Être en Présence, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur,
c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.
Vivre en Présence, c'est actualiser tout cela, ici et maintenant, instant après instant.»






mardi 13 février 2018

Vivre en Présence n°25 : Petite vague, par Gaëlle








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»










«Être en Présence, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur, c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.

Vivre en Présence, c'est actualiser tout cela, ici et maintenant, instant après instant.»







jeudi 21 décembre 2017

Vivre en Présence n°43 : Ouverture








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»




«Les gens se plaignent en disant qu’ils voudraient pratiquer mais qu’ils n’ont pas le temps. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de parler des Paramita - la générosité, la discipline, la patience, l’effort, la méditation et la sagesse - parce que ces vertus de Bodhisatva ne font pas seulement partie du chemin vers la bouddhéïte, elles font partie de nos qualités intrinsèques et nous avons à les développer dans notre vie quotidienne. Nous ne devons pas considérer que la Pratique c’est uniquement lorsque nous nous asseyons sur nos coussins de méditation ou que nous allons dans des Centres assister à des causeries sur le Dharma ou encore lorsque nous faisons les rituels, et que le reste de notre vie quotidienne c’est juste une tonne d’activités mondaines. Si nous faisons cette séparation, le temps que nous consacrons au Dharma est si infime alors que celui durant lequel nous sommes happés par les distractions du monde est si grand.»

Jetsunma TenZin Palmo (La perfection de l'Effort Enthousiaste)





De même que le premier aperçu de conscience éveillée peut advenir dans l'espace de temps entre deux pensées - pour ensuite devenir l'espace sans forme ni limite où se déroule tous ce qui est, y compris les pensées - la «typographie éveillée» se situe dans l'espace entre les mots et les ponctuations.
Dans cet espace, je suis, vous êtes, et c'est là que nous sommes tous ensemble. Le multiple est devenu Un.





Un pas vers le ciel
Le ciel sous mes pas
Le voyez-vous là-bas
Ce bleu du ciel là ?
Mais non il est ici
Juste au creux de ma vie
Et la terre son amie
qui lui a dit merci
Sous mes pieds attendris
Lui sourit






Vivre en Présence, c'est vivre «en direct» et non pas à travers le filtre opaque tissé par le mental intellectuel. Être en contact avec les choses, pas avec la pensée à propos des choses. Et la différence est patente : en Présence, j'éprouve, je ressens, c'est fluide, ça veille, c'est simple, c'est joyeux, c'est vivant. Dans le monde des pensées - on pourrait l'appeler «en absence» - je ne ressens rien d'autre que des émotions confuses, ça pense tout le temps, c'est souffrant, compliqué, ça dort, c'est d'un ennui mortel, un véritable «handicap sensitif...







mardi 19 décembre 2017

Vivre en Présence n°19 : Marol








Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»


Ces dessins sont extraits du livre d'Arnaud Desjardins, «La voie et ses pièges».










«Être en Présence, c'est se situer au point de contact le plus intime de soi-même avec soi-même, en cet espace ineffable où tout apparait et tout disparait, cet espace qui pour l'intellect semble vide, diffus, non localisé, et qui pourtant est plein d'impressions sensitives et d'intuitions vivantes, cet espace où une seule chose est certaine, c'est que ici et maintenant, Je Suis; je ne peux pas dire «ce» que je suis, mais l'évidence de ce «Je Suis» se suffit à elle-même. Et la qualité de paix, la vivacité des perceptions, la fluidité des sentiments qui sont les manifestations immédiates de ce «Je Suis» ont une saveur indubitablement reconnue.»