dimanche 2 mars 2014

Les mondes obscurs






Extrait de l'ouvrage collectif, sous l'inspiration et la direction de Lee Lozowick, "Le coeur éternel de la voie" (tome V), voici un texte de Mary A.Young qui nous parle de l'Ombre, celle que chacun porte en soi, toujours susceptible de frapper à notre porte au moment où l'on s'y attend le moins...

Les mondes supérieurs représentent le domaine spirituel des anges, des visions, de la libération, de l'illumination, de l'extase, de la splendeur. C'est là que le shaman rencontre "des porteurs de lumière, des personnages rayonnants, des divinités radieuses". C'est une expérience d'illumination (une vue pano­ramique, visionnaire, des hauteurs). Le shaman s'imprègne tel­lement de lumière pendant ses voyages dans les mondes supé­rieurs qu'il en est irradié, un rayonnement que seuls les yeux de l'esprit peuvent percevoir. Cette luminosité intérieure attire les esprits, et ceux-ci veulent alors vivre avec le shaman pour lui prêter leur force et leur puissance.

Quand nous sommes dans les mondes supérieurs, nous entrons en contact avec des visions d'avenir et nous nous sen­tons élevés spirituellement. Nous sommes inspirés, nous voyons ce qui est possible, la perfection de toutes choses. Mais si ce n'est pas équilibré par une expérience des mondes infernaux, l'ange de l'inspiration devient le gnome de l'illusion. Nos croyances erronées sur le perfectionnisme sont un bon exemple de mondes supérieurs trompeurs.
Notre attachement, dû à notre culture et à une certaine idée de la perfection, nourrit chez nous le besoin de contrôle et crée toutes sortes de problèmes graves dans le "monde du milieu". Car en vérité, un état statique de "perfection" n'existe pas dans la vie réelle. Il n'y a qu'un pro­cessus perpétuel d'évolution, de croissance, de mort et de nais­sance. Les cycles de la nature nous le montrent tous les jours... Quiconque essaye de s'installer dans la tour d'ivoire de la perfection se condamne à recevoir une leçon très dure.

Parce qu'ils représentent la dimension transformatrice du psychisme, nous avons besoin, pour devenir des êtres humains à part entière, que les mondes obscurs se marient aux mondes supérieurs. Être entier, c'est être complet. D'un point de vue holistique, la vie n'est pas parfaite, mais en revanche, elle est complète. L'expérience humaine n'est pas un registre de voix ou un climat unique, une saveur neutre et homogène, elle inclut tout l'éventail des possibles. Comme une symphonie précisément orchestrée, la vie est une polyphonie complexe qui comprend de nombreuses mélodies et atmosphères aussi bien harmonieuses que dissonantes...

Sans l'expérience complémentaire et équilibrante des mondes obscurs, les mondes lumineux nous entraînent dans l'il­lusion, la dilatation de l'ego et la grandiloquence. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à nous sentir plus à notre aise dans ces mondes-là. Le travail du shaman contempo­rain va donc consister en grande partie à se focaliser sur la rédemption et la conquête des mondes obscurs.


Les mondes obscurs sont le domaine d'expression des esprits et des pouvoirs psychiques, de l'extase, de la révélation, du chaos créatif de la passion, des énergies sexuelles, de la guérison et de la transformation. Chargé des pouvoirs de vie et de mort, c'est un domaine formateur où se retrouvent les sché­mas originels des semences de la Création, ce que Gregory Bateson appelle "les schémas qui connectent". C'est là que sont nos racines, qu'est l'unité primordiale de toute chose. C'est ce pouvoir guérisseur fondamental des mondes obscurs que nous avons besoin de reconquérir.


Les mondes obscurs sont le lieu où résident ces fragments de nous-mêmes qui sont niés, réprimés, éclatés et constituent ce que Carl Jung appelle "l'ombre". Jung était convaincu que cette ombre possède un pouvoir et une vie pro­pres. Autrement dit, si nous ne reconnaissons pas ces parties de nous-mêmes en toute conscience, elles agissent de leur propre chef à partir d'une source inconsciente — souvent dans le but de déstabiliser notre attention, toujours dans celui de l'accaparer. Pour utiliser le langage des shamans, ces fragments, qu'on appelle des "alliés", des "esprits" ou des "démons", ont le pouvoir de guérir ou de tuer et peuvent s'emparer de l'âme.


