mercredi 6 avril 2016

Le temps de l'inspir







Lorsque tourbillonnant, le monde en sa mesure
S'offre à tous les vents en cette déchirure
Où ce qui nous précède ne cesse de passer,
Il s'invente à l'instant où on croit le toucher

Et le Bleu s'abandonne en l'âme déposé
Balance se déploie au creux de nos idées
Gentiment bavarde sur la pointe des pieds
Puis rejoint le silence au détour des nuées

Quelque chose s'étend se met en mouvement,
Approche gravement et s'en vient à pas lents.
Un onde se répand et se berce au levant,
En son étonnement éclabousse l'instant

Et le chant se déploie, en bruissement de Joie
Célèbre en sa vivance ce qui demeure là
Doucement enlace ce qui simplement va
Et pose l'évidence d'être seulement Soi

Lise







En la graine la fleur est présente, comme en toute chose..
Si bien que l'écoute peut parler d'elle en son apparente absence.
La suite ne nous appartient pas, c'est «la part de l'ange»,
Ce contentement particulier qui dit «tout est à sa place».
Et nous voguons, inspirés en ce Mouvement.






mardi 5 avril 2016

Jeff Foster : Perdre sa religion






Être en Présence, c'est se situer au point de contact le plus intime de soi avec soi, là où les seuls mots qui restent encore possibles sont : «Je Suis».

Vivre en Présence, c'est actualiser ce «Je Suis» ici et maintenant, instant après instant.

Bien entendu, et c'est ce que nous révèle le texte de Jeff Foster ci après, ce «Je Suis» inclut tout, le haut comme le bas, la paix comme la tempête, le ciel bleu comme l'orage, la vie comme la maladie, la béatitude comme le désespoir.

Car avant de perdre espoir, Je suis
Avant fièvre et souffrance, Je suis.
Avant le foudroiement, Je suis
Avant de sombrer, Je suis
Avant la chute, Je suis


LOSING YOUR RELIGION, by Jeff Foster.

You feel peaceful, blissed out, in the flow. You're manifesting perfectly and life is going to plan. You're okay with everything that happens. You can't imagine ever suffering again.

Cut to the next scene. There's been some kind of loss, shock, bolt of lightning from the blue. You're lying in bed, sick with pain, or grief, or despair. This was unexpected, unplanned. You've tried everything. Nothing's working. Where did your awakening go? Weren't you supposed to be the one who was okay with everything, who met every experience with equanimity and an effortless "yes"? Where did all your spiritual progress go? The spiritual 'me' feels humiliated and beaten up. Were you a fake, a fraud, a liar? Were you always kidding yourself? How do you get back to where you were?

Don't go back. Stay with it. You're awakening from another dream. The dream that present experience could or should conform to ANY image or expectation. You're discovering your own inner authority. This scene is not a mistake. The movie of your life is not broken.

You're rediscovering how vast you are, how much you can hold. You don't have to feel 'okay' all the time. You don't have to be free from all resistance all the time. You are bigger than that, less limited. There is no 'all the time' for you. You are the space for the okay and the not-okay, the acceptance and the resistance. You don't need any fixed and unchangeable image of yourself. You don't need to be the enlightened guru or the spiritual warrior. You don't need to be the peaceful one, the awakened one, the strong one, the highly evolved one, the one immune to suffering. All are limitations on your nature. Simply be what you are, not 'this' one or 'that' one, but The One, the space for all of it and more, as it arises.

Let life kick you off your pedestal time and time again, until you lose all interest in being on pedestals.


PERDRE SA RELIGION, par Jeff Foster.

Vous vous sentez en paix, empli de béatitude, dans le courant. Votre manifestation est parfaite et la vie se déroule comme elle le doit. Vous êtes d'accord avec tout ce qui arrive. Vous ne pouvez même pas imaginer que vous pourriez à nouveau souffrir.

Passons directement à la scène suivante. Vous avez vécu une perte, un choc, un évènement totalement imprévisible (littéralement : être touché par la foudre sous un ciel bleu). Vous êtes allongé dans votre lit, malade et souffrant, ou désespéré.
Ce fut inattendu, non planifié. Vous avez tout essayé. Rien ne marche. Où est passé votre éveil ? N'étiez vous pas supposé être celui qui est d'accord avec tout, qui accueillait chaque expérience avec équanimité et un «oui» sans effort ? Où est passé tout votre progrès spirituel ? Le «moi» spirituel se sent humilié et vaincu. Étiez vous un simulacre, un fraudeur, un menteur? Est-ce que vous vous êtes toujours abusé vous-même? Comment revenir à ce que vous étiez?

N'essayez pas d'y revenir. Restez avec cela. Vous êtes en train de vous éveiller d'un autre rêve. Le rêve que l'expérience présente pourrait ou devrait se conformer à telle ou telle image ou attente. Vous êtes en train de découvrir votre propre autorité intérieure. Cette scène n'est pas une erreur. Le film de votre vie n'est pas cassé.

