lundi 3 octobre 2016

«Aveugle je le suis et s'éclaire ma nuit»






Aveugle je le suis en ma propre demeure
Le regard enfoui tout au creux de l'oubli
Et la parole vaine pour tenter d'appeler
Je suis perdue je sens et j'avance pourtant
Par ce tâtonnement venu m'accompagner


Une onde se rassemble tourbillonne et revient
Comme un lointain murmure qui enfle et me soutient
Tout un peuple s'éveille et l'oreille aux aguets
En chacun de mes pas s'écoute respirer
Pour avancer vers moi dans le plus grand secret


Et voici que m'appelle l'unique sentinelle
Au détour d'un chemin improbable et risqué
Encombré de doutes de peurs et de regrets
Où patient le silence porte l'obscurité
Pour que brille la porte de l'inespéré


C'est la Vie qui m'accueille et qui se reconnait
Délicate et radieuse enfin manifestée
Aussi simple et tranquille que j'ai toujours été
En ce chœur innocent venu la célébrer
Délivrant en l'instant tous les liens du passé


Aveugle je le suis et s'éclaire ma nuit
Je suis cette demeure où j'ai cru me briser
En ma propre lumière me voici déposée
En ce feu qui s'anime et vient me réchauffer
S'élève la Prière de ce cœur délivré


                                                           
Poème : Lise - Images : Michel