Les mondes obscurs n'ont pas toujours été craints et niés comme il le sont aujourd'hui. Les mystères orphiques de la Grèce antique parlent de mondes obscurs qui représentent aussi des lieux d'amour et de lumière. La culture sumérienne, qui fut à l'origine de l'écriture, exprimait une telle croyance. Les mondes obscurs étaient un domaine impressionnant et très puis­sant, chaotique, extatique. Ils étaient également le lieu de la guérison, de l'union et de l'acte sexuel...

Nous avons perdu notre connexion avec les pouvoirs de guérison et les passions du domaine des mondes obscurs. Pour l'Occident, ces mondes équivalent à l'enfer, à l'abîme de feu du Diable. On peut traduire ce phénomène en termes psychologi­ques, à savoir que les mondes obscurs contiennent toutes les énergies refoulées de l'humanité, ainsi qu'un potentiel inconnu de croissance chez l'être humain.

Ces énergies refoulées comprennent la sexualité, l'extase, le chaos de la créativité, la naissance, la mort, d'autres aspects de la vie aussi et plus particulièrement la dimension féminine, laquelle fut dénaturée par une culture répressive et une vision du monde religieuse dans son sens restrictif Il n'est pas éton­nant que la peur de l'enfer pousse les intégristes chrétiens à condamner et à refouler le rock et d'autres formes artistiques, en particulier le théâtre, qui ne cessent de nous rappeler l'exis­tence des mondes obscurs, nous y transportent même.

Parce que la peur et le refoulement des forces de l'ombre sont profondément ancrés dans notre culture, leur irruption dans le monde du milieu, le monde de la vie quotidienne, peut s'avérer désagréable. Au pire, elle est choquante : violence, vengeance, viol, torture, meurtre, génocide, guerre, ce sont là quelques démons hideux qui appartiennent aux mondes obscurs. Et puis il y a ces expressions habituelles que nous acceptons comme faisant tout simplement partie de la vie de tous les jours : la culpabilité, la honte maladive, les abus sexuels, la co­lère, le vice, l'avidité, le sadisme, le perfectionnisme, le racisme, la misogynie, l'autoritarisme, la tyrannie, les dépendances mul­tiples, etc...

Parce que nous nions et réprimons les mondes obscurs, ils font partie de notre univers inconscient. L'inconscient humain peut être comparé à une cocotte-minute. Quand le couvercle est très serré trop longtemps et que la vapeur ne peut s'échapper, la cocotte vous explose à la figure. Mais si vous laissez la soupape se dégager naturellement et progressivement, alors la pression diminue et vous pouvez enlever le couvercle facilement. À ce moment-là seulement, vous avez la possibilité de remuer ce qu'il y a à l'intérieur, de l'assaisonner et de le manger.

C'est à ce type de nourriture pour l'âme que Socrate fait référence lorsqu'il dit : "Connais-toi toi-même". Il faut recon­naître et intégrer chaque partie de soi et rester ouvert à toutes les possibilités humaines. Le refoulement et le rejet de la vie génèrent les cruautés et les maladies de l'humanité. C'est ce principe psychologique fondamental que l'on retrouve dans les évangiles apocryphes (gnostiques) :

Si tu fais naître ce qui est en toi,

Ce que tu fais naître te sauvera.
Si tu ne fais pas naître ce qui est en toi, ce que tu ne fais pas naître te détruira.

Évangile de Thomas, 14.29-33

Nous pouvons nier la part d'ombre en nous (et la vie en général) autant que nous le voulons, mais elles ne disparaîtront pas pour autant. Plus nous réprimons et nions les pouvoirs des mondes obscurs, plus ils deviennent "infernaux" et malveillants. En termes psychologiques, ces mondes sont peuplés de puissan­tes énergies vitales réprimées et dénaturées, qui se retrouvent tordues, malades et coupées de notre conscience...