Vous allez redécouvrir combien vous êtes vaste, combien vous pouvez contenir. Vous n'avez pas à vous sentir d'accord tout le temps. Vous n'avez pas à être libre de toutes vos résistances tout le temps. Vous êtes plus grand que ça, moins limité. Il n'y a pas de «tout le temps» pour vous. Vous êtes l'espace pour le «d'accord» et le «pas d'accord», pour l'acceptation et la résistance. Vous n'avez pas besoin d'une image de vous-même fixe et qui ne change jamais. Vous n'avez pas besoin d'être un gourou illuminé ou un guerrier spirituel. Vous n'avez pas besoin d'être l'exemple d'une personne en paix, éveillée, forte, hautement évoluée,immunisée contre la souffrance. Tous ces attributs sont des limitations de votre nature. Simplement, soyez ce que vous êtes, pas celui-ci ou celui-là, mais Lui, l'espace qui contient tout cela et encore plus, tel qu'il survient.

Laissez la vie vous botter le cul hors de votre piédestal encore et encore, jusqu'à ce que vous ayez perdu tout intérêt à vouloir être sur un piédestal.






Iconographie




album



Les couvertures des cinq premiers numéros de la revue l'Originel pour le plaisir des yeux...


A noter qu'il y existe à présent deux éditeurs distincts issus de cette revue:  



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lundi 4 avril 2016

Wallace Wood : Sound Effects







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Pourquoi le pain est cher (1924)







A noter : Au 1er janvier 2016, la population française est estimée à 66,6 millions d'habitants, selon l'Insee. Il est donc rassurant de penser qu'en 1924, on savait déjà comment faire pour que la France puisse nourrir 100 millions d'habitants!







samedi 2 avril 2016

On ne peut pas faire grand chose avec les mots




MOTS


Sombre
Le mot : sombre
La proposition : le mot sombre
Et ainsi de suite
On ne peut pas faire grand chose avec des mots
Est-ce un aveu d'impuissance
D'impatience
Ou d'inexistence
On ne devrait pas avoir besoin des mots
Pour exister
Mais après tout
Peut-être peut-on s'en passer
Essayons donc
Entendez-vous quelque-chose
Je ne sais pas moi un cri une voix
Un rire une larme
Sentez-vous
Au fond de vous
Sourdre le ricanement des mille bouches d'amour
Qui vous dévorent le cœur
Voyez-vous
Devant vous
Les pages de votre esprit
Les taches de votre encre nerveuse
Quelque chose se passe-t-il
Ce serait trop beau
Alors on retourne chercher les mots
Qui se reposent dans l'enclos
De la ferme de l'absurde
On va les traire comme du bétail
Pour en extraire le lait de l'amertume
Pauvres mots
Pauvre viande
Pas même nourrissante
Pas même rassurante
Pas même intéressante
Plus personne ne voudrait s'en occuper
Les mots pensez donc
C'est qu'on a autre chose à faire
De plus intéressant
De plus rassurant
De plus nourrissant
Vous écrivez ? Hé bien faites donc
Mais ne vous attendez point à ce qu'on vous lise
Car vous devez bien vous en douter
Vos pensées n'ont aucun intérêt
Vivez donc imbécile au lieu de noircir
Des pages et des pages avec vos souvenirs
Et la poésie oserais-je répondre
Malheureux taisez vous
Vous ne savez pas de quoi vous parlez
Poète? Non gratte-papier
Montrez moi les arbres
Les oiseaux
Les bêtes sauvages
Le ciel pur et les rivières
Mais ne les détruisez pas par le langage
De grâce ne les détruisez pas
Oui mais les bûcherons
Le mazout
Les chasseurs
Les fumées et les poisons
Laissez les donc tous ces maux
Inventés par votre imagination
Vous regardez ce qui est laid
Et croyez à tord le rendre beau
En le déguisant avec des mots
Oui mais...
Silence
Aimez
Cela suffira
C'est un mot
Non un acte
Non un mot
Un acte
Un mot
Un acte vous dis-je
Bon comme vous voudrez
C'est vous qui décidez
C'est vous qui m'employez
Je n'ai même pas à discuter
Et m'en vais donc jeter
Tous les mots au panier
Pour aller respirer
L'air pur dont vous m'avez parlé
Mais si jamais vous m'avez trompé
Je ressortirai mon porte-plume
Rachèterai des feuilles de papier
Et j'écrirai
J'écrirai
J'écrirai
C'est mieux que de pleurer

M.Tardieu, 1976



vendredi 1 avril 2016

Une offrande - Blues en trois couleurs






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euphorbe 01


Il est une offrande
Qui ne donne rien
Et pourtant contient tout
Spontanément Joyeuse
Elle est Vie

Se pencher silencieux
De pistils en corolles
Pour goûter au nectar
D'une fleur délicieuse
Écouter sa parole

Tout cela sans rien faire
Sans suivre la moindre idée
Juste se laisser faire
Pas même regarder
Flotter..léger

Lise


Blues en 3 couleurs


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euphorbe 02

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