jeudi 7 janvier 2016

Des chiens et des clous, par Gotlib




Gotlib, encore et toujours...ces quelques planches sont extraites d'un album regroupant les inédits de ce maître humoriste de la BD.


Des chiens...


les chiens 01

les chiens 02

...et des clous.

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mercredi 6 janvier 2016

Pas sur facebook ? Pas de problème !






Pour tous ceux qui ne sont pas inscrit sur facebook et qui ne souhaitent pas le faire : les pages «Vivre en Présence» et «L'Humour du Prochain» sont publiques et accessibles à tous. Depuis que la rédaction d'articles sur facebook a été très améliorée, avec une véritable possibilité de mise en page, un certain nombre de publications - principalement sur «Vivre en Présence» - ne sont plus relayées sur ce blog. Pour les consulter, si le cœur vous en dit, rendez vous sur la page; pour l'accès aux articles, voici la marche à suivre : cherchez dans la colonne de gauche la rubrique «articles» et suivez les indications données dans l'image ci-dessous.



Bonne lecture !


 

Parfois, la neige...




Parfois dans les Cévennes, la neige, mais jamais longtemps : c'était fin décembre 2009. Il me faut préciser que cela fait maintenant plusieurs années que je n'ai pas vu de neige par ici...

hiver 02


hiver 01


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hiver 03


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Et pour finir, une photo de ma "rue"...

hiver



Jeux de glace (Les épines de l'hiver)




Il y a huit ans déjà que ces photos ont fait leur apparition sur ce blog; elles ont souhaité revenir, voilà qui est fait! Alors, place aux Jeux de glace, anciennement connus sous l'appellation "Les épines de l'hiver"...


reve de glace 04


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reve de glace 01



mardi 5 janvier 2016

Karlfried Dürckheim : Conscience et Regard




eau 01



CONSCIENCE



On parle parfois d'une contradiction entre le Moi et l'Essence. Parlant du moi, il faut faire attention. Il y a le petit moi, toujours anxieux de survivre, cherchant à se maintenir, cherchant la jouissance plate et superficielle et qui ne fait que défendre sa sécurité. Ce qui aboutit à l'homme arrivé, le petit-bourgeois, sûr d'avoir son bif­teck. Ça, c'est le « petit moi ». Il y a aussi le Moi : le « Moi existentiel ». C'est l'homme social, pas simplement le petit ego, mais dans un sens plus large, celui du Moi qui est capable d'accepter et de respecter des valeurs : c'est l'homme qui est capable de répondre aux règles de la société.

eau 02


Mais là n'est pas encore le contact avec l'Etre essentiel. Et c'est là la difficulté. Je crois que la première entrée dans la Transcendance consiste en la découverte des valeurs, c'est-à-dire que l'homme est capable de respecter la vérité, ce qui est bien et ce qui est beau, non pas pour son moi, mais pour ce qu'il n'est pas lui-même. C'est déjà là quelque chose de transcendant qui touche l'homme existentiel. Là, le moi a une chance d'une certaine profondeur. Mais il faut faire un saut pour arriver de ce moi à l'Etre, à la conscience de l'Essence.
Parfois, c'est même la conscience du Moi qui est l'obstacle à la découverte de l'Essentiel, et cet Essentiel peut parfois vous forcer à faire quelque chose qui est une gifle pour la conscience existentielle. Le Christ a donné des exemples là-dessus. Par exemple, ce jeune homme que j'ai cité plus haut : il veut suivre le Christ mais doit enterrer son père. Le Christ lui dit : « Laisse donc les morts enterrer les morts ! » Quelle gifle pour cet homme enraciné dans sa tradition où l'enterrement est une chose capitale. Lâcher tout ça pour suivre le Christ ! Cela signifie que la conscience issue de l'essentiel peut exiger un acte impossi­ble du point de vue de l'éthique. J'ai eu moi-même ce type d'expérience.


