dimanche 27 mars 2016

Ni je suis, ni je ne suis pas






"Je suis", ou "Je ne suis pas", ou les deux, ou ni l'un ni l'autre ?

Monko Voilà un laïus que n'aurait pas renié Nagarjuna, mais peut-être aurait-il enlevé les "ou" et le point d'interrogation, n'appelant ainsi aucune réponse, affirmative ou négative...

Michel Alors, voilà la mouture finale :
je suis, je ne suis pas, je suis et je ne suis pas, ni je suis, ni je ne suis pas.



Monko Oui, il y a là une puissante approche pédagogique, parce que lorsqu'on proclame "ce qu'on est vraiment", le chercheur entend ça et se met en route, et se perpétue (Sans nier non plus que ça peut réveiller aussi). Nagarjuna, entre autres, barre totalement la route au chercheur et le laisse dans une forte perplexité, sans aucun point d'appui, qui finit par s'évanouir sur place dans un silence apaisé. Il y a une joie secrète dans cette toute impossibilité, dans ce coup d'arrêt...

Michel Comme dans un film où chaque image est un "état", et où il en faut 25 par secondes pour voir le processus s'animer, les mots sont comme des "états", et comme on ne peut pas penser, dire ou écrire 25 mots par seconde pour exprimer ce qui, justement, n'est pas un état mais un processus dynamique, le choix d'expressions paradoxales, en mettant ce coup d'arrêt au mental, permet d'entrer de plein pied dans la chair palpitante de la vie.




Monko Quand le coup d'arrêt aride "proclame" une certaine sensualité...

Michel ...alliée à une indéniable poésie !