lundi 2 mai 2016

La Grâce d'émerger du «brouillard mental»







«Pour ce qui est des pensées qui nous aspirent au cours d'une méditation, je dirai juste que le temps que dure cette déconnexion du "ici et maintenant" va décroitre progressivement, c'est en tout cas mon expérience, et c'est à chaque fois une grâce de "reprendre conscience", car franchement, j'ai le sentiment que nous n'avons aucun contrôle réel sur ce phénomène, c'est pour ça que je parle de grâce; ma pratique m'a permis d'abord d'émerger au moins une fois de ce brouillard mental, puis de réduire petit à petit les espaces de temps entre deux "percées", et ce chemin se poursuit toujours à l'heure actuelle. Il n'en reste pas moins que le moment "d'émergence" me vient, je le répète mais ça me parait important, comme une grâce qu'il n'est pas en mon pouvoir de provoquer, parce que dans le brouillard mental, l'idée même de percée n'existe pas. D'où le fait que nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter que cela arrive ou non.»

Ce texte a été écrit en mai 2008, et depuis, ce qui est dit ci-dessus s'est étendu à l'ensemble du vécu quotidien, mais avec une mention particulière concernant l'écoute musicale «en Présence»: là, le contact direct de l'intériorité avec le flux musical est immédiatement voilé par le moindre courant de pensée qui semble, alors qu'il advient, accaparer le champ de conscience. Cela peut durer une fraction de seconde, ou un peu plus (mais n'excédant pas la minute...), la durée de musique non écoutée «en Présence» étant quantifiable, surtout lors de l'écoute d'oeuvres que je connais bien. Ainsi, je dispose d'un instrument de mesure assez précis de mon être intérieur quand à sa faculté de Présence, et peut reporter cette observation sur le reste de ma vie quotidienne. Il n'en reste pas moins que ce que j'appelais en 2008 le «moment d'émergence», qui est à présent simplement le retour à la Présence, ne dépend pas d'une quelconque volonté que je pourrais manifester; il semble pourtant être un acte que j'accomplis ici et maintenant, mais cet acte est initié par ce que je continue aujourd'hui d'appeler «La Grâce». Je ne choisis aucunement d'être présent ou non : La Présence EST...





1 commentaires :

Oliver a dit…

Merci Michel pour ce témoignage que je partage. Les moment d'émergence comme tu dis viennent clairement de l'indicible, et sont donc en effet des moments de grâce.
Namaste, Oliver