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C'était après la Première Guerre mondiale. En Allema­gne, il y avait le danger communiste. Des régiments étaient formés pour aller contre les spartakistes. Officier ayant survécu à la guerre sans avoir été blessé, je me suis occupé de l'un de ces bataillons. Mais la nuit même, avant de partir, je me suis réveillé sachant d'une manière absolue : « Ton temps de soldat est terminé. Tu ne peux pas partir avec les autres. » Qu'on s'imagine un jeune officier qui a juré fidélité et qui dit : « Je ne pars pas. » C'était impossible ! Pourtant, pour moi, il n'y avait aucun doute là-dessus. Je me suis présenté chez le colonel et lui ai dit : « Voilà ma situation. J'ai cette voix d'une conscience absolue. Je ne peux pas partir avec vous. » Il m'a regardé. Heureusement, nous avions été ensemble au feu dans une cinquantaine de batailles durant la guerre. Il me connaissait et savait que ce n'était pas la peur. Il a vu qu'il n'y avait rien à faire, alors il a accepté. C'était une expérience de la conscience absolue. Par la suite, j'ai encore eu deux ou trois expériences pareilles.


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REGARD

Est important notre façon de voir ce qui nous entoure. Rien, pas même un mur blanc, ne sera simplement une chose. Dès qu'on rencontre quelque chose, c'est un « toi ». Le « toi » fait partie de la constitution de la conscience humaine. Tout ce dont nous devenons conscients nous touche et nous parle en tant que « toi ». Par exemple, un mur blanc peut nous dire : « Je ne veux pas de toi. » Nous lui répondons : « Et moi, je ne veux pas de toi. » Tout de suite, il y a un refus. Ou bien quelque chose peut nous attirer et surtout nous parler. Les choses nous parlent et alors ça va plus loin que ce qu'on voit.


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J'aime toujours répéter l'exemple de la fleur dans mon bureau, et que je mets en face de la personne qui vient me voir. Je lui dis : « Regardez-la. — Ah oui, c'est une belle fleur. — Non, restez dessus. Regardez-la. »
Alors, inévitablement, au bout de deux minutes, il se tourne vers moi un peu effrayé et dit : « C'est curieux, mais tout à coup j'ai eu l'impression que c'est la fleur qui me regarde. — Eh bien, restez avec elle. »
Cela dure encore deux ou trois minutes, il se retourne et me dit : « — J'ai l'impression que c'est la Fleur dans cette fleur qui me regarde en moi. — C'est bien, restez encore. »
Alors à partir d'un certain temps, il dit : « Cela devient de plus en plus curieux, elle commence à me parler. »


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Vous savez les choses nous parlent si nous avons le temps d'écouter et de nous mettre à l'écoute. Prenez le vieux mur d'une maison. Cela nous attire, nous restons devant : « Que c'est joli. » Tout à coup ce mur commence à nous parler. Alors, c'est ça. Et si on se demande comment conserver pendant la journée l'attitude qui nous tient en contact avec le Tout Autre, je dirai : tout ce que vous faites, faites-le un peu plus lentement. De temps en temps, arrêtez-vous. Prenez un petit recul et mettez-vous à l'écoute de ce que vous venez de regarder. Ce peut être une pierre, une fleur, une maison, ce peut être un objet dans une vitrine. Une robe exposée. Une couleur qui vous frappe. Restez là, entrez dans cette couleur et laissez la couleur vous dire quelque chose. Cette attitude de vous mettre à l'écoute vous ouvre la chance d'entendre quelque chose quand le Tout Autre vous parle. Je crois qu'il faut faire l'effort de s'arrêter pour pouvoir être touché et ne pas sortir de cette façon d'être à chaque instant.

eau 07


Ainsi se trouve reliée l'Existence à l'Essence. Le Moi existentiel est autre chose que le petit moi. Le moi qui est capable d'éprouver l'amour est encore le moi existentiel, ce n'est pas celui touché par le Tout Autre. Mais il doit préparer le chemin afin que le Tout Autre puisse vous toucher un beau jour. Le sens du rationnel est de préparer des lieux dans lesquels le non-rationnel puisse vivre et s'épanouir.

"L'esprit guide", de Frantz Woerly : Entretiens avec Karlfried Dürckheim.


