mardi 3 mars 2015

Eckhart Tolle : Quand la conscience se libère







Quand la conscience se libère...
(Extrait de l'ouvrage «Le pouvoir du moment présent», chapitre 5, pages 96 à 98)

Quand la conscience se libère de son identification aux formes physiques et mentales, elle devient ce que l'on pourrait qualifier de conscience pure ou illuminée, ou encore de présence. Ceci est déjà arrivé à quelques personnes et apparaît voué à se produire à une plus grande échelle, bien qu'il n'y ait aucune garantie absolue que ce sera le cas. La grande majorité des humains est encore prise dans le piège qu'est le mode de conscience fondé sur l'ego, c'est-à- dire que les individus s'identifient à leur mental et sont contrôlés par lui. S'ils ne réussissent pas à s'en libérer à temps, le mental les détruira. Ils connaîtront de plus en plus de confusion, de conflits, de violence, de maladies, de désespoir, de folie. Le mental res­semble à un navire qui coule. Si vous ne le quittez pas, vous sombrerez avec lui. Le mental collectif est l'entité la plus dange­reusement démente et destructrice que la planète ait jamais connue. Que pensez-vous qu'il arrivera à cette planète si la conscience humaine reste telle qu'elle est ?




Déjà, pour la plupart des gens, le seul répit en ce qui a trait à leur mental, c'est d'avoir occasionnellement recours à un niveau de conscience situé en dessous de celui de la pensée. C'est ce que tout le monde fait chaque nuit en dormant. Mais cela se produit égale­ment dans une certaine mesure au cours des relations sexuelles, ou en prenant de l'alcool et d'autres drogues qui réduisent l'activité excessive du mental. Si l'alcool, les tranquillisants, les antidé­presseurs et les drogues illégales n'existaient pas - et ils sont tous consommés en quantités énormes -, la démence du mental humain serait encore plus flagrante qu'elle ne l'est déjà. A mon avis, si on privait les gens de leurs drogues, une grande partie de la population deviendrait un danger pour elle-même et pour les autres. Bien entendu, ces drogues vous maintiennent dans un état de dysfonc­tionnement. Leur emploi généralisé ne fait que retarder la déstructuration du vieux mental et l'avènement d'une conscience supérieure. Les consommateurs de drogues peuvent certes trouver grâce à elles un soulagement aux tortures quotidiennes que le mental leur inflige. Par contre, ces drogues les empêchent d'avoir assez de présence consciente pour pouvoir s'élever au-dessus du niveau de la pensée et ainsi trouver la véritable libération.




Retomber à un niveau de conscience situé en dessous de celui de la pensée, qui est celui de nos lointains ancêtres, des animaux et des plantes, n'est pas une solution pour nous. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Si la race humaine veut survivre, elle doit passer à l'étape suivante. La conscience évolue dans l'univers entier sous des milliards de formes diverses. Alors, même si nous ne réussissions pas à passer à l'étape suivante, cela n'aurait pas grande importance à l'échelle cosmique. Un acquis sur le plan de la conscience n'étant jamais perdu, celle-ci s'exprimerait simplement sous une autre forme. Mais le fait même que je m'adresse à vous ici en ce moment et que vous m'écoutez ou me lisez indique clai­rement que cette conscience nouvelle est en train d'établir ses positions sur cette planète.





Il n'y a rien de personnel dans la communication qui existe entre vous et moi : je ne fais pas de l'enseignement. Vous êtes conscient et à l'écoute de vous-même. Selon un dicton oriental, « ensemble, l'enseignant et l'élève créent l'enseignement ». Chose certaine, les mots en soi ne sont pas importants. Ils ne sont pas la vérité, ils en sont seulement le signe indicateur. Je m'adresse à vous à partir d'un état de présence, et à mesure que je parle, il est possible que vous puissiez vous joindre à moi dans ce même état. Bien que chacun des mots que j'utilise ait une histoire et trouve évidemment son origine dans le passé, comme c'est le cas pour toute langue, les paroles que j'emploie avec vous transmettent la fréquence énergétique élevée de la présence, qui n'a rien à voir avec le sens que ces mots communiquent.




Quant à la présence, le silence est un transmetteur encore plus puissant. Aussi, quand vous lisez ceci ou m'écoutez parler, prêtez attention au silence entre les mots et derrière eux. Soyez conscient des hiatus. Où que vous soyez, vous pouvez facilement devenir présent en écoutant le silence. Même s'il y a du bruit, il existe toujours un certain silence en dessous de lui et entre les sons. Le fait d'écouter le silence amène immédiatement le calme en vous. Seule cette paix en vous peut percevoir le silence extérieur. Et qu'est donc ce calme, si ce n'est la présence, la conscience libérée des formes-pensées ? Là se trouve la preuve vivante de ce dont nous venons de parler.