dimanche 28 février 2021

Brassens en Créole : Lanmitié solid (Les copains d'abord)





Hé oui, notre Brassens national a été chanté dans bien d'autres langues, en voici un exemple, "Les copains d'abord", devenu "Lanmitié solid" en Créole, interprété par Sam Alpha.


LANMITIÉ SOLID - Les Copains d'Abord

Non, sé pa té nenpot kannot
Tout matlo-i té ka jwé menm not
Pa té ni tèt a fè gengen
Tèt a fè gengen.
I té ka monté Levaso
An tan-i té dlo tonnè di so
Non-i sété lanmitié solid
Lanmitié solid.
Lè-ou té tann floté pa koulé
Ou té pé tradui-i kon-ou té lé
Lè pwason pa té valé zen
Pa té valé zen.
Kapiten té kon lékipaj
Yo té ka ékri an menm paj
Koté kyé tout moun té valid
Lanmitié solid.
Lévanjil, yo pa té li sa
Pa menm an tan yo té fosa
Mé pa kwè yo té mové sen
Yo té mové sen.
Yo té ka di, nou pa vini
Asou la tè, pou litani
Sé pou sa nou ni an sèl brid
Lanmitié solid.
Yo pa té moun a gran manniè
Pa té doctè ni enjéniè
Moun ki té ka bwè ji résen
Ka bwè ji résen.
Pa konprann yo té makoumè
Pas dépi yo té an lan mè
Pawol vis sété pawol vid
Lanmitié solid.
Lè téni an kout trafalga
An kyé yo pa té ni déga
Yo pa té ni frè ni kouzen
Ni frè ni kouzen.
Mè tout moun la tè solidè
Pou pran bon é mové lodè
Pou bwè miyèl ou byen lasid
Lanmitié solid.
Sé boug ta la té di pawol
Menm lè yo té ni bon pétwol
Yo pa té janmen pèd chimen
Jenmen pèd chimen.
É lè-ou wè ionn pa té bakyé
Sèten nam li té délakyé
Satan pli ta plas la té vid
Lanmitié solid.
Man ja las dousiné kannot
Si fok mwen ba yo chak an not
Ta la té ké mérité ven
Ké merité ven.
I té ka monté Levaso
An tan-i té dlo tonnè di so
Non-i sété lanmitié solid
Lanmitié solid.







mercredi 24 février 2021

Voix du Tibet : Ani Chöying Drölma







En résonance avec quelques articles parus sur des blogs que j'aime bien (iPapy : ici et là, éveil impersonnel : ici), voici quatre morceaux de cette remarquable artiste tibétaine extraits respectivement de quatre albums différents.





"Praise to the Buddha Activity of the Gyalwa Karmapa ", extrait de l'album "Cho", paru en 1997, avec le guitariste Steve Tibbetts. C'est l'un des rares morceaux où l'on peut entendre sa voix "a capella", sans accompagnement musical.



"Tzoklu", extrait de l'album "Dancing Daïkini" (1999), avec Sina Vodjani.




"Chenrezi", extrait de l'album "Selwa" (2004), à nouveau avec Steve Tibbetts.



Et pour terminer, "Om Muni Muni", extrait de l'album "Moments of Bliss" (2004).








«Même si je suis féminine, j’ai en moi une dureté et une détermination qui feraient ployer beaucoup d’hommes. Au fond de moi, comme la lave en fusion au centre de la Terre, se niche un amas de molécules indestructibles, une boule de force et d’énergie d’une densité rare, qui me pousse et me guide. Cette pépite de volonté brute est aujourd’hui ma meilleure alliée. Hier, elle aurait pu me conduire au pire. Elle m’a mal conseillée, parfois. Beaucoup de violence, beaucoup de haine. Comme un tigre apprivoisé, elle demeure là, tapie dans mon cœur, dans mon ventre, domestiquée et pourtant, pour toujours, fondamentalement sauvage. Je suis une guerrière. Et mes armes s’appellent Amour et Compassion.» (Chöying Drölma)




jeudi 24 décembre 2020

Sœur Marie Keyrouz et l'Ensemble de la Paix






Aller sur le site de Soeur Marie Keyrouz


Kathisme de l'office de la nativité









«Plus nous apprenons comment toucher la réalité de notre être par le beau et le sacré, plus nous offrons à notre humain, le privilège de vivre le spirituel infini qui nous habite et qui est à l'origine de toute chose.» (Sœur Marie Keyrouz)






mardi 1 décembre 2020

«Chacun vit dans son monde» : l'inconscient, par R.D.Laing







Extrait de «Soi et les autres» de R.D.Laing











R.D.Laing : Soi et les autres




Ronald D. Laing fut un grand explorateur de la psyché humaine et des méandres inimaginables que peut suivre le mental ordinaire pour survivre, quitte à plonger la personne dans l'aliénation la plus insidieuse sans même qu'elle s'en rende compte. Voici un tout petit extrait de l'ouvrage «Soi et les autres», plus édité, mais disponible çà et là en livre d'occasion.


Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la com­mande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imi­ter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate, tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main. Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s'ap­plique à enchaîner ses mouvements comme s'ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l'obser­ver longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être gar­çon de café.
(Jean-Paul Sartre, 1943, p. 98-99.)


