vendredi 4 mars 2016

Bashung : Fantaisie militaire







Fantaisie militaire (Alain Bashung)


Au pays des matins calmes
Pas un bruit ne sourd
Rien ne transpire ses ardeurs
J'aimais quand je t'aimais
J'aimais quand je t'observais
J'étais d'attaque

J'sais plus qui tu es
Qui a commencé
Quelle est la mission
Soldat sans joie va déguerpis
L'amour t'a faussé compagnie

Des nuits sans voir le jour
À se tenir en joue
Des mois à s'épier passés à tenter
De s'endormir hanté
Ne plus savoir

Sais-tu qu'la musique s'est tue
Sais-tu qu'un salaud a bu l'eau du nénuphar
L'honneur tu l'as perdu sur ce lit de bataille
Soigne les hommes à poigne
Soulage la pâtissière
Erre, erre, erre, erre...






Ode à la vie (Alain Bashung)

Elle a jonché d’or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l’ampleur m’a fait me fissurer

Ode à la vie
Ode à la poésie
Ode à la parodie

Petit baigneur
Fait des longueurs à longueur d’odyssée
Brasse petit verni
À bras raccourcis
Brasse petit gabarit
Brasse
Brasse

Engloutis mes péchés véniels
Mes blasphèmes en apnée
Brasse

Elle a jonché d’orchidées l’enfer de ma marelle
Elle a saupoudré de courage mes limbes
Elle m’a arraché un sourire
Elle m’a dit polie polisson ces gravillons

J’fais la noce
J’fais la noce avec Yasmina
Je divorce avec la Grande Ourse
Aux équinoxes il arrive que je penche

Aux orties les ciels de réglisse
Au pilori mes éclipses
À la trappe rodéos corridas civière sparadrap
À découvert le ventre à l’air
Ancré dans la baie du bonheur
Lancer des frisbees dans les jardins de Libreville
Lancé. Hop. Attrape. Loupé