lundi 3 mai 2010

dimanche 2 mai 2010

Caméra cachée : Bris de glace





Rien ne vaut le jeu de ballon pour briser la glace !





samedi 1 mai 2010

Oldies (But Goldies) : Ceremony






Un "Ovni" musical dans le monde du rock des seventies : l'album "Ceremony", issu de la collaboration entre le groupe "Spooky Tooth" et le compositeur Pierre Henry. Extrait de l'unique album issu de cette improbable union, un morceau intitulé "Credo".





vendredi 30 avril 2010

Badain Jaran







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mercredi 28 avril 2010

Pays à vendre







Analyse stratégique de la crise grecque.
Par Alain Joxe, 19 avril 2010

Le sort de la Grèce, est comme une caricature méditerranéenne des stratégies sociales de protection du peuple, bricolées dans les marges de l’Union Européenne qui ne prévoit rien dans ce domaine. Un état membre de l’Union et de la zone Euro ne dispose plus pour sauvegarder le niveau de vie de ses classes moyennes que de procédés détournés violant l’esprit et la lettre des traités et accords européens en vigueur. La Grèce est montrée du doigt pour avoir créé des postes de fonctionnaires plus ou moins fictifs qui servent comme en Sicile à soutenir les familles des amis dans le besoin, et la dette de l’Etat chaque fois consolidée au prix fort devient nécessairement une cause de faillite et un facteur illégal d’inflation.
Mais les solutions glissantes vers où la Grèce s’est laissée entraîner sont en fait fondées sur les offres construites et organisées confidentiellement par les banques et les agences financières, qui, à la recherche du profit, poussent les débiteurs vers l’endettement croissant qui finit par être sans issue. On l’a bien vu aux USA dans le cas des subprimes : un débiteur insolvable peut devenir une source de profits financiers juteux, par les taux usuraires qu’on est en droit de proposer au souscripteur des produits obligataires dérivés qui consolident provisoirement sa dette. A la fin on le jette à la rue. Le surendettement bien géré est source de profits pour les uns, de ruine pour les autres.
La Grèce, considérée comme débiteur ordinaire, a été frauduleusement aidée par Goldman Sachs à « habiller » sa dette de sorte qu’elle devienne partiellement invisible. Libellée d’abord, en 2001, en CDS (Credit Derivative Swaps) souverains (c’est à dire en produits obligataires d’Etat), elle est ensuite transformée en obligations à vingt ans lancés en 2009 par une société privée créée à cette fin, la dette grecque cesse d’apparaître au bilan de la Grèce pour figurer au bilan de la Banque d’affaires National Bank of Greece.


Le statut, l’origine et la gestion de la dette grecque sont spécifiques. La dette des autres péninsules méditerranéennes sont des montages issus d’histoires différentes. Mais dans tous les cas, à un moment précis, intervient l’offre de maquillage qui est nécessaire à masquer un temps la nature spéculative des produits dérivés.
Le Portugal, l’Italie et l’Espagne risquent d’être les prochaines victimes de la rapacité usuraire des « marchés » et même la France Sarkozienne pourrait surgir au pilori, le seul pays impeccable restant alors le gouvernement allemand, en quelque sorte isolé par ses vertus et jouant « perso » contre l’Union, en période électorale, L’accord franco-allemand sur l’appel au FMI retarde ces échéances mais ne peut pas freiner sans répression et criminalisation juridique expresse les coutumes actuellement légales des spéculateurs qui entraînent les catastrophes sociales.
La problématique stratégique de ces évènements vient du danger de guerre civile. L’Europe en tant que telle n’est pas équipée pour faire face à la situation qui finira par placer les Etats les plus fragiles dans la situation étrange d’être pris à la gorge par des banques dont on sait qu’elles ne sont pas des systèmes souverains, capables de forcer les Etats à payer ou à défaut à les saisir par huissier, ou à les mettre en prison pour escroquerie. La question est donc de savoir si les marchés financiers vont réussir à asservir les Etats ou si au contraire les Etats plus ou moins unis dans des confédérations d’un poids suffisant, vont réussir à maîtriser les marchés dans une épreuve de force qui s’annonce.
Trois solutions :
1. l’annulation des dettes, coutume antique (l’année jubilaire des Juifs, et l’annulation des endettés de la cité des grecs pour éviter l’esclavage pour dettes ou la guerre civile).
2. la répression sévère des mouvements sociaux par la force, pendant la généralisation des réductions forcées de la consommation et des salaires. Les appareils d’Etats doivent se préparer alors à mener une guerre policière et militaire au profit des banques.
3. La criminalisation des méthodes des banques et des organes financiers divers qui sont complices des escroqueries et donc préméditent au bout du processus, des crimes de guerre ou contre l’humanité...
Il faut se préparer à des combinaisons variables de ces trois procédés, à gérer avec l’intense préoccupation d’éviter la « guerre mondiale », en attendant de compléter le traité de Lisbonne par création d’un Conseil européen de Sécurité et de Protection Sociale, émanant du Parlement, et chargé de la gestion sociale de la crise. Cette institution étatique - complètement onirique cela va sans dire - doit au moins être remplacée par un état d’esprit, sous peine de voir l’Europe de l’Union, de Schengen, de l’Euro et des Candidats Balkaniques incluant l’ex Yougoslavie s’effilocher irrémédiablement dans les troubles post ottomans qui se profilent à l’horizon.



mardi 27 avril 2010

Thinkmojo






(Sébastien et Ian Lhomme, Julie Tardieu)

Ont gagné! (33% des votes) La prime offerte par des sponsors leur permet de démarrer leur

projet plus confortablement. That's very nice !



