samedi 30 janvier 2016

Lee Lozowick : «Who am I kidding ?»








Une invitation à la pratique, par Lee Lozowick.

«L'investigation intérieure et «neti neti» (ni ceci, ni ceci) sont deux pratiques traditionnelles en Inde qui nous aident dans notre travail. Avec «neti neti», on constate ce qui monte à la conscience et on dit : «la réalité n'est pas ceci». Car chaque fois que l'on se fixe sur quelque chose de spécifique et qu'on le considère comme étant ce qui est, on exclut tout le reste et on est dans le faux. Si on dit «neti neti» à propos de tout, au bout d'un moment, on arrête de se focaliser sur le spécifique et de fonctionner de manière dualiste, et on arrive à l'essentiel. On arête de diviser la réalité, on l'accepte telle qu'elle est dans sa totalité.

L'investigation intérieure est une pratique très similaire. On questionne chaque émotion, chaque sentiment, chaque pensée : «Who am I kidding ? - A qui est-ce que je raconte des histoires ?». Cette phrase est comme une épée qui tranche toutes les illusions jusqu'à ce qu'aucune ne puisse résister et qu'il ne reste plus rien d'autre que la source même de la Création, c'est à dire ce qui est. Il faut persévérer, persévérer, persévérer.
Même un satori n'est pas la fin du questionnement. Même avec un satori, quand on se dit : «Ça y est !», ça n'y est pas. Dès qu'on en fait un concept, on n'est plus ici, dans ce moment-ci. On pratique donc instant après instant, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'instant, jusqu'à ce qu'il n'y ait qu'ici, juste ici.»
(Lee Lozowick, Hauteville, 6 juillet 2000)




La pratique de «Who am I kidding ? - A qui est-ce que je raconte des histoires ?» - l'observation neutre des pensées et leur récusation systématique - s'est avérée pour moi vraiment efficace, et par son application assidue instant après instant, est devenue au bout d'un certain nombre d'années une «seconde nature» : toute pensée est immédiatement vue en tant que pensée, tout ressenti est immédiatement vu en tant que ressenti, et il n'y a plus aucune saisie du mental. Les pensées ne sont pas crues et ne deviennent pas du solide, du réel, et les ressentis sont assumés tels quels, sans jugement ni commentaire. Ça fonctionne, mais comme pour le piano, il faut «faire ses gammes» tous les jours ! A noter une façon de dire de Betty qui vise au même résultat: «J'crois pas ça !»






1 commentaires :

Lise a dit…

Michel,
j'aimerai que tu me montres un être libre .
Attention c'est une question-piège...

Au bout du doigt ( celui qui demande et celui qui répond)
Etre est "non-saisie "