Peter, Paul and Mary : Le déserteur (Boris Vian)







J'ai découvert le "Folk-Song" américain dans les années 65-66 avec les chansons de Simon et Garfunkel, Bob Dylan, Joan Baez et Peter, Paul and Mary, dont je partage ici une version "live" du "Déserteur", de Boris Vian.



Le Déserteur

Men whose names are great,
I am writing you a letter

That you will read perhaps
If you have the time

Men whose names are great,
I don't want to do that

I am not on Earth
To kill miserable Mankind...


Messieurs qu'on nomme grand,
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour aller à la guerre
Avant Mercredi soir
Messieurs qu'on nomme grand
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer les pauvres gens
Il n' faut pas vous fâcher
Mais il faut que je vous dise
Les guerres sont des bêtises
Le monde en a assez
Depuis que je suis né
J'ai vu mourir des frères
J'ai vu partir des pères
Et les enfants pleurer
Les mères ont trop souffert
Quand d'autres se gobergent
Et vivant à leur aise
Malgré la boue de sang
Il y a les prisonniers
On a volé leurs âmes
On a volé leurs femmes
Et tout leur cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai la porte
Au nez des années mortes
J'irai par les chemins
Je mendierai ma vie
Sur la terre et sur l'onde
Du vieux au nouveau monde
Et je dirai aux gens
Profitez de la vie
Eloignez la misère
Les hommes sont tous des frères
Gens de tous les pays
S'il faut verser le sang
Allez verser le vôtre
Messieurs les bons apôtres
Messieurs qu'on nomme grand
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je serai sans armes
Et qu'ils pourront tirer
Et qu'ils pourront tirer
Boris Vian


Addendum: (Source : antiwarsongs.org)

"Le Déserteur" est incontestablement la chanson antimilitariste et contre la guerre la plus célèbre de tous les temps. Cependant, le dernier couplet originel n’était nullement “pacifiste” et était très différent de celui qu’on chante couramment: "Prévenez vos gendarmes, que je serai en arme et que je sais tirer". L’antimilitariste Boris Vian, donc, a écrit une chanson qui s’opposait très violemment à la guerre, et aux guerres françaises en particulier: la guerre d’Indochine qui venait de se terminer avec la défaite de Dien-Biên-Phu, et la guerre d’Algérie qui venait de commencer.

Le manuscrit de la chanson est daté 15 février 1954; elle est publiée le 7 mai de la même année, le jour de l'anniversaire de la défaite de Diện Biên Phủ. Mais ce n’est pas Boris Vian qui la chante le premier: c’est Marcel Mouloudji qui l’interprète pour la première fois à la radio pour une émission d’Europe 1 (avec le dernier couplet déjà modifié). Le scandale éclate.

Malgré toutes les modifications que l’auteur a apporté aux paroles de la chanson (non seulement le dernier couplet, mais aussi toute référence au Président, remplacé par de vagues "Messieurs qu’on nomme grands", a été éliminée), en janvier 1955 un conseiller municipal de la ville de Paris, M. Paul Faber, réclame avec succès la censure et obtient que "Le Déserteur" ne soit plus transmis à la radio.(...)

Censurée ou boycottée par les maisons de disques, "Le Déserteur" tombe plus ou moins dans l’oubli; Boris Vian meurt en 1959, et Marcel Mouloudji, qui avait été son premier interprète, est banni de la chanson française et condamné à une sorte d’exil artistique qui dure dix ans; la censure ne sera levée qu'en 1962, mais Boris Vian est mort depuis trois ans. Ce n’est qu’en 1966, avec la vague des "protest-songs" suite à la révolte de Berkeley contre la guerre du Viêt-Nam, qu’elle est redécouverte par Peter, Paul and Mary (mais dans la version “édulcorée” de Mouloudji et avec un titre différent, The Pacifist), qui la chantent en français avec une courte introduction en anglais. "Le Déserteur" devient aussitôt le symbole du mouvement et fait le tour du monde. Maintenant il n’y a personne qui ne connaît au moins le dernier couplet, "Si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes…"

Lien pour consulter le texte original, accompagné d'une analyse.





lundi 4 janvier 2016