La taxe Tobin, maintenant !





James Tobin, prix Nobel d'économie en 1981.


"En 2007, les échanges quotidiens sur le seul marché des changes (Forex) s’élevaient à 4 000 milliards de dollars. A les supposer constants, une taxe Tobin de 0.1% rapporterait 4 milliards par jour : soit sur l’année, le PIB de la Corée du Sud (soit 4 fois le PIB des 68 pays les plus pauvres du monde."
(Source : voxthunae)


La taxe Tobin, maintenant !
(Jeudi 28 janvier 2010, par Thomas Coutrot, sur Politis)

La question des taxes sur la finance occupe désormais le devant de la scène politique mondiale. Brown, Merkel et Sarkozy se sont déclarés favorables à une taxe sur les transactions financières. L’administration états-unienne et le FMI de Strauss-Kahn s’y refusent pour l’instant, mais le débat monte même aux États-Unis, avec une pétition de plus de deux cents économistes emmenés par Dean Baker (de l’institut progressiste CEPR) et le dépôt par des représentants démocrates de projets de loi au Congrès. En Grande-Bretagne, cœur de la finance mondiale, le chef de l’Autorité de surveillance des marchés, Adair Turner, s’est prononcé pour, tout comme le grand quotidien The Guardian. La taxation des banques, décidée par Brown, Sarkozy et Obama, est un premier pas et une demi-mesure. Un premier pas car elle brise un tabou, celui de la création de nouveaux impôts sur le secteur financier. Une demi-mesure, car elle ne permet de récupérer qu’une petite fraction de l’argent public dépensé pour sauver le système, et ne compense en rien la flambée du chômage provoquée par l’irresponsabilité de la finance. Et surtout parce qu’elle ne contribuera en rien à calmer la spéculation.

Il est maintenant décisif d’imposer une taxe Tobin sur les transactions financières. En premier lieu parce qu’une telle taxe découragerait les opérations les plus spéculatives, celles de très court terme, principalement sur les produits dérivés, qui représentent aujourd’hui l’immense majorité des transactions. Ces transactions ont pu proliférer parce chacune d’elles ne coûte pratiquement rien et rapporte un peu : augmenter leur coût, même faiblement, les rendrait sans intérêt pour les spéculateurs. Selon l’économiste autrichien Stephan Schulmeister, auteur d’une récente étude très approfondie de la question, une taxe de 0,1 % réduirait de 60 à 80 % le volume des transactions sur les marchés de produits dérivés. Le pouvoir de nuisance de la finance en serait très affaibli.

En second lieu, les sommes récoltées par une telle taxe iraient, selon les estimations, de 400 à 800 milliards de dollars par an. Largement de quoi financer de vrais plans de lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique à l’échelle globale, pourvu qu’on crée les institutions démocratiques adéquates dans le cadre des Nations unies. Une règle simple pourrait servir à répartir ces fonds : 1/3 pour les budgets sociaux des pays du Nord, 1/3 pour le développement, 1/3 pour la lutte contre l’effet de serre au Sud. On pourrait ainsi avancer vers les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par l’ONU pour 2015, qui sont aujourd’hui très mal partis. On pourrait aussi dépasser l’échec de Copenhague et débloquer des ressources pour la reconversion énergétique des économies au Sud.

Le débat est maintenant sur la place publique et au plus haut niveau. Certaines ONG de développement sont tentées par le « réalisme » proposé par Bernard Kouchner. Des « financements innovants indolores » permettraient de récolter des fonds, par une microtaxe (0,005 %) qui ne perturberait pas les marchés financiers. Jean-Louis Borloo propose lui aussi sa taxe, concurrente, pour lutter contre le réchauffement climatique. Il serait absurde de mettre en concurrence les causes du social et de l’écologie. Surtout, lutter contre la pauvreté ou la crise écologique en laissant intacte l’hégémonie de la finance mondialisée serait une politique de Gribouille. L’accroissement des inégalités et les dégâts du productivisme trouvent actuellement leur racine dans la logique folle du profit à court terme imposée par la domination du capital financier. Les mouvements sociaux, pour la première fois depuis le début de l’hégémonie néolibérale, ont su imposer une de leurs revendications phares au cœur du débat public mondial : il faut maintenant donner un sérieux coup de collier pour obtenir une vraie taxation des transactions financières, à la hauteur des défis qui sont devant nous.