Dans la chambre de cet enfant de trois ans, il y a quatre chaises. Quand il est assis sur la première, il est un explo­rateur, remontant, de nuit, l'Amazone. Sur la seconde, il est un lion et terrifie sa bonne en rugissant ; sur la troi­sième, il est un capitaine à la barre de son vaisseau. Mais sur la quatrième, une haute chaise de bébé, il essaie de faire semblant d'être simplement lui-même, rien qu'un petit gar­çon .
(A.A.Milne, cité par Anna Freud)


Si, ou quand « il » arrive à faire semblant d'être « simplement » lui-même, un masque sera devenu son visage et lui-même pensera que chaque fois qu'il agit comme s'il n'était pas « rien qu'un petit garçon », il fait semblant de n'être pas simplement lui-même. A mon sens, la plupart des enfants de trois ans, encou­ragés par leurs parents, encouragés par des autorités comme Anna Freud, sont en bonne voie de réussir à faire semblant de n'être que des petits garçons et des petites filles. C'est vers ce moment-là que l'enfant, renonçant à ses extases, oublie qu'il fait semblant de n'être rien qu'un petit garçon. Il devient rien qu'un petit garçon. Mais pas plus il n'est simplement lui- même parce qu'il n'est, à présent, rien qu'un petit garçon, que l'homme dont nous parlions n'est sim­plement lui-même parce qu'il est un garçon de café. « Rien qu'un petit garçon », voilà ce que de nom­breuses autorités en matière d'enfants pensent qu'est un être humain âgé de trois ans.
Soixante ans plus tard, celui qui avait cru n'être « rien qu'un petit garçon » qui devait apprendre ceci et cela afin de devenir « un homme », et qui s'était bourré la cervelle de toutes les autres choses que les hommes racontent aux petits garçons, étant devenu un homme, commence à devenir un vieil homme. Mais tout à coup il se rappelle que tout cela n'a été qu'un jeu. Il a joué à être un petit garçon, puis à être un homme, et maintenant le voici en train de jouer à être un « petit vieux ». Sa femme et ses enfants com­mencent à se faire bien du souci. Un psychanalyste, ami de la famille, explique qu'un déni hypomaniaque de la mort (il a subi l'influence de l'existentialisme) n'est pas rare chez certaines personnes ayant parti­culièrement « réussi dans la vie » ; c'est un retour au sentiment infantile de toute-puissance. On arrivera sans doute à « limiter les dégâts » en le socialisant dans un groupe religieux. Ce serait peut-être une bonne idée d'inviter le pasteur à dîner. Nous ferions bien de surveiller ses placements d'argent, on ne sait jamais...
Il essaie de faire semblant d'être simplement lui‑même, « rien qu'un petit garçon ». Mais il n'y arrive pas tout à fait. Un enfant de trois ans qui essaie, mais sans y parvenir, de faire comme s'il n'était « rien qu'un petit garçon », s'attire des ennuis. Il se peut qu'on le fasse psychanalyser, si ses parents peuvent se le permettre. Malheur à l'homme de soixante-trois ans, si lui est incapable de faire comme s'il n'était « rien qu'un petit vieux ».
Si l'on n'arrive pas, dans son enfance, à jouer à n'être pas en train de jouer quand on joue à être « simplement soi-même », très vite les gens s'inquié­teront à l'idée que le sentiment infantile de toute-puissance dure beaucoup trop longtemps. Et si, soixante ans plus tard, on découvre soudain à quel point on a été intelligent de faire si bien semblant qu'on a même oublié qu'on a fait semblant durant toutes ces années, on se rend fort bien compte que les gens pensent qu'on devient légèrement sénile.
Essaiera-t-on à nouveau de faire semblant, cette fois de n'être « rien qu'un petit vieux »?
(Ronald D. Laing, «Soi et les autres»)







dimanche 8 novembre 2020

Tomber les peaux











Silence.
La nudité du silence.
L’Indicible se tait.
Se goûte nu de soi.
La langue le trahit,
Le mot le pointe
Mais le déforme.
La focale le limite
La perspective le tronque
La métaphore l’habille
Et le masque;
Le symbole le voile,
Et le mystère mystifié
Du mythe ment.
Pas de mots.
Rien de tout ça ne se parle
Rien de tout ça ne se pense.
Qui donc les aurait ?
Un doigt pointe la lune
Illuminé et pathétique.
Nécessaire et inutile.
Incontournable et trompeur
Si il ne touche au coeur
De l’intime résonance
D’une profonde harmonique.
Mais Ohhhhh…Douleur !
Comme l’oubli tombe vite
Qui obscurcit cette grandeur
Dés lors que je dis « moi »
A toute cette épaisseur…




......Alors?
Tomber les peaux,
L’une après l’autre.
Tous les savoirs
Présomptueux.
Tous ces « pourquoi »
Dont on est sûr !
Tous ces « comment »
Si indûment
Affirmatifs !
Tous les je sais ,
Les je crois ;
Les c’est ici !
Les c’est par là !
Les il faut
Les je veux ,
Les tu dois .
Les c’est moi
Les c’est toi …
Tout ce qu’on a appris.
Tout ce qu’on croit connaître.
Tout ce qu’on a été
Et tout ce qu’on croit être !
Retrouver la « Mémoire »,
Laisser grandir le feu
Au bois du Cœur de soi
Au creux de l'humus de l'étant
Jusqu’au dévoilement,
A la métamorphose :
A l’évidence de « Cela »
Au cœur de CELA….
Maintenant
(Texte et voix : Nadia Charandak / Piano : Michel Tardieu)





samedi 31 octobre 2020

Houria Aïchi : «Atsaligh»







Chanteuse chaouie, née en plein cœur des Aurès (région montagneuse de l'Algérie), Houria Aïchi travaille depuis des années sur le patrimoine musical algérien. Patiemment, elle en collecte les derniers vestiges dans les villages oubliés et les interprète en tentant de rester aussi fidèle que possible à la tradition. 

Extrait de "Chants Sacrés d'Algérie" : "Atsaligh" (Que la prière divine soit sur le Prophète)