Des véritables profondeurs de l'ombre naissent les révéla­tions et la guérison. C'est en y descendant que l'on découvre ses propres potentiels de guérison. On peut alors réintégrer ces aspects à la totalité. Par un processus de démembrement et de mort psychique, une porte s'ouvre sur la vacuité des mondes souterrains. S'ensuit une union avec la forme originelle.

Les voyages dans ces dimensions ne sont utiles que si l'on a la capacité de rapporter ce que l'on a appris dans le monde relatif Le monde relatif c'est la vie quotidienne, ce dont l'ego a conscience, la réalité physique ordinaire de la terre... l'activité concrète, le progrès, le fait d'apprendre, d'agir, de construire. Pour la plupart des gens ce monde est coupé, inconscient de sa connexion à la réalité non ordinaire (même si la vie intérieure, la vie intime finit toujours par faire irruption dans le monde ordinaire, malgré tous nos efforts pour la nier). Le monde relatif n'a pas grande signification sans cette connexion avec les mythes. Sans la riche expérience intérieure des mondes inférieurs et supérieurs, nous sommes inconscients, somnambules, de simples machines. Nous nous transformons en robots, ignorants du mystère sous-jacent à tout ce qui nous entoure.


Mary A. Young, Crossing the Chasm, pp. 15-21.


jeudi 27 février 2014

Vivre en Présence n°27 : Mister Lee (1)









Extraits de la page Facebook «Vivre en Présence»












«Être en Présence, c'est être en intimité avec soi-même et le partager ensemble, c'est savoir se relier dans l'instant avec ce qui nous habite en profondeur,
c'est savoir écouter à partir de cette même profondeur, c'est être là, tranquille, disponible, attentif, vulnérable.
Vivre en Présence, c'est actualiser tout cela, ici et maintenant, instant après instant.»







mardi 25 février 2014

Saint-Paul-Trois-Châteaux : Planète-Chansons







Réalisé en 1989, ce projet est le fruit d'une année de travail avec les enseignants et les élèves des école de Saint Paul Trois Châteaux. L'enregistrement d'une cassette a permis d'en laisser une trace, mais bien entendu, ces chansons sont actuellement introuvables. J'ai donc numérisé cette cassette, suite à la demande formulée par un ancien élève ayant participé à ce projet, et vous invite à découvrir ces 15 chansons, dont les textes ont été créés par les enfants, puis mis en forme par le poète Joël Sadeler, les musiques ont été composées par Max Rongier, musiques sur lesquelles j'ai réalisé les arrangements. Plusieurs représentations avaient été données à l'issue d'une semaine de répétitions, les enfants des 12 classes étaient tous sur scène, dirigés par Max Rongier, accompagnés musicalement par moi-même aux commandes de mon système informatique. Belle expérience, beau souvenir...










lundi 24 février 2014

L'Humour du Prochain n°31 : Agim Sulaj






Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.
















lundi 17 février 2014

L'Humour du Prochain n°30 : Angel Boligan







Extraits de la page Facebook «L'Humour du Prochain», qui, comme son nom l'indique, est consacrée au partage d'humour sous toutes ses formes et déclinaisons.




















dimanche 16 février 2014

Inde du sud : Ashram d'Amma






L’ashram de Shri Mata Amritanandamayi Dévi.

« Etreindre le monde pour la paix et l’harmonie »
Avec mon frère Frédéric nous devions juste y passer, nous y sommes restés cinq jours !
Je laisse la parole à Amma :
« Tant que ces mains auront la force de se tendre vers ceux qui viennent au darshan, tant qu’elles pourront se poser sur l’épaule d’un homme ou d’une femme qui pleure, Amma continuera à donner le darshan. Le désir d’Amma est de caresser les gens, de les consoler et d’essuyer leurs larmes jusqu’à la fin de cette enveloppe terrestre. »
… et puis tout le reste, actions humanitaires, santé, éducation, gérer un ashram de plusieurs milliers de personnes…

(Publié par Nathalie, le 26 janvier 2010)

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"Amma Amma Yenna"